Forum roleplay (étrange/science-fiction)
 

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 Willie Simon

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Messages : 32
Points de Complot : 360
Fiche : Par ici !
Date d'inscription : 15/06/2017
Lieu : Québec
Occupation : Routier / Drifter

MessageSujet: Willie Simon    Jeu 15 Juin - 18:09






Nom :
 Simon
Prénom : Willie
C’est un prénom choisi. Son état civil porte encore son prénom de naissance, Emilie, et dans l’intimité il autorise ses parents à l’appeler Enut, le prénom en langue Innu-aimun choisi par sa grand-mère.

Pseudo : WillieBaby sur les applis du genre Grindr, et une adresse mail vieille de 10 ans. La plupart du temps son prénom lui suffit amplement.

Âge : 26 ans

Genre : Pour le gouvernement Canadien : Homme Transgenre. Pour lui-même et ceux de sa culture : Deux esprits.

Pouvoir: [OUI][NOUVEAU]

Lieu d'habitation : Sur la route, souvent quelque part entre le Québec et les Etats-Unis.

Métier/Occupation : Routier / Déménageur (au noir) / A peu près tous les petits boulots qui voudront bien de lui sans lui poser trop de questions.

Langues parlées : Français, Anglais, quelques notions d’Innu-aimun



description

Willie est un grand garçon. Contrairement à ce qui était d'actualité, pendant les années douloureuses de son adolescence, ces temps-cis, plus personne ne peut même penser à nier ça. Il a les épaules larges, la mâchoire droite et élégamment décorée d’une barbe aux poil sombre et doux. Même la longueur « inhabituelle » de sa chevelure n’induit plus personne en erreur.

Oh, parfois, lorsqu’il est de dos, et qu’il a mis un jean un peu trop serré, il arrive qu’une vieille femme lui tapote l’épaule en lui servant un timide « pardon mademoiselle », ou qu’un dragueur s’égare à glisser une main baladeuse sur une de ses fesses, mais l’un comme l’autre réalisent bien vite leur erreur lorsqu’il décide de se retourner.
La première se confondra en excuse en apercevant le visage contrarié du jeune garçon, l’autre, en général, se confondra en protestations virilistes tout à fait navrantes. Les excuses, souvent, viendront plus tard. Après que le jeune Innu lui ait collé sa main dans la tronche, par exemple.




réactions

- Face à l'agressivité :
Willie est quelqu’un de difficile à véritablement énerver. D’une nature paisible et conciliante, livré à lui-même sa tendance naturelle le fera plus facilement fuir le conflit, physiquement, ou par la dérision, que s’y jeter bras et gueule ouverts. Son éducation première a été celle qui conseille de ‘ne pas provoquer la violence’, et sans stimuli extérieur pour faire pencher la balance, c’est souvent cette dernière qui l’emporte en cas d’hésitation. Pourtant, il reste quelqu’un de très influençable, et ces derniers temps il n’a pas gardé la plus sereine des compagnies. S’il est attaché à quelqu’un, il aura une tendance inconsciente à imiter ses réactions, et se laisser entraîner par les élans d’enthousiasme ou d’indignation des gens qu’il estime. De même, s’il ne se défendra pas lui-même avec beaucoup de conviction – exception faite de la transphobie à laquelle il est tout particulièrement sensible – touchez à l’un de ses proches et il n’aura plus beaucoup de scrupule à vous mettre une belle droite
.
- Face à une célébrité qu'il/elle adore : Là encore, s’il est seul, il aura tendance à garder ses distances, et à l’admirer de loin. Mais s’il est dans un groupe, où en présence d’un ou plusieurs amis particulièrement démonstratifs, il se laissera entraîner dans leur élan.

- Face à l'échec : La fuite en avant. Encore et toujours. Quand les choses ne fonctionnent pas comme il l’aurait voulu, son instinct premier est de tourner les talons et de recommencer à zéro. Alors il s’enfuit, et pousse de toutes ses forces le souvenir de ses échecs passé loin dans un coin de sa tête où il n’ira plus jamais les déterrer. Là-devant il y a d’autres choses à faire, à essayer. D’autres victoires à conquérir. Marchant sur un fil n équilibre précaire entre le courage et la lâcheté, Willie mène sa vie en essayant de regarder le moins possible par-dessus son épaule : il aurait trop peur de perdre l’équilibre.

