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 J'ai pas d'idée de titre. [libre]

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MessageSujet: J'ai pas d'idée de titre. [libre]   Ven 25 Nov - 19:36

Je me suis essuyé la bouche sur une poignée de feuilles. Dans une putain de forêt. Y a deux minutes j'étais entre quatre murs en béton. J'arrive pas à enregistrer. On dirait le film où une petite fille va se paumer dans une armoire. Sauf que là c'est un cassos qui a traversé le rideau des chiottes.

Le sac était peut être une erreur.

Je sais pas où je suis, mais les hurlements de la vieille vont rameuter les gens. Je me remets à courir. Je sais pas, comme ça à l'instinct la forêt c'est toujours mieux que la prison. Puis c'est pas genre la jungle impénétrable, plus une forêt bien entretenue pour faire des meubles avec. Ca m'empêche pas de me casser la gueule sur un bout de bois. J'suis en chaussettes, ça aide pas. Puis il fait froid pour traîner en pyjama de la prison.

Au bout d'un moment j'entends plus les hurlements. Je fouille le sac pour voir si il y a quelque chose d'utile. Un portable. On capte pas internet ici, merde. Je garde pour plus tard. Des clopes ! Je m'offre ce petit réconfort après toutes ces conneries. Sinon y a que des trucs de gonzesse chiant et une carte bleue étrangère dont je ne peux rien faire actuellement. Je garde quand même. Y a des dollars aussi. Pas d'euros. Bon.

Je marche tout droit au pif, pour rejoindre... quelque chose. N'importe quoi. Maintenant que j'suis plus dans l'urgence, je commence à angoisser du coté très chelou de la situation. Je rêve pas, je suis pas défoncé - enfin pas assez pour en arriver à ce stade. Je suis pas fou non plus. Mes pieds mouillés me semblent très réels. Enfin les fous ils hurlent aux complots, ils se prennent pour Jesus et tout, ils marchent pas au calme au milieu de nul part.

De temps en temps je check le réseau, mais pas trop souvent pour pas vider la batterie. Je peux pas appeler des gens que je connais, sinon on va me retrouver. Jusqu'où je vais marcher comme ça ? J'crois que j'ai jamais vu autant de nature d'un coup. J'en ai marre. J'veux m'asseoir et fumer un pétard. Pis il commence à pleuvoir. Evidemment.
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MessageSujet: Re: J'ai pas d'idée de titre. [libre]   Ven 25 Nov - 22:12

Voilà… je savais bien que ça finirait comme ça quand j’ai accepté d’accompagner mon frère à sa « petite soirée avec presque personne tu verras »… j’suis morte bourrée. Bon, je m’en plains pas en fait, j’aime bien ça… non, ce qui m’emmerde, c’est la quantité de crétins avec laquelle il traine… bande de cons… un ramassis de geeks qui ne voient jamais l’ombre d’une femelle en 3D et qui se jettent sur tout ce qui a l’air d’avoir une paire de seins. Ils m’ont saoulée toute la soirée… et pas dans le sens où ils m’offraient des verres, non, bande de rapias… dans le sens où ils m’ont draguée lourdement du début à la fin… franchement, c’était tellement nul que je m’attendais presque à entendre un « est-ce que tu baise » sortir de l’une de leurs répugnantes bouches. En plus Nii-chan m’a forcée à m’habiller « normalement »… j’ai horreur de ça quand c’est pas pour le taff…

Je franchis la porte de notre appartement d’un pas rageur, et je claque la porte derrière moi avec assez de force pour l’arracher de ses gonds … enfin ça c’était l’effet voulu… mais en fait je m’écrase contre la porte, je passe une plombe à mettre la clef dans la serrure, et je me rétame comme une merde sur le sol quand elle finit par s’ouvrir d’un seul coup, emportée par mon poids. Pathétique. Je me traine jusqu’à ma chambre pour envoyer valser ma jupe, mon débardeur, mon soutif et mes chaussures et j’enfile mon habituelle tenue de combat vieux t-shirt de Nii-chan qui ‘arrive mi-cuisses et me découvre une épaule tellement il est grand, et vieille culotte parachute qui me remonte jusqu’au-dessus du nombril. Je pousse un soupir de soulagement et me laisse tomber sur le pouf en allumant mon PC par réflexe… c’est pas comme si j’étais en état de bosser de toute façon. J’attrape mon grinder et me roule un bordel capable de m’envoyer sur la lune en deux barres… quitte à être déchirée, autant faire les choses en grand. Je lance un anime que j’ai déjà vu au moins vingt fois histoire de faire semblant de m’intéresser à quelque chose et, spliff au bec, je me lève d’un bond (ouais ‘fin tout est relatif… avec six grammes dans chaque dent tu te lèves pas d’un bond en général) pour aller me chercher un verre d’eau à la cuisine. Quand je reviens, ma chambre a été remplacée par une forêt et la nuit très avancée par un soleil qui commence à décliner. Il fait froid, j’suis pieds nus et j’ai l’air particulièrement conne avec mon pétard et mon verre d’eau à moitié plein.


