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 Smoke and voices [Erynn]

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MessageSujet: Smoke and voices [Erynn]   Mer 26 Avr - 1:16

[18 mars 2017 - Paris, XVIème, FRANCE puis Champ de Mars, Saint-Pétersbourg, RUSSIE]


Les jardins de l’avenue Foch, comme à leur habitude, ne sont qu’un désert de pelouse triste, peuplé de quelques vieillards. Bercé par le vacarme ronronnant des voitures, l’endroit, que les types de la commune se gaussaient d’appeler une charmante inclusion de verdure au milieu de la ville, n’avait rien d’un véritable parc. Au mieux de leur forme, les « jardins » avaient plus l’allure d’un interminable rectangle de pelouse terne et humide, planté d’arbres comme les banderilles dans le flanc d’un taureau, et éventré, en son milieu par le passage de la route.
Tous les Dusters et toutes les Bentley de Paris traversaient chaque jour sa carcasse, en vomissant leurs pollutions sonores et aériennes sur les pauvres diables qui croyaient encore bon de s’y promener. Principalement : des touristes intrépides, cherchant à gagner l’arc de triomphe, quelques vieillards aux jambes trop lestées d’eau et de vieillesse pour s’aventurer plus loin, des étudiants en transit et l’occasionnel clochard qu’aura mené là l’envie d’un décor champêtre à ses besoins pressants.

Si ça ne tenait qu’à moi, j’éviterai comme la peste de venir me confronter à la tristesse de cet endroit, et à la saveur diesel de ses courants d’air. Malheureusement, pour les petits étudiants friqués de l’Université Paris-Dauphine, c’est le couloir de transit idéal entre leurs salles de classe et le café hors de prix de la rue Troyon. Or, c’est justement ceux-là que je viens attendre, aujourd’hui, en tassant mon pauvre cul fatigué sur un des petits bancs de bois décorés de tags spirituels. A ma gauche, l’Arc de triomphe reste triomphant, au milieu de son bain de smog. A ma droite, une vieille affiche de campagne de Philipe Poutou me lance un regard désolé. Il a l’air aussi déprimé que moi, en ce bon après-midi de mars, et à peine plus défraichi.
En face de moi, en revanche, s’étire la devanture de l’Honest Lawyer, un pub lounge au décor boisé, duquel me parviennent quelques échos de cris et d’encouragements alcoolisés, chaque fois que le flot des voitures s’interrompt. On doit y jouer un match. Du foot ou du rugby, de quoi enflammer les cœurs de ses ivrognes. J’irai peut-être y boire un verre avant de rentrer, ne serait-ce que pour extorquer au patron l’origine de ce nom qui m’interpelle.

The Honest Lawyer…

Je n’ai guerre le temps de laisser fuir mes souvenirs en direction de Nathan, et de la dernière lettre que j’ai reçu de lui. Ma rêverie est étouffée dans l’œuf par l’arrivée bruyante d’un petit duo d’étudiants, comme deux petits coqs allant à la bassecour. Contents d’être enfin à l’air libre après une matinée d’étude, ils viennent agiter au soleil, et juste à côté de mon banc, leurs plumes de petit poulets fanfarons.

« Hey mamie ! »

Le plus grand est drapé dans un imper en daim de très mauvais goût, et semble dissimuler un petit regard perçant derrière des lunettes faussement vintage. Ses cheveux blonds sont brossés sur le côté, ce qui lui donne au choix dix ans de plus ou la tête d’un électeur de François Fillon. Son acolyte, lui, a fait l’impasse sur la veste au profit d’un épais pull en laine façon brocante et démangeaisons, qu’il porte sur une chemise de coton légèrement trop grande pour lui. Il serre, sous son bras, un porte document en cuir fin, et impeccable. Probablement un étudiant en économie. Le jour viendra où il troquera son vieux pull pour un costume et alors ce sera le signe qu’il a été intronisé par ses vampires de confrères.
Le premier... Je n’ai pas besoin de deviner ce qu’il fait, celui-là. Je le connais.

« M’appelle pas mamie, p’tit merdeux… »


Il cligne lentement de ses yeux de fouine, visiblement décontenancé par ma mauvaise humeur. Son pote lâche un rire comme une petite quinte de toux, ce qui lui vaut un coup de coude dans les côtes, mais je poursuis sans y prêter attention.

« A moins que tu ne veuille que je t’appelle par ton prénom, hm… ?
- Euh non, c’est…
- …Ange-Albert. »


La grande asperge vire écarlate, alors que le petit négligé abandonne aussitôt toute solidarité. Visiblement la créativité en matière de patronymes de Mme Barthélémy – la fille d’une ancienne amie de la mère d’Henri que je croise encore à la pâtisserie – n’a toujours pas trouvé son public. J’esquisse un petit sourire victorieux, et lui fait signe de s’approcher du banc.