- Face à un événement surnaturel: Willie n’est pas quelqu’un de particulièrement spirituel, malgré qu’on l’aie largement encouragé dans cette voie dans son enfance. Sa relation légèrement conflictuelle avec les traditions de sa famille, et de son – ancien – clan y est probablement d’ailleurs pour quelque chose. Si vous lui aviez posé la question lorsqu’il avait quatre ans, et qu’il passait encore son temps à jouer avec les autres enfants de la réserve, à écouter toutes sortes d’histoires, il vous aurait probablement parlé de l’Homme dans la Lune, des êtres de foudres, et de tout le reste du bestiaire extraordinaire des légendes Innu.
Aujourd’hui, tout ça est loin derrière lui… ou du moins il aime à le croire. Car au bout du compte, quand il se prend à écouter un peu trop attentivement les grandes tirades anarco-complotistes de Timothy, son meilleur ami – sans compter celles des cercles plus ou moins douteux que ce dernier a tendance à fréquenter – il lui apparait évident qu’il a simplement changé de folklore. Qu’il n’est pas beaucoup plus rationnel d’imaginer qu’un évènement inexplicable est l’œuvre d’un complot gouvernemental secret que de mettre ça sur le dos de croyances surnaturelles.

- Face à un(e) parfait(e) inconnu(e)  : Il est d’un naturel avenant, plutôt curieux, et pour peu que vous soyez respectueux de sa personne et de ses amis, sa sympathie est très facile à conquérir.

- Si on lui propose une grande somme d'argent sans rien demander en retour : Il fait tout disparaître dans la grosse tirelire en plastique qui contient toutes ses économies, et sur laquelle il a inscrit au marqueur permanent un très élégant « Money for Willie’s willy ♥ ». Les hormones et la chirurgie, ça coûte cher, qu’est-ce que vous croyez…





Petit rappel des faits.

1991 : Naissance d’Emilie (Enut) Simon.

1992-2000 : Enfance au sein de la réserve Innu de Natashquan, au Québec. Il apparait rapidement qu’Enut est un Deux-esprits, aussi on privilégie l’emploi de son prénom ethnique, dont la neutralité l’apaise. Là-bas, il grandit bercé par la culture de sa tribu, et l’acceptation totale et paisible de son identité. Lorsqu’il est en âge d’aller à l’école, il est envoyé à l’école primaire locale, avec les autres enfants de la réserve.

2000 : Ses parents quittent la réserve, car son père est entré en conflit ouvert avec un des anciens au sujet de l’avenir de son entreprise de déménagement. Ils s’installent dans la municipalité de Natashquan, toute proche, pour permettre à Enut de continuer à fréquenter son école, et ses amis. Peu de temps après, et probablement influencé par la binarité du monde en dehors de la réserve, Enut prend la décision de se faire appeler Willie, et demande à être considéré comme un garçon en dehors de son cercle familial.

20002 : Il est inscrit au collège sous sa nouvelle identité, par dérogation spéciale du directeur de l’établissement. Son état civil ne pourra pas être changé avant sa majorité, mais on le laisse effectuer sa transition sans histoires, et sa scolarité se poursuit comme ça.

2007 : Obtient son permis du premier coup.

2008 : Démarre la Testostérone.

2009 : Obtient son diplôme de secondaire mais il est décidé qu’il ne s’inscrira pas à l’université. Après quelques mois de conflits avec ses parents, il finit par leur céder, et abandonne ses rêves de licence de géographie pour aider son père avec son entreprise de déménagement. Passe et obtient son permis poids lourds.

2010 - 2014 : Travaille pendant quatre ans au noir dans l’entreprise de son père, qui flirte régulièrement avec la faillite, faute de véritable clientèle dans la région. Après avoir obtenu son permis et travaillé pendant un temps aux côté de l’ami et collègue de son père, Marcel Maunier, il finit en 2013 par obtenir son propre camion, qu’il rachète à ce dernier.

2012 : Rencontre avec Timothée Ramirez, au cours d’une émeute étudiante du Printemps érable, auquel ce dernier participe très activement. C’est le début d’une amitié très fusionnelle, entre les deux garçons, qui s’encourageront mutuellement dans la poursuite de leurs idéaux.

2014 : Quitte le domicile familial sans prévenir ses parents, pour partir s’installer à Montréal et reprendre ses études, abandonnant derrière lui l’entreprise de son père toujours autant en difficulté. Il s’installe avec son camion sur le parking de la cité étudiante où loge Timothée, et squatte à moitié son petit studio le temps de se trouver un boulot étudiant.

2015 : Un coup de fil très culpabilisateur de sa mère lui apprend que l’entreprise familiale a dû être vendue, et que son père accuse très mal le coup. Rongé de culpabilité, Willie va tomber dans un gros épisode dépressif d’environ 8-9 mois, durant lequel il décrochera complètement de sa deuxième année de licence. Il emménage de manière permanente dans le studio de Timothée, qui fait de son mieux pour le soutenir financièrement et moralement pendant cette période.