- PUTAIN DE BORDEL DE MERDE DE SA MERE LA PUTE EN ROBE DE TRUIE !!! J’EN AI PUTAIN DE MARRE DE CE PUTAIN DE DÉLIRE PUTAIN !!!!!

Mais j’ai beau hurler dans toutes les langues que je parle, ça ne sert à rien et je le sais très bien. J’suis au milieu de nulle part dans va savoir quel pays à la con… encore… et j’ai même pas mon portable.

- MERDE !

J’ai pas de feu non plus et mon spliff s’est éteint dans l’histoire. C’est vraiment une soirée dégueulasse… j’espère qu’il y a une falaise pas loin histoire que je puisse me jeter dans le vide un bon coup et en finir avec cette vie ridicule. Je regarde autour de moi… et à la place d’une falaise, je vois un type à l’air aussi paumé que moi, habillé comme un con, en train de fumer une clope. Y’a rien qui puisse me dire dans quel pays je suis… et pas de falaise. Je teste l’anglais, comme d’habitude, on sait jamais et c’est la langue la plus parlée du monde alors bon…

- Toi là, t’as pas du feu ?
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MessageSujet: Re: J'ai pas d'idée de titre. [libre]   Sam 26 Nov - 9:12

J'ai pas vu de filles depuis un bon bout de temps, alors ça me saisit un petit peu d'en voir une en slip débouler de nul part. Une chintok très bien roulée. mais ça m'inquiète plus que ça m'excite. Elle a l'air d'avoir de la thune. Elle va alerter les perdreaux. Là elle se fait un petit délire punk de demander du feu à un mec chelou, mais elle va s'exciter et hurler au harcèlement dès que je vais ouvrir la bouche. Elles font ça les filles. A peine tu leur dis un compliment, elles vont pousser des hauts cris si t'es pas Jean-Alexandre le petit bourge de la fac. En plus elle me parle en anglais. Elle se croit où, avec Erasmus là ? Ou j'ai une tête à pas parler français du tout ? Elle est con ou quoi ? Je lui réponds dans la langue normale, parce que je suis pas une petite bourge qui se croit dans une série :

- Oui bah déjà tu m'parles mieux, genre s'teu plaît c'est pour les chiens quoi. Puis j'ai rien demandé à personne, j'ai rien fait là !

La fille me fixe en train de débiter mon laïus wesh wesh d'une voix qui devient de plus en plus aiguë de trouille. Bon, en fait elle parle pas français, voilà, elle connait que l'anglais et le tching tchong de son pays là ! Voilà, je me suis énervé pour rien comme une grosse dinde. Mais j'me suis téléporté dans la forêt magique, y a de quoi être nerveux, genre peut être je suis mort et dans l'au-delà ? Pourquoi j'ai été accueilli par une vieille au téléphone alors ? Et...
Oh mais elle tient un pétard la dame. J'avais pas mon matos sur moi quand je suis tombé dans le trou du lapin blanc, c'est la tristesse. J'ai assez marché dans cette con de forêt pour avoir grave envie de fumer. Du coup je change direct de ton, et de langue, maintenant que mes priorités sont bien établies.

- Euh... enfin j'voulais dire... Ouais, j'ai du feu. Tiens.

Je cherche comment poursuivre la conversation, histoire de rester dans le cercle de la fumette. Mais pour une fois, je manque d'imagination. Faut dire que je suis encore sous le choc de ma spectaculaire évasion, du mec qui voulait me péter la gueule très fort juste avant, tout ça. La situation me donne pas envie de faire des mondanités. Puis c'est pas un temps pour se balader cul nu non ?

- Euh... t'es en vacances ? Tu fais du camping dans le coin avec des copains ou un truc comme ça ? C'est joli la France hein ?

J'ai tellement l'habitude de mentir pour me couvrir que je sors ces conneries sans broncher, alors que je suis en train de trembler de froid et que mes pupilles sont dilatées d'angoisse. C'est écris en gros "sauvez moi je comprends rien" dedans.
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MessageSujet: Re: J'ai pas d'idée de titre. [libre]   Sam 26 Nov - 12:44

J’avoue que la première chose que j’ai envie de faire quand il ouvre la bouche pour balancer son discours super agressif, c’est de lui enfoncer sa tête dans son propre cul histoire de m’en faire un coussin… mais déjà j’sais pas faire ça, et puis c’est le seul être humain ( ?) que j’ai dans mon champs de vision. Je passe mon cerveau brumeux en mode « frenchie » histoire ce comprendre ce qu’il déblatère mais ça rebondit dans ma tête. J’aime pas c’mec… depuis quand on agresse les gens qu’on croise dans les bois sans aucune raison apparente ? J’lui ai rien fait moi !

En mode vénèr, je lui arrache pratiquement son briquet des mains pour allumer mon truc et je tire une très, très grosse latte dessus… et je m’étouffe à moitié. Putain… je l’ai pas chargé qu’à moitié le délire. Je cligne des yeux bêtement deux ou trois fois et je me laisse tomber en tailleurs dans l’herbe mouillée. J’ai le cul qui gèle… tant pis… je tiens mal debout de toute façon et y’a toute la forêt qui tourne autour de moi. Entre la cuite que je viens de me prendre et ce que me fait toujours ce truc de… je sais pas… téléportation ? J’ai du mal à distinguer le haut du bas. Je pousse un long soupir désespéré et fume encore un peu.


