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 -Jumping head first- [Atéa]

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MessageSujet: -Jumping head first- [Atéa]   Sam 18 Mar - 19:30

04.03.17 5h37 (GMT+9) Banlieue de Séoul


Mes chaussures de sport cognent les rues pavées pas après pas, dans un rythme constant qui marque ma longue course le long du fleuve Han, au son du rock old school dans mes oreilles. Grisée par le sentiment de légèreté procuré par la vitesse, je profite pleinement du calme qui règne sur les rues -presque- désertes de Séoul, en ce samedi matin. Un vent printanier me caresse le visage et repousse en arrière mes cheveux roux, sommairement attachés en queue de cheval.
Je m'arrête finalement à la vue du pont Banpo et prends une grande inspiration, donnant pour terminé mon échauffement quotidien. L'air frais envahit mes poumons et pendant une petite minute de répit je reste là tournée vers l'eau à chantonner du Guns'N'Roses, yeux braqués sur les jets d'eau qui jaillissent de la structure en des couleurs irisées par la lumière naissante. Enfin je redescends sur terre et regarde l'heure sur la montre numérique à mon poignet sourire aux lèvres, satisfaite de la cadence qui m'a amenée à mon spot préféré en améliorant mon meilleur temps de sept bonnes secondes.

Requinquée je réajuste minutieusement mes mitaines, pressant le cuir entre mes doigts et la surface anti-dérapante contre ma paume, davantage par rituel que par réelle nécessité. Déjà je reprends ma marche et vire à droite après plusieurs minutes, dans une ruelle étroite jalonnée de part et d'autres par des bistrots et autres petits commerces, tous encore fermés. Trop absorbée par ma musique et la visualisation mentale de mon parcours, je ne fais pas vraiment attention à ce qui se passe autour de moi.
Au passage j'intercepte le regard curieux d'une sexagénaire qui me dévisage derrière les lunettes perchées sur son nez, plantée à l'entrée d'un restaurant chinois à la devanture assez criarde. Balai à la main elle me regarde passer d'un air qui petit à petit se charge d'intérêt, se demandant probablement si je n'avais rien de mieux à faire de mon temps libre que de faire du sport à cinq heures du mat'. Néanmoins intriguée par son insistance, je perds bien une paire de secondes à m'interroger sur mon apparence, tâtant pour vérifier que j'ai rien de bizarre sur la figure. Baissant le regard je ne vois rien d'inhabituel non plus, si ce n'est mon habituelle rousseur ou les reflets du soleil sur le réacteur Arc de mon t-shirt Iron Man, aussi je hausse les épaules et poursuis sans me formaliser. La vieille dame murmure bien quelque chose au sujet de l'extravagance des jeunes gens modernes, mais la voix d'Axl Rose la couvre de ses 'Welcome to the jungleeee' et bien vite je l'ai déjà oubliée.

Ceci dit une fois arrivée au coin de la rue, je regarde discrètement par dessus mon épaule afin de m'assurer que je ne suis pas observée et que personne n'est dans le coin. Je n'allais faire de mal à personne mais malheureusement mon passe-temps n'était pas souvent bien perçu. L'expérience m'avait appris que je n'étais jamais assez prudente, et puis franchement j'avais déjà risqué assez d'ennuis à cause de l'excès de zèle civique de certains. Je bifurque donc entre ces ruelles que je connais si bien, me retrouvant bien assez vite dans mon terrain de jeu préféré : un parking désert en bordure de la zone résidentielle.
Je souffle pour rassembler ma concentration, coince mon t-shirt dans mon pantalon afin de ne pas être gênée, puis prends une grande inspiration. C'est parti.

