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 Une soupe aux herbes pour Mamie ? [Mamie Badass]

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MessageSujet: Une soupe aux herbes pour Mamie ? [Mamie Badass]   Mer 1 Fév - 22:53

J’ai la tête dans le cul. C’est le moins qu’on puisse dire vu la gueule de bois magistrale que je me tape là maintenant tout de suite. Je mets au moins vingt bonnes minutes à ouvrir les yeux après m’être réveillée… on est le matin (vu que je me réveille), il est à peine 17h. J’entends des bruits en provenance de la cuisine, signe que mon frère est réveillé depuis au moins dix minutes… il ne cuisine qu’au réveil… le reste du temps c’est moi qui met de l’eau chaude dans les ramen instantanées… Je me roule en boule sous ma couette en refermant les yeux et je laisse l’inconscience m’accueillir tendrement dans ses bras pour ne plus sentir le troupeau d’éléphants qui jouent au foot dans ma tête avec leurs bottes de plomb… mais la douce et délicate odeur du café fraichement passé me réveille à nouveau quelques minutes plus tard.

Je me lève, les yeux toujours fermés, et je marche comme une somnambule, le museau en avant, guidée par l’odeur du café comme un zombie par celle du sang encore chaud. Je me cogne contre mon frère en passant la porte de la cuisine. Je grogne pour le saluer, il répond de la même façon et me colle une tasse brûlante entre les mains. Je grogne encore pour le remercier et ouvre un œil pour ne pas renverser ma tasse en retournant me fourrer sous ma couette. Il me rejoint trente secondes plus tard, me pousse pour squatter sous la couette aussi avec sa propre tasse, et on sirote tranquillement nos cafés sans échanger autre chose que le collage de mes pieds gelés contre sa cuisse brûlante. Tradition d’après cuite commune… on fait toujours ça. En général après on se rendort en faisant un gros câlin comme quand on était gosses… Mais pas cette fois.

Quand il a terminé son café, il fait comme d’habitude : il me prend dans ses bras pour me câliner comme si j’étais son doudou en me faisant des bisous sur l’épaule et en s’attendant à ce que je me blottisse contre lui en enfouissant mon visage contre la sienne… mais à la place il n’a droit qu’à un bisou sur le front et à un petit coup de pied pour le pousser hors du lit. Il râle et re-tente le coup… mais je lui explique par un nouveau grognement et un signe de tête en direction du calendrier qu’il a un rendez-vous important aujourd’hui. Il fait sa bouille de petit garçon fou de chagrin alors je lui fais quand même un câlin avant de le pousser en direction de la salle de bain. Y’a moyen qu’il se fasse du fric aujourd’hui… on laisse pas passer une occasion de ramener du blé à la maison !

Pendant qu’il se douche et reprend progressivement une forme humaine, je me rendors paisiblement. Il vient me réveiller avant de partir parce qu’il sait que j’ai du boulot moi aussi, et pour être bien certain que je me lève, il pose une tasse de café fumante près de la baignoire… enfoiré… du coup j’ai pas le choix. Je rampe jusqu’à la salle de bain en gémissant, je me laisse littéralement tomber dans l’eau chaude du bain qu’il a fait couler pour moi, et je frise l’orgasme… bain chaud et café brûlant… un grand moment de béatitude complète. Si la vie ne pouvait être composée que de ce genre de combos, elle serait tellement facile et douce !

Je me rendors.

Mon réveil est nettement moins agréable cette fois… l’eau est glacée et quelqu’un sonne comme un malade à la porte… je sors en frissonnant, me pare d’une magnifique serviette à l’odeur douteuse et ouvre la porte d’un geste sec en accueillant l’intru avec un sublime :

- Stuveutoic’nnard ?

Le livreur sursaute, me détaille de haut en bas d’un air choqué, me fourre un paquet dans les mains, attend que je signe sa tablette et se barre sans demander son reste. Je soupire, referme la porte et jette le paquet sur mon lit avant de me glisser dans mon uniforme de travail d’après cuite : vieux pantalon de jogging de mon frère (donc au moins trois fois trop grand) et débardeur. Je ne m’encombre pas de sous-vêtements… de toute façon j’ai pas l’intention de mettre le nez dehors. Il neige en plus… froid, mouillé… pas envie. Je me un saladier de café brûlant, m’enfile deux bonnes aspirines et me laisse tomber devant mon ordinateur en plongeant ma tasse dans le saladier pour la remplir…

Après avoir pondu un article et rempli une seconde fois mon saladier, je mets un peu de musique de fond et me roule un bon pétard histoire de… histoire de rien en fait… j’ai envie, c’est tout. Je m’allonge à moitié sur mon énorme pouf gris et commence à fumer en replongeant ma tasse dans le saladier. J’ai les cheveux qui mouillent le tissus du pouf et qui en prennent la forme… tant pis. Toute façon c’est pas comme si j’avais l’intention de recevoir quelqu’un.