- Merci.

J’ai répondu en français… il a l’air vachement plus à l’aise dans cette langue qu’en anglais… moi je suis plus à l’aise en anglais, mais à part un peu de vocabulaire qui me manque, je me démerde bien en français. Je mange un peu mes mots… mais c’est l’alcool ça, pas le talent.

- D’accord… alors c’est en France que j’ai atterri cette fois… Super…

Je tousse un bon coup. J’hésite à lui refiler mon spliff, mais vu la manière dont il a changé de ton en le voyant, j’suis sûre qu’il crève d’envie de tirer dessus… du coup un petit sourire narquois se dessine sur mes lèvres, et j’me le garde. J’lui filerais plus tard… peut-être… s’il est sage.

- Et on est ou là ? C’quoi c’te forêt ? Putain… ça fait deux fois que j’arrive dans l’herbe et qu’il fait froid. Pas de bol…

Et je rigole comme une conne parce que je me suis imaginé arriver dans un bol la prochaine fois et que, sur le coup, ça me parait être la chose la plus drôle du monde.

- Et toi, t’es qui ? Pourquoi t’es habillé comme ça ? T’as l’air de sortir de taule… ou d’asile… ou les deux remarque. T’inquiète, faut pas avoir peur de moi, d’toute façon j’vais surement disparaitre d’ici une demi-heure…


J’me gratte la cuisse d’une manière à peu près tout sauf féminine et délicate avant de fumer à nouveau.


- Ah ouais… moi c’est Hiyori. Je bosse pour des geeks et j’fais fantasmer les puceaux. J’arrive tout droit de Tokyo en mode « boum » et je suis le nouveau jouet de l’univers ! Wouhouuuu !!!

Et j’me marre encore.
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MessageSujet: Re: J'ai pas d'idée de titre. [libre]   Sam 26 Nov - 17:14

OK elle est tarée. Et elle me fout la honte sur les fringues ! Je regarde ailleurs pendant qu'elle déblatère sur l'univers - finalement elle parle français. Mais malgré son cerveau bien atteint, j'arrive à comprendre qu'elle aussi se retrouve à un endroit qui a rien à voir avec la normalité. Ca explique le cul à l'air. Ca semble presque logique.

- C'est peut être une expérience du gouvernement ou un truc comme ça ? Ils nous cachent des trucs hein.

Dis je avec l'air pénétré de celui qui s'est tenu informé grâce à des vidéos youtube. Ca c'est beaucoup plus solide que les clowns tueurs. La meuf doit pas être au courant. Puis j'aime autant qu'on change de sujet à propos de détails qui intéressent personne, comme mon nom ou mon putain de pyjama de la honte.

- Toi tu devais être à l'asile alors. Regard hautain. Les fous on peut leur montrer n'importe quoi, personne va les écouter, c'est logique. Moi j'vois pas trop l'intérêt par contre.

Avec une étonnante lucidité, je me classe pas dans les mecs qui voient clairs, qui sont importants, qui ont de l'influence. J'ai assez vite capté que j'étais un obscur petit connard, et je vois pas trop l'intérêt de me mêler à des activités secrètes du gouvernement. Du coup j'ai l'impression que ma théorie tient pas trop debout. Sauf si le critère de sélection pour l'expérience, c'est de prendre des gros Rémi dont la disparition va alerter personne. Là je rentre pile dans la catégorie. Cette pensée me fait flipper.

- Ca te dit on continue de marcher ? J'vais crever là.
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MessageSujet: Re: J'ai pas d'idée de titre. [libre]   Sam 26 Nov - 18:26

- Du gouvernement ?

J’éclate de rire. Décidément qu’est-ce que je peux me fendre la gueule quand je suis pétée…

- Et lequel ? Celui de France ? Mec, j’étais à Tokyo y’a cinq minutes… je sais que tu vas pas me croire, on me croit rarement de toute façon, mais là, j’allais me poser devant un anime tranquillement avec mon spliff et mon verre d’eau pour dessaouler un peu, et au lieu de passer la porte pour retrouver ma piaule bien chauffée, je me retrouve ici dans le froid avec toi… Alors si c’est effectivement une blague du ou des gouvernements, va falloir m’expliquer… c’est quand même la troisième fois que ça m’arrive merde !

Je m’enfile ce qui reste de flotte dans mon verre comme si c’était un shooter de vodka et je balance le verre derrière moi, à la russe.


- La première fois je suis apparue dans un nightclub en Afrique du Sud… avec un barman presque black qui préférait croire que c’était une blague ou que j’étais tarée… la deuxième fois c’était en Allemagne, dehors avec un froid polaire alors que j’étais en serviette et que je sortais de la douche… et maintenant ici, en France visiblement, avec un type qui a l’air aussi paumé que moi.

J’me masse les tempes, j’ai un mal de crâne du démon qui est en train de se faire son petit chemin dans ma tête… entre ça et le reste je commence à en avoir vraiment ma claque.

- T’as peut-être raison, je dois être folle.