« Je…
- Oui, mon petit ?
- J’m’excuse… Aline.
- Mmh. »
La capitulation est d’autant plus satisfaisante que je devine – j’en ai même la certitude – que nous sommes peu nombreux, et que nous serons de moins en moins, au fil des années, à pouvoir nous permettre de le faire plier de la sorte.
« Qu’est-ce que ce sera, aujourd’hui, monsieur Barthélémy ?
- Comme… comme d’habitude.
- Très bien…
- N-non vous savez quoi ? Mettez-moi le double. »


Je hausse un sourcil. Eh bien, c’est du sérieux. Quand je pense que d’ici cinq où six ans on le retrouvera en route pour un poste politique important quelque part, celui-là… Mais ce n’est ni ma place, ni mon boulot que de juger ce gamin sur sa consommation de stupéfiants. Déjà parce que vu la mienne, je n’avais pas de quoi jouer les mères moralisatrices, et ensuite parce que j’étais bien contente de les trouver, ces merdeux en quête d’encanaillement, quand les fins de mois avaient besoin d’être arrondies. Pas que je sois sur la paille, mais entre mon train de vie confortable et le fric que je claquais ici et là en parrainages et autres charités occasionnelles…

Peu importe. Je hoche la tête, soufflant un petit grognement d’approbation, tandis que la grande échalote vient s’asseoir sur le banc à côté de moi. Il me tend une enveloppe, après avoir farfouillé dans son sac pour y rajouter quelques billets, et dans laquelle je compte rapidement une petite centaine d’euros. Je lui tourne le dos une seconde, à peine, me penchant sur mon sac à main pour en tirer quatre ballotins de weed fraichement mise en sachet, mais lorsque je me redresse… un vertige immense me cintre le crâne.



[…]



L’odeur âcre de la fumée est la première que je retrouve, alors que mes sens se stabilisent, et elle me prend violemment à la gorge. Je tousse, à m’en sortir les côtes de la poitrine, titubant dans mes petites baskets roses. Mon épaule percute mollement la carcasse métallique de ce que j’identifie comme une grille de sécurité, alors que je m’y affale, de celles que l’on met un peu partout dans les concerts et les manifestations en extérieur. J’y agrippe mes vieilles mains, pour ne pas m’effondrer, et reste là un long moment, comme une tige de lierre desséchée emmêlée à l’écorce d’un chêne, pendant qu’autour de moi le brouhaha et le flou se précisent doucement.

Il y a une foule, autour de moi. Ou plutôt des petits morceaux d’une foule. Bousculés, éparpillés, se heurtant parfois les uns aux autres pour tenter d’éviter des projectiles pleuvant du ciel. Ces derniers sont difficiles à identifier, à travers le léger voile de fumée qui vient brûler mes yeux et ma gorge. Il y a des lacrymos, ça, c’est certain. Mais aussi… des œufs ? Et des pierres ?
Sur ma droite, un cri de femme me fait faire volteface, et serre ma poitrine tout autour de mon cœur. Une blonde, trentenaire, avec un T-shirt à motif d’arc en ciel, a l’arcade ouverte et saigne abondamment sur l’épaule d’une autre femme, qui la tient contre elle dans l’espoir de la protéger. Elles crient des choses, l’une et l’autre, mais je ne comprends pas les mots qui sortent de leurs bouches.
Je ne comprends aucun mot, d’aucun des cris, d’ailleurs. Tout autour de moi se tisse des flots d’appels lancinants, d’invectives enragées, et de litanies affolées, mais je ne peux distinguer de toutes ces paroles que la forme approximative. Et le ton.

Seigneur, le ton…

Les secondes passent, au ralenti, alors que je tente péniblement de comprendre dans quel contexte affreux j’ai été catapulté – car, oui, plus je parviens à distinguer d’éléments de décor, à travers les mailles de cette foule en ébullition, et moins je reconnais le misérable petit parc que j’ai laissé derrière moi. C’est immense, géométrique, et cerclé de bâtiments à l’architecture exotique. Des coupoles, par endroit, crèvent entre les arbres et lancent leurs flèches acérées vers le gris du ciel. Est-ce que je suis en Russie… ?

