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 Tes petites œillades bovines m'ont transporté vers la lumière. [Ignas]

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MessageSujet: Tes petites œillades bovines m'ont transporté vers la lumière. [Ignas]   Sam 6 Jan - 11:34

J'ai pris ma voiture pour... pour quoi déjà ? Putain j'ai un trou de mémoire. C'était pour une raison pas intéressante, c'est pour ça que je m'en souviens pas. Plongé dans l'état second ordinaire du conducteur de véhicule motorisé, je suis depuis dix minutes en pilote automatique. Je vais en direction du centre-ville. Ouais. C'est toujours la même putain de route depuis des années. Ma maison pourrie est très excentrée, du coup je vis quasiment dans ma bagnole. Le bordel qui a envahi l'habitacle en est la preuve. Mais bref, c'est pour ça que je reste calme alors que je ne me souviens pas de ce que je fais sur la route de nuit. Ça et le fait que je suis beurré-défoncé.

Poster la taxe d'habitation. Acheter un tube de lait concentré et du Destop. Voilà ! C'est ça que je suis parti faire ! Quand je te dis que c'était pas intéressant. Je souffle par le nez. Ça me fait beaucoup trop chier pour ce que c'est. J'ai attendu le dernier jour pour régler cet histoire d'impôt et je suis tombé sur l'enveloppe posée sur le lavabo après avoir vomi dans la douche. C'est pour ça que j'ai besoin du Destop en urgence. Et le lait concentré c'est que bah j'ai faim, du coup.

La boîte aux lettres est seule et tristoune au bord de la route, noyée dans cinquante centimètres de neige boueuse. Je poste mon chèque. Ça c'est fait. Maintenant j'ai la dalle, je veux mon tube de lait concentré. Après je compte m'endormir en ronflant comme un porc sur mon canapé devant la télé. Peut être avec mes bottes aux pied. Ouais.
C'est depuis ce... rêve bizarre. Je flippe la nuit. J'y repense. J'ai jamais eu assez d'imagination pour faire des rêves comme ça. Les araignées géantes, les cadavres, les chinoises. C'était... désagréable. Et j'ai jamais retrouvé mon flingue en me réveillant dans ma voiture, après tout ça. Mais j'ai gagné une écharpe pour femme – alors que dieu sait que jamais une femme ne viendrait dans ma voiture. Ça correspond trop bien au scénario du cauchemar. J'éprouve donc le besoin de me mettre dans un état qui m'empêche de réfléchir.

De la lumière bleue se met à clignoter partout.

Merde ! Merde merde merde ! Putain mais quel con. Je me gare. Qu'est ce que tu veux que je fasse ? Y a plus qu'à rester calme et serrer les fesses pour que le monsieur en bleu ne me fasse pas souffler dans le ballon. Je suis tout seul à conduire dans la forêt ! Quel enculé ! Je vois l'état de mes yeux dans le rétro. Tout rouges, avec les paupières gonflées. Ouais OK il va me faire souffler c'est mort.
Voilà il me fait son petit numéro. Vos papiers s'il vous plaît, veillez sortir du véhicule gna gna gna. J'ai pas de technique magique pour faire sauter les prunes. Je vais pas l'attaque à vue comme un redneck fou de film à la con. Je fais ce que le monsieur en bleu me dit. Comme ça j'ai le temps de profiter du meilleur du climat du Maine : de la pluie gelée dans une atmosphère saturée d'humidité. Il faisait déjà pas chaud dans la caisse. Si tu te poses la question : évidemment que le chauffage de ma voiture marche pas.

Tout ça c'est une chouette intro de ma vie très intéressante, mais j'en viens maintenant à l'instant où tout est parti en couille (pour cette fois). Moi et le keuf on a cligné des yeux au même moment, peut être. Et pendant cette fraction de seconde, l'univers s'est écroulé sur lui même ou un truc comme ça. L'atmosphère a changé, je l'ai senti. Il s'est réchauffé de vingt degrés déjà. Et puis il s'est mis à faire un vent à décorner les vaches. C'est pas un truc qui arrive souvent dans une vallée en forêt. Et j'ai ouvert les yeux...
Oh bordel.

- Vous savez à quelle vitesse vous rouliez monsieur ?

Je ne réponds pas. Je fixe avec des yeux exorbités le... l'horizon. J'ai de très gros problèmes, de très très gros problèmes monsieur l'agent. Pendant deux secondes je pense avoir perdu définitivement les pédales, et puis je remarque que le flic est tout blanc et tremble. Oh mon dieu non. Il voit ce que je vois aussi. Oh bordel. Il attend que je lui réponde, avec du désespoir dans les yeux. Ça veut dire que c'est vrai. Je préférerais tellement être fou.

- Ben... ma voiture est plus là, et on est vraiment loin de la route vu que...