Ouais… folle… folle de me forcer à vivre dans un monde qui se fout de ma gueule comme ça… folle d’essayer tous les jours de m’empêcher de me foutre en l’air juste parce que quand je fais ça, mes frères et ma sœur chialent comme des bébés débiles en hurlant que je suis qu’une égoïste, qu’ils m’aiment et autres conneries…

Du coup toute mon énergie retombe d’un coup et je fixe un brin d’herbe sans penser à rien avec une expression de blasage absolu. Il finit par proposer qu’on marche… je hausse les épaules et me redresse, de toute façon pour c’que ça change…


- Ouais… crever c’est une bonne idée… et puis on va peut-être tomber sur une jolie falaise pour que j’puisse me jeter… Promis si j’crève j’te lègue mon oinj’.
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MessageSujet: Re: J'ai pas d'idée de titre. [libre]   Dim 27 Nov - 8:09

J'écoute la fille parler. Elle en a des choses à dire. On dirait un scénario de série de quand j'étais petit là, Lost. Elle me raconte tous les gens bizarres qu'elle a vu, mais elle a l'air de plutôt bien le prendre. Normal pour une folle. Parce qu'elle ressemble à aucune fille que j'ai vu dans ma vie. Bon, les jurons ça m'impressionne pas trop. Des filles qui jurent et qui jouent au bonhomme j'en connais plein. On est plus au Moyen-Âge. Mais chépa, si elle s'est fait téléporté à trois endroits chelou du globe elle pourrait... hurler ou je sais pas. Moi j'ai un peu envie de hurler en tout cas. Si elle commençait j'aurais une excuse pour le faire aussi, je pourrais l'engueuler ça me détendrait.

Enfin j'arrive à motiver son cul pour qu'il se lève. Elle marmonne les yeux dans le vague à propos du suicide. Je lève les yeux au ciel. Faut pas faire des blagues là dessus, c'est pas drôle. Moi ça me fait peur. Je fais quoi si on croise un couteau ou j'sais pas quoi, j'vais devoir l'empêcher de s'ouvrir les veines ? Ca me rappelle Kimberley du collège. C'était une goth qui arrêtait pas de faire des trucs bizarres. Je traînais un peu avec, mais fallait négocier ferme pour qu'elle arrête de se mettre des coups de rasoir sur les bras ou j'sais pas quoi. Y a un peu la même lueur dans le regard. Trop préoccupée par ce qui se passe à l'intérieur de sa tête. C'est pas bon de faire ça.

- Ben tu peux te retenir cinq minutes le temps qu'on trouve une ville ou je sais pas ? J'aimerais bien trouver d'autres fringues.

Si j'ai bien compris, la fille elle est rentrée chez elle au bout d'un moment. Moi j'aimerais bien pas rentrer de là où je viens. Si je bouge ça va peut être empêcher mon retour. Mais mettons que je revienne au point de départ... Je voudrais acheter des fringues. Ils diraient quoi un maton si ils voyaient un mec en civil l'air tout perdu dans les couloirs ? Ben ils l'accompagneraient peut être à la sortie. Enfin est ce qu'on a remarqué ma disparition ? Putain, probablement que oui. Et j'vais prendre une rallonge de peine alors que j'ai même pas cherché à m'évader ! Bordel faut pas que j'y retourne. En plus y a l'autre qui va revenir me casser la gueule... Puis j'veux pas être pris dans des embrouilles entre la France et le Japon, je sais pas quoi. Aller où ensuite ? Me cacher chez des copains, je sais pas.

L'angoisse me cisaille le ventre. Je me suis jamais retrouvé... comme ça, hors de mon territoire. Hors du système. D'abord y a eu l'école, puis les copains, puis la prison, toujours un truc à suivre. Là c'est clairement pas Miss Prozac qui va assurer le leadership. Je marche dans une direction au hasard. Elle me suit.

On marche pas super longtemps avant de rejoindre un chemin large et bien entretenu, avant de débouler sur un parking plein de grosses voitures. Pas de twingo ici. Et le panneau est pas du tout en français. Oh bordel. Un flux d'adrénaline m'envahit le cerveau. Je sais pas pourquoi, mais l'idée d'être dans un pays étranger me panique encore plus. J'ai jamais été aussi loin. Je regarde aux alentours. C'est un peu vide à cause de la pluie, mais deux petites familles sont en train de se préparer pour la randonnée dominicale. Y a une femme seule, aussi. Je prends la décision qui me semble la plus logique en ces circonstances incompréhensibles.

- Viens.

Je chope ma compagne par le biceps, je la traîne derrière moi et je fonce et la femme seule en train de ramasser son sac sur la banquette arrière. S'en suit de brèves négociations à base de mandales. Je récupère les clefs de voiture. Y a de la pratique, je sais où chercher, ça me prend pas longtemps. Je fourre la barjot dans la caisse - je refuse d'être tout seul, c'est la seule qui comprend un peu ce qui se passe - et je saute dedans. J'ai vu du coin de l'oeil les monsieur des familles en randonnée en train de se chauffer pour venir m'emmerder. Courageux mais pas téméraires, ils attendent que j'ai commencé à faire reculer la voiture pour venir. Si jamais j'étais armé, on sait pas hein.