2016 – 2017 : Dans une tentative de le tirer de sa mauvaise passe, Tim embarque Willie dans un gigantesque Roadtrip à travers le Canada, à bord de son camion. Ils commencent par une petite tournée avec l’équipe de radio clandestine de Timothée, puis ils se dirigent vers des régions plus rurales pour y faire un mélange de camping, d’écumage de motels et de bars paumés, et de retraite spirituelle. Enfin, ils reviennent vers la civilisation, et après deux semaines de bringue complète qui devaient sceller la fin du voyage, ils prennent l’importante décision de le prolonger, et partent à l’assaut des autoroutes américaines. Même arrivés au bout de leurs économies, ils ne s’arrêtent pas. Simplement, leur épopée se ponctue d’escales urbaines, ici et là, pour se renflouer en faisant un peu tous les jobs qui leurs tombent sous la main.





votre passé


17 Mai 2009 – Municipalité de Natashquan, Québec

« Ostie mais pourquoi ?!
- Enut, mon cœur…
- C’est pas juste ! Essaie pas d’me dire que c’est juste parce que c’est pas juste et tu l’sais crissement bien ! Moi tout c’que j’veux c’est aller en classe. J’demande pas la fortune, pis j’demande pas l’monde !
- Ton père…
- Mais ’pa y sait que j’vais la r’prendre, son affaire ! Ça lui coûte quoi d’me laisser aller étudier à Montréal pendant deux ans, là. Il a des gens pour l’aider, ça va pas s’effondrer sur lui en attendant ! »

La voix de Willie, fragilisée par les premières interventions de la testostérone à l’intérieur de son corps, se brise en mille morceaux à chaque fois que l’émotion se fait un peu plus forte dans sa poitrine. A l’amer sentiment d’injustice qui palpitait déjà sous sa peau, viennent se mêler le poison de la colère et la frustration de ne pouvoir exprimer cette dernière correctement. Il aurait voulu crier, alors que ses pas le précipitaient dans une retraite furieuse à travers le salon, mais ses cordes vocales ne parvenaient qu’à lui fournir de ridicules couinements éraillés.

Sa mère, visiblement insensible à ses petits jappements de chiot enroué, le rattrape alors qu’il tente de prendre la fuite dans la cage d’escalier, et elle lui coupe la route, les deux mains fermement campées sur ses larges hanches.

« Bon maintenant ça suffit. Tu vas arrêter de faire ton caprice pis tu vas retourner dans la cuisine pour discuter avec ton père.
- C’est pas un caprice !
- T’as pas besoin d’aller en études pour conduire un camion, et t’en auras pas besoin pour reprendre l’affaire de ton père.
- Je veux juste apprendre… Ça me plaît vraiment, tout ça, maman. C’est genre… Je sais que j’suis pas le meilleur des élèves, mais ça… J’crois que c’est des cours qui pourraient vraiment être passionnants, et si vous me laissiez juste…
- C’est déménageur que tu vas être, pas géographe, alors tu vas rester là et apprendre le métier. Et si t’as envie d’étudier la géographie, rien ne t’empêche de le faire ici. Il y a la bibliothèque, et internet ! On ne vas pas à l’université pour étudier par hobby. Tu dois apprendre un vrai métier.
- Mais pourquoi pas... Comment j’suis censé savoir ce que j’veux faire de ma vie si j’peux pas…
- On a juste pas les moyens de t’envoyer prendre deux ans de vacances à Montréal, Enut. C’est comme ça !
- Alors j’paierai moi ! J’trouverais un job !
- Cesse donc de faire l’enfant, maintenant. Tu sais que ton père peut plus travailler autant avec son dos, et on n’a pas l’argent pour prendre d’autres employés. Il a besoin de toi. Cette famille a besoin de toi.
- Mais moi je…
- Tu veux vraiment être ce genre de fils ? »

La phrase vient se ficher entre les épaules de Willie, à la manière d’une banderille particulièrement bien aiguisée, et lui coupe les jambes alors qu’il se détournait pour fuir à nouveau le regard de sa mère. Il s’arrête net, figé, le dos tendu et le ventre rempli d’eau glacé. C’était comme si on venait de lui inoculer un poison particulièrement violent.

Un poison qui le poursuivrait probablement pendant des années, et des années encore...