- Le dites pas ! Le dites pas ! Seigneur, je... je vais rédiger l'amende, le carnet il est sur le siège de...

Puis il s'est mis à pleurer. Il s'est recroquevillé en position foetale par terre et il s'est mis à pousser de gros sanglots. Un grand garçon pourtant, la trentaine, avec des oreilles abîmées par la boxe ou le rugby. Mais il y a de quoi.
On est debout sur un gratte-ciel. Mais pas euh... sur, genre au dessus, genre le toit. Pas du tout. On est debout sur la façade. Mon corps est parallèle au sol. C'est pas du tout quelque chose de normal. Mon oreille interne me dit que tout va bien, que je suis debout sur du solide. Mais mes yeux... ils me disent que je suis posé sur un cure-dent au dessus du vide de l'espace. Si je lève les yeux en l'air je vois... oh mon dieu j'aurais pas dû lever les yeux. Heureusement que je suis bourré dis donc. Si je regarde à ma gauche, je vois au loin le sol, les rues d'une ville inconnue. Des voitures qui passent, très très petites. Il y a d'autres gratte-ciel aux alentours, qui ressemblent à des petits clous planté dans un très très grand mur. Très très très grand mur. Je te jure, quand tu regardes « l'horizon » (qui devrait s'appeler « le vertical » du coup) t'as l'impression que ton cerveau va exploser.

J'aimerais vraiment beaucoup que ça soit une hallucination, mais pour en avoir déjà eu ça ressemble pas du tout à ça. Trop de détails, trop de logique. Quand j'en ai c'est des petites tâches dans la périphérie de mon champ de vision, des sons incohérents, quelque chose de subtil. Mon cerveau aurait pas inventé un flic en train de faire une attaque de panique par terre. Moi je cherche du regard une fenêtre ouverte. C'est idiot de ne pas avoir prévu d'ouverture par l'extérieur sur les fenêtres d'un gratte-ciel. L'architecte est vraiment en dessous de tout. Je glousse à ma propre vanne mentale d'une voix un peu trop aiguë.

- Hé, faudrait rentrer dans l'immeuble. On se sentirait mieux, et puis j'ai peur que euh... la gravité remarche sans nous prévenir. Ça ferait vraiment chier.

- DIS PAS ÇA ESPÈCE DE SALAUD ! JE VEUX RETOURNER PAR TEEEEEERRE !

Puis le mec, complètement pris par sa panique, s'est relevé pour courir en ligne droite. J'ai essayé de l'en empêcher, par réflexe, mais je l'ai pas suivi jusqu'au bord. Pas eu le courage. Il est « tombé ». J'ai eu la stupide idée de regarder par dessus bord. J'ai vu le gouffre le plus grand, le vide de l'espace, il y avait le soleil en dessous de moi et c'était horrible. Pas une bonne place pour mettre le soleil, ça. Le flic est devenu un petit point noir hurlant dans le vide en quelques secondes, puis il a disparu. Je me suis éloigné du bord.
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MessageSujet: Re: Tes petites œillades bovines m'ont transporté vers la lumière. [Ignas]   Dim 7 Jan - 0:59

Quand il était gamin, Ignas n'avait jamais eu la moindre console de jeu. Les lituaniens ne sont pas très portés jeux vidéos, et lui-même avait toujours préféré cavaler dehors par tous les temps, plutôt que de rester les yeux rivés sur un écran. De temps à autres, il allait chez son ami Algirdas, dans le centre-ville de Vilnius. Parfois, c'était pour aller jouer au basket ou faire du skate-board sur les aires de jeu qui bordaient la Neris, le fleuve qui coupait la capitale en deux. Puis le soir, ils rentraient pour jouer sur la vieille console familiale. Une Nintendo, avec un seul jeu Mario, sur lequel il jouait à tour de rôle.

Ses occupations professionnelles au sein de l'escadron Aitvaras l'avait également empêché de développer une quelconque passion pour le joystick. Mais maintenant qu'il était installé seul à Boston, et qu'il avait plus de temps libre, il avait fini par craquer. Une console dernière génération, avec un jeu : Fallout 4. Il n'avait joué à aucun des trois premiers, mais le vendeur lui avait assuré que ce n'était pas grave. Tout au plus ne comprendrait-il pas les références aux précédents opus.

Le barbu rentra vite chez lui pour se poser sur son canapé. Il avait une demi-journée à tuer avant d'aller travailler. Dès le début, les graphismes du jeu lui sautèrent aux yeux. On était très très loin du Mario pixelisé de son enfance ! Les paramètres de personnalisation de son avatar était également impressionnante. Ignas passa près de trois quart d'heures à recréer son visage dans le jeu. Puis il se plongea dans l'univers. Le scénario semblait assez simple : une apocalypse nucléaire avait ravagé le monde, le joueur se réveillait après avoir été congelé, et il partait à la recherche de son gamin dans un environnement au mieux hostile, au pire intégralement créé pour le tuer. Il récupéra la première arme, un pistolet, et pressa la gâchette virtuelle.

