Forum roleplay (étrange/science-fiction)
 

Partagez | 
 

 La déchéance du Tout... [Ignas]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage


avatar

Messages : 165
Points de Complot : 492
Fiche : Par-là
Date d'inscription : 15/11/2016
Lieu : Tokyo
Occupation : No Life Pro

MessageSujet: La déchéance du Tout... [Ignas]   Jeu 22 Fév - 13:06

- … veux pas !

Seuls les derniers mots de ma phrase résonnent dans le silence de l’appartement d’Ignas. Je suis face au mur devant lequel je suis déjà apparue la première fois. C’est trop injuste.

- NON ! ALOÏS !

Je donne des coups de poings sur le mur.


- REVIENS !


Le mur n’a pas l’air d’avoir mal… c’est normal, c’est un mur, mais là tout de suite j’ai envie de faire souffrir ce connard de mur qui m’a arrachée à Aloïs et à tout le reste. Je le frappe, encore et encore, sans faire attention à la douleur qui explose dans mes doigts et dans mes poignets.


- T’as pas le droit de faire ça !

Je laisse des traces de sang sur le papier peint, ou la peinture d’ailleurs, aucune idée. Mais je m’en fous. Ça n’a aucune importance. Je suis complètement perdue, c’est encore pire que la dernière fois. Bien pire… Cette fois ce n’est pas une question de « peur du changement », loin de là, non… cette fois c’est pratiquement l’inverse. Je ne veux pas revenir, je veux rester dans le Tout. Le Rien n’existe plus, il a été remplacé par le Tout, et c’est là qu’est ma place, c’est là que je dois vivre, c’est là que j’ai une utilité.


- ALOÏS !!!!!!!

Je ne sais pas si Ignas est chez lui… et je m’en fous. J’ignore si les voisins m’entendent… et je n’en ai strictement rien à battre. Je veux qu’Aloïs m’entende, je veux qu’il change d’avis et qu’il me ramène là d’où je viens. Je l’exige… mais ça ne sert à rien. Le mur reste désespérément silencieux, immobile, unis… à part mon sang qui le macule, il n’y a aucune différence avec ce mur que j’ai déjà contemplé maintes et maintes fois quand je me suis retrouvée dans cet appartement il y a à peine quelques jours. J’ai l’impression de l’avoir quitté depuis une éternité alors que ça ne doit faire que quelques heures.

Finalement la colère et l’incompréhension laissent place à un autre sentiment. La tristesse. La vraie tristesse, absolue, le sentiment d’abandon le plus total, de rejet, de perte… je m’effondre, à genoux devant le mur. Je cache mon visage entre mes mains ensanglantées et je laisse sortir toute cette douleur en éclatant en sanglots. Je ne parle pas de petits pleurs tout mignons avec juste des larmes silencieuses, des yeux brillants et des petits hoquets adorables, non… là se sont les grandes eaux, les sanglots presque hurlés, la morve qui coule du nez, les hoquets hystériques… la totale.

Comment a-t-il pu me faire ça ? Me donner des réponses tout en rajoutant des questions, me donner une place et me l’arracher juste après, m’offrir un havre de paix et me renvoyer en plein milieu du champ de bataille ? Aloïs, la Machine, le Tout… j’ai tout perdu en l’espace de quelques secondes. Comme si je venais de retrouver ma mère et qu’elle crevait sous mes yeux un instant plus tard.

C’est horrible… juste horrible... pire que tout ce que j'ai pu vivre avant...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Messages : 145
Points de Complot : 216
Fiche : Swag d'Erasmus
Date d'inscription : 29/12/2017
Lieu : Boston, Massachusetts, USA
Occupation : Garde du corps

MessageSujet: Re: La déchéance du Tout... [Ignas]   Jeu 22 Fév - 13:29

Bordel Hiyori, t'es où ?

H+3 depuis qu'il était sorti du Rien. Aucune nouvelle, évidemment. Frénétiquement, Ignas fouillait les recoins d'internet. En trois heures, les premiers journaux avaient largement le temps de relater une apparition mystérieuse, un phénomène paranormal, quoi que ce soit qui pourrait lui donner des indices sur l'endroit où Hiyori était apparue. Si lui avait été ramené chez lui en passant cette porte, alors la jeune femme avait été aussi été téléportée quelque part. Ni chez lui, ni chez elle... peut-être qu'elle n'avait pas été téléportée. Techniquement, elle aurait du, mais les créateurs de ce petit jeu dénué de logique aimaient bien changer les règles.

Une grande bouteille d'eau, posée à côté de l'ordinateur, était déjà à moitié vide. Avant de partir en promenade dans une autre dimension, Ignas se souvenait, de façon assez floue certes, qu'il avait pas mal bu en compagnie de la Japonaise. Bizarrement, il n'avait rien ressenti dans le Rien, il était lucide. C'était un nouveau mystère à élucider... un de plus.

Soudain, un grand éclat de voix provient de sa chambre. "Non ! Aloïs !", puis d'autres grands cris hystérique, et des poings qui tambourinent. C'eut été franchement inquiétant si Ignas n'avait pas reconnu la voix. C'était elle, malgré les sanglots, malgré les hurlements, malgré les paroles parfois inintelligibles, c'était elle. Et elle n'allait pas bien du tout. Bondissant hors du canapé, le Lituanien fonça vers sa chambre. Il y trouva Hiyori, exactement à la même place que là où elle était apparue la première fois. Des traces de sang sur le mur, du sang sur ses mains. En larmes, elle pleure toutes les larmes de son corps. Elle n'a plus la force d'être en colère.

Plus que l'inquiétude, plus que de la peur au sujet de ce que la Japonaise à pu voir ou subir, Ignas ressent un immense soulagement. Elle va bien, elle est vivante, elle est chez lui. Il tombe à genoux, et il la serre dans ses bras, d'une étreinte chaleureuse et sincère.

Bordel ce que je suis content de te voir.

C'est la seule sentiment qu'il parvient à exprimer. Le bonheur de la revoir. Pourtant, il sens bien qu'elle ne lui rend pas son étreinte, qu'elle pleure toujours autant, qu'elle va mal. Alors il se dégage, et il attend patiemment, que la Japonaise se calme un petit peu. L'inquiétude commence à revenir. Que s'est-il passé ?

Ok Hiyori... raconte-moi. Après qu'on ait passé cette porte... qu'est-ce que tu as vu ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Messages : 165
Points de Complot : 492
Fiche : Par-là
Date d'inscription : 15/11/2016
Lieu : Tokyo
Occupation : No Life Pro

MessageSujet: Re: La déchéance du Tout... [Ignas]   Jeu 22 Fév - 17:33

- ME TOUCHE PAS !!!

Il ne pense pas à mal, bien au contraire, mais je ne suis pas du tout en état de m’en rendre compte. Loin de là. Je le repousse encore plus brutalement que je l’aurais voulu tout en lui jetant au visage, toujours en pleurant :

- Pou… pourquoi je suis là ?! C’est… toi qui… m’a ramenée ? C’est … ta… faute ! J’te déteste !

Une bonne petite crise de nerfs tiens. Ça faisait longtemps que je n’en avais pas faite. J’ai l’air d’une gamine qui fait un caprice… je dois être parfaitement adorable… Si si…


- C’était… parfait ! C’était… c’était chez moi ! Il a dit que c’était ma place ! Que je venais de là ! Qu’on… venait… tous… de lààààààà !

Et je recommence à sangloter de manière tout à fait incontrôlable. Je ne sais même pas comment exprimer la douleur que je ressens. Je n’ai aucune envie d’être ici, je n’ai aucune envie de voir Ignas, pas comme ça, pas dans ce monde illusoire qui m’a déjà fait tellement de mal. Là-bas j’étais bien, j’avais une raison d’exister, il n’y avait plus de de douleur… j’avais un but ! Et on m’a tout enlevé avant même que je ne comprenne ce qu’était le but en question.

Je reste là, par terre, à pleurer comme si ma vie en dépendait, pendant un très long moment. Je suis incapable de faire autre chose. Je n’entends pas Ignas, je ne le vois pas… la seule chose que je sais c’est que j’aurais pu être heureuse et que maintenant c’est terminé.

Quand je finis enfin par me calmer un peu, plusieurs longues minutes plus tard, je reste là, contre le mur, hoquetant doucement. Mes larmes continuent de couler mais je ne sanglote plus, je me contente de fixer un point imaginaire dans le vide en serrant mes genoux dans mes bras. Je dois avoir l’air complètement folle. J’ai à nouveau conscience de ce qui m’entoure mais je n’ai pas envie d’y faire attention, au contraire. Je ferme les yeux en poussant un petit gémissement désespéré… je ne veux pas voir cet appartement, ni Ignas, je veux voir le Tout, je veux voir Aloïs… je voudrais que tout ça n’ait été qu’un cauchemar, que je sois toujours dans le Tout… je voudrais ne jamais avoir été renvoyée ici. Jamais.

Si j’étais restée là-bas alors que je pensais que c’était le Rien, peut-être que j’aurais fini par tomber sur Aloïs, peut-être qu’il m’aurait gardée avec lui… peut-être que la Machine aurait renforcé le lien bleu…

Le lien…

Je me retourne vivement pour regarder derrière moi. Rien.


- Oh non…

Le lien bleu a disparu. Aloïs avait pourtant dit que ça ne serait pas le cas, qu’il resterait, qu’il se renforcerait… je croyais… je ne sais pas ce que je croyais… mais le lien n’est plus là et j’ai l’impression qu’on m’a amputée d’un membre. Je peux presque sentir sa présence, comme un membre fantôme. J’ai lu quelque part que les amputés ont encore conscience de ce qu’on leur a enlevé… c’est pareil pour moi. C’est probablement psychologique, peut-être même que je m’invente cette impression parce que je dramatise la situation, mais toujours pareil : je ne suis pas en état de m’en rendre compte.