02 mars 2012 – Bar Saint Bock, Vieux Montréal


Tirant à son cou le col de son épais manteau, Willie accueillit la gifle de l’air nocturne avec un long soupir, chargé de vapeur et de lassitude. La silhouette massive du vieux Marcel s’est effondrée contre son flanc, comme le cadavre d’un gibier encore fumant, et le pauvre garçon s’efforce tant qu’il peut de soutenir son poids. Il a passé un de ses bras ballants par-dessus son épaule, et tente de le conserver au maximum en position verticale, le temps de rallier la cabine conducteur du petit camion de déménagement. Sous leurs pieds, le trottoir est traître. Verglacé, il s’est drapé avec juste assez de neige pour que les zones dangereuses soient impossibles à identifier, tout particulièrement à cette heure de la nuit. Mais le froid est le meilleur des encouragements, et après avoir exhalé une nouvelle fois toute sa frustration en un blanc volute de vapeur glacée, Willie s’élance bravement à l’assaut de cette épreuve.

Il ploie, vers la droite, sous le poids du vieux Marcel, et leur équilibre commun est plus que précarisé par l’état d’alcoolisation avancée de celui-ci, mais le jeune garçon a pour lui sa jeunesse, son dos solide, la force d’une certaine habitude, sans oublier une invincible envie de rentrer au bercail. Après une après-midi passée à soulever du mobilier de bureau pour un client qui déménageait ses locaux à Montréal, suivie d’une soirée à regarder son collègue-mais-techniquement-supérieur s’enivrer « pour fêter ça », assuré d’être ramené saint et sauf par ce brave petit Willie, l’appel de son lit était plus fort que tout.

Ah, pouvoir se glisser dans son duvet et enfin mettre un terme à cette épuisante journée…

Alors que leur convoi précaire s’achemine tranquillement vers sa destination, et que la lourde tâche de transporter le vieil ivrogne du bistrot jusqu’au camion laisse place à celle encore plus éprouvante de hisser le dit ivrogne jusque dans le siège passager du dit camion, une ombre d’exaspération trouve son chemin jusqu’aux yeux du jeune natif.
Le vieux Marcel, lui, n’exprime plus grand-chose, à cette heure.

Pendant dix bonnes minutes, Willie se débat avec le pauvre homme, tirant, poussant, et escaladant à moitié sa figure à présent complètement endormie, jusqu’à le bourrer enfin entre le siège et la ceinture, pour l’y laisser ronfler. Ramassant ses clefs qui s’étaient échappées dans la bataille, il entreprend alors de contourner le camion par l’arrière, pour vérifier que tout est bien fermé avant de prendre le volant, lorsqu’un grand chahut le fait sursauter.

Ça s’élève depuis le fond de la rue Saint Denis. Lointain, d’abord, comme un grondement de voix humaines et de bruits métalliques, de verre brisé. Peut-être le son distordu d’un mégaphone, perdu dans le dédale des rues du vieux Montréal. Puis l’un des composants du vacarme semble se détacher du reste. Une cavalcade de pas, éparpillée, pressée par une invisible urgence, déboule dans le dos du jeune natif, surgissant à l’angle de la ruelle Emery, et précédant un duo de jeunes gens essoufflés par leur course.  

Tout ça se passe très rapidement, et il peine à distinguer, à la lueur des néons du Saint Bock, grand-chose de plus qu’une petite tignasse blonde, enfoncée dans une chapka pleine de neige, et un éclair de peau noire. Le premier soutien le deuxième, dans leur échappée, et alors qu’ils remontent la rue vers Willie, l’air d’avoir la mort aux trousses, celui-ci se jette sans réfléchir sur le mécanisme d’ouverture de l’arrière de son camion.

« Hey ! »

Sa voix s’élève, un peu trop douce à son goût, mais rendue suffisamment rocailleuse par l’urgence pour attirer l’attention des fuyards. Willie croise le regard du petit blond, probablement pas beaucoup plus vieux que lui, et d’un signe pressé de la main il leur indique la voix de sortie qu’il est en train de leur offrir. En face, ça n’hésite pas longtemps, et en quelques secondes les deux diables se retrouvent à l’abri entre les parois de métal du petit camion de déménagement. Lorsque le duo de flics en tenue d’intervention qui étaient à leur trousse arrive dans l’avenue, Willie se contente de leur jeter un regard circonspect depuis la cabine conducteur, avant de démarrer.

Après s’être éloigné de la commotion, et avoir déposé ses fuyards un peu plus loin dans le quartier du Village, il avait fumé un peu avec eux, apprenant leur noms – Timothée pour le blondinet et Louanne pour la jeune femme à la peau noire – ainsi que les circonstances de leur fuite.
L’œil de Willie avait brillé un peu, devant ces récits de grèves étudiantes généralisées, d’occupations illégale de locaux pour y tenir des débats et des scrutins, de désobéissance civile, et de lutte contre la marchandisation de l’éducation par un gouvernement capitaliste. Bien sûr, tout ça ne le concernait pas vraiment – même s’il aurait donné tout ce qu’il avait pour pouvoir l’être – pourtant il se promis de revenir, à l’occasion, pour prêter une main ou un peu de logistique à ce mouvement qui lui vendait tant de rêve, et qu’il n’avait pu suivre jusque-là qu’à travers la lentille biaisée et amère de la presse d’information. Il promit également, en lui confiant son numéro de téléphone, de prendre des nouvelles de Tim, et de ses discours enflammés, sans se douter que c’était là le début d’une longue et solide amitié.