La balle fusa. L'écran se brouilla. Le noir total se fit soudainement. Ignas se leva d'un bond, mais sous ses pieds, il n'y avait plus de sol. Il tombait. Par réflexe, il tenta de lancer un bras, pour s'agripper à quelque chose. Il trouva le rebord d'une fenêtre.

Pourtant, ses cent kilos ne pesaient pas sur les quelques phalanges qui l'empêchait de tomber. Il ne tombait pas d'ailleurs. Ignas ouvrit les yeux, tentant de se repérer dans l'espace. L'air était chaud, le vent soufflait très fort : il était à l'extérieur. Il était bel et bien accroché à une fenêtre, mais c'était comme s'allonger par terre et faire semblant avec le rebord d'un trottoir. La gravité ne l'attirait aucunement vers le sol, situé plusieurs dizaines de mètres plus bas. Il aurait pu lâcher, mais il n'osait pas. Un éclat de voix sur sa gauche. Il n'était pas seul sur ce foutu gratte-ciel.

Bordel de merde... pas encore. Jura-il en lituanien.

Est-ce que c'était comme avec Mona, mais en pire ? Pour le coup c'était vraiment emmerdant, il devait travailler ce soir, et il n'avait aucune idée de la ville dans laquelle il avait atterri. Et voilà qu'il se retrouvait dans une nouvelle situation inexplicable, avec un inconnu visiblement aussi perdu que lui, sur la façade d'un gratte-ciel. Dans un anglais toujours marqué par son accent slave, Ignas l'interpella :

Hé oh ! C'est quoi ce bordel ?!
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MessageSujet: Re: Tes petites œillades bovines m'ont transporté vers la lumière. [Ignas]   Dim 7 Jan - 12:01

Y a un gros viking blond. A peu près ma taille, mais pas du tout la même silhouette. Dans le milieu des vieux bonshommes moches, on appelle ça « un sale petit enculé ». Plein de muscles tout secs sur un châssis de cheval de trait. Assez vieux pour être crédible. Quel bâtard. J'ai l'air d'une femme ménopausée à coté de ce gars là. En plus quand il parle il a un accent qui donne envie de lui filer une hache et un casque à corne.

Enfin bref, je dis ça histoire de faire une description. En vrai ma première pensée c'est de prier pour qu'il se suicide pas comme le flic. C'était vraiment horrible de voir un mec tomber dans le vide de l'espace. Et là le viking s'accroche à un rebord, allongé « par terre » (en quelque sorte). Ça serait un peu drôle si mon sens de l'humour n'était pas resté à des milliers de kilomètres de là. Et puis moi aussi je voudrais m'allonger par terre et fermer les yeux très fort. Je m'accroupis et j'essaye de parler d'une voix calme. Il faut que je hausse un peu la voix pour qu'on m'entende malgré le vent. Je tente de rentrer dans un rôle que je n'ai pas joué depuis longtemps. Quand je bossais, j'ai déjà dû une ou deux fois négocier avec des gens qui voulaient se suicider de façon un peu trop créative dans l'espace public.

- Je ne sais pas non plus, mais on va chercher une solution monsieur.

Phrase à la con sortie de ma mémoire par automatisme. Comme c'est visiblement un étranger, je soigne ma prononciation. Pourquoi ici j'essaye d'apaiser le truc alors que dans le train j'ai frappé des gens ? Bah parce que ici il s'agit d'un viking tout seul allongé par terre. Là bas c'était une bande de gamins qui parlaient entre eux comme si ils se connaissaient. Dans la panique ça fait une sacrée différence.

- Je vais péter une fenêtre pour qu'on rentre à l'intérieur, je crois que je me sentirais mieux si je voyais pas le... le putain de ciel.

Le putain de ciel. Comme mes yeux ne disent pas la même chose que mon oreille interne, je commence à avoir envie de vomir. Ça me tête la rétine de regarder le vide de l'espace et l'horizon vertical.

Je défonce la fenêtre des chiottes à coup de talon, le teint de plus en plus vert. Je sais que c'est les chiottes parce que la vitre est floutée. Qui a peur du vis à vis à cette distance du sol ? Peut être que l'architecte avait un prix sur les fenêtres opaques de salle de bain de bourge à la con. En tout cas c'est pas du simple vitrage comme chez moi. Du solide. Je dois insister sur les coups de pied. Dieu merci c'est pas un de ces gratte-ciel tout en verre, ça aurait été très gênant.
D'ailleurs pour rentrer j'ai choisi les chiottes parce que à priori c'est pas une pièce trop grande. Quand je regarde à travers une vitre au pif, je vois d'immenses salles de réunion, des bureaux pour éléphants. Du coup rentrer par la fenêtre ça reviendrait à dégringoler dans un gouffre très profond. Peut être que monsieur le viking peut faire de l'escalade tout en souplesse à la force de ses bras, mais c'est pas mon cas. M'écraser comme une merde dans des chiottes me semble plus à ma portée.