Oubliant que je l’ai agressé et que j’ai été franchement désagréable il y a à peine quelques minutes, je m’agrippe au bras d’Ignas en plongeant mon regard brillant de larmes qui coulent toujours dans le sien.

- S’il te plaît, aide-moi ! Il faut que je retourne là-bas Ignas… je t’en supplie… C’est là-bas qu’on doit être, pas ici ! Ici le monde fait mal et on ne sert à rien, il faut qu’on y retourne !


Je hoche la tête sans attendre de réponse et je continue de le regarder sans le voir.

- Oui, c’est ça, on doit y retourner, toi et moi… et tous les autres. C’est chez-nous là-bas, on avait rien comprit…

Je me redresse d’un mouvement trop brusque et des étoiles se mettent à tourner devant mes yeux. J’ai le vertige.


- On doit refaire exactement comme tout à l’heure.


Je tends la main vers lui.

- Tu me donnes la main, et on marche ensembles à travers la porte de la chambre. Je suis sûre que ça va marcher… il faut que ça marche… peut-être que c’est pour que je vienne te chercher qu’il m’a renvoyée… oui… c’est sûrement ça.

J’essuie mes larmes, pleine d’un espoir auquel je m’accroche comme si ma vie, mon existence toute entière, en dépendait.

- Et puis après, il t’expliquera, et tu La verras Elle. Tu verras, Elle est magnifique ! Et tellement grande ! Même « immense » ne suffirait pas à La décrire.

Je lui agrippe l’avant-bras avec l’expression d’une folle illuminée.

- C’est ça ! Il faut qu’on fasse ça ! Viens Ignas, on retourne dans le Tout !

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Messages : 145
Points de Complot : 216
Fiche : Swag d'Erasmus
Date d'inscription : 29/12/2017
Lieu : Boston, Massachusetts, USA
Occupation : Garde du corps

MessageSujet: Re: La déchéance du Tout... [Ignas]   Jeu 22 Fév - 18:34

Elle le repousse, avec une force insoupçonnée. Ignas ne cherche pas à revenir auprès d'elle. Quelque chose s'est brisé en elle, et pour l'heure, il n'a d'autres choix que de la laisser revenir à elle. La laisser assimiler ce qu'elle a vu, ce qu'elle a vécu, comme lui essayait de le faire depuis son retour. Alors il s'assoit, en tailleur, à côté d'elle, et il la laisse sangloter, pendant longtemps. Lorsqu'elle l'accuse, qu'elle le blâme, il hausse tout de même un sourcil curieux. Pourquoi lui en voudrait-elle d'être sortie du Rien ? Las, il se contente de rester pragmatique :

Tu sais très bien que je n'ai pas ce pouvoir.

C'était étrange. C'était comme si... elle était effondrée d'être sauvée. D'être de retour dans le monde réel. Ses paroles suivantes le confirme. Elle a rencontré quelqu'un d'autre dans le Rien.

Qui t'a dis ça ? Demanda le garde du corps.

C'était mauvais. Pendant qu'Hiyori pleurait, Ignas tentait de faire le tri. Il y avait un autre homme dans le Rien, et il avait manifestement convaincu la Japonaise que "son" monde était mieux que la réalité. C'était encore trop flou, trop incompréhensible pour que l'ancien soldat puisse tirer la moindre conclusion. Mais brusquement, Hiyori se jeta sur lui, avec la ferme intention d'entraîner Ignas dans une affaire qui le dépassait, qui les dépassaient bien trop largement.

Il tente de protester, mais Hiyori est encore bloquée dans un autre monde. Comme une droguée en plein délire. Ses élucubrations, elles ne font pas le moindre sens. Y retourner ? Mais pourquoi ? Elle qui était terrifiée à l'idée de remettre un pied dans le Rien ne jurait désormais que par lui. Le Lituanien n'aimait pas ça. Les choses ressemblaient beaucoup trop au syndrome de Stockholm, et le responsable, c'était potentiellement cet inconnu qui avait su convaincre la jeune femme que le monde réel n'était pas le bon.

Elle lui agrippe l'avant-bras, tout en déblatérant tout et n'importe quoi à propos d'une "Elle", d'un "Tout". Mais lorsqu'elle veut l'entraîner dans ce monde qu'elle perçoit comme féérique, Ignas ne bouge pas d'un pouce. Sa main droite garde fermement celle de la Japonaise, l'empêchant d'avancer.

Non. On ne va nulle part.

D'un coup sec, le Lituanien tire la Japonaise vers lui, ses yeux cherchant ceux de la jeune femme. Son regard est grave, il détache bien chaque mot, son ton est des plus sérieux.

Avant qu'on fasse quoi que ce soit, tu va m'expliquer, clairement, ce qu'il s'est passé. Qui est la personne que tu as rencontré, qu'est-ce que le "Tout", qu'est-ce que "Elle"... Tout, je veux tout savoir. Mais ce monde dans lequel nous nous sommes retrouvé... je n'y retourne pas.

Le souvenir des dizaines de copies de lui, suspendus aux murs, le hantait toujours vivement. Et si... et si Hiyori était elle-même une copie, destinée à le piéger ? Tous les clones étaient parfait dans leur reproduction, comment pourrait-il deviner si c'était elle ou non ?

Le trou dans le dos... Hiyori, tourne moi le dos s'il te plaît.

Si elle était un clone, alors le tube qui suspendait chaque copie au mur devrait être présent, sous la forme d'un petit cercle, entre ses deux omoplates. Il devait s'en assurer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Messages : 165
Points de Complot : 492
Fiche : Par-là
Date d'inscription : 15/11/2016
Lieu : Tokyo
Occupation : No Life Pro

MessageSujet: Re: La déchéance du Tout... [Ignas]   Jeu 22 Fév - 19:33

Quand il me tire le bras assez fort pour me faire mal, je me fige et je lève un regard surpris vers lui. Comment ça on ne va nulle part ? Est-ce qu’il n’a rien comprit ? Je fronce les sourcils en entendant la suite. Depuis quand il me donne des ordres ? Pourquoi il est si froid ? Je ne comprends rien et je n’ai pas envie de perdre de temps à essayer de le faire. Il faut qu’on reparte… s’il ne veut pas venir j’irais toute seule, tant pis pour lui !

- J’ai vu Aloïs ! Aloïs c’est mon ami ! C’est dans son bar que j’ai été téléportée la toute première fois.

Quelques explications rapides pourront peut-être le pousser à me lâcher… il me fait mal au poignet et je ne pense pas avoir assez de force pour l’obliger à me laisser tranquille.

- J’ai confiance en lui, tu devrais faire pareil. Il sait presque tout, il savait pour moi, pour mon pouvoir, il savait pourquoi je suis comme ça. Il m’a montré les miens, mes moi… moi aussi j’en avais, y’en avait même encore plus que pour toi.


Je recule quand il me demande de me tourner.


- Même si j’étais pas moi j’aurais pas de trou. Je ne suis pas comme toi, on est un modèle plus avancé, mes moi ne pendaient pas sur les murs, ils flottaient dans des tubes ! Ignas c’était magnifique !

Je tire sur mon propre bras.

- Le Tout c’est le Rien… j’avais pas compris, j’étais ignorante, comme toi, mais je sais maintenant, ce n’est pas rien, au contraire, c’est tout ! Et ma place est avec Aloïs, il a besoin de moi, Elle a besoin de moi… La Machine… oh Ignas si t’avais vu ça ! Tellement grande ! Presque infinie !


J’opte pour une stratégie différente. Je me fais plus douce, plus sensuelle. Au lieu d’essayer de me libérer, je me serre contre lui en levant des yeux de chaton pour les planter dans son regard sévère. Après tout, il a couché avec moi non ? Et il m’aime bien, ça c’est évident… Alors pourquoi pas… Je lève ma main libre pour caresser tendrement sa joue et je souris doucement.


- Ignas, mon Ignas… s’il te plaît viens avec moi… où alors laisse-moi y aller, si tu n’as pas envie d’y retourner c’est pas grave. Personnellement je pense que tu fais une erreur, mais qui suis-je pour te dicter ta conduite ? Moi je sais que je dois y aller… je n’ai pas eu toutes les réponses que je désirais…

Oui, l’emploi du verbe « désirer » est voulu. Appuyé, même.

- J’ai même encore plus de questions qu’avant… tu dis que tu veux mon bien depuis qu’on se connait… c’est mon bien. Ça serait encore meilleur si tu voulais bien m’accompagner c’est tout… je t’aime bien moi…

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Messages : 145
Points de Complot : 216
Fiche : Swag d'Erasmus
Date d'inscription : 29/12/2017
Lieu : Boston, Massachusetts, USA
Occupation : Garde du corps

MessageSujet: Re: La déchéance du Tout... [Ignas]   Jeu 22 Fév - 19:59

Aloïs. Son ami. Son bar. Ces informations calment un peu Ignas, qui desserre sa prise sur le poignet d'Hiyori. Mais il ne la lâche pas. Pas encore. Il écoute attentivement chacune des paroles de la Japonaise, avant de tiquer :

Toi aussi tu as un pouvoir ?!

Mais cette interrogation passe largement au second plan quand le Lituanien entend la suite du récit. Elle aussi elle a vu des copies d'elle, plus nombreuses encore que lui. Ignas écarquille les yeux, secouent vivement la tête. Le souvenir de ce crochet inoccupé, la sensation désagréable que la place lui était réservée... il frissonna.

Tu as vu des copies de toi... et ça ne t'inquiètes pas ? Tu as rencontré un homme dans le Rien. Un homme que tu as déjà vu auparavant... mais qui sait tout de toi, limite omniscient, et ça ne t'inquiètes pas ?