Un petit groupe de manifestants, emmêlés dans une banderole arc-en-ciel qui jette un peu de clarté sur la nature de l’évènement qui a ici dégénéré, vient heurter ma barrière, quelques mètres sur la gauche. Quelques-uns chancèlent, dont moi, alors qu’on ébranle ma seule source de soutien. L’un d’eux m’apostrophe, sans que je le comprenne, mais le bleu horrifié de son regard me captive. Je fais quelques pas vers lui, chancelants, avant de comprendre.  
A quelques centimètres de mes pieds – entre eux et moi – vient d’atterrir un petit cylindre noir et fumant. Sans réfléchir, oubliant mes rhumatismes, et retrouvant avec l’adrénaline quelques vieux réflexes des manifestations diverses qui ont peuplé seconde jeunesse, j’arrache le beanie orange fluo qui traîne sur ma tête. Puis, l’enroulant sommairement autour de ma main, et couvrant mon visage du bras opposé, je m’empresse de ramasser la cartouche de gaz lacrymo, et la jette aussi loin que ma douloureuse épaule le permet. Le projectile atterrit de l’autre côté de la barrière, dans un petit groupe aux tenues beaucoup plus classiques et sombres, et que je remarque alors pour la première fois.

En plus de la police, qui encerclait sommairement la manifestation, pour essayer de la contenir à l’intérieur du parc, quelques autres attroupements semblaient se masser sur les côtés. Des hommes, en grande majorité, imposants et visiblement remontés à blocs, et dont quelques entités, parfois, se détachent de leurs groupes pour venir se jeter sur l’un ou l’autre des protestataires. Ils frappent, et injurient, tout autant qu’ils le peuvent, sous les regards désintéressés de la police, qui ne viennent les séparer, après quelques minutes, que pour ensuite embarquer celui des deux qui portent les vêtements les plus colorés. Ma gorge s’est nouée solidement, et les mots me manquent, alors que je recule de quelques pas vers le centre de la cohue.

« Mais qu’est-ce qui est en train de se passer, merde »
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MessageSujet: Re: Smoke and voices [Erynn]   Lun 8 Mai - 9:42

De douces notes de musique classique tintent tout bas et marquent la fin de la sonate qui s'étirait depuis quelques minutes depuis les profondeurs d'une vieille chaîne hi-fi. Réprimant difficilement un énorme bâillement, Erynn finit par céder à la fatigue et s'en décroche presque la mâchoire, les yeux encore obstinément rivés sur le livre sur ses genoux. Bien calée dans son lit deux personnes, soit le havre de paix dont elle est d'ordinaire si souvent privée, la jeune femme est blottie dans la chaleur de sa couette, à demi assise contre ses oreillers. À ses pieds Tei l'observe de ses grands yeux dorés et curieux, avant de se lever et se frotter à ses jambes à la recherche d'un peu d'attention. Posant une main sur sa tête caramel, elle grattouille derrière ses oreilles et lui tapote le dos en guise de taquinerie. En réponse le félin proteste sans conviction et s'étire pour prolonger la caresse avant de se rouler en boule un peu plus haut et occuper l'autre moitié du lit, comme à son habitude.

« Oui, je sais que c'est bientôt l'heure... pas la peine de me bouder, tu tiens pas plus de cinq minutes. »

Jetant un regard en biais à l'un de ses deux co-locataires par-dessus ses lunettes rondes, Erynn retient un sourire en voyant la moue ronchonne de Tei. Néanmoins après quelques minutes elle agite un peu la tête, réalisant qu'elle vient de lire trois fois la même phrase sans en intégrer une seule virgule. Posant l'épais tome sur la fibromyalgie sur sa table de chevet, elle jette finalement l'éponge. Pendant cinq bonnes minutes elle reste là à regarder le vide, immergée dans ses réflexions confuses où la solitude est à la fois une délivrance et un châtiment. Un peu sonnée par les pensées qui s'entrechoquent dans son esprit, elle rêvasse.
Les fenêtres de la chambre sont recouvertes d'épais rideaux en teintes bleues qui lui permettent de dormir à toute heure du jour et de la nuit, selon les caprices des roulements horaires à l'hôpital. D'ailleurs elle est bien incapable de savoir quel jour il est et encore moins quelle heure il est sans regarder sur son téléphone... ce qui explique sans doute qu'elle se trouve dans un tel état d'épuisement. Soupirant profondément, Erynn sent un vide intersidéral commencer à s'installer dans son cerveau, autrement en ébullition.

Se redressant sur son lit elle glisse ses pieds nus dans ses pantoufles aux couleurs de l'Étrange Noël de Mr Jack et se dirige vers la cuisine pour se désaltérer avant de regagner les bras de Morphée... pour un temps indéterminé. De toute façon le Dr Han ne lui laisserait pas reprendre du service avant un moment, alors autant en profiter pour se remettre sur pieds. Frissonnant à cause de la différence de température, elle se frotte les bras et tâtonne à la recherche de l'interrupteur... dont la lumière brusque lui flingue les rétines au passage. Fermant précipitamment les yeux, Erynn fouine dans son frigo à la recherche d'une boisson et se donne pour satisfaite quand sa main se referme sur une brique de lait. Sans se donner la peine d'utiliser un verre elle la porte telle quelle à ses lèvres -ah les rares avantages du célibat !- et apaise ainsi sa gorge sèche.