Une vraiment très longue et très solide amitié.


15 août 2014 – Répondeur téléphonique de Timothée Ramirez

« Hey… Euh. Tim ? C’est moi. »  

La voix de Willie est légèrement rauque, et son discours un peu décousu par les bons soins de l’alcool. Il ne pense même pas à décliner d’avantage son identité, trop occupé, le téléphone collé à son oreille, à rassembler maladroitement dans un sachet en plastique les cadavres des bières qui jonchent la cabine de son vieux camion. Timothée n’aura sans doute aucun mal à comprendre qui est à l’autre bout du fil, de toute façon, pas vrai ?

« Ecoutes, tu vas trouver ça bizarre mais… J’suis… J’suis devant ton immeuble, là. Ha ha… Hem. J’espère que c’est pas un truc trop… bizarre. À annoncer comme ça. Hé, j’sais qu’on s’connaît p’t’être pas encore… assez pour que j’te demande un truc pareil, mais je… j’sais pas quoi faire et… »

Pour être tout à fait honnête, Willie a très peur de se faire envoyer sur les roses. Malgré l’indiscutable complicité qu’il partage avec le jeune étudiant blondinet, et ce depuis maintenant déjà deux ans, un refus de sa part reste encore une possibilité tout à fait envisageable.
Parce que c’était bien beau de partir sur un coup de tête. De jouer les grands dramaturge en entassant toutes ses affaires dans un gros sac de voyage, et de prendre le camion au milieu de la nuit pour traverser la moitié de la région. Maintenant qu’il est là, il faudra se donner les moyens d’y rester, ou il n’aura plus qu’à faire demi-tour, et rentrer à la maison familiale la queue entre les jambes. Cette idée tambourine dans la tête de Willie depuis plusieurs heures déjà. Elle tambourine si fort que la moitié du pack de bière qu’il avait ramené en guise de remerciements pour l’accueil improvisé y est passé.

« Tu vois… j’t’avais parlé de… Du fait que j’voulais… Que j’avais envie de reprendre mes études. Et que j’attendais le bon moment avec mon père pour… Enfin que l’entreprise aille mieux quoi. Qu’ils aient plus besoin… Ha. Hm. Le truc c’est que j’ai passé tout l’été à… à réfléchir. Et j’arrive pas à me sortir de la tête que… que ce moment-là il arrivera p’t’être jamais. Et que. Que l’rêve de mon père il était p’t’être trop grand pour lui, tu vois ? Et… et que ça va le bouffer. Nous bouffer, tous. Et j’ai crissement la trouille de… de m’faire entraîner là-dedans. Genre vraiment. Ça m’fait tellement peur j’arrive plus penser à autre chose. J’y ai déjà perdu quatre ans, Tim. Quatre ans dans cette foutue ville à bosser avec… Pff… C’est pas c’que j’veux. Genre. Pour ma vie, quoi. Moi c’que je… Tabarnac ! Reste-donc là maudit… »

Le sachet de cannettes vides s’écrase sur le goudron de la route, dans un vacarme assourdissant, alors que Willie pousse la portière conducteur du pied. Avec un soupir lourd comme le monde, il s’extirpe de la cabine, puis, se jetant à genoux par terre, entreprend de les ramasser de sa main libre. Il n’y aurait pas de voyages de retour à envisager avant qu’il ait sérieusement dessaoulé, c’était certain.

Au moins, à présent, il n’est plus question de s’enfuir comme un enfant pris la main dans le sac dans une très grosse bêtise. Il a pris sa décision, et il va devoir l’assumer maintenant. Et prier très fort pour que Tim l’aide à l’assumer. Aussi. Mais le garçon n’était pas homme à laisser un ami saoul dormir sur le pas de sa porte, alors probablement que tout irait bien, pas vrai ?
Willie renifle, se penchant pour attraper une canette qui a roulé derrière la roue avant, et reprend la parole en grognant un peu.