Putain c'est une boîte automatique !
C'est quoi cette connerie ? J'en ai déjà vu, bon, je m'en débrouille. Mais pour le démarrage en trombe on repassera. La voiture fait un affreux bruit d'enfant asmatique en train de mourir et je sors tout en douceur - sauf pour les deux par-chocs que j'ai accroché derrière. Heureusement que les monsieur sont vraiment pas courageux et qu'ils osent pas ouvrir la portière pour me dégager. Y en a un qui est en train de bidouiller frénétiquement son téléphone. Mais j'arrive enfin à sortir de ce putain de parking et à rejoindre la route.

En vrai je suis pas voleur de voiture professionnel. J'ai déjà été avec des gens qui le faisaient, voilà, je traînais dans le coin, mais en vrai je balise comme un gamin qui vient de voler des bonbons pour la première fois. Je passe pas mes journées à faire le bandit, d'habitude, je suis comme tout le monde je préfère fumer des pétards devant la télé. Putain on va se faire poursuivre par mille voitures de flic et mourir, voilà, ils vont tirer dans les pneus au fusil à pompe, bordel bordel.
Je tiens le volant comme si c'était la seule chose qui m'empêchait de dégringoler dans les abysses en marmonnant "bordel" en boucle entre mes dents. Puis je me rappelle de la meuf avec moi.

- J'vais abandonner la caisse dans la première ville qui passe, t'inquiète pas ! Puis la meuf de tout à l'heure j'lui ai pas cassé le nez non plus, t'as vu, elle va le récupérer son bolide... j'l'ai à peine poussé par terre ! Enfin je sais pas, merde, le gouvernement du Japon nous envoie en forêt ou je sais pas quoi, tu veux faire quoi ? On va pas marcher pieds nus pendant cinquante bornes pour leur faire plaisir !
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MessageSujet: Re: J'ai pas d'idée de titre. [libre]   Dim 27 Nov - 14:32

Toute perdue que je suis dans mes pensées sombres et mes envies suicidaires, je me contente de le suivre comme un mouton stupide. J’en oublie même de râler parce que je suis trempée et que je me les pèle ma race.

Étrangement, la seule chose que j’ai réussi à garder au sec, va savoir comment, c’est ce foutu spliff qui me démonte la tête. Il est éteint, mais je le protège de mes mains comme si c’était mon meilleur ami… non, mon seul ami. Aaah, douce petite chose qui rend mes pensées brumeuses et m’aide à m’échapper d’une réalité ou même l’univers a décidé de se foutre de ma gueule… si petit, si puissant… probablement parce que je l’ai chargé comme si ma vie en dépendait… Nii-chan va râler c’est sûr… cela dit je sais même pas pourquoi ça m’inquiète, je serais pas là quand il va rentrer. Au lieu de ça, j’suis avec ce type super chelou en train de déambuler au hasard va savoir ou, quelque part en France…

C’est seulement quand je marche sur un petit bout de verre abandonné sur le trottoir que je finis par me rendre compte que le goudron a remplacé l’herbe sous mes pieds nus. Depuis combien de temps ? Aucune idée… peu importe remarque. Y’aura peut-être un immeuble pour que je puisse sauter non ? Je lève les yeux et je rencontre un panneau… en anglais. Pas en Français… Pourquoi c’est pas en français si on est en France ?

J’ouvre la bouche pour poser la question à mon compagnon de marche, mais c’est le moment qu’il choisit pour m’agripper le bras et m’entrainer derrière lui vers des gens. Ah ouais, pas con, comme ça on va pouvoir leur demander ou on est et peut-être même qu’ils pourront nous aider… ou me prêter des chaussures à la rigueur, j’ai les pieds complètement gelés, ils sont tout rouges… je leur emprunterais aussi un peu de désinfectant pour me soigner quand j’aurais retiré le petit bout de verre qui, maintenant que je pense à autre chose qu’à ma mort, me fait putain de mal en fait…

Finalement je pourrais pas leur emprunter grand-chose parce que le type chelou balance une femme par terre comme une brute épaisse, me jette sur le siège passager de la voiture et démarre comme un malade qui sait pas bien se servir d’une voiture. Je m’agrippe comme je peux à la petite poignée au-dessus de la vitre en regardant les gens sauter sur leurs téléphones derrière nous… ils deviennent de plus en plus petits… Je me suis cognée la tête quand il a tourné pour sortir du parking, ça me réveille à demi.


Il m’explique d’un air paniqué qu’il va laisser la bagnole dans la prochaine ville… ok. Bonne idée… question de bon sens… et qu’il n’a pas pété le nez de la femme… ok, c’est bien aussi ça, casser le nez des gens c’est pas super sympa après tout… son bolide… ouais c’est bien, son bolide…

- Ouais… ouais ouais c’est bien… tout à fait… le bolide oui, la forêt, les pieds nus… non alors, mauvaise idée à pied…

*tilt*

Mes yeux s’agrandissent et je me tourne vers lui d’un seul coup comme si j’avais eu LA révélation du moment… sauf que j’ai l’air à la fois super choquée et super furax.


- MAIS T’ES UN PUTAIN DE MALADE OU QUOI ?

Il a volé une voiture…

- Pourquoi t’as fait ça ?