Enfin... dormant déjà à moitié, la rouquine traverse le couloir et entre dans la petite salle de bains, où elle saisit maladroitement sa brosse à dents et le tube de dentifrice. Glissant un regard dans le miroir de l'armoire à pharmacie elle inspecte les traces laissées par ses profondes œillères type panda, puis grimace à ce reflet peu enjôleur... voire tue l'amour. Erynn s'attache les cheveux en un chignon sur le haut du crâne puis entame son brossage de dents rituel, les yeux si peu ouverts qu'ils ne sont plus que deux maigres fentes.

Elle est en train de se rincer la bouche lorsque tout commence à dérailler. À peine recrache-t-elle dans le lavabo que derrière ses paupières mi-closes les lumières s'affolent soudain en un battement, un clignement bizarre qui lui fait l'effet d'une douche froide. C'est d'ailleurs cette première sensation -un froid mordant- qui la prend au cœur et se fait accompagner d'un vertige tellement horrible qu'elle s'en retrouve incapable de réagir. L'instinct et la peur la prennent aux tripes et la jeune femme est paralysée, statufiée sur place. Un grand malaise remonte du fin fond de son ventre dans une nausée infecte et fulgurante aussi elle essaye de garder l'équilibre en s'appuyant sur le meuble non loin, seulement autour d'elle les murs rassurants de son appartement ont disparu... cédant leur place à... quelque chose d'entièrement différent.

***

Cet endroit lui était entièrement inconnu. Il y faisait très froid, c'était un espace ouvert, noir de monde et surtout... surtout, le bruit. Ce dernier lui fait instantanément froncer les sourcils et lui donne envie de se couvrir les oreilles pour ne pas perdre la boule. Soudainement alerte et aux aguets, Erynn se fait l'impression d'avoir été propulsée tête la première dans un très mauvais rêve, un rêve qui la fait se sentir drôlement consciente. Perdue et au bord de la crise de panique elle est incapable de se tirer de l'hébétude qui la plante là comme un piquet, un lapin hagard pris dans les phares d'une voiture... en réalité au milieu d'un large de groupe de personnes qui se serrent, se soutiennent et vocifèrent dans un langage totalement inconnu. Quoi que ça puisse être, ils n'étaient pas contents, c'est certain.

« Aigoo... »

Elle n'a même pas l'inventivité de prononcer le moindre juron et s'en tient ainsi à une onomatopée de sa langue maternelle. Son cerveau en veille il y a quelques instants à peine est désormais électrifié par l'urgence et le besoin de survivre en un milieu qui semble hostile.
D'autre part, sans doute parce que ses expériences avec l'effet Davis sont encore fraîches de quelques semaines à peine, l'implication réelle de ce changement de décor la heurte en pleine figure, un train lancé à pleine vitesse. Il n'y avait de toute façon pas d'autre conclusion à sa portée, à supposer qu'on soit prêts à accepter la dite théorie comme recevable. Quoique... à ce stade de chaos même le complot d'enlèvement extraterrestre à grande échelle lui parait aussi plausible, c'est à dire... bref.
Déglutissant avec peine, Erynn se fait toute petite dans son maxi t-shirt gris et croise les doigts sur sa poitrine, à la fois par inconfort et par pudeur. Remerciant le ciel d'avoir au moins un short en dessous, elle se tourne et se retourne dans l'espoir de comprendre ce qu'elle fout là, ainsi que ce qui peut bien causer une telle agitation. Timidement, elle tente sa chance en anglais auprès d'un groupe de trois jeunes aux joues peinturlurées de couleur.

« Excuse me. I'm sorry to ask this but where are w... ? »

Ils la regardent visiblement intrigués seulement une des demoiselles l'interrompt d'un cri épouvanté et tout le monde se baisse en se recouvrant la tête des bras. Par réflexe Erynn fait la même chose avant même de se poser des questions, et c'est avec stupeur qu'elle entend quelque chose s'écraser lourdement à ses pieds. Une bouteille vide maintenant fracassée... rien que ça. Reculant de plusieurs pas, elle ne remarque pas tout de suite de légères coupures sur ses jambes nues et choisit de se rapprocher du groupe dans l'espoir qu'ils éclairent sa lanterne. Néanmoins ces derniers cherchent à voir par-dessus les épaules de leurs voisins afin d'identifier la source de l'agression.
Or la violence s'intensifie à vue d’œil et d'autres projectiles se mettent à pleuvoir. Les cris au loin présagent du pire encore à venir et il ne lui faut pas très longtemps avant de comprendre que deux partis s'affrontent de plus en plus brutalement, quoique la raison de cet affrontement demeure encore obscure.