« Pardon je… J’crois que j’ai un peu trop bu. J’suis… J’ai garé mon… mon camion, dans la rue, en face, et… Oui, j’ai… J’ai racheté son camion à Marcel, y’a quelques mois, est-ce que je t’avais dit ? J’ai… j’ai passé l’été à le retaper. Parce que… Enfin il est super cool maintenant, tu verras ! Genre… Ostie, où j’en étais moi, je… Ah ! Ouais, alors j’me suis dit. Hé ! P’t’être bien que j’dois rien à mon père. P’t’être bien que si j’veux… Si j’veux avancer dans ma vie, faut que j’prenne mes décisions… et… Et mon camion. Faut que j’prenne… non. J’ai déjà pris mon camion. Et j’suis v’nu ici. À Montréal ! Et j’vais m’inscrire à l’université ! Et ça va être… J’vais commencer à vivre, tu vois ? Genre pour moi. Pour de vrai… J’vais… »

Il y a beaucoup d’émotion, maintenant, dans la voix de Willie, presque comme des larmes qui vourdraient bien remonter jusqu’à ses longs cils pour y déborder copieusement. Celle-ci, pourtant, retombe comme un mauvais soufflé, alors que le jeune innu aperçoit un couple de silhouettes débouler joyeusement à l’intersection.

« Hé, c’est marrant y’a un type qui t’ressemble drôlement genre… juste là, au bout d’la rue. J’vais lui… attend j’vais lui faire un signe. Héé ! Héé-hoo… !! J’crois qu’il m’a vu. J’crois que… Hé mais c’est toi ! C’est toi, heeey ! Tiim ! Timmy-Tim Tiiiiiim ! »

Le reste n’est que bruissement, entrecoupés de voix lointaines, et difficilement déchiffrable, alors que Willie s’élance pour aller enlacer son ami. Le message s’étire encore sur une bonne minute, durant laquelle il apparaît très clairement que son émetteur a complément oublié jusqu’à la présence de son téléphone, qu’il tient toujours en main sans penser à arrêter la communication.

« Oh, mec, si tu savais comme… »

« Non, non, je… j’suis v’nu avec… »

« … téléphone ? Noon, non, j’parlais avec… ton répondeur… Ah ! attend… »

Un ‘clic’ sonore marque la fin de l’enregistrement.


27 janvier 2016 – Résidence universitaire EVO, Vieux Montréal


La lumière pénètre dans la pièce comme une armée impitoyable et déterminée, enfonçant au bélier la lourde porte d’un fort. Ainsi assiégé, Willie se recroqueville sous le vieux sac de couchage qui lui servait de couverture, enfouissant son visage dans l’odeur amère de sa propre transpiration. A quelques pas de lui, Timothée secoue la tête avec la patience d’une mère. Il s’occupe d’ouvrir grand la fenêtre pendant que le jeune innu s’adapte au changement de luminosité. Il a apporté avec lui un peu de chaleur, venue de la kitchenette de l’appartement, ainsi que d’alléchantes vapeurs, beaucoup plus appétissantes que l’air vicié de la chambre.

« Qu’est-ce qui sent comme ça… ?
- Tu veux dire mis à part toi, petit bouquetin ? »

Son rire est léger comme les jappements d’un chiot, et cette douceur-là parvient à convaincre Willie de tirer son museau hors du rempart de son duvet. Il relève ses yeux douloureusement plissés sur le visage paisible de son meilleur ami, et lui concède un grognement amusé. Tim, lui, sourit de toutes ses dents, le torse bombé de fierté.

« J’ai fait des pancakes ! »

Et juste comme ça, l’adorable blondinet se transforme en tornade. Le vieux duvet vole, libérant la forme recroquevillée et nue de son pauvre colocataire déprimé, et sans qu’aucune protestation d’aucune forme ne soit admises, ce dernier se voit drapé d’une robe de chambre propre et traîné jusqu’à la cuisine.

« Six sortes différentes ! Il fallait que je trouve la meilleure recette, c’était important.
- Tu… Quoi… ?
- C’est un jour important ! Les jours important méritent les meilleurs pancakes ! Tiens… »

Tout cela est décidément très complexe à assimiler pour Willie, dont les dernières vingt-quatre heures de sommeil s’accrochent encore à lui comme autant de boulets et de chaînes en fonte épaisse. Il se laisse asseoir, les yeux bouffis d’avoir trop pleuré. Ou trop dormi. Ou trop veillé, avant tout ça, à regarder le cinquantième épisode d’une série de dessin animé dont il ne se rappelle pas grand-chose. Devant lui atterrit une assiette, et dans cette assiette trônent les pancakes les plus épais et les plus appétissant qu’il ait jamais vu. Avec une fraise et du sirop sur le dessus.