En un sens, c'est un peu vexant d'entendre Hiyori dire que ses clones sont des modèles plus avancés, mais Ignas s'en contrefiche royalement, au fond. De ce qu'il entendait, cet Aloïs était un fin manipulateur, qui tirait parti des peurs de la jeune femme pour la... lobotomiser, en quelque sortes. La Machine, le Tout, le Rien, c'était des concepts trop abstraits...

Une machine a besoin de toi ? Vraiment, tu t'entends parler ? Hiyori... Sa voix était emplie d'une forme de tristesse. Est-ce que tu sais seulement ce qu'est le Tout, le Rien, peu importe ? Où il se trouve ? Quel but sert cette Machine ? Pourquoi un homme que tu as déjà rencontré auparavant se trouvait là ? Je veux te croire, sincèrement... Mais pour l'heure, c'est impossible. J'ai peur que tu ai été manipulée.

La Japonaise se presse un peu plus contre lui, son regard se fait plus doux. Sa main est telle une caresse. Dans un autre contexte, Ignas se serait bien montré réceptif. Mais là, à cet instant précis, ces petites attentions ne causent que sa colère. Brusquement, il se dégage, et dévisage Hiyori comme si c'était la première fois qu'il la voyait.

Vraiment ? C'est comme ça que tu penses pouvoir me convaincre ? Tu m'as pris pour Kevin, pour toi je ne vaux pas mieux que ça ?

Le rouge lui monte aux joues, il se passe vigoureusement les mains sur son visage. Il fait quelques pas à gauche, à droite, avant de finir par s'asseoir sur son lit.

Tu veux y retourner ? Tu veux t'en aller chercher des réponses auprès de chimères ? Vas-y, je ne te retiens pas. Je pense aussi que tu fais une erreur. Pire, je pense que tu files tout droit à ta perte. Le Tout, ce n'est pas la réalité, et en son sein se trouve des forces qui ne nous veulent pas du bien. Si malgré tout, ton but est de collaborer, sans te soucier de ce qu'il pourrait advenir des autres, y compris ton frère... alors vas-y. Passe la porte.

Un soupir s'échappe de ses lèvres, tandis qu'il se relève. Il fait face à Hiyori, le regard toujours aussi sévère, mais les yeux triste.

Moi aussi je t'aime bien, mais je ne peux pas te suivre. Je suis... quasiment certains qu'il y a des gens cachés derrière tout ça. Et ces gens, je pense qu'ils contrôlent la Machine, et je pense que leur but n'est pas noble. Je pense qu'ils sont dangereux, Hiyori. Je ne veux pas que tu te mettes en danger. Je m'inquiètes pour toi. Ton frère s'inquiète pour toi.

Peut-être que si lui aussi jouais sur la corde sensible, il avait une chance de ramener la Japonaise à la raison...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Messages : 165
Points de Complot : 492
Fiche : Par-là
Date d'inscription : 15/11/2016
Lieu : Tokyo
Occupation : No Life Pro

MessageSujet: Re: La déchéance du Tout... [Ignas]   Ven 23 Fév - 1:15

- Mais évidemment que ça ne m’inquiète pas, c’est Aloïs… je le connais déjà… et puis il est lié à la Machine beaucoup mieux que moi, alors c’est normal qu’il sache des choses que je ne sais pas. J’ai tout oublié mais je vais réapprendre, c’est pour ça qu’il faut que j’y retourne… sinon je ne me souviendrais jamais !

C’est quand même pas facile d’essayer d’expliquer quelque chose à quelqu’un qui ne comprend strictement rien et qui n’a même pas envie de comprendre. Alors oui, je pourrais me dire que je ne suis pas facile à suivre et que j’ai le discours d’une cinglée de bas-étages… mais je n’y pense pas. C’est très clair pour moi, ça devrait l’être pour lui.

- Et puis arrête avec tes questions ! Si on veut des réponses il faut y retourner justement, c’est ce que je me tue à te dire ! Le Tout c’est le Rien, c’est Elle… je sais pas exactement, mais c’est chez-moi, c’est là que je dois être !


Quand il me lâche enfin, je cligne des yeux plusieurs fois. J’ai qu’une envie : me jeter dans l’ouverture de la porte entre sa chambre et son salon pour retourner dans le Tout, mais je me fais violence. Il est gentil Ignas, il mérite que je fasse l’effort surhumain de retarder mon retour pour lui. Et puis ça serait mieux s’il venait avec moi… je pourrais lui présenter Aloïs. Je suis certaine qu’ils s’entendraient très bien. Aloïs peut s’entendre avec n’importe qui : il est toujours heureux… c’était pas comme ça les autres fois, mais il avait l’air vraiment heureux là.

- Si tu valais pas mieux que Kevin je n’aurais même pas essayé de te convaincre. Je sais que c’est mieux pour toi de rentrer avec moi… ta place aussi elle est là-bas. Mais tu ne pourras pas te souvenir si tu as peur comme ça.

La suite de son discours m’énerve. Je repasse en mode « froncements de sourcils ». Collaborer, vraiment ? Il ne veut pas entendre mon point de vue alors que c’est MOI qui suis restée là-bas tout ce temps. C’est MOI qui devrait avoir peur de cet endroit comme de la peste… le simple fait que je veuille à ce point y retourner devrait suffire à prouver que j’ai raison, qu’Aloïs a raison. Ah je peux faire ce que je veux ? Très bien. Je me détourne en faisant mine de ne plus l’écouter… mais je me fige quand il parle de mon frère.

Le visage d’Hisao s’impose à moi, avec son sourire, ses yeux rieurs, son casque sur les oreilles et sa paille qu’il mâchonne toujours pendant des heures même quand il a fini son verre depuis belle lurette… Mon frère jumeau… la personne la plus importante de ma vie. Je secoue la tête.


- Hisao aussi a une place là-bas, j’en suis certaine. Et c’est aussi pour lui que je veux des réponses, quand je serais en mesure de tout lui expliquer correctement, avec toutes les données, il n’aura plus de raisons de s’inquiéter.


Je soupire et lui adresse un dernier regard.


- Tant pis pour toi… au-revoir Ignas…


Et je passe la porte en fermant les yeux.



Quand je les ouvre, pleine d’espoirs et de joie enfantine… rien. La cuisine d’Ignas avec une assiette pleine de miettes sur la table basse du salon juste à côté. Je fronce les sourcils et je repasse la porte… rien… encore une fois… rien… encore… rien… encore… encore… encore… encore…


- Merde... merde merde merde merde merde merde MERDE !!!!! PUTAIN !


Je continue comme ça un moment, devenant de plus en plus hystérique.

Finalement, j’achève les doigts de ma main droite en donnant un grand coup de poing dans la porte qui ne m’a pourtant rien fait, et je me remets à pleurer en m’écroulant par terre. Je ne retourne pas dans le Tout. Je ne sais pas comment faire… j’ai l’impression qu’un immense précipice s’ouvre en dessous de moi et que je tombe, encore et encore, sans pouvoir m’arrêter alors qu’il y a une corde qui pend juste à côté de moi. Je ne peux pas l’atteindre alors qu’elle est à portée de main… là c’est pareil… je sais que le Tout est là… mais je ne peux pas y entrer.

J’ai envie de fermer les yeux et de dormir jusqu’à ce qu’ils puissent s’ouvrir sur les couloirs du Tout… Et avant ? Rien. Rien d’autre…

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Messages : 145
Points de Complot : 216
Fiche : Swag d'Erasmus
Date d'inscription : 29/12/2017
Lieu : Boston, Massachusetts, USA
Occupation : Garde du corps

MessageSujet: Re: La déchéance du Tout... [Ignas]   Ven 23 Fév - 1:42

Et le fait que cet Aloïs ait la possibilité de se déplacer sans restriction dans ce qui ressemble quand même beaucoup à une réalité alternative... non ? Ça t'inquiètes pas ?

Qu'est-ce qu'elle pourrait bien avoir oublié ? Après dix mois dans le Rien, sa mémoire physique et ses souvenirs semblaient plus ou moins intacts, bien que certains soient flous. Alors si elle doit réapprendre des choses, ce sont peut-être des informations qu'elle a perdu. Dis comme ça, c'est tentant. Et si elle détenait des informations sur les gens qui contrôlent le fil de leurs destin ?

Non, c'est une hypothèse trop incertaine. A l'heure actuelle, Hiyori adopte le discours d'une véritable illuminée. On dirait qu'elle vient de se convertir à une secte. Lorsqu'elle dit que le Tout, c'est chez elle, Ignas se lève d'un bond.

Non, ce n'est pas chez toi ! Ce n'est pas là qu'est ta place ! Ta place, elle est au Japon, avec ton frère qui s'inquiète pour toi !

Il doit lui faire comprendre que le Tout, le Rien, cette "Machine", ce n'est pas ce que qu'il y a de bon pour elle. Mais au fond... qu'est-ce qu'il en sait ? Comment peut-il affirmer avec certitude que la Japonaise n'est pas liée à cette conspiration ? Que sa place n'est pas auprès du mystérieux Aloïs, ou de la redoutable Machine ? Le Lituanien retombe sur le lit, secoue à nouveau la tête.

Non, ma place n'est pas là-bas. Ce qu'il se trame dans cet endroit, ça me terrifie. Il y a des clones de nous, des copies plus vraie que nature, et on n'a aucune idée de pourquoi elles existent. C'est de ça qu'on doit se souvenir ? On doit se rendre compte qu'au fond, on est que des clones, des pantins ? On est déjà des marionnettes, des inconnus contrôlent les fils, et ton cher Aloïs est peut-être leur allié. Si c'est le cas... alors ça fait de lui quelqu'un de dangereux.