Ma marche se mue en sprint en ligne droite vers le premier obstacle. Prenant de la vitesse je me propulse d'un saut sur le trottoir puis un autre sur une dalle de béton, trampoline improvisé à mon ascension. Jouant des jambes je m’agrippe au mur d'un mètre cinquante en face de moi et me hisse à la rambarde de fer grâce à l'élan ; une jambe puis l'autre, sans altérer mon rythme. Je me lève prestement et cours le long de l'étroite ligne métallique, progressant en funambule aussi vite que me permet mon équilibre. Arrivée au bout je redescends à terre d'un salto facial et me réceptionne en ramenant les bras le long du corps dans un geste qui approche suffisamment de la perfection pour me satisfaire.
Regard braqué vers les obstacles à venir, j'éteins toute pensée rationnelle et laisse mon corps s'exprimer à travers ces mouvements répétés des centaines de fois. Je traverse la route et saute par dessus les murets des diverses maisons. Je m'appuie d'une main pour le premier, franchis le deuxième sans appui et le troisième d'un salto avant vrillé, peu soucieuse d'avoir traversé diverses propriétés privées en cours de route.

Faisant une roulade pour compenser un surplus de vitesse, je me relève et bifurque à gauche au coin de la rue. Je retourne ainsi dans le dédale ondoyant des rues du quartier, sans m'attarder au niveau du sol. Montant sur une benne à ordures je saute et me suspens à bout de bras sur une vieille enseigne rouillée qui me donne accès aux hauteurs. Finalement je me hisse jusqu'à la taille et grimpe sur le toit d'un garage désaffecté depuis des années. Je m'arrête et m'accorde enfin quelques instants pour reprendre mon souffle, frottant mon poignet suite à la dernière réception, un peu trop brusque. Le soleil levant se dresse devant moi, embrasant à la fois le ciel et la ville de sa chaleur.
Me parlant à moi même à voix haute, je décide de ne pas terminer le reste de mon parcours aujourd'hui. Je n'avais toujours pas réussi à trouver la meilleure façon d'améliorer ma performance sur la deuxième moitié, alors cela n'avait pas trop de sens de poursuivre jusqu'au bout sans avoir d'abord progressé. Avec de la chance j'aurais un bon trois quarts d'heure devant moi avant que le quartier ne soit entièrement réveillé, aussi c'était la parfaite occasion d'intensifier l'entraînement.

M'approchant du bord depuis les hauteurs d'une quinzaine de mètres je regarde en bas d'un air sérieux et concentré, jaugeant la distance qui me sépare du parking vide et surtout de la zone réduite où je dois me réceptionner. Mon cœur battant comme un tambour propulse des vagues d'adrénaline dans mes veines. J'inspire profondément... et m'apprête à sauter.
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MessageSujet: Re: -Jumping head first- [Atéa]   Sam 6 Mai - 19:41

04.03.17 aux alentours de 8h30, Auckland

« Excusez-moi, mademoiselle, auriez-vous d’autres viennoiseries s’il vous plaît ?
- Si vous aviez du café frais s’il vous plaît aussi ! » surenchérit un autre client, à sa table plus loin.

Je constate effectivement que le bac à viennoiseries est vide, et esquissant le sourire le plus aimable du monde afin de ne pas trahir la fatigue qui s’est appesantie toute la nuit au creux de mes paupières, je réponds, enthousiaste en me saisissant d’une corbeille :

« Je vais vous en chercher tout de suite. »

Je passe la porte derrière le bar du service, une fois fermée, je me permets de soupirer à plein poumons. Allez, courage Atéa, encore une petite heure à tenir, et c’est bon! Panier à la main, je dispose savamment les divers croissants, brioches, pain aux raisins ou encore pain au chocolat, ceci fait, j’entends la cafetière toussoter vivement, signe qu’elle a fini son office. Adroitement, je me saisis de la verseuse, et rodé par l’habitude, j’en place une autre sous le panier de la cafetière, change le filtre et remets quelques doses de café moulu. Mes mains chargées de mon café et de mes paniers, je franchis de nouveau la porte ; derrière le self se trouvent six clients de plus, je m’efforce de sourire, entonnant un « bonjour » faussement enjoué et passe un regard minutieux parmi la foultitude de nourritures, boissons chaudes ou froides, confitures, couverts et serviettes.
Zut, il n’y a plus de couteaux dans le range-couverts, ni de verres à côté. Je me force à sourire en devançant une femme qui lève un doigt en l’air pour attirer mon attention :

« Je vais chercher des verres tout de suite, ne vous en faites pas ! »