D’ailleurs… maintenant qu’il y prête un peu plus attention, il remarque que la quasi-totalité des surfaces planes disponibles de la petite cuisine ont été recouvertes d’assiettes similaires. Chacune a été remplie, comme ses semblables, de déclinaisons diverses autour de la thématique du pancake sucré. Quoique toutes les déclinaisons présentées n’aient pas l’air toutes au même niveau de réussite…
Mais Willie n’a pas le temps de s’en étonner que déjà les piaillements enthousiastes de Tim ont repris, de l’autre côté de la petite table.

« C’est la recette de la mère de Kimbo, ça. Je crois que c’est japonais. Goûte !
- Tim…
- Ils mettent les blancs en neige séparément pour que ça soit super fluffy, et…
- Tim, qu’est-ce qu’il se passe ?

Malgré la chaleur ensoleillée de la cuisine, et le sourire enthousiaste de son meilleur ami, Willie ne peut empêcher un petit serpent d’appréhension de se loger dans sa poitrine.

« J’ai pris une décision. »
- Une décision… ?
- On peut pas continuer comme ça, toi et moi. »

Tout à coup, c’est comme si le temps s’arrêtait. D’une main tremblante, Willie repose sa fourchette au bord de son assiette, sans oser relever les yeux vers son colocataire. Son probablement-bientôt-ex-colocataire. Willie a la bouche sèche, la gorge nouée, et son estomac s’est recroquevillé tout au fond de son ventre, comme un animal blessé. Tous les pancakes de l’univers ne sauraient soudain même plus l’amadouer. Pas tant que planerait au-dessus de cette table la menace d’une décision.

Parce que Willie sait déjà comment va se terminer cette conversation. Cela faisait à peu près huit mois – peut-être plus, il ne parvenait plus à compter, emmêlé dans sa panique – qu’il traînait sa carcasse dans le studio de Tim. Huit mois que son père lui avait annoncé la nouvelle. Huit mois qu’il ne parvenait même plus à sortir d’ici, ni à travailler, ou aller en cours. Et s’il ne parvenait même plus à faire ce pourquoi il avait abandonné sa famille, et perdu à tout jamais le respect et la confiance de ses parents…

Il avait déçu tellement de monde ces derniers temps. Lui-même compris. La culpabilité l’avait rattrapée comme un troupeau de chevaux, et leur galop l’avait aplati dans la poussière. Timothée avait été bien gentil de le supporter à travers cette tempête-là, mais probablement que tout ça devenait trop compliqué à gérer pour lui. Il n’était ni sa mère, ni son père.

Bien qu’à cette heure ni sa mère ni son père n’auraient accepté de le reprendre sous leur aile comme l’avait fait le jeune montréalais. Jusqu’à aujourd’hui.

« Tu… tu me mets dehors, alors, c’est ça… ?
- De… Quoi ? Mais non ! Oh ! Ostie, non non non ! Mon dieu non ! Willie, frangin, comment j’pourrais…
- Mais alors quoi ? T’es bizarre, j’comprends rien à c’que tu…
- On va partir tous les deux ! »

La voix de Willie s’étrangle à moitié, alors que son cœur se serre d’un mélange d’incrédulité et d’incompréhension. D’une main ferme posée sur son épaule, et dont la chaleur se diffuse agréablement sous le coton de la robe de chambre, Timothée tente de lui communiquer son énergie la plus apaisante. Il sourit tranquillement, avant de désigner du menton la fourchette abandonnée au bord de son assiette.

« Q-quoi… ?
- Mange tes pancakes, tu vas avoir besoin d’énergie.
- Mais…
- J’ai un seul mot pour toi, mon frère.
-
- Roadtrip ! »

05 juillet 2016 – Agence des services frontaliers du Canada, Autoroute 55

« Dis, Tim…
- Qu’est-ce qu’il y a ?
- Est-ce que t’as la trouille ? »

Le soleil glisse doucement, dans le ciel d’été, jetant dans sa course paresseuse une lueur dorée sur le monde. La chaleur est sèche, mais supportable, adoucie par la fraicheur de la brise, qui vient de temps à autre caresser le visage des deux garçons. Willie a tressé ses cheveux, tandis que Tim s’est contenté de les relever à l’intérieur d’une casquette au motif flashy, assorti à la monture rose bonbon de ses lunettes de soleil. Ils sont tous les deux en shorts, et attendent patiemment, assis sur un petit banc de béton, que le personnel de la douane finisse d’inspecter leur camion.
L’air à une odeur de vacance, et de caramel, pourtant quelques plis soucieux sont venus décorer, depuis quelques minutes, le front du jeune innu.