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MessageSujet: Re: Une soupe aux herbes pour Mamie ? [Mamie Badass]   Sam 11 Fév - 17:40


« Ecoute, Jean-Jean, tu commences à me les briser. Si j’avais voulu d’un fils, tu aurais l’âge d’être sorti du vagin de sa bonne femme, alors laisse tomber, tu veux ? J’ai une partie à terminer.
- Mais… Aline…
- Pas question, va compter la fleurette à des filles qui n’ont pas quatre fois ton âge. Ça n’est pas chez moi que tu vas trouver ce que tu cherches. Allez, du vent ! »


L’abruti tente d’approcher sa main de mon épaule, ses doigts effleurant les premiers poils de mon manteau en fausse fourrure rose bonbon, mais, sortie de nulle part, une silhouette imposante vient faire barrage à sa tentative, et éclipser la lumière au visage à peine pubère du pauvre garçon.

« T’as pas entendu mamie ? Allez, casse-toi. »

Jean-Etienne a l’air proprement dépité. Pâle et minuscule, à côté des larges épaules noires de mon chevalier servant, il lève un nez déconfit vers son visage sévère, dramatiquement ombragé par une large casquette de Hip-hop. Dans sa gorge, la voix de Jean-Jean fait comme un petit glapissement avorté. Pendant quelques glorieuses secondes de courage – ou de bêtise – son regard voyage entre celui d’Oscar et le mien, puis sa raison lui revient, et il abandonne, repartant la queue entre les jambes pour se mêler à la foule des danseurs. Bon débarras.
Je remercie mon « sauveur » d’un grand sourire, avant de me pencher plus ou moins subtilement dans sa direction, ma vieille main s’agrippant à son bras tant pour des raisons d’équilibres que par désir d’être bien entendue.

« C’est très gentil à toi, mon petit Oscar, mais si tu continues à m’appeler mamie je vais me sentir obligée de rendre ma bière sur tes chaussures, compris ?
- Oui, mamie. »


Je lève les yeux au ciel.
Quel petit con…

Enfin… Petit… C’est une bonne blague. Oscar est un grand gaillard ; taillé par les chantiers dans lesquels il travaille, avec son père, et adouci par le sourire éclatant qui s’étale sur son visage, lorsque celui-ci daigne vous en faire cadeau. Ses muscles, saillants, sont particulièrement mis en valeur par le petit marcel noir, grillagé, qui lui ‘couvre’ la poitrine. Ces derniers suffisent à dissuader très efficacement quiconque voudrait venir à moquer ses choix, que ce soit en matière de mode ou bien de mecs, et il ne cache pas le sentiment de fierté que cela lui procure.
A l’occasion, comme ce soir, il s’en sert également pour éloigner les importuns. Ceux, par exemple, qui aimeraient à se tailler une part de l’héritage supposé de « La mamie teuffeuse et blindée ».

C’est un brave petit con.

Bien entendu, je n’ai aucune intention de rendre le contenu de mon estomac sur ses baskets hors de prix. Il le sait bien, le petit saligaud : il en profite. Mais, d’un autre côté, il faut bien admettre que ce serait une vengeance bien mesquine. Le pauvre, ces chaussures ont dû lui coûter plus cher qu’un loyer, et le reste des fringues qu’il porte sur le dos dans tout un mois.

Tout ça pour trois bouts de cuir de la bonne couleur et au bon endroit…

Je secoue doucement la tête. Non, vraiment ; je ne crois pas que je comprendrais un jour cette obsession des jeunes avec leurs chaussures de marques. On dirait des vieilles héritières du seizième avec leurs escarpins en croco, sauf que contrairement à elles, ces jeunes n’ont pas les moyens, en réalité, de dépenser autant de leur budget dans ces âneries. Cependant, bien que les raisons de ce comportement, et les codes sociaux qui y sont liés, m’échappent complètement, j’ai néanmoins suffisamment de bienséance et de respect pour éviter de revernir le cuir des précieuses possessions d’Oscar de bière à moitié digérée.