Satisfaite de ma sagacité, elle continue de traîner poussivement son plateau sur le comptoir dans ce bruit lancinant que je ne supporte plus que difficilement après une nuit de travail. Rapidement, je dépose le café sur une plaque chauffante pour que celui-ci reste à température et je remplace méthodiquement les corbeilles de viennoiseries vides par les pleines, nouvelles corbeilles sur lesquelles se jettent trois ou quatre clients et qui se trouvent déjà à moitié vides. Un enfant, de quelques années seulement, dans les bras de sa mère, pleure et crie, je m’en serais bien passé, je m’apprête à lui dire que si elle veut, il y a des céréales au bout de l’étale, mais au même moment, un homme m’interrompt le plus sèchement du monde, comme si une erreur grave venait d’être commise :

« Il faudrait réapprovisionner le distributeur de jus d’orange, mademoiselle.
Me mordant intérieurement les lèvres, je lui souris poliment :
- J’y vais de ce pas, monsieur. »

Faisant rapidement demi-tour sur mes talons et saisissant au passage les corbeilles vides à remettre à l’arrière-salle, je les place sur le dessus du chariot de plateaux sales, pourtant je manque de tâcher mon chemisier blanc avec une tasse étonnamment pleine. C’est bien la pleine de gaspiller. Je pousse le tout vers une porte à double battant et je disparais dans les cuisines. Je soupire profondément une nouvelle fois. Alors vraiment, ce que je préférais dans ce métier, c’était bien la période calme de minuit à 7h du matin. Je vide cette fois-ci négligemment les plateaux dans la machine à nettoyer les plateaux, après les avoir vidé de leurs contenants et couverts, ainsi que des déchets. Je me dirige vers le blender, j’y insère de nombreuses oranges que je presse soigneusement, avec la pulpe, évidemment, car c'est là que se concentre l'essentiel des fibres et des précieux antioxydants, si bénéfiques après l’effort physique et pour le stress. Mais l’haltérophile que je suis ne s’arrêtait jamais sur ces détails avec les clients... Autant je ne suis pas une très bonne cuisinière, mais les petits déjeuners, les smooties, et les jus, c’est devenu ma spécialité. Ma carafe à la main, je m’accroupis près d’une étagère pour ramasser une pile d’une demi-douzaine de verres encastrés les uns dans les autres.
Je me relève promptement, et fermant les yeux sous l’effet d’un brusque étourdissement, je n’entends plus le vrombissement sourd des diverses machines à laver, mais je ressens un simple courant d’air frais. En ouvrant les yeux, je me vois, au beau milieu d’un parking sans le moindre signe de vie. Il fait un peu sombre, le soleil commence à embraser la cime des maisons et bâtiments. Je suis au milieu d’un parking, en léger chemisier blanc de travail, avec une jupe noire, et des ballerines noires à talon (je n’ai jamais aimé les collants), tenant dans chacune de mes mains une carafe pleine de jus d’orange frais et de verres.
Je soupire une nouvelle fois, profondément, et me résigne à penser que l’effet Davis ne me voulait décidément aucun bien. Oui, d’un sens il me sauve parce que cette dernière heure de travail commençait bien à me gonfler, mais non, puisqu’il fallait à présent expliquer ma disparition du service à mon patron. En plus, où ai-je encore atterri ? Il n’y avait autour de moi rien qui pouvait ostensiblement m’aider, même pas une foutue voiture sur laquelle je pouvais voir une plaque d’immatriculation ! Oubliant ma démarche élégante de serveuse, j’avance nonchalamment droit devant moi jusqu’à distinguer au haut d’un mur ce qui semblait être une jeune femme, habillée d’un t-shirt d’Iron Man, de là je lui aurais donné quelques traits asiatiques. Hein ?! Mais ! Que fait-elle là haut? Mon cerveau fatigué s’affole à l’idée d’un suicide d’un telle hauteur, et sort ce qui lui vient d’une voix qui se veut des plus assurées, et en anglais, en espérant que cette personne le parle :