Il a volé une voiture avec moi…

- Ça t’es pas venu à l’esprit de juste leur demander ton chemin ?!

On m’a vu avec lui quand il a volé la voiture…

- Tu pouvais pas juste demander de l’aide ?!

J’suis complice d’un PUTAIN de vol de voiture !!!

- Putain mais t’es trop con ! Qu’est ce qui va pas dans ta tête ?! T’as agressé une femme et tu lui a volé sa caisse espèce de taré !!!

Je me laisse retomber en arrière sur mon siège, la tête entre les mains.

- Et les flics vont penser que j’suis ta complice, je suis dans un pays étranger avec un psychopathe et on va penser que j’suis sa complice ! Mais c’est pas vrai…

*re-tilt*

- Et de ou on est en France gros con hein ?! LES PANNEAUX SONT EN ANGLAIS !!!

Je lui pique son briquet sans la moindre douceur en fourrant la main dans sa poche sans lui demander son avis, je rallume mon spliff et je tire dessus comme une bourrine de bas-étage. Peut-être que ça va me calmer… peut-être que j’aurais l’impression que tout est normal… putain… on a volé une bagnole… j’avais jamais rien fait de « physiquement » criminel moi… du téléchargement illégal ouais, vaguement un peu de piratage avec Nii-chan… et puis un jour j’ai volé un bonbon quand j’avais six ans… on a volé une bagnole… mais putain, pourquoi ?

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MessageSujet: Re: J'ai pas d'idée de titre. [libre]   Mar 29 Nov - 13:30

Les putain de panneaux. On dirait des panneau de film, mais pour l'ambiance c'est plutôt GTA. J'ai volé une voiture et embarqué une meuf comme si ça comptait pas. J'arrive pas à réfléchir. Demander gentiment de l'aide aux passants, ça me serait jamais venu à l'idée. Ils auraient pas voulu. On a l'air... bizarre. On est hors contexte.

Et si les gens faisaient parti du... du Truc ? Enfin on peut pas... c'est pas... j'étais en France avant, dans... enfin y avait pas de putain de forêt !

Ma santé mentale vacille au bord du gouffre. J'ai beaucoup pratiqué le nomadisme, mais seulement dans un circuit bien défini entre quelques grandes villes pas trop exotiques. Marcher cinq cents mètres dans un bois c'est déjà mon expédition nature de la décennie. Je peux pas avoir traversé un océan, comme ça. J'ai jamais vu la mer bordel ! Je sais pas pourquoi, mais l'idée de m'être fait téléporté de l'autre coté de l'Atlantique sans qu'on m'ait laissé l'occasion de voir en vrai cette fameuse histoire de mer m'énerve. J'ai l'impression qu'on me prend pour un con.

- Et si on nous prend pour des sans-papiers et qu'on nous envoie je sais pas où ?

Enfin en vrai, malgré mes justifications, je me sens pas très confortable dans cette voiture, j'aimerais en sortir le plus vite possible. Le paysage change déjà, et je vois une ville à l'horizon. Une ville avec des petites maisons colorées, et une topographie qui fait pas très France non plus. Y a un lac au milieu. Le panneau à l'entrée c'est "Insmouth, state of Maine". Il a l'air vieux, et réel. Normal. En dépit de tout bon sens, y a pas l'armée, pas de scientifiques fous, pas d'alien, pas de nazis. Juste un putain de village dans un paysage verdoyant. Bordel.
Je gare la voiture un peu à l'écart, par bon sens. D'habitude quand on vole une voiture, on sait où la fourguer derrière. Moi j'en ai aucune idée. Je veux surtout acheter des fringues, n'importe lesquelles. Tous sauf porter le pyjama qui pue de la prison. Les gens normaux sont pas censés me voir dans cet état.

- Le truc là bas ça a l'air de vendre un peu de tout. Promis cette fois ci je paye. J'ai de la maille. 'fin... 'fin si ils prennent pas les euros... 'fin j'vais arrêter de penser à ça.

Je lui montre le contenu du portefeuille de la vieille. Une petite liasse de billets avec un vieux dessus. Pas besoin de lui raconter l'épisode. Comme c'était une vieille plutôt bourge, elle se balade avec de quoi faire un premier versement pour une voiture dans sa poche. Enfin j'imagine. Euh... le dollars ça vaut à peu près pareil non ?
Je prends une inspiration. Maintenant c'est sortir de la voiture qui est difficile. Je me sens un peu vulnérable et con face à la puissance de téléportation du gouvernement japonais ou je sais pas qui. Ce que je vais appeler mentalement "le Truc". On se sent quand même vachement mieux avec 500kg de métal autour de soi. Puis ça fait longtemps que j'ai pas été dans un magasin acheter quelque chose. J'en ferais presque de l'agoraphobie à me faire balancer dehors comme ça. D'habitude pour la réinsertion on te laisse au moins cinq minutes pour souffler avant de t'envoyer t'acheter des trucs.

Bon allez.