J'ai un coup de talon que les palettes en bois et le coffre de ma voiture ont appris à craindre. Mais pourtant la fenêtre m'oblige à sauter dessus comme un con plusieurs fois. C'est du solide. Je sue beaucoup, parce que je suis trop chaudement habillé pour la saison d'ici. Je m'applique pourtant avec enthousiasme. Frapper quelque chose donne un usage à mon adrénaline. J'ai de l'expérience en matière de bousillage de vitre – je ne raconterai pas dans quelles circonstances -, mais jamais j'ai dû en briser une qui se trouvait au sol.

Ma cheville fini par passer à travers le verre. Ma botte et mon jean absorbent le plus gros des dégâts, mais je me fais une belle entaille au tibia. Je m'en fous. J'élargis le trou.

Les éclats de verre ne tombent pas sur le mur en contrebas, mais au plafond. Je n'y accorde pas d'importance parce que je suis trop pressé de me réfugier à l'intérieur. J'aurais dû. Je me casse la gueule parce que la gravité change brutalement. A l'intérieur du bâtiment, je bascule sur le plafond dans un tour de passe-passe que mon oreille interne n'a pas du tout apprécié. Je m'enfonce des éclats de verre dans la main droite et me fait une nouvelle entaille à l'épaule en passant le reste de mon corps par la fenêtre.

Voilà maintenant je ne colle pas aux murs mais directement au plafond. Génial. C'est quand même gentil de me faire ce coup là seulement une fois que je suis à l'intérieur. Tomber dans le ciel tomber dans le ciel. Oh bordel.
Et mon viking ? Je l'appelle d'une voix un peu faible vu ma forte envie de dégueuler. Comme je connais pas son nom ça donne « hé, mec ? ». Je ne l'appelle plus monsieur. L'illusion de gérer la panique s'est dissipée. Je me mets à dégueuler sur le plafond des chiottes luxueuse d'un gratte-ciel. Des gros spasmes qui pètent les veines des yeux pour un peu de bile puant l'alcool. Je me sentirais mieux après.
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MessageSujet: Re: Tes petites œillades bovines m'ont transporté vers la lumière. [Ignas]   Dim 7 Jan - 18:46

Dans toute sa carrière militaire, Ignas avait vu des choses moches. Il avait vu des choses absurdes. En tant que garde du corps, métier qui se confondait souvent avec baby-sitter d'enfants stars dans les boîtes de nuit, il avait vu des choses ridicules et stupides. Mais alors depuis deux semaines, il voyait les quatre à la fois. Quelle année de merde ! Et le mois de janvier n'était même pas terminé.

Il n'ose toujours pas lâcher son bord de fenêtre, quand bien même la gravité spécifique à l'endroit semble indiquer qu'il ne risque pas de tomber. Mais quand on a passé trente quatre ans à vivre sa vie sous les règles normales de la physique, forcément, on est un peu sceptique quand celles-ci décident subitement de changer. L'autre gars en revanche, il est debout à l'horizontal, ce qui est à la fois très charismatique et très flippant. Il tente de rassurer le lituanien, explique qu'il va défoncer une fenêtre pour se mettre à l'intérieur. Pragmatique dans la panique, parfait. Malgré son entraînement, Ignas a du mal à garder la tête froide.

Bordel, l'autre n'a vraiment pas peur. Il galère à péter cette fenêtre, ce qui n'est pas si surprenant. Vu l'allure du building, c'était sans aucun doute du double vitrage. Avec peut-être deux ou trois trucs en plus, après tout en Lituanie même les derniers couples de vieux de l'ex-URSS avaient du double vitrage. Simple question d'isolation, quand il fait -20°C en hiver on est bien content d'être au chaud. Mais là, l'autre, qui parle un anglais bien américain, en est carrément à sauter sur la vitre. Chaque fois que ses pieds se décrochent de la paroi, Ignas ne peut s'empêcher de détourner le regard. Si la gravité revenait à la normale maintenant, l'américain était mort. Le lituanien aussi d'ailleurs, mais comme lui était toujours accroché à son rebord, il mourrait sans doute en deuxième. Perspective pas nécessairement rassurante.