« Euh... Bonjour ! Vous savez vous n’êtes pas obligée de faire ça ! » Cherchant quoi dire je vois la carafe au creux de ma main : « On peut en parler autour d’un verre de jus d’orange si vous voulez ? Il vient d'être fait à l'instant même... »

A ma dernière phrase je grimace devant l'incohérence de la situation, mais bon, j'y pouvais quoi... Il y a néanmoins plus important, comme se demander ce que fait cette fille là-haut. Il est vrai qu’il aurait été merveilleux de devenir Iron-Man et de pouvoir la secourir sans autre mesure, mais ici on n’est pas dans un monde de super-héros, et même si j’avais pu discuté maintes fois avec Nathan du fait que j’avais pu arrêter à mains nues une voiture à pleine vitesse, je n’avais jamais eu le cran de réitérer l’exploit, après tout le risque n’était-il pas la mort ? Je m’avance un peu après du mur, je pourrais vaguement essayer  de la réceptionner avant la chute si elle ne voulait pas discuter, malgré tout.
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MessageSujet: Re: -Jumping head first- [Atéa]   Lun 8 Mai - 15:11

C'est de justesse que je parviens à retenir mon élan en même temps que ma respiration, obligée de jouer des bras pour ne pas bêtement tomber dans le vide, telle est ma surprise. S'il y avait bien quelque chose que je n'avais pas prévue, c'était que quelqu'un se montre dans un lieu aussi reculé à une heure pareille ; et encore moins que la dite personne sorte de nulle part alors que je venais d'inspecter les environs il y a quelques minutes à peine. Je ne m'étais quand même pas coupée du monde à tel point que son arrivée passe inaperçue quand même... si ?
Intriguée et surtout incertaine, j'enroule mes bras autour de la cheminée désaffectée afin d'éviter le pire. Non que je risque vraiment de me casser le cou en tombant d'une quinzaine de mètres, du moins en théorie.... Or je ne suis pas vraiment prête à prendre le risque. Sauter en planifiant le mouvement et l'angle de réception c'est une chose, s'effondrer lourdement sans préparation s'en est une autre ; il s'agit une règle de base du parkour.

Néanmoins mon activité favorite reste incomprise voire marginale aux yeux de la plupart, et la réaction de l'inconnue me le rappelle amèrement. Cela fait longtemps que je n'en suis plus au stade de le prendre comme un affront personnel, cela dit la situation a de quoi nous prendre toutes les deux au dépourvu. Rougissant jusqu'aux oreilles je sens la gêne me nouer la gorge et les mots trébucher sur ma langue. Si je n'avais pas été prise la main dans le sac j'aurais sûrement répliqué de quelques traits d'esprit et d'un peu d'ironie, mais étant données les circonstances, je perds un peu de mon bagout. D'une main tremblante je retire les écouteurs de mes oreilles.
Prise de court je reste là accrochée à un bout de métal, sans réaliser immédiatement que l'inconnue a parlé en anglais, fait assez inhabituel pour être remarqué. De plus elle a les bras chargés d'une carafe et de verres, alors qu'il n'y a à ma connaissance aucun café dans le coin. En outre l'hypothèse qu'elle soit une résidente du quartier laisse aussi à désirer, vu que le parking à mes pieds ne donne pas directement sur la partie résidentielle. C'est  pour le moins bizarre, pour user d'un bel euphémisme. Déglutissant avec peine, je prends une grande inspiration. C'est que j'ai été mille fois plus proche de la crise cardiaque à cause de son apparition que par l'idée de sauter... Répliquant en anglais, je ne peux m'empêcher de m'interroger quand à l’origine du léger accent présent dans sa voix.