« What the actual fuck is going on here... ? »

Elle s'exclame davantage pour elle-même que pour qui que ce soit d'autre, regrettant que cette émeute ne permette pas vraiment de demander des explications. Baissant le regard Erynn fixe ses chaussons et la brosse à dents qu'elle a encore à la main avec un air dépité, se rendant vite compte du pathétique de la situation de laquelle elle ne peut pas aisément se tirer.  Tout autour d'elle des gens se tassent en petits groupes aussi il lui est impossible de se mettre aisément à l'abri. Les jeunes marmonnent entre eux dans un charabia inintelligible, et le seul indice récolté sur l'endroit où elle se trouve ce sont les caractères cyrilliques sur les t-shirts et les banderoles. Se frottant désespérément le visage et redressant les lunettes sur son nez, Erynn transpire la nervosité.
Marchant à reculons, les yeux toujours brûlants de fumée et de frustration contenue, la neurologue est animée d'un vif désir : courir loin et tout laisser derrière elle, après tout elle n'a rien à faire avec ce qui se passe dans cette place. Toutefois son attention est de plus en plus attirée par diverses invectives pleines d'angoisse, des appels à l'aide que même la barrière de la langue ne peuvent effacer. Naturellement et finalement parce que c'est au moins un domaine familier, Erynn s'écarte et accourt vers les cris afin de porter assistance à ce qui se trouve être une jeune femme blessée.

Remarquant qu'il s'agit d'une blessure superficielle en dépit du sang perdu, la rouquine s'approche d'un sourire un peu tendu et s'exprime en anglais, espérant de tout cœur que ces gens pourraient au moins comprendre qu'elle voulait les aider. Choisissant des mots basiques, elle se rassure en se disant qu'au moins son pyjama ne la ferait pas passer pour quelqu'un leur voulant du mal. La fumée rend sa respiration difficile et lui donne une quinte de toux qu'elle étouffe dans sa main. Enfin elle se résout un peu à regret à laisser tomber sa brosse à dents sur les pavés, afin de se concentrer sur la blessée.

« I am a doctor. Let me help you, yes ? »

Les deux jeunes femmes se regardent un peu interloquées puis acquiescent vigoureusement au mot 'doctor' ; la laissant faire son office sans grosses réserves. Posant gentiment ses mains sur le visage tuméfié de la jolie blonde qui lui fait face, Erynn examine la plaie ouverte puis la presse de sa main, faute de mieux. Murmurant quelques mots de réconfort afin de pacifier la jeune femme qui a depuis fondu en larmes -sans doute plus par émotion que par douleur- elle indique à sa compagne la marche à suivre afin d'arrêter l'hémorragie.

« Keep your hand over it, press it firmly. Yes, like that... It will eventually stop. We should find a way to get outta here before we get seriously injured. What is happening here, can someone tell me ? »
« Eh... fight for our... rights. »

La blonde peine à trouver ses mots aussi elle complète la réponse en indiquant l'arc-en-ciel sur son t-shirt, ce qui au moins est plus parlant que ce que pourrait décrire son anglais très approximatif. Erynn réagit simplement par un léger 'Oh', alors que les pièces du puzzle commencent à doucement trouver leur place. Si en cette belle journée elle avait été parachutée dans un pays soviétique, il est tout à coup moins  étonnant qu'une manifestation comme celle-ci mette le feu aux poudres. Les pays conservateurs et leur recours à l'oppression pour contenir les mouvements même pacifistes étaient tristement célèbres...

Se relevant en laissant le couple se débrouiller, Erynn se redresse avec les mains pleines de sang, une fois de plus. La fatigue est toujours douloureusement inscrite dans chacun de ses muscles. Elle soupire, se demandant toujours ce qu'il lui faudrait faire pour se tirer de là. Faisant quelques pas sans faire attention, son épaule est percutée par une dame âgée prise dans une bousculade et dont elle  retient la chute in extremis. Son sourcil se hausse en réalisant à quel point ce combat implique des gens de tous âges et toutes ethnies, mais elle la retient du mieux qu'elle peut avec son gabarit poids plume.
Remarquant le style exubérant et flashy de la dame, Erynn se pose en bouclier envers les objets qui volent de plus en plus dans tous les sens. Saisissant une pancarte colorée qui traîne à terre, elle finit par s'en armer afin de les protéger et parfois l'agiter afin de repousser la fumée, quitte à passer pour une énième manifestante.