Finalement, le gars arrive à péter la vitre, et s'engouffre à l'intérieur. C'est vrai que c'est plus rassurant d'avoir quatre murs autour de soi, surtout dans cette situation. Ignas se hisse à quatre pattes. Il a à peine besoin de forcer sur ses bras, il s'aide de ses genoux, comme quoi cette paroi verticale fait vraiment office de nouveau sol. Avec une infinie précaution, l'ancien soldat enlève l'une de ses mains du rebord de la fenêtre, pour la poser juste à côté. Rien ne change, ça ne devient pas plus dur de supporter son poids. Alors il enlève la seconde main, en fermant les yeux, attendant l'inexorable chute. Toujours rien. Il en perd son anglais lorsqu'il murmure :

Je suis... à quatre pattes... sur la paroi d'un gratte-ciel. Et je tombe pas. Ok... ok...

Il n'avait pas eu peur comme ça depuis sa première intervention avec les Aitvaras. Ce jour-là, les renseignements avaient appris qu'un attentat kamikaze était prévu sur la parade étudiante de Vilnius. Tous les ans à la rentrée, les gamins de la fac défilaient sur Gedimino gatve, la grande avenue de la capitale. Plein de monde de partout, la télévision pour couvrir l'événement. Si une bombe pétait en plein milieu, ça ferait de très lourds dégâts. La pression qui allait avec ce genre d'intervention l'avait fait paniquer. Mais finalement tout avait fini par bien se passer. Pas de raisons que ce soit différent aujourd'hui... si ?

Pas à pas, centimètres par centimètres, Ignas progressa vers la fenêtre brisé. Il lui fallut de longues minutes, qui lui semblèrent des heures. Une fois à destination, il jeta un œil à l'intérieur. Pas de trace de l'américain. En tout cas pas par terre, ni sur le mur d'en face. Finalement, il le vit au plafond. Qu'est-ce que c'était que ce bordel ?! Il passa un bras dans l'ouverture créé, et immédiatement il sentit la gravité l'attirer vers le plafond. Alors il fit attention à ne pas tomber sur l'autre gars. Il n'y avait pas trente-six solutions. Soit il rentrait les pieds devant, ce qui impliquait d'avoir la tête en bas et de fait était inenvisageable. Soit il se jetait dans l'ouverture pour éviter le corps de son compagnon d'infortune. Il choisit la deuxième option.

A peine son corps pénétra-il dans les toilettes du gratte-ciel qu'il fut projeté au plafond. Le corps d'Ignas entra en contact avec une substance inconnue, mais qui sentait mauvais. Sur l'instant, le lituanien posa la main dans ce liquide poisseux. Il ne douta plus :

Jo motina kekše yra vemia ! S'exclama-il.
Traduction (attention gros mot):
 

Pourtant, lorsqu'il plaça sa main devant son visage, c'était différent. Pas de morceau de repas de la veille, pas de mixture dégueulasse. Juste de l'eau. Froide. Ignas ne se risqua pas à goûter. Il se contenta de respirer fort, de se concentrer. Il était allongé sur le plafond des chiottes d'un gratte-ciel, à côté d'un américain qui venait de vider ses boyaux, toujours sur le plafond. Inspiration. Expiration. Il tourna la tête vers l'autre :

Alors... euh... j'aime bien Spiderman, mais là c'est pas le pied...

Il n'avait rien trouvé de mieux à dire. Tout était si absurde...
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MessageSujet: Re: Tes petites œillades bovines m'ont transporté vers la lumière. [Ignas]   Mar 9 Jan - 13:27

Je roule sur le coté une fois que j'ai fini de vomir, histoire de reprendre mon souffle. Je retire les petits éclats de verre de ma main. J'aimerais beaucoup m'essuyer le visage, mais les lavabos sont accrochés au plafond. Une serviette assortie à la peinture des murs pend gracieusement vers le haut. L'eau à l'intérieur des chiottes ne nous coule pas sur la figure, mais reste gentiment dans sa porcelaine. Moi et mon vomi on reste accroché en l'air, mais le reste de l'univers semble s'en foutre.

Le viking rampe comme un galérien à l'intérieur, puis se casse la gueule dans ma bile (outch). Il jure dans sa langue. Puis il fait une vanne sur Spiderman. Je sais pas pourquoi mais pendant une brève seconde j'ai envie de l'étrangler. Une blague c'est le dernier truc que j'avais envie d'entendre.

- Je l'emmerde Spiderman ! Je l'emmerde je l'emmerde je l'emmerde !