« Je... ne vous en faites pas je... c'est pas ce que vous croyez. »

Dans le genre cliché c'est pas mal, faut avouer. M'enfin... on fait avec ce qu'on a, et ce que j'ai ce sont de grandes doses d'adrénaline qui brûlent dans mes veines en plusieurs émotions fortes. Je me gratte la nuque en me mordillant les lèvres, me demandant quelle est la meilleure marche à suivre. Soit je peux redescendre de façon plus 'normale' comme une enfant prise en faute et ménageant ainsi ma dignité ; soit je prends le risque de descendre de la façon initialement prévue, au risque de me viander et passer pour une débile... ou de finir au commissariat.
Hésitante, je finis par lâcher la cheminée et m'asseoir sur le rebord, avec une certaine assurance. Je n'étais pas du genre à être dérangée par les hauteurs, surtout pas pour moins de trente mètres, par conséquent mon visage est fermé et désormais dépourvu de toute trace de panique. L'idée de boire un jus d'orange fraîchement pressé après une bonne course matinale est tentante, seulement je ne sais pas si je peux en dire autant de la compagnie de quelqu'un que je n'ai jamais vu avant. En vérité l'idée est assez saugrenue, surtout pour une personne d'aussi introvertie que moi. D'ailleurs je suis encore assez perturbée par le regard insistant que je sens peser sur chacun de mes gestes, mais j'essaie de me montrer rassurante afin que la jeune brune ne se méprenne pas sur mon comportement. Mon anglais est impeccablement articulé.

« Ne vous inquiétez pas, je vais descendre... d'accord ? »


Je me fais l'étrange impression de négocier avec un malfrat dans une prise d'otages, à tel point que je lève les mains comme pour montrer que je n'ai pas de mauvaises intentions. C'est sans doute ridicule tout bien réfléchi, okay... Mais en même temps je ne meurs pas d'envie que la jeune femme crie pour appeler à l'aide en voulant bien faire, réveille tout le voisinage avant six heures du matin et dévoile au grand jour mon drôle de hobby. Ce serait la fin des haricots et celle de la viabilité de mon spot, aussi. Et ça... je veux l'éviter.
Par ailleurs si c'est là tout le nécessaire à acheter son silence, je dois sérieusement considérer l'idée de faire un effort et sociabiliser un peu, quoi qu'il m'en coûte de me montrer aimable malgré les contrariétés. M'enfin, où est-on supposées le boire, ce jus d'orange... à l'arrière d'un parking pourri et désert ? Si ça c'est pas louche façon Scorsese, je sais pas ce qui l'est. Sourcils froncés, je secoue la tête comme pour revenir au moment présent. Ensuite je m'approche du bord, me suspens des bras, soutiens mon poids avec mes jambes afin de trouver la bonne position puis me redresse et me laisse lestement tomber. Pliant les genoux quand je touche le sol j'amortis la réception sans trop de mal, presque un étage plus bas.
C'était une sortie de scène fort discrète, un compromis visant à montrer que mon perchoir était inoffensif tout en sortant par la petite porte sans attirer l'attention... ou du moins je l'espère. Rebondissant sur le détail qui m'a chagrinée dans le discours de ma vis-à-vis, je fronce les sourcils avec scepticisme.

« Il vient d'être fait, vous dites... Mais où ça ? Et si c'est pas trop indiscret, qu'est ce que vous faites là ? »

Des mains je désigne nos environs immédiats avec incrédulité, ainsi que les verres que la demoiselle tient à la main. Soit j'ai raté un épisode, soit il y a ici quelque chose qu'on a oublié de me dire. M'approchant lentement de l'inconnue, je distingue enfin ses traits et son regard. Exceptionnellement je ne porte pas de lunettes, aussi c'est les yeux dans les yeux que se fait notre échange.
Néanmoins je me sens dans l'obligation de lui donner une explication même incomplète et sommaire, histoire qu'elle ne me continue pas de me prendre pour une suicidaire qui irait terminer son office dès qu'elle aurait le dos tourné.

«  Au sujet de ça, je... » Je désigne le toit de la main, toujours rouge aux joues. Mon regard émeraude se fait fuyant d'embarras. « Je suis une sportive et cet obstacle ça fait partie de l'entraînement, c'est tout. »
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MessageSujet: Re: -Jumping head first- [Atéa]   Mer 26 Juil - 18:54