A la place, je lui lance une petite moue réprobatrice – reconnaissante, tout de même, du fait qu’il ait éloigné l’autre indésirable – puis je reporte mon attention sur ma partie de Beer Pong.

Ce soir, je joue en équipe, avec une jeune femme très enthousiaste prénommée Marcia. Elle a d’énormes biceps, sous son T-shirt des Wampas, et un tatouage de sirène dont les cheveux lui remontent jusque dans sa nuque rasée. Elle est plus ivre que moi, mais de peu, et pour cause : si l’on en croit l’impressionnante collection de verres en plastiques vides, qui décorent notre côté de la table, nous sommes en train de perdre lamentablement.

Je me suis excusée auprès d’elle à plusieurs reprises, déjà, ce soir, expliquant que mes réflexes n’étaient plus ce qu’ils étaient. Surtout après… j’avais arrêté de compter les verres à la cinquième. Ou sixième. Mais, chaque fois, Marcia m’avait répondu, de son rocailleux petit brin de voix, que mes compétences incertaines étaient justement la raison pour laquelle elle s'était mise avec moi.

Ce soir, elle fêtait sa rupture avec une pauvre diablesse dont j’ai déjà oublié le nom, et visiblement elle escomptait bien boire suffisamment pour en faire autant avant la fin de la nuit.

Un joint passe, paisiblement, de mains en mains, autour de la petite table humide, mais je le refuse aussi poliment que mon alcoolémie le permet. A l’odeur, c’est probablement de la Weed alourdie à la laque, ou une autre de ces stratégies de merde de revendeurs sans scrupules. Rien à voir avec celle que je produis, assurément. Mais ici tout le monde n’avait pas forcément les moyens de s’offrir le savoir-faire et le terroir.
Ça m’attriste un peu de les voir s’arracher la gorge avec ces saletés, mais je ne peux pas y faire grand-chose. Moi, il faut bien que je vive, et je ne peux pas faire compétition à leurs prix de petits truands. D’autant que, de toute façon, ma production n’est pas non plus si astronomique, alors je ne peux pas me permettre de faire dans la revente de masse à bas prix. La vie est faite comme ça, malheureusement. Même tous les bons sentiments du monde ne pouvaient lutter contre le système basique de l’offre et de la demande.

Marcia s’écarte, avec un geste un peu soudain qui me fait sursauter dans ma rêverie alcoolisée, et il me faut quelques secondes pour réaliser que c’est bien à moi de tirer, et que c’est pour cela qu’on vient de me mettre une petite balle de plastique dans la main. Je soupire, m’approchant du bord de la table avec résignation. En face, il restait six gobelets, rassemblés sommairement en un triangle plus étroit. Nous n’en avions plus que deux.
La partie serait vite terminée, à présent, que je tire dedans ou à côté. Pourtant…

Pourtant, bon sang, il n’est pas question que j’abandonne une victoire sans me battre, quelle que soit la compétition. Je serre doucement la balle entre mon pouce et mon majeur, l’alcool aidant un peu à combattre les douleurs habituelles de l’arthrite, et je me mets en position. Marcia, derrière, m’encourage en sautillant, scandant une litanie de « Aline ! Aline ! » en rythme avec claquements de mains enthousiastes.

« Laisse faire l’expert, mon p’tit. Et Hop ! »

Le projectile, lancé avec une certaine expertise – que j’aime à croire moins émoussée par mon alcoolémie qu’elle ne l’est en réalité – plonge dans le liquide avec un charmant petit « plouf », très sonore, et m’emplit d’un rugissant sentiment de victoire.

« Ah-HA ! »

Une victoire peut-être un peu trop rapidement célébrée, à la réflexion.