La perspective d'être lui-même un clone le terrorise. Et si ce crochet vide qu'il avait vu dans ce couloir... et si il l'avait déjà occupé dans le passé ? Si tout ses souvenirs, tout ce qu'il pensait être réel, si tout ceci n'était qu'un mensonge ? S'il n'était qu'une machine ? Non, il ne pouvait pas être une machine, il avait saigné suffisamment souvent pour être certain qu'il était organique. Mais ces copies dans le couloir... elle n'avait rien de robotique non plus, si ? Sur l'instant, Ignas n'avait évidemment pas pensé à vérifier.

Son dernier argument ne fait pas mouche. Est-ce la fin ? Est-ce qu'Hiyori est au-delà de toute possibilité d'aide ? Au fond de lui, Ignas se sens soudainement très mal. Comme des années auparavant, lorsque ses missions n'étaient pas un succès absolu, qu'un otage n'était pas sauvé, qu'une victime succombait à ses blessures. Il n'avait pas réussi à sauver Hiyori. Il le savait, ça allait le ronger de l'intérieur, pendant des semaines. Mais à l'heure actuelle, il avait épuisé toutes ses solutions, et il ne pourrait pas la retenir de force chez lui. Alors il la regarda lui tourner le dos pour retourner dans le Tout.

Sauf que non.

Rien ne se produisit. Elle passa la porte, une fois, deux fois, trois fois, sans résultat. Pourtant elle s'obstinait. Ignas ne put réprimer un large sourire, mais il parvint à se retenir d'éclater de rire. Au fond, pourquoi était-il surpris ? La téléportation n'avait jamais marché sur commande, il n'y avait pas de raisons que la jeune femme échappe à cette règle. Elle se lamentait à nouveau. Alors, avec toute l'impertinence dont il était capable, le Lituanien se leva, et demanda innocemment :

Alors ? Ton ami Aloïs ne te ramène pas chez toi ? Cette fameuse et fabuleuse Machine t'aurait-elle trahie ?

N'empêche, malgré tout, ça le rassurait énormément de voir qu'Hiyori était toujours là. Il y avait toujours une lueur d'espoir. Un moyen de la ramener à la raison. Il pourrait se servir de ce "raté" pour lui faire comprendre que sa place n'était pas auprès des cinglés qui manipulaient les lois de la physique. Mais pour l'heure... il fallait vraiment faire quelque chose pour les mains de la Japonaise. Et pour ses murs. Alors Ignas passa à la salle de bain, récupéra une serviette qu'il humidifia à l'eau tiède, et revint auprès d'Hiyori. Avec précaution, il commença à nettoyer les plaies. Il serait bien incapable de dire si la jeune femme s'était brisée une ou deux phalanges, mais si c'était le cas, ils s'en rendraient compte bien assez tôt.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Messages : 165
Points de Complot : 492
Fiche : Par-là
Date d'inscription : 15/11/2016
Lieu : Tokyo
Occupation : No Life Pro

MessageSujet: Re: La déchéance du Tout... [Ignas]   Sam 24 Fév - 0:08

Sa remarque est tout aussi blessante que vexante. En temps normal, je lui aurais adressé un regard glacial avant de récupérer mes affaires et de sortir de son appartement en claquant la porte derrière moi. Je passe pour sa copine non ? Parfait… ça aurait fait une scène de rupture tout à fait acceptable… Sauf qu’en l’occurrence, on est pas « en temps normal ». Je me sens comme un chiot qui regarde son maître partir au travail le matin et qui est persuadé qu’il ne le reverra jamais… Abandonnée, triste, indésirable…

Les réponses que j’ai eues ne me suffisent pas, les questions qu’elles ont soulevées restent sans réponses… et puis je m’y suis sentie tellement chez moi… là-bas j’étais utile. Je ne savais pas à quoi j’étais supposée servir, mais j’avais un rôle à jouer, quelque chose à faire… ici… ici je suis juste moi, cette fille que je déteste et qui déteste vivre, qui trouve tout trop difficile à affronter et qui ne se force que pour ne pas voir de larmes sur le visage de son frère… cette fille-là n’a aucun intérêt. Celle que j’ai commencé à entrevoir dans le Tout était désirée, elle avait une place spéciale. Pas « particulière », mais spéciale quand même.

On pourrait penser que je regarde passivement les mains d’Ignas qui s’activent sur les miennes… mais je le regarde sans le voir, je frémis quand il nettoie mes articulations douloureuses. Mais rien de plus, ça pique oui… mais quelle importance ? Dans un coin de ma tête, quelque part, la raison sait que si je n’ai pas bondit en arrière pour m’agripper aux rideaux en crachant comme un chat en furie quand il m’a touchée les mains, ça veut dire que je n’ai rien de cassé… Mais en réalité… je ne me pose même pas la question.

Quand je finis par revenir à moi, toujours aussi dégoutée mais à nouveau consciente de ce qui m’entoure, je pousse un soupir bourré de lassitude. Je laisse Ignas faire encore un moment, peut-être pour me faire pardonner de lui avoir parlé comme ça, puis je retire doucement mes mains.


- J’ai rien… juste à faire couler un peu d’eau dessus et ça sera comme rien ne s’était passé… exactement comme pour Aloïs, la Machine, le Tout…

Encore un soupir à fendre l’âme et je me redresse mollement avant de lui tourner le dos en marchant d’un pas lent, et aussi jovial qu’un hérisson écrasé sur le bord de la route, en direction de la salle de bain.

- J’vais prendre une douche…

On sent la joie de vivre dans ma voix et dans mon ton, le même genre de joie de vivre qu’aurait un pré-adolescent qui trouve ses deux parents pendus dans le garage en rentrant de l’école avec une lettre qui accuse le chien.

Je me traine dans la cabine de douche après avoir bazardé mes vêtements dans un coin, je reste sous l’eau un moment en regardant les tuyaux comme s’ils étaient les trucs les plus sublimes du monde, je me lave avec un enthousiasme en négatif, et je sors. Je m’enroule vaguement dans une serviette et je dégouline jusqu’à l’armoire dans laquelle j’ai rangé mes affaires quelques heures plus tôt. La veille peut-être… m’en fous.

J’attrape mon bas de pyjama en polaire et un débardeur appartenant à Ignas, j’enfile le tout en laissant une flaque d’eau à l’endroit qui a été survolé par mes cheveux le plus longtemps, je glisse dessus, je l’essuie avec ma serviette, j’enfile le pyjama, j’enroule la serviette autour de mes cheveux et je me laisse tomber sur le lit avant de remonter la couette jusqu’au-dessus de ma tête.


- Bonne nuit…

Dormir pour oublier, de toute façon je suis littéralement épuisée. Je crois. Ou alors j’ai eu top d’émotions… je m’en fous. Quand on dort on ne pense pas, on ne souffre pas…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Messages : 145
Points de Complot : 216
Fiche : Swag d'Erasmus
Date d'inscription : 29/12/2017
Lieu : Boston, Massachusetts, USA
Occupation : Garde du corps

MessageSujet: Re: La déchéance du Tout... [Ignas]   Sam 24 Fév - 0:37

Le silence s'installe. C'est aussi bien, Ignas n'a pas envie de se disputer davantage. Il n'a pas envie d'entendre Hiyori vanter les mérites du Tout, d'Aloïs ou de la Machine. Tout cela, il en reste persuadé, n'est pas la bonne route à suivre. Mais en l'état, il n'a aucun moyen de prouver que son point de vue est le bon. Alors, avec prudence et douceur, il se contente de nettoyer les plaies sur les phalanges de la Japonaise. Au bout d'un moment, elle se dégage, doucement, sans éclat de voix. Elle annonce qu'elle va prendre une douche. Elle semble... brisée. Et ça l'attriste.

Assis par terre, le Lituanien se laisse tomber sur le dos, et contemple le plafond, alors que l'eau commence à couler. Son bonheur de revoir Hiyori saine et sauve avait laissé place à de nouvelles inquiétudes. Elle ne lui avait pas demandé de rester dans la même pièce, ça pouvait vouloir dire qu'elle allait mieux ? Il ne parvenait pas à y croire. De son point de vue, la jeune femme était dans un état plus alarmant que la première fois qu'elle était apparue chez lui.

Les seuls mots qu'elle lui adresse en sortant sont "Bonne nuit". Il est à peine 19h. Ignas se contente de lui souhaiter bonne nuit à son tour, avant de quitter la pièce. Quelqu'un sonne à la porte, il se crispe. C'était vraiment pas le moment que Kennedy, Kevin et John débarquent. Las, il traîne des pieds jusqu'à l'entrée. Lorsqu'il voit sa voisine, madame Mitchell, il pousse presque un soupir de soulagement.

Tout va bien ? J'ai entendu des cris, du bruit... ce n'est pas dans vos habitudes...

Ne vous inquiétez pas, ce n'est rien. Une dispute, rien de plus. Des choses qui arrivent.

Oh, je vois. Tout ira bien ?

Je... Hésita Ignas. Je n'en sais rien.

La voisine comprend qu'il n'est pas trop enclin à s'ouvrir à elle. Elle lui souhaite une bonne soirée, et part sans demander son reste. De son côté, Ignas se traîne dans l'autre sens, direction le canapé. Il se laisse lourdement tomber. C'est dans ce genre de moment qu'il pense à boire, mais il sent qu'il aura besoin de toute sa lucidité dans les heures à venir. D'ailleurs, sa lucidité le fait attraper son ordinateur. La session s'ouvre sur la dernière page visitée : sa boîte mail. Sans hésiter, il tape quelques lignes pour Hisao.