Je sors de la caisse et je traverse la rue propulsé par la trouille. Aucun policier surarmé me fait exploser la tronche. Comme il pleut c'est plutôt vide en fait. On se retrouve dans un bordel genre la foir'fouille, mais plus gros parce qu'on est aux... putain je refuse de l'admettre. On peut pas être aux USA ! C'est un putain de pays de film. Enfin bref. J'vais appeler cet endroit la foir'fouille parce que c'est plus simple. Je file un billet de cent à la chintok pour qu'elle se démerde de son coté et je pars du mien. Retrouver la civilisation, ça demande un peu d'intimité.

Y a vraiment un tas de connerie là dedans. Des couverts en plastique avec des motifs batman, des petits trolls en plastique, des guirlandes d'Halloween... mais y a bien des fringues, genre chinois. Fringues en polyestère et tout. Mais c'est pas pour ça que c'est sobre et minable. Pour deux dollars t'as une poignée de sautoirs en plastique doré avec des pendentifs genre feuille de weed ou gros symbole dollar. Moi j'aime bien. Enfin j'arrive à me trouver un jogging et un pull avec une université des USA dessus, c'est cool. Et des baskets dorées. Et une veste en plastique noir qui brille. Après un bref débat intérieur je prends aussi des bijoux en plastique.

J'embarque tout sans essayer. Y a pas de cabine de toute façon. En France, la plupart de mes activités servaient à financer ma sape. Genre mille jeans à 300 euros chacun. Plein de godasses de marque, toutes des baskets alors que je fais pas de sport. Mais là, vu qu'il y a personne que je connais... pour être honnête, je saurais pas faire la différence entre un futal à vingt balles et un à deux cents sans regarder l'étiquette, j'imite juste d'autres gens. Et eux imite les pubs, je suppose.

A la caisse y a une dame souriante qui m'accueille en se mettant à parler à toute vitesse en anglais. Je bredouille sur des histoires de vacances et d'une soirée déguisée très mal organisée. Je suis pas à l'aise en langues étrangères en plus. La dame a l'air émerveillée du fait que je sois européen, me raconte qu'elle a vu un documentaire sur l'Allemagne pas plus tard qu'avant-hier et que c'est complètement fou la vie. Ensuite elle me recommande un restau à sa cousine dans la rue d'à coté, me parle de la météo et j'arrive enfin à payer mes trucs et à m'enfuir. Quoiqu'il arrive, les gens restent des gens, et racontent un tas de connerie. Si la caissière fait aussi partie du Truc, c'est vraiment la meilleure actrice dans la catégorie "vieille daronne qui raconte sa life".

Mais peu importe, j'ai un truc urgent à faire.

J'vais me cacher derrière une bagnole pour me changer comme le dernier des clodo. La dame a pas tiqué sur le costard de taulard parce qu'il est pas orange fluo, parce qu'on est pas dans un film. Il est vert chiasse. Ca pourrait être pire cela dit. Quand je suis arrivé en zonzon, on m'a filé des fringues en papier pour pas que je me suicide. En papier. Qui a eu une idée aussi con ? C'est complètement contre-productif en plus. Enfin si t'avais pas envie de te foutre en l'air, passer une journée dans un futal en PQ ça te fait réviser tes opinions. Enfin heureusement ils ont eu une pénurie de papier et j'ai eu le droit à du tissu normal après.

Je me sens déjà plus humain avec le cul emballé dans un jogging. J'attends la fille, en me mettant par atavisme dans un endroit mal éclairé à l'abri des regards. Mon besoin vital de pas ressembler à Bozo le Clown est satisfait, je peux me remettre à respirer. Et à me demander putain qu'est ce que je fous là putain putain putain.
La fille ressort. Elle s'éloigne des portes éclairées du magasin pour me chercher des yeux. Je m'approche. Je la chope par les cheveux pour lui tirer la tête en arrière et rapprocher mon visage du sien. Elle est surprise de cette violence inattendue.

- Ecoute, meuf, t'as l'air d'être la seule au courant alors j'te demande : c'est quoi cette connerie ? Et me réponds pas que tu vas te suicider ou chépa quoi. Je peux pas croire que les Etats-Unis étaient de l'autre coté du rideau des chiottes. Et j'crois pas qu'on m'ait drogué.

Être drogué, je vois à quoi ça ressemble. C'est certainement pas une découpe de la mémoire aux ciseaux magiques. J'devrais me souvenir d'avoir été dans le coltard, un peu, m'être réveillé douloureusement. Là les souvenirs sont merveilleusement fluides et cohérents. J'ai traversé le rideau des chiottes, et derrière c'était la forêt, point.

- C'est un jeu à la télé ? ... Une expérience sur les prisonniers ? C'est pas légal ça !

Je frappe la fille parce que je suis trop excité. Une fois. L'idée que l'armée me fasse disparaître comme une sourie de laboratoire me plaît pas du tout. J'ai déjà eu une bonne idée de mon insignifiance en tant qu'être humain. J'veux dire, j'ai toujours eu l'impression de courir pour obtenir ce que le dernier des débiles a sans effort de base. Genre le Brevet des collège ou l'attention de mes parents. Et là j'arrive même à être assez Rémi pour que l'armée me fasse disparaître. Bordel. Je suis un PNJ. Voilà.