L’estomac soudain renversé par une nausée infâme, escortée d’un vertige tout aussi saisissant, j’écarte les bras par réflexe, en me penchant pour essayer de m’accrocher à quelque chose. A mon âge il ne fait jamais bon tituber, quelqu’en soit la raison, aussi je m’efforce de rester le plus immobile possible, bien que le sol ait décider de tanguer dangereusement. Le sol, et le reste. Je ferme les yeux, dans un réflexe malhabile de rassembler mes esprits, mais cela ne semble qu’empirer ma condition, alors je les rouvre presque aussitôt. Le teint probablement plus pâle que le cul d’un chevreuil, je trouve à m’accrocher à… un genre de meuble, dont j’ignorais la présence jusque là, et dont je contemple un long moment le bois impeccable, prise d’une grande confusion, avant de finir par lever le nez.

« Ben ça… C’est la meilleure. »

De toute évidence, j’ai quitté les combles aménagés de l’immeuble où nous faisions la fête. Il n’y a plus de musique, plus de lumières, plus de table branlante recouverte de gobelets vides, et, après une rapide inspection de la pièce, visiblement il n’y a plus de convives non plus. J’aperçois, en revanche, ma petite balle de ping-pong, qui flotte, un peu plus loin, dans un saladier rempli de café, sous la mine déconfite d’une gamine à la dégaine de squatteuse. Je lève une de mes vieiles mains pour me frotter péniblement le visage.

Aurais-je eu un trou noir ? Pourtant je n’avais pas fait tant de folies que cela, ce soir, alors…

Ma voix, alors qu’elle s’extirpe péniblement de ma gorge, est presque vibrante d’une colère enfouie, comme celle d’un volcan à qui il ne faudrait pas grand-chose

« Est-ce que, par hasard, quelqu’un saurait qui est le petit fils d’enculé qui a cru malin de mettre un truc dans le verre d’une vieille dame, et… est-ce qu’on aurait l’obligeance d’aller me le chercher par la peau des glawis, parce que là, je vais faire un malh... » Nouveau vertige, je me laisse un peu couler contre le meuble, mon dos protestant à grand cris contre les gesticulations que m’imposent mon estomac, et ma colère s’évanouis dans un gargouillis embarrassant. Ouvrant un œil d’ours mécontent, j’interpelle la fille qui me regarde toujours avec de grands yeux ronds. « Et bah , mon petit ! Tu vois pas que mamie va finir sur le plancher ? Viens donc m’aider, bon sang… »
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MessageSujet: Re: Une soupe aux herbes pour Mamie ? [Mamie Badass]   Sam 11 Fév - 22:37

Aaaaah le bonheur d’un bon gros oinj’ sur fond de Yousei Teikoku… putain je kiffe. J’ai découvert ce groupe en regardant Seikon no Qwaser… un anime pas particulièrement original mais sympa même si c’est presque intégralement centré sur les seins des filles… c’est fou comme les filles d’animes ont comme tailles de boobs d’ailleurs, ça me surprendra toujours. Et que j’te balance des obus bonnet H et autres conneries… comme si une meuf normalement constituée avec une taille de guêpe pouvait se balader avec un bordel pareil. J’suis sûre que sa colonne vertébrale aurait cédé avant même qu’elle n’atteigne les quinze ans. Et dans la vraie vie, nous on est là à lutter pour que nos bonnets B ou C en paraissent D… Pff… on voit que se sont surtout les fantasmes des poilus qui s’expriment là-dedans. Enfin bref. Yousei Teikoku… alors j’irais pas jusqu’à dire que c’est de la « putain de musique de ouf malade » mais c’est sympa… j’aime beaucoup plus l’univers visuel de leurs clips que leur musique finalement, mais ça pose bien… et puis si je me mets du plus calme maintenant, j’vais m’endormir de nouveau et j’ai encore un peu de boulot.

Je plonge une énième fois ma tasse dans mon saladier et commence à la siroter tout en marquant le rythme avec mon pied et en fumant tranquillement, quand brusquement, sans prévenir ni rien, une espèce de vieille européenne toute fripée et habillée comme une pute de seconde zone apparait dans mon champs de vision, s’agrippant à l’un des rares meubles en état de mon appartement. Je cligne des yeux puis les lève au ciel. Putain elle est forte cette weed… j’me souvenait pas avoir déjà eu des hallucinations pareilles avec ce délire-là.