Intriguée par la situation, et surtout pour savoir ce qui se passe en haut, je m’approche du mur. Il fait un peu froid, je n’ai qu’une seule envie, frotter mes mains sur mes bras, si ces premières n’avaient pas été chargées de verres et de jus d’orange. Un sourire contrit, je tends l’oreille pour écouter la jeune femme. Lorsqu’elle me dit que ce n’est pas ce que je crois, je me mets à imaginer des scénarii de ce qu’elle peut bien fabriquer là-haut. Etant un peu plus proche, je distingue sa tenue, une tenue de sport, avec ce t-shirt, un pantalon, et des baskets. Peut-être, après tout, est-elle en train de faire son sport, sur les toits...
Je me sens un peu empotée, au milieu de ce parking, à scruter soigneusement cette jeune femme qui descend méticuleusement ; je suis assez contente de constater qu’au moins elle n’est pas arrivée là-haut par hasard et qu’elle maîtrise ce qu’elle fait. Puis bon, si elle aime voler de toit en toit dans cette ville, peut-être est-ce son défouloir à elle ; je peux bien comprendre cela, quand je disparais des jours et des jours dans les forêts néo-zélandaises ce n’est pas pour rien non plus ! Si j’étais cloîtrée dans une ville sans doute que je trouverais d’autres moyens d’expressions. Qui sait, peut-être comme dans ce film Fight Club, où je m’amuserais, sans foi ni loi, à défoncer des gueules. Cette idée me fend le visage d’un sourire étrange rien que d’y penser.
Quand soudain, la brutalité de sa question me ramène sur terre. Oui, en effet, qu’est ce que je fais là ? Ah, si seulement je pouvais répondre facilement à cette question ! J’arrive à baragouiner quelques mots incompréhensibles au fond de ma bouche et une moue de gêne vient compléter le tableau. Ce n’est pas que je ne savais pas mentir, loin de là, mais je suis extrêmement mauvaise pour improviser des mensonges ; je m’y tente tout de même :

« Euh... Eh bien... Comment dire... J’ai préparé ça en avance... Et... J’étais en retard à mon travail, et j’ai fait du stop... Et le chauffeur ne comprenant pas l’anglais, eh bien il m’a laissé en plan iciii... » ma voix défaille le long de mon mensonge, mais soudain je me raccroche à ce que j’avais promis, comme si c’était bien plus important que tout autre chose. Avec adresse, je bloque la rangée de verre entre mes cuisses, je m’en saisis d’un que je remplis habilement, et je le tends, souriante et confuse, à mon hôte improvisée : « Tenez, ce que je vous ai promis ! » puis, je profite du fil du discours qui reprend sur ses activités sportives, je me dépêche de le filer pour me dérober à ma propre situation : « Ah oui, je vois ! Du sport, je m’y connais un peu moi aussi! Je continue de sourire, pour paraître aimable et surtout pas trop étrange, et dans l’espoir infini d’enfin savoir discrètement où j’ai atterris De l’obstacle ! Vous faites quoi, vous êtes cascadeuse ? » Voyant son t-shirt, je ne peux m’empêcher d’ajouter en rigolant « On ne m’avait pas prévenu qu’un film sur Iron-Woman sortirait ! » Pour me rattraper, avec une cordialité et une sincérité à toute épreuve, je lui annonce, toujours prompt à la plaisanterie :

« Je m’appelle Atéa ! Pour vous servir, Miss Iron Woman ! »

J'ironise sur ce personnage qui, je l'espère, sera aussi bien exploité que le personnage de Tony Stark, et en pensant aux derniers événements, je m'étrangle dangereusement en me disant que, si je devais être quelqu'un, je serais sans doute Miss Hulk. Je m'imagine alors entièrement verte. Je manque au passage de renverser ma carafe, mais j'arrive à me ressaisir à temps. Je n'ai soudainement qu'une seule peur en ce moment même: être prise pour une folle, et j'aurais, pour éviter ça, bien voulu être crédible et verte.