"Kurosaki-san,

Votre sœur est chez moi. Elle n'est pas blessée. Mais mentalement, elle va très mal, et je ne sais pas encore comment je peux l'aider. La situation est très complexe, et votre aide serait plus que la bienvenue.

Ignas Astrauskas



Exprimer son impuissance demande beaucoup d'effort à l'ancien soldat. Il déteste l'admettre, mais il n'a aucune idée de quoi faire. Si Hiyori venait à persister dans son obsession pour le Tout... il n'avait pas les arguments pour la retenir. Il passa le reste de la soirée à réfléchir, deviser un plan... Il ne dort que très peu. En fait, il finit simplement par s'endormir sur son canapé. Lorsqu'il se réveille, le soleil est déjà levé. Encore dans le vague, le Lituanien se prépare un petit déjeuner rapide. Puis il concocte un plateau repas pour son invitée. Le contenu solide est assez frugal, pas la peine de surcharger tout ça, sachant que son estomac n'est pas extensible. Par contre, le garde du corps verse une grande tasse de café. Puis, il ouvre doucement la porte de la chambre, en supposant que la Japonaise soit encore assoupie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Messages : 165
Points de Complot : 492
Fiche : Par-là
Date d'inscription : 15/11/2016
Lieu : Tokyo
Occupation : No Life Pro

MessageSujet: Re: La déchéance du Tout... [Ignas]   Sam 24 Fév - 13:19

Sauf que non.

En fait j’ai eu beaucoup de chance… je me suis réveillée pile quand il dormait dans le canapé. Je l’ai même regardé dormir un moment en me demandant quoi faire. D’un côté, c’est Ignas… je l’aime bien, il s’est mis en quatre pour s’occuper de moi quand je suis apparue chez-lui sans prévenir. Il a tout fait pour m’aider, pour que je me sente mieux, il m’a donné à manger, il m’a fait du café… c’est un type bien, ça j’en suis persuadée…

Mais à côté de ça, il refuse d’essayer de comprendre ce qui se passe maintenant. Je veux bien admettre que je ne suis peut-être pas très claire dans mes explications, mais il était là ! Il a vu une partie de ce que j’ai vu… d’accord il n’a pas pu rencontrer Aloïs, mais il a vu déjà beaucoup de choses, il aurait dû comprendre ce que je lui ai expliqué… et au lieu de ça il est devenu glacial. Rien d’autre à dire que « tu fais une erreur », ou des trucs du genre destinés à me faire changer d’avis sans essayer de comprendre mon point de vue. Est-ce qu’il va m’empêcher d’essayer d’y retourner ? Probable…

A ce moment de ma réflexion, j’ai poussé un soupir et je suis retournée dans sa chambre. Je me suis habillée rapidement, j’ai fourré les affaires que j’avais achetées dans le sac de sport qui était livré avec, et j’ai écrit un mot sur un bout de papier qui trainait sur la table de nuit.

« Il faut que je sorte d’ici, que je respire… que je rentre chez-moi.
Merci pour tout ce que tu as fait, t’es vraiment quelqu’un de bien.

Hiyori. »

Je laisse aussi mon e-mail pour qu’il puisse me contacter quand je serais rentrée et pour lui faire comprendre que je ne suis pas en train de le fuir. Enfin, peut-être un peu… mais pas tant que ça, faut que je réfléchisse. Je dois trouver un moyen pour retourner dans le Tout, et je ne pourrais très certainement pas le faire ici, pas avec Ignas qui n’a qu’une envie : m’empêcher d’y aller. Je sais qu’il veut me protéger, mais il ne comprend pas que je ne risque rien… en fait je ne risque jamais rien. Même si je me jetais du haut de son immeuble je ne risquerais rien… enfin si, la mort, mais c’est un état qui ne dure pas longtemps chez-moi alors bon… on s’en fiche, non ?

Je fixe un moment le bout de papier en pensant à ça. C’est vrai… je ne peux pas mourir… la seule chose qui pourrait enfin me libérer de ce monde, de ce reflet que me montre le miroir… je ne me supporte pas. Hisao me supporte très bien et je l’adore, c’est pour ça que je suis encore là. C’est pour lui… tout est toujours pour lui, parce qu’il le mérite, parce qu’il a le droit d’être heureux… et que je suis assez lucide pour savoir qu’il ne le serait pas si je le laissais tomber. Je dois rentrer, le voir, le serrer dans mes bras, le laisser m’engueuler pour l’inquiétude que j’ai causée, pleurer de joie parce qu’il m’a retrouvée… je dois parler de tout ça avec lui. Lui il comprendra, il voudra savoir autant que moi…

On pourra aller ensembles dans le Tout. Hisao trouvera le moyen d’y aller… il est tellement intelligent ! Oui. Nii-chan va trouver une solution.

J’ai dû passer un bon moment réfléchir, parce que je suis en train de poser le papier sur le lit, mon sac en bandoulière, quand Ignas pénètre dans la chambre avec ce qui semble être un petit déjeuné entre les mains. Je reste là, figée, sans rien trouver à dire…

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Messages : 145
Points de Complot : 216
Fiche : Swag d'Erasmus
Date d'inscription : 29/12/2017
Lieu : Boston, Massachusetts, USA
Occupation : Garde du corps

MessageSujet: Re: La déchéance du Tout... [Ignas]   Sam 24 Fév - 22:02

Lorsqu'il voit Hiyori, debout devant son lit, dans une situation qui laisse penser qu'elle est prête à partir, Ignas se fige, bouche mi-ouverte. Il manque de faire tomber le plateau qu'il tient entre les mains, et quelques gouttes de café viennent s'écraser sur le sol. Depuis combien de temps est-elle levée ? Pourquoi voulait-elle partir ainsi, presque comme une voleuse ? Pas le temps de réfléchir, le Lituanien tourne les talons, pose en vitesse le plateau sur sa table basse, et revient se poster dans l'encadrement de la porte.

Hiyori... est-ce qu'on peut au moins en reparler ?

Avec prudence, il vient prendre le bout de papier dans les mains de la Japonaise. Il le lit rapidement, avant de le jeter derrière lui. Puis, il s'assoit sur les draps défaits, et plante son regard dans celui de la jeune femme. Si par "chez moi", elle entend Tokyo, alors il n'a aucune raison de la retenir. Quand bien même, égoïstement, il voudrait la voir rester.

Après mon retour du Rien, j'ai échangé quelques mails avec ton frère. Il sait que tu es ici, en sécurité.

Il ne sait pas vraiment quoi dire. Si, en fait il sait, même si au fond ce n'est pas une question très importante.

Tu rentres au Japon ? Tu as trouvé un vol ?

Tant qu'à faire, si elle devait filer à l'aéroport, il pouvait faire un dernier effort et l'y conduire. Ce serait d'ailleurs autant pour elle que pour lui, puisque ça lui permettrait de prolonger encore, pour quelques minutes, le temps passé avec elle. Il ne devrait pas s'inquiéter de ne jamais la revoir. Après tout, s'ils étaient liés par ces phénomènes paranormaux, ils feraient mieux de rester en contact. D'ailleurs, Hiyori lui avait bien laissé son adresse mail, preuve qu'elle ne souhaitait pas le fuir.

Néanmoins, l'ancien soldat ne pouvait pas se contenter de ça. Sa dernière conversation avec la jeune femme avait été une grosse dispute, qu'il avait clôt de manière idiote. Il ne voulait pas la laisser sur cette mauvaise fin.

Désolé pour ce que j'ai dis hier soir... c'était mesquin de ma part. Il marque une pause, cherche ses mots. C'est juste que... je ne sais pas si le Tout est vraiment la solution. Je voudrais pouvoir te croire, croire à tout ça... mais ce que j'ai vu là-bas, les copies de moi, le vide, la grande pièce blanche, ça ne m'a semblé ni amical, ni digne de confiance... Alors je te le redemande, s'il te plaît, explique moi concrètement ce que tu as vu après ma disparition. Que t'as dit cet Aloïs ? A quoi ressemble la Machine ?

C'était autant de détails majeurs dans la recherche d'informations sur les responsables de ce complot. Ignas avait vu leur base, ou au moins un bâtiment qu'ils contrôlaient clairement. C'était un pas en avant. Un pas de géant, peut-être pas, il avait toujours besoin de temps pour tout assimiler, tout analyser, et il aurait eu besoin de rester plus longtemps... Mais c'était une progression. Peut-être qu'il devrait alerter Mona ou Erynn à propos de ça ?

En attendant, l'atmosphère était lourde. L'ambiance des au revoir n'avait jamais été sa tasse de thé. Il n'avait rencontré Hiyori que quelque jours auparavant, mais il était désormais lié à elle. Il se sentait en quelque sorte responsable de son état actuel. Il n'avait pas su la protéger, pas été capable de rester auprès d'elle. Mais il n'y pouvait rien, au fond, il ne pouvait pas lutter face à la téléportation. Par contre, il pouvait lutter contre le poids invisible qui pesait dans la pièce. Il tenta une blague, accompagnée d'un sourire timide :

En tout cas... si jamais tu cherches à revivre les sensations du siège, je ferais sans doute jamais aussi bien, mais je peux toujours essayer de m'en approcher.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Messages : 165
Points de Complot : 492
Fiche : Par-là
Date d'inscription : 15/11/2016
Lieu : Tokyo
Occupation : No Life Pro

MessageSujet: Re: La déchéance du Tout... [Ignas]   Dim 25 Fév - 17:28

- Non, je n’ai pas encore trouvé de vol… comme tu dormais je pensais demander mon chemin pour aller à l’aéroport et m’en occuper sur place. Et oui, pour rentrer à Tokyo. Si je ne peux pas retourner dans le Tout, le seul autre endroit de ma connaissance que je puisse appeler « chez-moi », c’est là où se trouve Hisao. C’est lui, chez-moi.