- Explique moi sérieux, ou j'te fais mal.
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MessageSujet: Re: J'ai pas d'idée de titre. [libre]   Lun 19 Déc - 21:31

J’étais super énervée et il s’est pas fâché. Bon point ça… j’aurais très bien pu m’en prendre une, Nii-chan me frappe quand je suis hystérique, mais en fait non. A la place, il me traine dans un magasin, me file de la thune, et se barre de son côté. Ah. Bon ben c’est pas plus mal en fait, je vais pouvoir m’acheter quelques fringues, les gens me regardent chelou tout autour… faut dire aussi qu’une meuf trempée en t-shirt rendu à demi transparent par la flotte, ça fait bizarre, je comprends.

Avant même que j’ai eu le temps de me tourner pour chercher le rayon « femmes », une vendeuse se précipite sur moi pour m’y conduire en prenant un air super concerné. Elle réussit même à me donner l’impression de s’inquiéter pour moi, alors j’invente une histoire à propos du petit copain violent et un peu tarée, je lui dis que je me suis enfuie avant que la dispute ne dégénère pour pas m’en prendre une, et que c’est pour ça que je suis dans cette tenue. Pour le coup elle a l’air vraiment inquiète. Elle regarde derrière nous comme si elle s’attendait à ce que mon mec imaginaire nous tombe sur le coin de la gueule, mais elle n’oublie pas pour autant de faire son taff et me tire jusqu’au rayon « femmes ». Vu qu’elle me laisse choisir toute seule, je prends quelques trucs et me faufile dans un cabine d’essayage pour les enfiler. Je me regarde dans le miroir en observant bien tous mes angles… pas mal. Le genre de tenue que je porterais pour bosser en public. Parfait. Je me dirige ensuite vers le rayon des chaussures après avoir semé la vendeuse un peu trop bavarde, j’en essaye quelques paires puis jette mon dévolu sur des espèces de rangers noires. Ça va plutôt bien avec le reste de ma tenue : un short en jean bleu délavé, un débardeur en camouflage et une veste en imitation cuir noire. J’enfonce une sorte de casquette gavroche kaki sur mes cheveux humides et je trace à la caisse en rajustant mon soutif. La vendeuse que j’ai déjà vue retire les antivols tout en déblatérant un tas de connerie à propos de ces « enflures de mecs violents qu’on devrait castrer », ensuite je paye et je sors.


Je regarde autour de moi, j’ai pas vraiment envie de revoir le mec de tout à l’heure mais c’est le seul qui peut comprendre ce que je ressens… je le vois pas. Il est passé ou ce con ? Il s’est quand même pas fait la malle si ? Putain j’étais sûre qu’il me ferais un coup pareil, c’est vraiment pas symp…

-… AÏEUH !

C’est lui qui m’a repérée en premier, et histoire de me signifier sa présence, il a rien trouvé de mieux que d’essayer de me scalper. Connard. Je suis sur le point de lui dire ce que j’en pense, mais il rapproche son visage du mien et il a l’air super énervé… du coup ça me bloque tout net. Il fait peur en fait… vachement peur… IL me pose des questions… je suis sur le point d’ouvrir la bouche pour lui répondre, mais il ponctue la fin de son laïus par un coup dans ma gueule qui me fait reculer contre le mur avec des étoiles qui dansent devant mes yeux. En plus il me menace de me faire mal… c’en est trop. Entre l’alcool, la weed, le transport chelou, le froid, la pluie, les américains, la voiture, la vendeuse, les cheveux et le coup… c’est trop… les larmes me montent aux yeux et ma voix, quand je finis par répondre quand même, a plus l’air d’être un gémissement qu’autre chose.

- Mais je sais pas moi ! Et puis tu m’as déjà fait mal… et j’aime pas avoir mal !


Je mets mes bras devant mon visage pour me protéger au cas où il lui viendrait l’envie de recommencer.

- Je sais pas c’que c’est, je sais pas c’qui s’passe et je sais même pas qui t’es ! J’ai été envoyée en Afrique dans un bar, en Allemagne dans un jardin et maintenant en Amérique dans une forêt, mais je sais pas par qui ni pourquoi ! Je sais juste qu’après ça m’a renvoyée à Tokyo. Me frappe pas s’teuplais, j’aime pas quand on me frappe !

Je devrais hurler et me débattre pour qu’on vienne me sauver, mais si je fais ça, la seule personne au monde capable de dire que je suis pas juste une cinglée sera arrêtée en envoyée en taule.

- J’te jure que c’est la vérité d’accord ? J’t’en supplie me frappe pas !


Et là y’a deux types et la vendeuse de tout à l’heure qui apparaissent à côté de nous, l’air furieux. Ah ouais… merde… elle me demande si c’est mon mec, je hoche la tête affirmativement avant de réaliser qu’elle a vraiment pas l’air d’aimer les mecs violents et que les deux types avec elle n’ont pas l’air commodes non plus. Du coup je prends le bras du mec et je recule d’un pas en leur expliquant vite fait que je l’ai mérité et qu’il faut surtout pas l’envoyer en prison mais il ont l’air de juste avoir envie de lui taper sur la gueule. Je me demande un instant si ça serait pas cool de les regarder faire mais j’hésite, et du coup je recule encore d’un pas en l’entrainant avec moi. Je panique… je sais pas quoi faire…
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