« Willie baby, j’suis avec mon meilleur pote, en plein milieu du road trip le plus excitant de ma vie. De quoi tu voudrais que j’aie la trouille, hein ?
- Je sais pas, c’est… C’est quand même un sacré saut dans le vide, tu crois pas ?
- C’est un grand moment, c’est sûr. Mais ça fait un moment qu’on est là-dedans, toi et moi. C’est pas parce qu’on passe la frontière que ça change quelque chose.
- Hmmm… »

Bien sûr, ils avaient déjà eu cette conversation. La chose n’avait cessé de trotter dans la tête de Willie, au cours du dernier mois de leur voyage, et aucune des paroles rassurantes de son ami n’avait pu l’en déloger tout à fait. Oh il avait été ravi de se laisser bercer par l’insouciance de leur projet, tant que celui-ci n’avait empiété que sur la fin de l’année sabbatique entamée par Timothée, puis, alors qu’ils avaient poussé leur exploration plus loin dans les grands lacs, leurs tardives vacances d’été. Mais à présent, la décision de continuer leur aventure loin des responsabilités de l’âge adulte allait se faire, du moins pour Tim, au prix de projets plus sérieux.

Willie soupire, et fait rouler entre ses doigts la cigarette qu’il vient de dénicher au fond d’un vieux paquet. Une petite pointe de culpabilité le saisit, mais le blondinet à sa droite, aussitôt alerté par cette ombre qu’il connaît à présent par cœur, dans les yeux de son ami, s’empresse d’enrouler son bras autour de ses épaules pour le rassurer.

« Ecoutes, je sais ce qui te travaille, mais je t’ai dit que ça allait. Fais-moi confiance.
- Je te fais confiance, c’est juste…
- Des formations comme ça, y’en aura d’autre, et puis tu sais que mes parents me soutiennent dans… Comment est-ce qu’ils ont appelé ça, déjà ? Ma quête initiatique à la recherche de ma grande vocation intérieure. »

Une petite grimace amusée vient s’étirer paresseusement sur les lèvres de Willie. Les parents de Tim étaient de drôles d’oiseaux. Adorablement gentils et compréhensifs, mais probablement un peu coupée des réalités du monde par leur confortable fortune. Quelques années en arrière, le jeune innu avait jalousé si fort ces parents et leur privilège, mais il avat fini par réaliser qu’il était injuste d’en vouloir à Timothée pour le hasard de sa naissance. Surtout quand ce dernier utilisait chaque jour ce privilège là pour essayer d’améliorer un peu les choses autour de lui.

« T’en fais pas, un jour je les convaincrai de t’adopter pour de bon. »

Cette fois le sourire fleurit pour de bon, et le jeune innu y coince sa cigarette avant de l’allumer, levant un regard pétillant de gratitude sur son ami.

« Tant que tu es certain de ne pas… regretter ta décision. »

L’épaule de Tim, mue par l’appel du défaitisme, vient s’écraser contre celle de Willie, et les deux garçons éclatent aussitôt d’un rire qui fait chaud au cœur. Puis, le d’un geste agile, le blondinet vient chiper la cigarette de son voisin, et en tire une longue latte, laissant volontairement trainer sa réponse dans l’air doré du mois de juillet.

« Tu sais c’que j’regrette ?
- D’être un maudit voleur de clope ?
- De pas avoir eu cette ostie d’idée plus tôt. »





hors-jeu

+ Comment avez-vous découvert le Forum : Des conseils avisés !

+ Avez-vous des conseils/des remarques le concernant : Pas spécialement ^^

+ Votre disponibilité (moyenne) : Ça s’en va et sa revient ! (Mais je suis bien élevé, je préviens toujours, pas d’inquiétudes.)


Dernière édition par Willie Simon le Ven 16 Juin - 14:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Willie Simon    Jeu 15 Juin - 18:54


Salutations, l'ami, et bienvenue parmi nous ! Les conseils avisés qu'on t'a donnés étaient effectivement très bons, c'est fort sympathique de voir une nouvelle tête ici yeeeess
En tout cas, la lecture de ta fiche m'a été très agréable et j'ai hâte que tu nous rejoignes en rp !
On lui trouvera une bonne place parmi nos rangs de complotistes à ton p'tit Willie et à son chouette background ! 8D Oh que oui !

A très bientôt ! mouton ! mouton ! mouton ! mouton ! mouton !


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MessageSujet: Re: Willie Simon    Ven 16 Juin - 16:30

Bonjour et bienvenue !

A ce que Nathan ait déjà pu dire j'ajouterai que tu es validé !

La fiche me plait beaucoup, tout est correct, bien écrit,... Rien à redire.

Je n'ai pas encore d'idée de pouvoir pour toi, mais ça viendra sans aucun doute d'ici un jour ou deux. Je t'envoie ça par MP.

En attendant, n'hésites pas à aller jouer et à bientôt, dans le jeu peut-être :)


Bon amusement !
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Willie Simon

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