Dernière édition par Atéa Whakaue le Sam 9 Sep - 17:57, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: -Jumping head first- [Atéa]   Sam 26 Aoû - 11:07

Mon regard oscille entre le sol -refuge secret de mon embarras- et la silhouette longiligne de la jeune femme qui m'a abordée. Sans trop savoir comment me tenir je reste là les mains dans les poches, à défaut de trouver quoi en faire, à me demander laquelle de nous deux est prise la main dans le sac dans la situation la plus saugrenue. Moi avec mes péripéties sportives ou bien elle avec son petit déj' frais au milieu d'un parking désert. Très franchement j'arrive pas à me décider... mais ses explications brouillonnes ne font qu'en rajouter une couche à mes suspicions.
Dans le genre justifications capillotractées, c'était un nouveau record. Mes sourcils se haussent avec scepticisme sur mon visage incrédule, quoique je me garde bien d'émettre le moindre commentaire à voix haute dans un premier temps. Trop confuse pour exprimer la ribambelle d'arguments qui démantèleraient cette version des fais, je finis par tendre ma main gantée vers le verre de jus d'orange, n'ayant pas le courage de refuser. Néanmoins je ne peux qu'admirer l'adresse de la demoiselle qui malgré sa tenue -un uniforme?- venait de me servir dans une fluidité qui trahissait l'habitude.

« Euh, merci je suppose. »

Je brûle de lui proposer d'aller à un endroit plus confortable et moins étrange que ces lieux déserts, seulement il n'y en a pas vraiment dans les environs immédiats. Tout au plus il y a le bord de la rivière et les quelques zones vertes qui la longent ça et là, ainsi que le parc sur l'autre rive du fleuve. Mais cette dernière option serait synonyme d'une marche d'environ un kilomètre et demi... et je ne m'en sens pas le cœur, d'autant que j'ai des choses prévues plus tard dans la matinée.
Aussi je frotte nerveusement mes paumes contre mes cuisses et m'avance sans grande conviction, avant de finalement m'appuyer sur le petit mur à hauteur de taille qui délimite le parking. En outre je suis également à pied, aussi je ne peux pas me proposer de déposer l'inconnue. Mes options sont en fait assez limitées... Et puis franchement quelque chose titille mon instinct aux aguets, vibrant constamment en un drôle de spider-sense. Quelque chose ici ne tourne pas rond même si je ne vois pas encore quoi.
Jugeant plus raisonnable de m'en tenir à cette conversation pour l'heure inoffensive de l'inconnue, je me laisse prendre au jeu avec un peu d'inquiétude. D'après ce qu'elle avait dit, elle ne parlait pas le coréen. Hm, bizarre vu qu'elle avait mentionné un travail.

« J'aimerais bien faire ça à titre professionnel mais je pense que ça restera à jamais un rêve. J'ai pas vraiment le physique taillé pour ça, je le crains. Et encore moins le temps nécessaire à pareil investissement. »

Je souris timidement à la plaisanterie, rêvant une seconde que cette idée puisse être vraie. Seulement même les producteurs de blockbusters et autres avides compagnies de cinéma se montreraient peu enclins à engager un poids-plume comme moi.
À la deuxième remarque je baisse les yeux sur mon t-shirt et sens le rouge me monter aux joues. Me frottant le nez pour masquer mon embarras, je sirote un peu de jus d'orange pour faire passer l'émotion. Je lève le nez vers le ciel où le soleil se lève, accentuant mon visage constellé de tâches de rousseur. Enfin je tends la main pour serrer celle tendue de la jeune femme qui me fait face, appréciant au moins sa cordialité.

« Quand je ne porte pas l'armure on m'appelle Erynn. » C'était toujours plus facile de répondre sur le même ton que de partir dans une réponse trop sérieuse. Au moins ça lui éviterait de devoir trop en dire. Regardant par-dessus son verre, la rouquine laisse s'installer un silence avant d'enfin le briser avec hésitation. Quelque chose lui disait qu'elle marchait sur des œufs. « Apparemment vous parlez pas coréen... Vous avez besoin d'aide pour rentrer chez vous ? Ou bien pour aller à votre travail, si vous êtes en retard ? »


Dernière édition par Erynn H. Howlett le Dim 19 Nov - 19:15, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: -Jumping head first- [Atéa]   Jeu 14 Sep - 18:03

Une certaine gène s’est immiscée entre nous deux. Je ne sais diablement pas ce que je fais ici, je sens bien que tout ce que je peux dire ne saura la convaincre de quoi que ce soit, et c’est bien normal ; je n’ai jamais été très douée pour jouer la comédie et c’est pas soudainement que ce talent allait apparaître.