Je vais pour replonger encore ma tasse dans mon saladier, mais un truc rond et blanc flotte à la surface. AH NON HEIN ! On touche pas mon café, le café c’est sacré putain de bordel de merde ! J’ai pas le temps de trouver d’autres insultes parce que je sursaute brutalement, renversant même un peu de café par terre (PUTAIN) parce que la vieille se met à engueuler va savoir qui en français. Merde… une hallu auditive ? Je la regarde fixement, me demandant pourquoi je me mettrait pas plutôt à voir des tonnes de fric ou de matos informatique me tomber dessus en pluie plutôt qu’une vieille décrépie qui cause français… et finalement elle me demande de l’aide. Une putain d’hallu qui a le culot de me demander de l’aide… sérieux… on vit vraiment dans un monde chelou.

Au prix d’un effort colossal, je m’extirpe laborieusement de mon pouf, attrape le deuxième pouf un peu plus loin et le pose près de la vieille… ensuite je me débrouille pour l’agripper comme je peux par sous les bras et la hisse avec le peu de forces que j’ai. Elle pue l’alcool et « le vieux » et son manteau en poils de chatte de Barbie me chatouille désagréablement le nez… je la traine difficilement jusqu’au pouf avant de la laisser tomber dessus et de retourner m’écrouler sur le mien, à bout de souffle.

Quoi ?! Ouais j’suis qu’une grosse geek qu’en branle pas une de la journée depuis des lustres et alors ? J’ai à peine la force de soulever mon propre corps, ET ALORS ? T’as pas à me juger.

Je crache mes poumons pendant bien trente secondes avant de secouer la tête et de tirer deux ou trois barres histoire de me remettre de ma quinte de toux. Après ça, je regarde de nouveau la vieille et mon cerveau se reconnecte enfin. Mes yeux s’écarquillent de stupeur et je me redresse (sans pour autant me lever le cul hein, faut pas abuser) en sortant la balle de ping-pong de mon saladier d’un geste machinal. Quand je parle, je réussi à passer en mode « français ».


- Putain ! Vous vous êtes téléportée chez moi ! Ouah putain ! C’est fou ! Putain personne s’était téléporté chez moi avant !

Je plonge ma tasse dans le saladier, n’en sort qu’un fond de café parce que c’est vide, l’avale d’un trait et me tourne pour choper la bouteille de vodka sans cesser de fixer la vieille. Je vide la moitié de la bouteille dans le saladier et complète avec un bon litre de café brûlant. Là va me falloir plus que de la simple caféine… je plonge ma tasse, bois, grimace, tousse, recommence et soupire de soulagement. Aaaaah merci Dieu de la Vodka d’avoir inventé Ta délicate brûlure d’œsophage… Je t’aime !


- Et ça vous arrive souvent aussi à vous d’apparaitre comme ça n’importe où ? Vous voulez un café ?
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MessageSujet: Re: Une soupe aux herbes pour Mamie ? [Mamie Badass]   Lun 20 Fév - 17:41

L’accent est affreux, mais les paroles plus ou moins compréhensibles, alors peut-être que je dois m’estimer heureuse. Il y a beaucoup de jurons, ce que je peux éventuellement comprendre, après tout peu importe qui elle est, je n’ai probablement rien à faire dans ce que je suppose être son appartement. Je m’apprête à marmonner une excuse, toujours enfoncé dans son fauteuil des enfers comme une vieille tortue enlisée sur le dos dans un banc de sable, lorsqu’un détail du flot vaguement compréhensible de paroles qu’elle vient de me vomir à la tête me frappe soudain.
Bon sang je n’étais pas là seule, ici, visiblement, à avoir abusé de substances psychotropes.

Je lui décoche un regard un peu torve, qui se veut rempli du jugement tranquille et ancestral de la vieillesse, mais vu mon alcoolisation, je dois probablement avoir l’air plus stupéfaite que raisonnable et avisée. Je renifle.

« Ne dis pas de conneries mon petit, je n’ai pas été… » Le mot lui-même me semble d’une absurdité abyssale. Enfin quoi, c’est là le champ lexical de la science-fiction. Du fantasme, des éléphants roses, et autres élucubrations fantasques de l’esprit stupéfié. « Téléportée… »

Je grimace. Non, vraiment, on est en train de nager dans l’absurde le plus complet. L’explication la plus probable, en l’état, c’est qu’un point de sa phrase a dû mal cheminer à travers les sentiers de la traduction, et perdre son sens originel au détour d’une maladroite translation.
Après tout, le français n’est visiblement pas la langue maternelle de ma jeune interlocutrice. Toues considération de niveau de langue mises à part – j’aurais été bien hypocrite de la reprendre sur la question de la vulgarité - sa syntaxe reste quelque peu laborieuse et la prononciation, sans aucun doute possible, même pour mes vieilles oreilles, est celle de quelqu’un qui n’est pas habitué à parler le français à voix haute de manière quotidienne. Soit elle vivait dans une autarcie sévère qui la maintenait en immersion dans un autre langage, soit elle ne l’avait appris que récemment, ou pour un usage ponctuel et principalement écrit.