« You shouldn't stay here, m'lady. It's too dangerous. » Elle sinquiète sincèrement pour son aînée mais lève les yeux au ciel, exaspérée de ne probablement même pas être comprise. « What am I even sayin'. No one speaks English here, it seems... »
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MessageSujet: Re: Smoke and voices [Erynn]   Lun 29 Mai - 23:16

Mes yeux me brûlent, chargés d’eau et de poussières, et le contrecoup de ma fanfaronnade avec la cartouche de lacrymo commence à se faire sentir. Mon épaule me lance, d’une douleur électrique et palpitante, qui lézarde jusque dans mon dos et entre mes côtes pour se rétracter aussitôt. Elle suit les battements de mon cœur, qui s’affolent, alors que j’erre en trébuchant dans ce tumulte, comme un oiseau qui viendrait de se cogner dans une vitre. Comme lui, j’ai la soudaine et terrifiante impression de ne plus connaître le monde autour de moi aussi bien que je le croyais, avant que l’univers ne me remette à ma place d’un grand coup de vitre dans la pomme.

Bien sûr, il y a une partie de moi, quelque part, planquée au fond de ma tête, qui sait exactement ce qui vient de m’arriver. Qui se souvient de Nathan, de Thomas, de leur hébétement et de leur détresse. Qui se remémore des bribes de Tokyo et de l’appartement de Miss Culotte de travers. Cette Aline-là a gardé suffisamment de sang-froid et de lucidité pour connecter les points comme il le faut. Pour analyser et comprendre ce qui lui arrive.
Cette Aline-là est aussi très loin. Trop loin. Beaucoup trop. Les rouages de ses raisonnements ronronnent tranquillement dans un coin de mon cerveau qui pour le moment m’est parfaitement inaccessible, et sa voix pourtant pleine de raison ne m’atteint pas à travers les cris et le brouhaha.

Pourtant je ne suis pas une étrangère aux manifestations de toutes sortes. Ma tardive jeunesse s’est vue rythmée par un nombre certain d’évènements de ce genre, des occupations de places aux mobilisations de plus grandes ampleur. J’ai crié, chanté, réclamé, et secoué dans les airs toutes sortes de pancartes pour défendre toutes sortes de causes. J’ai connu quelques débordements policiers, aussi, bien sûr,
Peut-être que… oserais-je le dire ? Ces choses-là ne sont plus tout à fait de mon âge. Ou peut-être que ces dernières années m’ont ramollies, dans le confort de mon militantisme parisien, où on ne lance plus de pierres à la tête des gens pendant les Gay Pride. Est-ce qu’on peut oublier le visage de la violence, si on n’y est plus autant confronté ? Ou est-ce que c’est simplement la confusion causée par ma soudaine ‘téléportation’ qui vient nourrir mes angoisses reptiliennes, et me maintient dans cet état presque régressif de panique ahurie.

Je recule de quelques pas, lâchant pour de bon le confort de ma barrière, et cherchant instinctivement une direction dans laquelle courir pour m’éloigner de tout ça, à défaut d’estimer avoir la moindre chance de m’en tirer si je décidais de me battre avec l’un des hommes en uniforme dispersés dans la foule alentour. Mon environnement me parait flou, et assourdissant, et le sol manque de se dérober sous mes pieds à chaque fois que j’amorce un pas en arrière. Quand je finis par mettre le pied sur un obstacle – un débris de pierre quelconque que je ne prends pas le temps d’identifier - mon pauvre cœur rate un battement, et ce qu’il reste de mon équilibre me précipite en arrière. Pendant quelques secondes, une absurdement stupide et cynique partie de moi se demande si c’est là que je vais finir ma carrière de mamie casse-cou ; au milieu d’une Pride avortée à coup de pierres, dans je ne sais quel pays de l’Est aux politiques rétrogrades.
Mais avant que j’aie eu le temps de m’apitoyer sur ma propre infortune, je suis rattrapée. Cueillie en plein vol par des mains secourables, qui me redressent du mieux qu’elles le peuvent. Emmêlée dans mes propres membres, je me débat quelques secondes, pour me retourner et m’accrocher à mon sauveur. Ma sauveuse, en fait. Maintenant que je lève un peu mieux mon regard vers elle, je réalise deux choses.

La première, c’est que mon ange gardien du jour revêt les traits d’une jeune femme rousse, aux traits délicatement métissés, perdus quelque part entre l’orient et l’occident. Son regard se pose sur moi, lourd d’inquiétude et d’affolement, et dans la forêt dense de ses pupilles je peux apercevoir le reflet d’une confusion presque égale à la mienne. Il doit probablement y avoir un lien avec la drôle de tenue qu’elle arbore, et la ressemblance de cette dernière avec quelque chose que l’on porterait plus volontiers dans son lit qu’en pleine rue, mais mon cerveau n’est pas encore tout à fait assez remis de ses émotions pour le deviner.
De son côté, elle entrouvre ses lèvres pour parler, et alors que je m’apprête à lui révéler que ce n’est pas la peine, je réalise, un peu stupéfaite, que je comprends à moitié ce qui en sort.