Bon, et maintenant ? Je suis allongé sur le dos à coté de mon vomi et des éclats de verre, ça va rien arranger de rester là. Je me relève. Je commence à sautiller bêtement pour attraper la serviette. C'est pas parce que je suis un gros dégueulasse que je m'en fiche d'avoir le visage couvert de vomi et de morve. Puis je suis curieux de voir ce que ça fait si je prends un objet du monde d'en bas.
C'est pas facile de bondir vers ce qui semble être une chute violente sur un chiotte la tête la première, c'est pour ça que je dis « sautiller bêtement ». Mon geste manque d'enthousiasme. Une partie de mon cerveau continue d'affirmer que je suis en train de jouer au cochon pendu. J'attrape quand même la serviette à la quatrième tentative. Dès que je la prends dans ma main la gravité s'inverse pour elle et je peux m'en servir comme une serviette normale, sans qu'elle pendouille vers le haut. Je sais pas pourquoi mais je suis soulagé de m'essuyer le visage avec quelque chose qui ne se comporte pas de façon satanique.

Bon et après ? Il faut penser à l'avenir. Bizarrement j'ai la vague inquiétude de me faire engueuler par les gens qui bossent là. Ça a l'air cossu comme truc. La serviette n'était pas en polyester tout raidi par la lessive, plutôt une matière luxueuse qui absorbe rien. Je ne suis jamais rentré dans un gratte-ciel avant aujourd'hui, mais j'imagine qu'il s'y déroule un autre niveau d'existence. Celui avec de la cocaïne et des grosses voitures. Ou alors c'est un immeuble du gouvernement, un gouvernement qui est probablement pas celui de mon pays. Si le soleil est en dessous de nous, il doit être midi. L'autre bout du monde ? Qu'est ce qu'il y a à l'autre bout du monde ?

Le plus loin que je suis allé dans ma vie, c'est le Mexique. Une fois. Des vacances avec les gosses et tout ça. Je ne suis quasiment pas sorti de l'hôtel parce qu'il y avait un accès à la mer et un bar dans le jardin. Ma femme est parti visiter des trucs et faire de la marche à pied, comme toute les bonnes femmes quand elles sont en vacances. J'ai aucune envie de me faire emmerder par des chinois ou je sais pas quoi. Je m'en contrefous de la Chine ! J'ai cru jusqu'à trente cinq ans que l'Asie n'était qu'un seul pays ! Ou peut être qu'on s'est fait kidnapper... ? Ça fait bien chinois un scénario pareil. Je repense à ce rêve ultra-détaillé et ultra-cohérent, dont je me souviens très bien.

Bon, j'ai quand même de grosses réserves sur l'intérêt stratégique de me kidnapper. On va pas se mentir, j'ai pas une tête à me faire téléporter par un gouvernement. Dans le train la grosse araignée géante avec une voix de tafiole a dit qu'on était là par erreur... nan je peux pas penser ça, c'était qu'un putain de rêve ! Ça ne rentre pas en ligne de compte, parce que les araignées géantes à voix de tafiole ça n'existe pas. Bordel ! Je me frotte le visage avec les mains, si jamais ça permettait à mes yeux de voir un univers normal. Ça marche pas.

- Bon OK OK... ça y est j'ai pété un boulon. Ou je suis mort. Mais c'est l'au-delà le plus con que j'ai jamais vu !

J'ai un gloussement un peu glauque, qui finit sur un rictus de mec poussé à bout. Puis je décide que je vais sortir de cette pièce. Les chiottes manquent de dignité pour piquer une crise, et je supporte plus l'odeur d'alcool rance de mon propre vomi. Je commence à sauter pour atteindre la clanche de la porte. C'est pas très pratique d'ouvrir une porte à l'envers. Il faut pousser la poignée en l'air et tirer en arrière en un seul bond. Quelle idée de con d'avoir un immeuble haut de plafond comme ça, ça gâche de la place. J'y arrive et je me casse presque pas la gueule à la réception.

- Hey mec, ça te dit pas d'aller voir dans quel sens marche la gravité dans le couloir ? On va pas... je sais pas, rester dans les chiottes jusqu'à ce que quelqu'un vienne nous faire descendre. Et t'as l'air de euh... aimer le sport.

Moi j'ai pas un corps qui a l'air d'aimer le sport, la pétanque à la rigueur.
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MessageSujet: Re: Tes petites œillades bovines m'ont transporté vers la lumière. [Ignas]   Mer 10 Jan - 22:52

L'autre type s'est remis à sauter. Vraiment il a une paire de couilles énormes pour oser ça la tête en bas. Malgré tout, ça se voit qu'il n'est pas serein. Même si au sol, c'est une cuvette de toilettes, même si la hauteur fait qu'une chute ne serait pas trop dangereuse, le fait de sauter sur le plafond est une action vraiment contre intuitive. Mais finalement, le but de la manœuvre, à savoir récupérer une serviette, valait bien le coup. Une fois que l'américain eut finit de s'essuyer le visage, Ignas tendit la main dans sa direction. Il avait roulé hors du vomi, ou de l'eau, même si la première solution était vachement plus plausible. Il demanda :

Je peux ? Je suis tombé dans un truc pas net tout à l'heure.