Je ne précise pas que je pense que mon frère pourrait potentiellement trouver un moyen de me renvoyer dans le Tout… vu la façon dont il s’est braqué hier soir, j’ai peur qu’il m’empêche de m’en aller. Où qu’on s’engueule encore… et j’ai pas envie. C’est pas parce que je veux partir que je ne l’apprécie pas, Ignas a vraiment fait beaucoup pour moi, plus que la plupart des gens… personnellement je n’aurais probablement pas fait tout ça pour un parfait inconnu apparaissant chez-moi avec de sérieux troubles du comportement. J’aurais eu la flemme…

- Même si je t’explique clairement ce que j’ai vu ou entendu dans le Tout, tu resterais campé sur tes positions Ignas, admets-le… Ce que tu as vu là-bas t’a fait peur, je peux comprendre, mais cette peur est ce qui t’empêche de voir tout ça avec les mêmes yeux que moi. Aloïs a dit quelque chose qui pourrait expliquer ça. Il a dit qu’on était tous cassés… et que me montrer des trucs que j’avais oublié semblait fonctionner, que j’étais partiellement réparée pour ainsi dire. Toi non. Je pense qu’on est nombreux à venir du Tout… peut-être même tout le monde pour ce que j’en sais…

Je souris légèrement.

- Quand à la Machine, je n’en ai pas vu beaucoup plus que toi… on était dedans, les couloirs, les salles… tout… Le Tout, ça fait partie de la Machine. Mais il y a plus, beaucoup plus… Et je pense que tes pouvoirs bizarres sont probablement liés à tout ça. Le mien l’est en tout cas.


Je passe devant lui pour me diriger vers le salon. Maintenant que je n’ai plus peur de le réveiller, je peux squatter son ordinateur pour consulter les horaires et les tarifs des avions en partance pour Tokyo. J’en profite pour jeter un œil sur ma boîte mail en passant, Hisao m’a probablement envoyé quelque chose. Surtout si Ignas lui a dit que j’étais chez-lui.

Je ne comprends pas que c’est une blague quand Ignas me parle du fauteuil, et je rougis furieusement, prenant ça pour une proposition sérieuse.


- Euh… je… c’est… euh… Oh ! Mon frère m’a envoyé un e-mail… attends il faut que je le lise… hum…

Bravo Hiyori, très naturel comme changement de sujet… il n’y a vu que du feu c’est sûr !

- Alors… il me demande de te remercier déjà. Euh… ben, merci de la part de mon frère du coup… il dit que je peux utiliser son compte à volonté et qu’en échange il tape tranquillement dans le miens… ouais bon, normal… ah… il a trouvé ton adresse en passant par ton IP, il me fait livrer quelque chose visiblement. Ça devait pas tarder à arriver.

Je lis la suite en silence en grimaçant légèrement.

- Il a prévenu le reste de ma famille, ma sœur veut m’enfoncer la tête dans une rizière… super… Et mon autre frère me fait savoir que si je ne rentre pas rapidement, il va s’enfiler tout le café spécial de mes parents. C’est pas très fair-play ça… ce café est un miracle…

Le reste n’a pas beaucoup d’intérêt, il me demande de ne pas faire n’importe quoi et d’attendre d’être à la maison pour prendre quelque décision que ce soit. Je lis ces lignes avec un petit sourire crispé… en gros il me demande de ne pas me suicider. Même si je le voulais, je ne pourrais pas de toute façon. Il faudra que je lui parle de ça aussi, ça le rassurera forcément.

Je réponds rapidement à Nii-chan, et je me lance dans la recherche des horaires et des tarifs pour les avions…

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Messages : 145
Points de Complot : 216
Fiche : Swag d'Erasmus
Date d'inscription : 29/12/2017
Lieu : Boston, Massachusetts, USA
Occupation : Garde du corps

MessageSujet: Re: La déchéance du Tout... [Ignas]   Lun 26 Fév - 0:19

Est-ce que la peur l'empêchait d'accepter le fait que le Tout ne soit pas si négatif ? Lorsque Hiyori émit cette hypothèse, Ignas réfléchit sérieusement un instant. Bien sûr qu'il avait peur. Pas de la téléportation en elle-même, mais il craignait cette Machine. Ces couloirs vides, cette salle à l'apparence inoffensive, et bien sûr, ces dizaines de copies de lui. Comment ne pas avoir peur de ça ? Il s'était vu à l'agonie, en plusieurs exemplaires, et il restait de la place pour lui.

Bien sûr que j'ai peur... Admit-il à voix haute. Ces copies de moi... je ne comprends pas le but derrière leur création, ni leur utilité. Surtout en autant d'exemplaires... et ça m'effraie.

D'ailleurs, comment la Japonaise ne pouvait-elle pas être effrayée par ça ? Ces histoires de répliques, c'était vraiment la partie qui le faisait le plus cogiter. Le reste, au fond... ça n'avait pas été dangereux. Mais la suite le fit réfléchir d'autant plus. Bon, il écarta rapidement la théorie comme quoi tout le monde venait du Tout. Les phénomènes paranormaux s'amusaient avec les lois de la physique, pas celles de la biologie. Jusqu'à preuve du contraire, ils étaient tous du sperme, à la base. Mais... et si ceux qui était touchés par la téléportation, possédaient des pouvoirs ou autre... et si ils étaient liés à la Machine ? C'était vraiment psychoter sur des faits impossible à vérifier... mais c'était à méditer.

C'est quoi ton pouvoir ? L'explication se tient... Je ne suis pas sûr pour la téléportation où bien nos origines, je ne pensent pas que ce soit lié à la Machine à 100%. Mais les pouvoirs, je ne sais pas pourquoi, ça me semble plus plausible. Il poursuit un instant, marmonnant ses pensées à voix haute. Quoi que... peut-être que la Machine est une sorte de super-ordinateur qui est à l'origine de la totalités des phénomènes paranormaux, y compris les pouvoirs... Mais si c'est le cas, alors il faut forcément une ou plusieurs personne pour manœuvrer la Machine, à moins encore qu'il s'agisse d'une intelligence artificielle autonome... Cet Aloïs a peut-être des réponses...

Aloïs ! Il était dans la Machine, Hiyori l'a vu, mais elle le connaissait déjà. C'était sa première téléportation, dans le bar de ce type ! Ignas devait rencontrer cet homme, lui pourrait peut-être le renseigner.

Ton ami Aloïs, tu sais où il habite ? Approximativement au moins, genre un pays ou une ville ? Après tout, si tu l'as vu dans le Rien, il a peut-être des explications qui pourraient me faire ouvrir les yeux, me guider ?

C'était très clairement la piste principale à explorer. Le Lituanien n'était toujours pas confiant quant à la bienveillance de cet inconnu, des doutes renforcés par ses liens assez obscurs avec la Machine... mais ça valait le coup d'essayer. Il ne pouvait pas nécessairement se permettre un voyage dans l'immédiat, mais le temps de tout organiser et de récolter peut-être d'autres informations, il aurait le temps de voir venir.

Hiyori serait peut-être d'accord pour l'accompagner ? Après tout, elle aussi cherchait des réponses, non ? Bon, pour l'heure, elle retournait chez elle, au Japon, c'était le mieux pour elle. Après plus de dix mois loin de son frère, et du reste de sa famille, il était plus que temps de rattraper en partie le temps perdu. Bien sûr, l'ancien soldat était un peu triste qu'elle s'en aille si vite après être revenue, mais il n'avait pas vraiment le choix. Et puis, ce n'était sans doute qu'un au revoir.

Sa blague déclencha une grande gêne pour la Japonaise, ce qui eut pour effet de le faire rire. Elle esquiva vaguement le sujet, à la faveur d'un mail de son frangin. Désormais appuyée sur le montant de la porte, Ignas observa son invitée lire les quelques lignes d'Hisao. Un jeune homme réellement impressionnant, pour être capable de tracer une adresse IP jusqu'à une adresse précise.

Tu as une idée de ce qu'il peut t'envoyer ? Un fauteuil magique, peut-être ?

Le regard d'Ignas était malicieux. Lui-même, ça le détendait de faire ce genre de petite boutade. C'était aussi un moyen de ne pas laisser l'ambiance pesante des adieux s'installer. Malgré tout, le silence prit place dans la pièce quelques minutes. Jusqu'à ce qu'on sonne à la porte. Décidément, les livreurs étaient en très grande forme ces temps-ci.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Messages : 165
Points de Complot : 492
Fiche : Par-là
Date d'inscription : 15/11/2016
Lieu : Tokyo
Occupation : No Life Pro

MessageSujet: Re: La déchéance du Tout... [Ignas]   Mer 14 Mar - 11:50

Je bondis pratiquement du canapé en entendant la sonnette. Je n’ai pas la moindre idée de ce que l’esprit étrange de mon frère a pu imaginer qu’il soit essentiel que je reçoive en Amérique alors qu’il sait que je compte rentrer à la maison sous peu… mais j’ai hâte de savoir. Ça vient de lui… c’est forcément une bonne idée.

J’ouvre la porte, signe le truc avec l’espèce de stylo électronique en remerciant le vendeur d’un signe de tête pressé, je prends le colis et je m’apprête à fermer la porte quand une main se pose dessus en me faisant sursauter. Je lève les yeux…


- « Même pas elle nous capte, c’est chaud quand même à ce stade ma jolie… »

Super, les potes d’Ignas. Tous les trois, au grand complet. Je leur souris en m’écartant pour les laisser entrer.

- Désolée, je pensais à autre chose…

Mais qu’est ce qu’ils foutent là encore… Ignas n’a pas le droit d’avoir une vie privée ? C’est dingue ça quand même… bon, ceci dit pour une fois ça m’arrange clairement. On va éviter les conversations gênantes comme ça. Pas besoin de parler du Tout, pas besoin de se disputer à propos de mon désir d’y retourner où de ses arguments tous dictés par la peur… parfait.