« Dangerous ?! » Je cligne lentement des yeux, prenant quelques secondes pour traduire au mieux ce qu’elle vient de m’annoncer. De me conseiller, en fait. Puis mon cerveau se lance à l’assaut sans moi, réagissant à l’absurdité du propos. « Well… No shit ! »

Mon accent est, comme à son habitude, résolument immanquable, ma voix enrouée et mon exécution trébuchante, mais je crois lire dans ses yeux que l’essentiel de mon indignation est passé. Ce n'est pas exactement de sa faute, si je suis coincé là, et je comprends bien qu'elle est dans l'exacte même situation, comme chacune des personnes présentes sur cette fichue place, mais tout de même. Qu'on s'inquiète de mon sort à moi, dans ces circonstances précises, comme si j'étais la seule à être mis en danger par le chaos environnant, me paraît si cruellement insensé que mon cœur en fait trembler ma voix de vieille dame.

« NOBODY should… be here ! »

La seconde chose qui attire mon attention, à présent que la stupéfaction s’estompe, c’est la couleur des mains de la jeune femme. Ou plutôt la couleur que leur donne le sang dont elles sont largement barbouillées. En baissant les yeux, je peux apercevoir qu’elle en a laissé deux belles traces sur mon manteau, mais à la réflexion je ne devrais probablement pas m’arrêter à ce genre de détails pour le moment. Tandis qu’elle intercepte quelques pierres d’un coup de pancarte particulièrement bien aligné – les tendons de mon épaule frémissent rien qu’à l’idée de devoir exécuter un mouvement pareil – je m’exclame d’une voix un peu plus assurée ;

« Oh bon sang de merde ! Vous avez les mains pleines de sang, vous… Merde. » Je me reprends aussitôt, fronçant les sourcils, réalisant que dans la panique j’ai parlé en français. Je sens que cette expérience va constituer un sacré défi pour mes compétences linguistiques, mais je n’ai pas d’autres choix pour le moment que de faire chauffer ma soupière pour en extirper aussi vite que je le peux les mots dont j’ai besoin. L’adrénaline semble aider à sa manière. « A-are you… hurt somewhere ? »

C’est à présent mon tour de venir accrocher mes mains sur elle, pour essayer de jeter un œil sur ses bras nus, mais je ne parviens à y trouver aucune blessure. Le cœur battant, je continue mon inspection pendant quelques secondes encore, avant de me rendre à l’évidence : ce n’est pas son sang. Elle ne tarde d’ailleurs pas à clarifier la situation, et mes épaules s’affaissent, temporairement libérée de leur tension par un fugace soulagement. Je hoche mollement la tête, marmonnant un « Good, good… » perdu quelque part entre la prière, le mantra et le remerciement à je ne sais quelle puissance céleste.

« We… we have to… go. Come. »

Mes yeux s’élancent à travers la place, effectuant une rapide reconnaissance des lieux, tandis que je cogite un rapide plan d’action, cherchant à déterminer le chemin qui offrirait le moins d’obstacle à notre fuite. Car il ne s’agit plus seulement de moi, maintenant. De drôles d’instincts protecteurs se sont réveillés en moi à la vue du sang sur ses doigts, et m’ont tiré assez loin de ma torpeur pour que je me décide à agir. Je ne pouvais pas aider une foule entière, mais cette fille-là, ici, maintenant, je pouvais probablement faire quelque chose pour elle.

Enfin, à bien y réfléchir, et je le réalise alors que mes pas tentent de m’emporter en direction d’une ouverture, sur la gauche, avant de se mettre aussitôt à trembloter, peut-être bien que l’aide sera plus mutuelle que je l’avais initialement envisagé. Je pince les lèvres, tendant un bras résigné pour qu’elle vienne y accrocher le sien, puis je lui montre l’emplacement derrière les véhicules de police où je crois déceler un passage, à travers les lourdes chapes de fumée.

« Help me walk.  Hm… there, we can… »

Notre avancée est preste, mais pénible. Physiquement, parce que mon âge semble avoir décidé que c’était un moment idéal pour me rappeler son chiffrage avancé, mais surtout mentalement. Il y a des cris qui me brisent le cœur, tout autour de moi, et bien que je ne comprenne pas un mot du langage qui les compose, la détresse nue et honnête qui les accompagne est suffisante pour gonfler ma poitrine d’un feu de panique et d’indignation rougeoyantes. C’est une épreuve terrible, de ne pas me lever pour sauter au secours de chacun d’eux. De devoir me rappeler que je ne suis qu’une mamie paumée, à des kilomètres de tous mes repères, ou de mes moyens d’actions, et que je n’ai sur moi qu’un pauvre sac à main, un petit sachet ce weed, et…

Mon cœur s’arrête, alors qu’une idée vient se ficher dans mon esprit comme une fléchette en plein dans le cœur de sa cible. Je ralentis ma marche, aussi, trébuchant sur un pavé un peu plus épais que les autres, et m’efforce d’arrêter à son tour la jeune femme dont le pas rythmait notre fuite. Quelques gouttes de sueur glaciales se glissent dans les plis de ma nuque.