Le lituanien récupéra la serviette, se redressa en position assise, et entrepris de s'essuyer vigoureusement le dos. Rien que là, il se sentait nauséeux. Le sang lui montait à la tête, quand bien même son organisme lui indiquait que tout allait bien. Il observa son compagnon d'infortune. Teint un peu rougi, petite bedaine, vêtements trop chauds pour le lieux où ils se trouvaient... Il avait l'air d'un gars banal qui passait tranquillement sa soirée dans un bar, et qui s'est retrouvé là en passant la porte des chiottes. Vraiment, cette affaire de téléportation était à tirer au clair de toute urgence.

Désormais, c'était au tour de l'américain de paniquer. Il n'avait pas bien pris la boutade sur Spiderman, et il déblatérait des paroles sans queue ni tête. Rien qu'à le voir lui proposer, tout simplement, de quitter la pièce dans laquelle il se trouvait, on pouvait ressentir son malaise. Pas étonnant, en fin de compte, mais on était bien loin du type calme et lucide que le barbu avait cru apercevoir sur la façade de l'immeuble. Ignas acquiesça tout de même sans hésiter. Rester assis en tailleur à côté d'une flaque de vomi ne l'enchantait pas plus que ça. Parvenu à hauteur de la porte, il lui fallut quelques secondes pour se convaincre que sauter n'allait pas subitement inverser la gravité. Il fléchit, bondit, et s'agrippa au sommet de la porte précédemment ouverte par l'inconnu. Cette fois, il dut faire une vraie traction pour se hisser à l'extérieur.

Au fait, moi c'est Ignas. Ignas Astrauskas. On va s'en sortir, trouver une solution, ça va bien se passer.

Il disait ça autant pour rassurer son acolyte que pour se rassurer lui-même. Mais il vaut mieux ne pas céder à la panique, l'armée lui a appris ça. Désormais, ils sont tout deux debout, la tête en bas, sur le plafond d'un luxueux gratte-ciel, quelque part dans le monde. Le lituanien prend les devants. Ses pas sont au début mal assurés, comme s'il avait peur que le plafond cède sous son poids. Il progresse lentement, mais sûrement. De toute manières ils ne sont pas pressés par le temps, l'endroit semble étrangement désert.

Soudainement, le pied du garde du corps s'enfonce dans le plafond. Une dalle secrète, invisible auparavant, vient d'apparaître alors qu'il posait le pied dessus. Il laisse échapper un juron en lituanien, s'agenouille, tente de remettre tout ça en place, ni vu ni connu. Mais quelque chose attire son regard. Sous cette dalle secrète, forcément, il y avait un secret. L'ancien soldat n'était pas du genre fouineur, mais il aurait pu reconnaître le contenu du petit paquet les yeux fermés. Solidement empaqueté, une poudre blanche.

Je sais pas où on est tombés, mais ça, c'est de la coke. Déclara-il sans hésitation.

Durant ses années avec les Aitvaras, il avait participé à une demi-douzaine de raids sur des receleurs et des dealers. Il avait eu affaire à la cocaïne trois fois. Surtout, il ne pose pas les doigts sur l'emballage. Si jamais on retrouvait ses empreintes là-dessus, ce serait très compromettant, et très dur à expliquer. Mais à vue de nez, il y a bien cent ou deux-cent grammes. En clair, selon la qualité du produit, c'est entre 10 000 et 15 000 euros que les deux intrus ont sous les yeux.

Le lituanien se retourne vers l'américain, l'interroge du regard. Le plus sage serait de simplement remettre le tout à sa place, de faire comme si de rien n'était. Mais potentiellement, il y avait de la justice à rendre. Et Ignas était un homme de justice.
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MessageSujet: Re: Tes petites œillades bovines m'ont transporté vers la lumière. [Ignas]   Ven 19 Jan - 20:05

On se dit nos noms, c'est très bien, tout ça, puis Ignas montre un truc dans le plafond-sol. Il annonce sans hésiter que c'est de la coke. Je freeze. Mon rythme cardiaque augmente sensiblement devant tant d'argent. Ça représente les travaux pour le toit et les fenêtres chez moi. Peut être un chauffe-eau neuf. Je sais à qui je pourrais refourguer ça. Peut être pas en une fois, ça fait vraiment énormément de coke. Qui peut sortir autant de fric en cash d'un coup ?J'en ai jamais vu autant en même temps. Je t'ai dit, je vis dans une petite ville.

Bref c'est fou comme un gros tas de coke peut me faire oublier que je suis collé au plafond d'un gratte-ciel inconnu. Mais tout de même. On parle d'un chauffe-eau neuf là. Surtout que visiblement je suis pas en rivalité avec le viking : il ne fait pas mine de se baisser pour le ramasser. Cette sordide affaire prendrait un autre intérêt si je redescends sur terre avec 15 briques de stupéfiant.