Je la regarde verser la moitié une bouteille que j’imagine contenir de l’alcool, en me basant vaguement sur sa forme et son code couleur marketing, malgré l’obscurité des inscriptions qui ornent son étiquette, dans son saladier de café. Elle se sert, et je la regarde boire, le système digestif outré par principe à l’idée même de la combinaison, redoutant à raison qu’elle ne finisse par m’en proposer, après une nouvelle tentative de communication qui me laisse sur le carreau.
Je secoue doucement la tête, en essayant de me redresser dans sa saloperie de fauteuil pour invertébré, les méninges pataugeant dans leur sauce pour essayer de faire un peu de sens de tout ce fatras d’information. C’était comme essayer d’assembler un puzzle avec la moitié des pièces piochées dans des boîtes différentes. Rien n’avait de sens.

Et en plus j’étais finement bourrée.


« Seigneur… » Mon regard se perd un moment dans le vide, alors que l’absurdité de toute cette situation commence à décanter dans mon esprit. Je me laisse aller dans le pouf, lentement rattrapée par la réalité de ma situation, et cherchant vainement à faire sens des évènements qui m’y avaient entraîné. Je ne sais pas bien mettre le doigt sur ce qui me perturbe le plus, entre les trous noirs, l’odeur de weed, la musique obscure, le français approximatif ou la culotte de mon interlocutrice, mais tout cela semble… être allé beaucoup trop vite et beaucoup trop loin pour les capacités cognitives actuelles de la pauvre grand-mère que je suis.

Malgré toute l’énergie que je dépense, d’ordinaire, à nier ce fait de chacun des atomes de mon être, présentement, je me sens soudain très vieille. Peut-être même autant que je le suis en réalité.

Dans un geste un peu hasardeux, je tends ma vieille main en direction de la bouteille de vodka, et vient m’en verser une longue gorgée dans le gosier, en espérant qu’elle suffise à contrecarrer les sueurs froides qui commencent à se glisser sournoisement le long de ma colonne.

« Bon. Soyons sérieux deux minutes. Je n’sais pas quelle heure il est, mais il est sûrement beaucoup trop tard pour ces conneries. Ou trop tôt. Peu importe. »

Je repose la bouteille, enhardie par la brûlure de l’alcool, et soudain un peu mieux décidée à reprendre les choses en main. Après tout, visiblement, ce n’est pas sur la pauvre gamine en slip que je vais pouvoir compter pour faire avancer le bousin. Elle semble visiblement très bien s’accommoder de la situation, si bien, même, que j’en viens à douter secrètement de son intégrité psychique.
Cependant moi il n’est pas question que j’accepte sans broncher d’avoir été transbahuté dans je ne savais quel appartement de cité parisienne, non seulement à mon insu mais sans plus d’explications à l’arrivée. Et si personne n’est disposé à me donner quelque information à ce propos, je ne vais certainement pas me contenter d’attendre sur mon cul que ça me tombe dans les mains.

De toute façon, j’ai des choses à faire. Et un appartement à retrouver. Quitte à décuver quelque part, au moins mon chez moi dans le seizième sera beaucoup plus calme que… celui-là.
Oui. Voilà ! Ça, ça commence à ressembler à un plan. A défaut d’avoir quelqu’un parlant couramment ma langue à qui extorquer des explications, je peux probablement me contenter de cet objectif-là. Rentrer. Voilà un noble but qui me semble non seulement atteignable, mais probablement aussi essentiel.

Soit. Allons-y pour la retraite stratégique.


« Faire la fête c’est une chose, mais j’ai passé l’âge de rentrer au petit matin. Alors tu vas m’aider à sortir de ton fauteuil du démon, je vais m’appeler un taxi, et on va s’efforcer très fort toi et moi d’oublier toute cette histoire. »

Je tente maladroitement de me redresser, mes vieilles mains s’enfonçant dans les profondeurs du pouf comme aspirées par des sables mouvants, et un juron particulièrement bien senti manque de s’échapper de mes lèvres alors que je retombe mollement dans le fauteuil. Ça, c’est un running gag qui va rapidement m’échauffer, c’est moi qui vous le dit…

Dépitée, et relativement à court d’options, je me tourne vers ma voisine en espérant que ses bases de français lui ont suffi à comprendre mon monologue énervé.