Je hoche doucement la tête quand elle parle de son rêve. Je lui répondrais volontiers qu’il faut s’y investir, sinon c’est certain que l’on n’y arrive jamais. C’est peut-être aussi pour me convaincre moi-même que je ne fais pas le mauvais choix en monopolisant mes efforts pour les Jeux Olympiques et rien d’autre. Elle fait quasi la même taille que moi, j'ai envie de lui répondre qu'un physique ça se taille, j'en suis une preuve en quelque sorte.

Elle me donne son nom, Erynn ; toujours pour installer une bonne ambiance, et suivant mon penchant naturel pour la bonne entente, je lui réponds avec un grand clin d’œil :

« Enchantée ; je ne divulguerai pas votre identité. »

Au même moment, entre sur le parking une camionnette. Ce sont des ouvriers du bâtiment qui déchargent leur matériel. Je n’y prête pas plus d’attention que cela. Je regarde seulement ma nouvelle compagne, contre le muret du parking. Nous sommes entre le mur et une voiture. Je me sens un peu empotée, ici, dans ce coin, ainsi devant elle, ne sachant pas ce qu’elle fait là, ni elle ce que je fais là.

Que quoi ? Je ne parle pas Coréen... Ah ! Nous sommes donc en Corée ! Du Sud je l’espère vaillamment, quoique ne sachant absolument pas à quoi ça pouvait ressembler au Nord, dans tous les cas, la jeune femme aurait bien du mal à se faire à se balader sur les toits au Nord, sans doute. La bonne nouvelle, c’est que la Corée n’est pas si loin que ça de la Nouvelle-Zélande, pour rentrer ce n’est pas si compliqué. Je réalise sur le moment que c’est un véritable coup de veine que d’être tombée sur quelqu’un qui parle bien anglais, ce n’est pas toujours le cas. Je pense furtivement à Yoko.
Soudainement je vois une longue échelle qui tourne et se dirige vers le dos d’Erynn :

« Attention Erynn ! »

Je lâche tout ce qui se trouve dans mes mains. Les verres et le pichets tombent. J’élance ma main gauche, assez ferme, sur l’épaule de la Coréenne pour qu’elle se baisse, sans vraiment lui laisser le choix, mon épaule est tout de même percutée par la lourde échelle et je suis poussée vers la vitre de la voiture, que mon poing brise dans la foulée avec une facilité déconcertante alors que je voulais seulement m’y retenir.

L’alarme de sécurité de la voiture se met à résonner à tue-tête. Je ne sais pas si Erynn a compris ce qui s’était passé, si elle a vu mon bras traverser la vitre, ou si elle pense que c’est l’échelle qui l’a frappé de plein fouet. Dans tous les cas, comme tout raisonnement humain, pour passer la faute sur le voisin, j’incendie l’ouvrier du bâtiment avec rage, en anglais, sans même savoir s’il parle lui aussi anglais :

« Eh, vous pourriez faire un peu attention avec votre matériel ! Vous avez failli  blesser mon amie ! Et regardez ce que vous avez fait à la voiture ! »

Je lance un regard noir et désinvolte à l’homme qui ne réalise pas encore ce qui s’est passé derrière lui, pensant sans aucun doute que c’est effectivement lui qui a percuté la voiture. D’une main énergique mais douce, je viens saisir la main d’Erynn et l’engage à quitter le parking avec moi. Plusieurs raisons à cela : s’éloigner de l’alarme qui me vrille les tympans, et surtout fuir sans remord de possibles problèmes. J’en ai bien assez comme ça.
En marchant main dans la main avec Erynn la première rue qui se présente ; je ressens soudainement une douleur à mon poing droit qui a percuté la voiture ; je réprime un « aïe » entre mes dents ; ma main saigne à de multiples endroits et est plein de débris de de verre ; j’esquisse un sourire pincé en secouant la main devant moi, comme si, par quelques miracles, cela pouvait dissiper la douleur .
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-Jumping head first- [Atéa]

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