« Attend. Wait ! »

La gymnastique de l’anglais est particulièrement pénible, par-dessus tout le reste de ma réflexion, et j’ai l’impression que de la vapeur va bientôt me sortir par les oreilles. Mes yeux happent les environs, sautant d’une scène de chaos à une autre, pour y chercher une occasion de mettre en œuvre l’idée qui vient de me traverser. Ils cherchent, et se perdent, pendant quelques secondes interminables, avant de se poser, victorieux, sur un couple de jeunes manifestants auxquels deux policiers sont en train de passer les menottes. Je les désigne d’un doigt noueux et tremblant.

« Help me… help me go over there. I can… » J’attrape mon sac pour le secouer, luttant avec mes propres reflexes linguistiques pour trouver les bons mots et m’expliquer. « I’m… old. I have money. Maybe I can… help… »

Je fronce les sourcils, courant à travers un mot précis, qui semble me narguer, tout au bord de mon esprit. Le salaud ! A côté de moi, la pauvre jeune demoiselle doit commencer à se demander si je ne suis pas une vieille chouette complètement sénile.

« Bribe ! I can bribe them. Come !»

Et sans une once d’explications supplémentaires, je m’élance à nouveau sur le pavé, revigorée, cette fois, par la perspective de pouvoir faire une différence au milieu de ce tumulte et de ce désespoir. Celle qui me soutenait me suit à présent avec des airs de mamans qui s’inquiète de voir son nouveau nez tomber nez en avant sur le carrelage de la terrasse, et bien que mon bras soit encore techniquement accroché au sien, je ne m’y appuie presque plus. Devant nous, deux policiers en tenues militaires classiques, l’un nu tête, l’autre décoré d’un képi surdimensionné, ont chacun saisi l’un des jeunes interpellés et entrepris de les conduire vers un des fourgons, un peu plus loin sur la rue. Entre leurs mains gantées, un petit être androgyne, aux cheveux d’un bleu éclatant, et une grande blonde aux traits encore presque adolescents, se débattent mollement, sans remarquer notre approche.



« Sirs ! Please, wait, sirs… Hello ! »

Le plus grand, le visage ombragé par l’immensité de son képi, fait volte-face, tordant au passage le bras de “cheveux bleus” dans son mouvement. Ce dernier ne peut retenir un couinement affolé, qui serre violemment mon cœur tout au fond de ma poitrine. Aussitôt, je lève mes mains en évidence, et revêt sans grande peine mon air de vieille dame le plus conciliant et inoffensive. L’amabilité que j’espérais afficher a été un peu reléguée au placard, mes traits trop tirés par une panique désespérément contenue ne me permettant pas de piocher dans ce côté-ci de mon arsenal. Je tente malgré tout un sourire, crispé et si fin que mes lèvres semblent avoir disparues, attendant que le verdict tombe.

Il marmonne quelque chose en russe à son collègue, qui semble soupirer par-dessous son impressionnante moustache blonde, avant de faire quelques pas vers moi. La gamine à qui il a passé les menottes, plus combative que son ami, proteste d’un coup d’épaule peu fructueux, avant de se prendre un coup de pompe dans l’arrière de la jambe. Je frémis, de tout mon long, mais, heureusement pour le bien de tous, ici, je tiens bon. Moustache blonde m’apostrophe alors, dans un anglais à couper au couteau.

« Don’t stay here lady. »

« Look I… I have money, if you… if you let… my friends go, I can give to you. »

Lentement, très lentement, et aussi calmement que me le permettent mes mains tremblantes, je plonge mes doigts dans mon petit sac à main de ville, pour en sortir la liasse de billets du fils Barthélémy. Heureusement pour moi, je suis une petite mamie, et pas un grand type menaçant – ou un adolescent à la peau trop foncée pour être considéré comme inoffensif – et si les agents se tendent légèrement, alors que je m’exécute, aucun d’eux ne semble réagir agressivement à mon geste. En revanche, lorsqu’ils réalisent l’un et l’autre que ce que j’extirpe de mon sac a bien plus une allure de pot de vin que d’arme improvisée, une légère lueur d’intérêt semble s’allumer dans le visage du grand au képi. Je lève l’argent dans sa direction, pour qu’il estime rapidement la valeur de ce que je tiens dans ma vieille main, puis je m’empresse de doubler mon offre d’un petit regard suppliant.

« Please… »

Dans les yeux des deux pauvres jeunes menottés, c’est tout un festival d’espoir, de confusion et de gratitude qui vient défiler en une déchirante parade.
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Smoke and voices [Erynn]

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