- Hmmm... t'es des stup ou un truc dans ce goût là ? Moi je saurais pas dire comme ça si c'est de la coke ou du bicarbonate. Mais j'ai trois enfants et un chauffe-eau qui marche plus alors bon... vu que t'as pas l'air très intéressé je me disais que voilà.

Je me disais que si t'étais pas trop choqué par la pratique je mettrais bien ce petit képa dans ma poche, mais comme t'es grand et costaud je te demande ton avis avant. Si jamais tu te sentais spolié. En plus j'ai pas mon flingue parce que des chinoises qui n'existent pas me l'ont volé. Je me sentirais moins vulnérable avec.

- Mais bon c'est à se demander ce qu'ils font comme taff ici, avec de la coke plein le plafond. J'espère que c'est pas des yakuzas ou je sais pas quoi, on dirait un film à moitié. Un film de merde.

Un des films que j'aime bien avec des mafieux et des flingues. Moins de lévitation par contre, mais on pourrait toujours broder que c'est une nouvelle arme du gouvernement japonais ou je sais pas quoi. Je kifferais pas avoir Tony Montana en vrai par contre, c'est clairement pas le même monde que le mien. Il y avait pas le cours magistral « arme d'assaut et infiltration de gratte-ciel » dans mon école de police.
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MessageSujet: Re: Tes petites œillades bovines m'ont transporté vers la lumière. [Ignas]   Dim 21 Jan - 22:07

Dans un premier temps, Ignas se dit que la chose la plus intelligente à faire, s'était de remettre la dalle du plafond en place et de continuer à avancer. Si il y avait de la coke, alors il y avait un criminel qui voudrait la récupérer. Sinon le pactole ne serait pas caché dans un faux plafond au beau milieu d'un joli building. La situation dans laquelle le lituanien et Ike se trouvaient appelait à d'autres préoccupations. Genre trouver un moyen de se remettre la tête dans le bon sens. Mais le barbu ne pouvait pas se résoudre à fermer les yeux. Il voulait mener l'enquête. Déjà, pourquoi est-ce qu'il n'y avait personne dans ces bureaux, alors que le soleil était encore haut dans le ciel ? Pause déjeuner générale ou jour férié, il y avait des possibilités, mais cette solitude et ces grands bureaux vides inquiétaient Ignas. Lui et l'américain étaient quand même dans l'urgence, car les lieux ne resteraient pas vides indéfiniment.

Lorsque Ike mentionna l'idée de garder la drogue, soi-disant pour nourrir ses enfants et réparer son chauffe-eau, le lituanien faillit lui en coller une. Et puis quoi encore ? Vendre sa mère pour se faire poser du double-vitrage ? Le garde du corps se redressa et confronta son camarade d'infortune :

C'est hors de question qu'on touche à ça. Je sais pas qui tu es, quelles sont tes morales ou tes valeurs, mais c'est pas tes poches qui cacheront ce paquet, et je refuse de me faire choper avec un couillon qui vole la came d'un gros dealer.

Si Ignas ne vivait pas lui-même aux États-Unis, il se serait peut-être laisser aller à une amalgame concernant les américains et l'appât du gain. Mais le Lituanien avait croisé et travaillé avec suffisamment de bons individus pour avoir une certaine foi en l'être humain et son bon sens. Malheureusement, ce coup-ci il n'était pas tombé sur une Mona, qui essayait d'aider, mais plutôt sur un opportuniste qui cherchait à tirer le positif d'une situation merdique. Au fond, il n'avait pas eu tort de tenter sa chance, mais le barbu était déterminé à se montrer intransigeant sur la question.

Et pour répondre à ta question, j'étais soldat avant. Ex-Forces Spéciales.

C'est le genre de titre un peu clinquant qui impressionne le péquenaud de base et les demoiselles. De quoi -normalement- dissuader Ike de prendre le paquet par la force.

Pour l'heure, essayons plutôt de comprendre où nous sommes, et comment on remet la gravité comme il faut.

C'était les deux points prioritaires du moment. Aussi, Ignas décida de reposer la dalle de plafond à sa place, et de continuer à avancer. Il se retourna rapidement, histoire de s'assurer qu'Ike suivait bien et n'avait pas décidé d'embarquer la coke et douce. Leurs pas les menèrent dans de multiples embranchements de couloirs. Cet étage était un vrai labyrinthe ! Mais finalement, l'improbable duo tomba nez à nez avec une pancarte indicative. Vu les pictogrammes, il y avait de grandes chances qu'il soit quelque part en Asie.

Tu disais quoi à propos des yakuzas, déjà ?
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MessageSujet: Re: Tes petites œillades bovines m'ont transporté vers la lumière. [Ignas]   

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Tes petites œillades bovines m'ont transporté vers la lumière. [Ignas]

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