- Ignas ? Tes amis sont là !

Heureusement que je me suis habillée, ça aurait pu être plutôt embarrassant sinon… surtout vu les fringues que je portais quand j’ai débarqué du Tout. Ils avisent mon sac, abandonné à côté de la table basse.


- « Tu t’en vas ? On pensait que t’allais rester plus longtemps… »

- Ah… euh… Oui, mon patron a besoin que je fasse une apparition publique pour je ne sais plus quelle raison idiote… mais c’est vraiment bien payé alors…

Je leur propose du café en me contentant de leur montrer la cafetière et les tasses qui sont posées sur l’égouttoir, puis je retourne me vautrer sur le canapé avec un couteau pour ouvrir mon colis.

Eh ben… mon frère s’est pas foutu de moi en tout cas… le téléphone qu’il m’a envoyé est de dernière génération, il a déjà installé dessus les applications que je préférais, les numéros qui sont dans mon ancien téléphone… tout. Je me demande un moment pourquoi il ne m’a pas juste envoyé l’ancien, mais il a dû le récupérer et le fouiller dans tous les sens quand ils me cherchaient tous partout… peut-être même qu’il l’a balancé contre un mur pour se passer les nerfs. Ce genre de truc lui prend parfois.

Je lui envoie tout de suite un mail via le téléphone pour lui prouver que je l’ai bien reçu et pour le remercier. Dans le colis, il a aussi glissé des écouteurs… j’en déduis qu’il m’a même mis de la musique sur le téléphone. Je souris, puis je jette le carton et enfouit les écouteurs dans mon sac avant de rejoindre Ignas et ses amis autour de la cafetière. Je donne mon téléphone à Ignas.


- Tiens, j’ai un nouveau téléphone, tu peux y mettre ton numéro.

Et puis je me sers un café.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Messages : 145
Points de Complot : 216
Fiche : Swag d'Erasmus
Date d'inscription : 29/12/2017
Lieu : Boston, Massachusetts, USA
Occupation : Garde du corps

MessageSujet: Re: La déchéance du Tout... [Ignas]   Jeu 15 Mar - 14:04

Alors que Hiyori récupère son colis, une voix trop familière parvient jusqu'aux oreilles d'Ignas. Kevin. Et évidemment, les deux autres zigotos sont avec lui. Jusqu'ici toujours appuyé contre le montant de la porte, Ignas disparaît une seconde dans sa chambre, et manque d'enfoncer son poing dans le mur le plus proche. Bordel, pas aujourd'hui, pas maintenant ! Ils venaient sûrement le chercher pour aller s'entraîner, mais le Lituanien n'avait clairement pas la tête à soulever des poids. Et puis en leur présence, impossible d'avoir une conversation sérieuse avec la Japonaise. Cette dernière avait à nouveau esquivé ses questions sur Aloïs, le laissant dans le flou le plus total. Il l’emmènerait lui-même à l'aéroport, seul. Là ils pourraient discuter tranquillement à nouveau.

Finalement, le garde du corps refait son apparition dans le salon, un sourire crispé figé sur le visage. Il salue tour à tour ses trois amis, qui se versent une tasse de café. Là tout de suite, Ignas prendrait plutôt trois bonnes gorgées de vodka, pour pouvoir gérer cette situation. Il va falloir recommencer la même mascarade que la veille, et ne pas faire d'erreur. Tandis qu'il ajoutait son numéro dans le nouveau téléphone de sa "copine", Ignas en profita pour ouvrir une note sur l'écran, sur laquelle il pianota : Cette discussion n'est pas terminée

Forcément, ça prenait plus de temps que nécessaire pour seulement donner un numéro, et John ne manqua pas de le railler sur le sujet. Bon joueur, Ignas rétorqua :

On a pas encore les écrans tactiles chez nous, faut que je m'habitue !

Puis, alors que la jeune femme retournait se servir un café, Ignas s'installa autour de l'ilot central avec ses amis.

"Pas trop déçu qu'elle parte si vite ?" S'inquiéta Kennedy.

Si bien sûr... bien sûr. Répondit-il, avec une pointe de tristesse qui rendait la situation très réaliste, mais pas pour les raisons que ses amis imaginaient. Mais j'irais la voir bientôt. D'ici un mois ou deux je pense. J'ai toujours voulu visiter le Japon.

John et Kevin s'enthousiasme alors sur leur propre voyage futur, prévu pour septembre. Ils demandent évidemment quelques bons plans à Ignas, et ils essayent même de faire l'effort de parler de temples et de rues, plutôt que d'alcool et de cul. Entre temps, Hiyori est venue s'intercaler entre Ignas et Kennedy. L'ancien soldat passe alors négligemment une main autour des épaules de la Japonaise.

Et puis, faudrait pas lui laisser trop de temps pour faire des bêtises en mon absence ! S'amusa Ignas, en réponse à une boutade de Kevin.

"C'est bien la première fois que je te vois inquiet pour ça." Commenta Kennedy.

Avec une telle perle rare, je suis forcément un peu inquiet. Si ça se trouve, les Japonais sont des requins encore plus affamés que Kevin ! Tu te rends compte ?

Bien sûr, Ignas comme Hiyori savaient que les "bêtises" ne concernaient pas une quelconque adultère. Et puis, Ignas en était presque à douter. Est-ce que c'était réellement une bêtise ? Finalement... est-ce qu'il ne voudrait pas retourner dans le Tout, lui aussi, ne serait-ce que pour être sûr ?

Les cafés étaient terminés, les sacs étaient en bandoulières, et Kevin lança :

"Bon ! Tu viens ? Pas d'excuses aujourd'hui, on fait les pecs !"

Non. Sans moi les gars, Hiyori s'en va aujourd'hui, j'aimerais pouvoir passer le maximum de temps avec elle. Si son avion part tôt, je ferais ma séance ce soir. Tu as ton billet, chérie ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Messages : 165
Points de Complot : 492
Fiche : Par-là
Date d'inscription : 15/11/2016
Lieu : Tokyo
Occupation : No Life Pro

MessageSujet: Re: La déchéance du Tout... [Ignas]   Ven 16 Mar - 11:11

Déjà passablement saoulée par l’allusion aux « bêtises » potentielles que je pourrais faire en son absence, je dois avouer que l’idée de devoir rester toute seule avec lui jusqu’à mon départ me met franchement mal à l’aise.

- Ouais… faudra juste que je montre le code barre sur mon téléphone sur place et ils me l’imprimeront…

Je lève les yeux vers ses amis.

- Vous ne voulez pas faire l’impasse sur votre entrainement pour une fois ? Ça serait plus sympa si vous restiez un peu non ? On a pas tellement eu l’occasion de se voir pendant mon séjour finalement… et puis je pourrais vous faire un plan détaillé des endroits les plus… sexy… du Japon, non ?


Jouer les petites amies quand on est énervé et qu’on a juste envie de claquer une porte au nez de l’autre n’a rien de facile. Je suis presque certaine qu’ils ont tous pu entendre la tension dans ma voix. Tant pis. Un couple qui se dispute ça n’a rien d’extraordinaire.

Je tripote mon téléphone, et mon regard est attiré par l’écran. Il a écrit quelque chose… je lis… et je me crispe d’un seul coup. « Cette discussion n’est pas terminée »… sérieusement ? Je fronce les sourcils, l’air vachement moins sympa et douce que d’habitude et je le regarde avec des éclairs dans les yeux.


- Tu te fous de moi j’espère là hein ? Tu t’es pris pour mon père où quoi ?

« Cette discussion n’est pas terminée »… c’est le genre de phrase qu’on entend de ses parents quand on est en pleine phase de rébellion et qu’on s’engueule avec eux avant de partir en claquant la porte derrière soit, espérant faire trembler les murs de la maison pour bien montrer qu’on est en colère. Les pote d’Ignas, mal à l’aise, reculent d’un pas en marmonnant quelque chose à propos de muscles qui n’attendent pas… mais ils n’ont pas l’air de réellement s’en aller non plus. De toute façon, à ce stade, je m’en fiche.

- Si ! Cette discussion est terminée ! T’es pas content c’est pareil Ignas, je fais ce que je veux ! Si j’ai envie d’y aller j’irais, c’est tout, c’est comme ça, et t’as pas à décider pour moi.

Comme je n’ai pas non plus envie de griller notre « couverture » pour ne pas avoir à expliquer des trucs compliqués et chiants à ses amis, j’en rajoute un peu pour faire « couple ».

- Tu n’as pas à diriger les moindres faits et gestes de ma vie Ignas, et certainement pas mes choix… sinon il y a un gros risque pour que j’en fasse certains qui te déplaisent franchement et qui mettent fin à une relation qui a pourtant bien commencé.

Je fourre rageusement mon téléphone dans mon sac, toujours en prenant soin de ne pas lui laisser le temps d’en placer une.

- Tu sais quoi ? On va arrêter les frais tout de suite. Je vais aller prendre mon avion tranquillement, je vais rentrer chez moi, tu me téléphoneras quand tu seras calmé, et là on pourra organiser ta venue. Mais là, maintenant tout de suite, j’ai pas envie que tu m’accompagnes.