« Quant à moi, on ne me reprendra plus à aller fêter la Saint-Valentin avec Oscar et sa troupe. Envoyer bouler un peu la morosité du quotidien, mon cul ! J’me fais trop vieille pour ces conneries. »
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MessageSujet: Re: Une soupe aux herbes pour Mamie ? [Mamie Badass]   Mer 26 Avr - 20:53

Ouais… ça pour être vieille elle l’est. On dirait un vieux monument en ruine sur le point de s’écrouler… j’ai presque peur que sa peau parte en poussière, ou pire, que des morceaux d’elle commencent à tomber dans un bol de crème anglaise comme dans Braindead. Tiens ça me donne envie de le regarder ce film… mais bon là du coup y’a peut-être plus urgent. J’me souviens de ma première… euh… téléportation… dans le bar du type à la peau foncée. Alois j’crois mais j’suis plus très sûre. J’me réveille encore à peine hein. Je pousse un soupir déchirant et soulève mon corps pour me mettre en position verticale. Ça tourne… peut-être que j’aurais dû en rester au café. Mais d’un autre côté, le simple fait de me lever a fait battre mon cœur à toute vitesse… mouais… je pousse le saladier du bout du pied pour l’éloigner de ma portée… on va s’calmer sur le café aussi finalement.

Faisant un effort de réflexion surhumain, je finis par réaliser que peut-être que le pouf à flemme n’est pas précisément adapté pour une vieille croulante avec des muscles… disons… quasi-inexistants. J’attrape la chaise de bureau que Nii-chan a un jour insisté pour acheter et qui sert d’étagère depuis le jour où il l’a ramenée, je vire les diverses conneries qui sont posées dessus, et je la fais rouler jusqu’à la vieille avant de me camper devant elle en la fixant un instant comme pour me motiver psychologiquement. Je l’attrape comme tout à l’heure, la hiiiiiiiiiisse hors du pouf et la pose le plus doucement possible sur la chaise. Je l’y laisse tomber quoi… mais moins que la dernière fois quand même, j’ai fait un effort de politesse, j’espère qu’elle l’a noté. Après ça je me gratte la tête, m’emmêlant les doigts dans mes cheveux encore mouillés et je reprends la parole.


- Je veux bien téléphoner à un taxi pour vous, Mamie, mais ça va vous coûter une fortune pour rentrer chez-vous… vous voulez pas plutôt que je regarde les prochains départ à l’aéroport ? On peut réserver sur leur site… internet vous connaissez ? Les nouvelles technologies et tout…


Bah quoi ? Elle est vieille on a dit ! Perso, ma grand-mère a déjà du mal avec un portable, elle n’y comprend rien. C’est limite un genre de magie démoniaque pour elle… et elle est sans doutes moins vieille que le morceau de couenne braillard posé sur ma chaise. Je pousse un long soupir résigné et appuie sur le bouton pour que les stores se remontent. Dehors, il fait encore jour… on voit parfaitement les immeubles de Tokyo, les enseignes lumineuses, les murs-vidéos-pubs, les flocons qui tombent… tout… ouais, mon appart a une vue imprenable sur ce que j’aime surnommer : le vrai Tokyo. Pas celui qu’on montre aux touristes, pas celui qu’aiment les traditionnalistes et les campagnards… non… le vrai Tokyo. Des immeubles à perte de vue, pas un brin d’herbe, des nuages sombres de pollution qui flottent dans le ciel, des gens qui se jettent du haut des immeubles de temps en temps, bref… ma ville, mon kiffe.

- Bienvenue à Tokyo Mamie. Je saurais pas vous expliquer comment vous vous êtes retrouvée là, même si on m’a déjà fait le coup quelques fois, mais c’est comme ça. Pas la peine de faire s’arrêter votre vieux cœur en paniquant, vous allez sans doutes réapparaître chez vous rapidement. Ma première fois n’a pas dû durer plus d’une demi-heure… et vous devez déjà être là depuis bien cinq minutes j’pense.
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