Surtout que comme mon avion n’est pas tout de suite non plus, ça va encore donner lieu à des discussions vides de sens. Aucune envie…

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Messages : 145
Points de Complot : 216
Fiche : Swag d'Erasmus
Date d'inscription : 29/12/2017
Lieu : Boston, Massachusetts, USA
Occupation : Garde du corps

MessageSujet: Re: La déchéance du Tout... [Ignas]   Ven 16 Mar - 23:39

Il y a une certaine tension dans l'air, tout le monde peut le sentir. Malgré sa main autour des épaules d'Hiyori, Ignas n'est pas franchement serein. Le ton de la Japonaise se veut amical, mais son énervement est assez facilement perceptible. Malgré tout, elle joue le jeu, et sa proposition, bien qu'elle n'enchante pas le Lituanien, attire évidemment l'attention de John et Kevin.

Puis tout vole en éclat. Même si le garde du corps ne voulait pas avoir l'air trop autoritaire dans le message rapidement rédigé sur le téléphone de son invitée, cette dernière l'avait pris comme ça. Peut-être aurait-il du rajouter un smiley ? Aucune importance, il n'était plus question de plan détaillé et de dernière journée avec tous ses amis. C'était une vraie dispute de couple, crédible avec ça. Sans avoir la chance d'en placer une, Ignas encaisse chacune des phrases d'Hiyori, tandis que derrière lui, Kennedy semble désemparé.

Les gars, attendez-moi en bas, j'arrive dans une minute. Annonce doucement Ignas, qui ne quitte pas la Japonaise du regard.

"Ignas, si tu veux tu..."

Dehors.

Il n'a pas haussé la voix, mais son ton n'appelait à aucune contestation. En sortant, Kennedy donne une petite tape sur l'épaule de son ami. Comme une marque de soutien. Le Lituanien apprécie. Ce dialogue de sourd avec Hiyori doit cesser, il le sait, mais en l'état, il y a assez peu de chances qu'elle l'écoute. Tant pis, il doit quand même tenter.

D'un pas décidé, il fourre rapidement quelques affaires dans son sac de sport, puis revient se planter devant sa "copine". Son regard se plante dans le sien. Il voudrait la prendre par les épaules, mais il sent que la Japonaise n'a aucunement envie d'un contact physique. Alors ils se contente de débiter, avec le plus de calme possible.

Je n'ai aucun droit sur toi, ou ta vie, je le sais. Que ce "Tout" t'attire, je veux bien le croire. Qu'il me fasse peur, tu dois le comprendre. Je ne sais pas si cette Machine est notre alliée, ou quelque chose du genre. Pareil pour Aloïs. Mais pour en être sûr, le seul moyen, tu as raison, c'est d'y retourner. Mais avant ça, je veux rencontrer Aloïs. Tu m'as dis que c'était la première personne que tu avais rencontré lorsque tu as été téléportée. Dis-moi où le trouver s'il te plaît.

Puis, le Lituanien se détourne. Il jette son sac sur son épaule, et se dirige vers la porte. Juste avant de sortir, il lance :

Tu peux rester ici si jamais tu as encore du temps avant ton vol. Prends ce qu'il te faut dans le frigo, fais toi du café, ce que tu veux. Claque la porte en sortant, si jamais je ne suis pas revenu. Il pose sa main sur la poignée, et souffle encore quelques mots, sans être sûr que la Japonaise l'entends : J'espère qu'on pourra en parler à tête reposée.

[Un peu plus tard, à la salle]

Kevin en était à sa troisième série de développé-couché, avec une barre à 85 kg. John l'assurait, tandis que Kennedy et Ignas parlaient distraitement. L'ancien soldat voyait bien que ses trois amis voulaient connaître les derniers ragots, mais qu'ils n'osaient pas poser la question qui fâche. Finalement, c'est Kennedy qui se jette à l'eau.

"Tu veux en parler ?"

Bon, il ne demande pas directement, mais tout le monde a compris.

Il y a pas grand chose à dire... Soupire Ignas en s'avançant vers la barre. C'est à son tour. Troisième série, 100 kilos. Hiyroi avait pris des vacances spécifiquement pour venir à Boston, et à peine quelques jours après son arrivée, son patron lui sucre ses congés pour une apparition. Il fallait bien donner le change devant ses amis. Il ne pouvait évidemment pas leur dire que sa "copine" avait passé plusieurs heures dans ce qui ressemblait fort à une réalité parallèle, et qu'elle mourrait d'envie d'y retourner par tous les moyens. Encore moins que lui était disposé à la suivre...

"T'étais militaire, Ignas, tu es bien placé pour savoir que ça peut arriver, ce genre de choses, non ?"

Oui, bien sûr, mais qu'est-ce que tu veux ? J'avais envie de voir ma copine plus longtemps.

"Avec un boule comme le siens, tu m'étonne que t'avais envie !"

Merci Kevin pour cette intervention, tu gagnes deux séries de plus à 100 kg...

"Hé ! Tu sais très bien que je peux pas trop prendre si lourd !"

Tu es lourd, tu prends lourd ! C'est comme ça qu'on progresse !

Malgré la beauferie, l'intervention de Kevin permit de calmer un peu la tension. Les quatre amis terminèrent leur séance tranquillement, avant qu'Ignas ne file chez lui. Il espérait qu'Hiyori serait encore là...

Elle ne l'était pas. Alors Ignas se saisit de son téléphone et envoya un SMS rapide :
"A très bientôt j'espère. Tu va me manquer."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Messages : 165
Points de Complot : 492
Fiche : Par-là
Date d'inscription : 15/11/2016
Lieu : Tokyo
Occupation : No Life Pro

MessageSujet: Re: La déchéance du Tout... [Ignas]   Dim 18 Mar - 15:16

J’ai à peine le temps de glisser qu’Aloïs vit en Afrique du Sud qu’il a déjà passé la porte. D’un côté je trouve ça abusé que ce soit lui qui s’en aille alors que c’est moi qui ai envie de claquer la porte… mais d’un autre côté ça simplifie vraiment les choses finalement. J’en ai marre d’éluder ses questions… il m’a demandé plusieurs fois quel était mon pouvoir par exemple… alors oui, je sais, il en a un chelou aussi… mais changer l’eau en huile c’est pas pareil. Je me vois assez mal dire à Ignas « J’peux pas crever ». Après il faudrait expliquer pourquoi et tout et tout, et vu sa crainte, voir presque sa haine, pour la Machine, je suis pas certaine d’apprécier les changements qui apparaitront dans son regard quand il le posera sur moi.

J’ai pas non plus envie de lui donner trop d’infos sur Aloïs… comme la ville où il vit, son bar, son nom complet, son adresse mail… On ne sait jamais. Si Ignas se braque contre la Machine, il pourrait vouloir tirer les vers du nez d’Aloïs, et j’ai pas envie de lui imposer ça. Il était différent de l’Aloïs dont je me souvenais, mais même… il m’a aidée, encore une fois. Même s’il ne l’a pas assez fait à mon goût. Et puis c’est pas en lui envoyant un garde du corps mécontent à la gueule que je vais le motiver à me faire revenir hein… normal…

Mon avion est dans trois heures… faut que j’y aille dans pas longtemps. J’ai calculé qu’il allait me falloir une heure environ pour arriver à l’aéroport, que je dois y être une heure à l’avance pour l’embarquement, et que j’aurais probablement envie de m’acheter deux ou trois conneries avant de décoller. Ça va, je suis pas non plus pressée. J’ai largement le temps de reprendre un café. Je me sers une tasse XXL, et je vais la siroter tranquillement sur le balcon, en regardant le paysage. Étrangement, j’ai l’impression qu’il va me manquer cet appartement. Cette ville aussi… même si ne n’en ai eu qu’un très bref aperçu finalement. Je sais pas… peut-être parce que c’est la première chose qui m’a parue rassurante après mon passage de plusieurs mois dans le Rien, avant que ça ne devienne le Tout.

Tout ça est compliqué, ça s’emmêle dans ma tête comme une pelote de laine avec laquelle aurait joué un chaton particulièrement en forme. Je suis fatiguée. Fatiguée et triste… pourquoi ai-je été renvoyée du Tout de cette manière ? J’avais encore tellement de choses à voir, à entendre, à comprendre… c’est tellement injuste ! J’en veux même à Ignas, un côté de moi reste persuadé que c’est à cause de lui que je suis déjà de retour. Peut-être seulement parce que c’est chez lui que je suis revenue… je sais pas. J’essaye de faire taire cette petite voix… mais j’ai du mal. Et ça me fait culpabiliser. Je lui en veux alors qu’il a été tellement… je sais pas… présent.

Je quitte le balcon pour aller lui écrire une lettre. Je m’excuse platement, je le remercie plein de fois, je l’invite à venir me voir au Japon, je m’excuse encore, je le remercie encore etc… sur deux pages recto-verso. C’est plus facile d’écrire que de parler parfois, et je me sens moyennement prête à lui dire tout ça de vive voix, alors bon.

J’enfile ma veste, je basse la bandoulière de mon sac autour de mes épaules, je prends ma tasse pour la finir le temps d’aller poser la lettre sur le lit d’Ignas… et là, je sens une pression dans ma nuque… Oh putain… faites que je retourne dans le Tout ! Faites que ça soit Aloïs qui me fasse revenir !!!

Sauf que non. J’ouvre les yeux au milieu de la rue. Quelle ville ? Quelle rue ? Aucune idée… Fait chier !

Loin de là, dans un appartement à Boston, ma tasse de café s’écrase sur le sol de la chambre d’Ignas, pas loin du lit. La lettre est toujours dans ma main… j’ai lâché le mauvais objet. Et merde…

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé





MessageSujet: Re: La déchéance du Tout... [Ignas]   

Revenir en haut Aller en bas
 

La déchéance du Tout... [Ignas]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Les aventuriers vont jamais tout droit...
» Le plus féroce de tout les chiens... Mouk!
» La Chasse, tout un art ... [ Braise ]
» Amis, envers et contre tout [ PV ]
» La politique du « tout va mal »...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La théorie du complot :: 
 :: Amériques :: États-Unis
-