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 Will the Circle be unbroken? - [Mona]

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MessageSujet: Will the Circle be unbroken? - [Mona]   Jeu 15 Fév - 16:46

NB :
 

PV. Mona.

Au sortir de l'hôtel, je voulais prendre des nouvelles de Luc pour lui annoncer ma venue mais c'est un mail de Nathan qui m'attendait. Ce canal ne devait être utilisé qu'en cas d'extrême urgence et cela n'annonçait rien de bon.
J'avais cherché un cyber café le plus éloigné possible de mon hôtel afin de ne pas faciliter la tâche à d'éventuels traqueurs, répliquants ou autres.
Mes craintes furent tout de suite confirmées par la teneur du message. On était à ma recherche et quand je dis ON je veux parler de l'ennemi public numéro un pour moi, Aloïs.
Je m'empressai donc de recontacter Nathan pour en savoir plus. Le cube d'un côté et ma petite personne de l'autre étaient les deux enjeux de cette nouvelle épreuve.

mail to: nathan.weathers@gmail.com
Citation :
Nathan, inutile de te dire dans quelle inquiétude m'a plongée ton message. Apparemment c'est au cube qu'Aloïs en a et le laisser là où il pense qu'ils se trouve n'est sans doute pas une bonne chose. Il nous faut donc lui trouver une cachette sûre. Qu'en penses-tu? J'espérais pourtant en tirer d'avantage...


Si tu veux en discuter de vive voix tu pourras me trouver à l'entrée.

***

PV. Nathan.

Il ne faut pas longtemps, en vérité, pour que le téléphone de Nathan ne se mette à vibrer dans le creux de sa main, pour l'avertir d'une réponse de Mona. Il sursaute dans le canapé d'Erynn, où il avait échoué depuis deux heures déjà, et parcourt le message d'un geste fébrile.
Son œil encore vaguement alcoolisé s'accroche sur la photo transmise en pièce jointe.
Ah.

Il se frotte les paupières, en tentant de faire un peu de lumière dans son esprit embrumé, et barbouille un peu plus son maquillage autour de ses yeux. S'excusant auprès d'Erynn, à qui il avait déjà expliqué la situation, il attrape son chapeau de soirée et l'enfonce sur sa tête avant de se relever, cahin-caha. Il referme les pans noir pailleté de sa petite veste de costume et, en un battement de cils, il a disparu du confortable petit salon de son ami séoulite pour être transporté aussitôt à Stockholm, sous le soleil pâle de midi.

Il fait quelques pas maladroits sur le trottoir, l'équilibre encore un peu précaire, et plisse des yeux au milieu des passants, aveuglé par la brusque luminosité. On lui offre quelques regards désarçonnés. Une grand-mère aux yeux écarquillés s'empresse de trotter jusqu'au coin de la rue, en traînant sa petite fille derrière elle.

L'hôtel où Mona lui avait demandé de la rejoindre est un sacré complexe, très moderne, et il en repère l'entrée avec quelques peines, tirant le bord de son chapeau pour le redresser sur son crâne. Et voilà enfin la silhouette de l'Islandaise, postée devant les portes automatiques. D'un pas rapide, Nathan traverse la route et lui fait signe, tirant un peu sur sa voix enrouée d'émotions pour la prévenir.

« Mona ! Mona, ici ! »

***

Cela faisait peu de temps que j’étais arrivée et que la photo devait avoir atteint son destinataire. De temps à autre je scrutais la foule à la recherche de regard suspects, de silhouettes familières qui aurait pu être des répliquant comme lorsque j’étais entrée en possession du cube. Le seul que je souhaitais voir était Nathan et je savais qu’il avait les moyens de me rejoindre rapidement.

Mon poste d’observation ne me satisfaisait pas beaucoup, car il me mettait en évidence mais je me consolais en pensant que les gens qui le connaissaient ne s’attendaient pas à me trouver devant un hôtel d’un tel standing et que Nathan, du moins je l’espérais n’allait pas tarder.

Je ne fus pas déçue et sa voix me parut étrangement familière. Mes yeux le trouvèrent sans difficulté et jetant un dernier regard alentour afin de finir de m’assurer de n’être pas suivie ou repérée par l’ennemi, je lui fis un petit signe de la main en me portant à sa rencontre.

Cela faisait peu de temps que j’étais arrivée et que la photo devait avoir atteint son destinataire. De temps à autre je scrutais la foule à la recherche de regard suspects, de silhouettes familières qui aurait pu être des répliquant comme lorsque j’étais entrée en possession du cube. Le seul que je souhaitais voir était Nathan et je savais qu’il avait les moyens de me rejoindre rapidement.

Mon poste d’observation ne me satisfaisait pas beaucoup, car il me mettait en évidence mais je me consolais en pensant que les gens qui le connaissaient ne s’attendaient pas à me trouver devant un hôtel d’un tel standing et que Nathan, du moins je l’espérais n’allait pas tarder.

Je ne fus pas déçue et sa voix me parut étrangement familière. Mes yeux le trouvèrent sans difficulté et jetant un dernier regard alentour afin de finir de m’assurer de n’être pas suivie ou repérée par l’ennemi, je lui fis un petit signe de la main en me portant à sa rencontre.

« Salut Nathan. Merci d’être venu si vite. Comment vas-tu ? Tu veux aller quelque part pour parler ? »

Parler au milieu de le foule qui circulait devant le parvis de l’hôtel pouvait être une option, mais Nathan pouvait avoir envie de se mettre au chaud, même s’il semblait correctement équipé. J’avais réussi à ne pas seulement entrer directement dans le vif du sujet en lui demandant de ses nouvelles, mais j’étais des plus impatientes d’en apprendre plus sur les mauvaises nouvelles qu’il m’avait envoyées plus tôt.

***

« Salut... »

Il arrive un peu essoufflé à la hauteur de Mona et tente de lui sourire du mieux qu'il peut. Le résultat est trop crispé pour paraître convaincant et trahit non seulement l'émotion intense qu'il a vécue ces dernières heures, mais aussi son reste nauséeux d'alcoolisation. Triste constatation. Il renonce à cet effort et grimace franchement, en ôtant son chapeau de son front fébrile. Une petite pellicule de sueur dégouline de ses tempes. Son équilibre, d'ailleurs, est un peu précaire...

« Eh ben, je... Si on pouvait s'asseoir quelque part, je ne dirais pas non... »

Quant à savoir comment ils se portaient, elle et lui, cela ne tenait pas du mystère et, dans sa fatigue, il ne prend pas vraiment la peine de s'engager dans les civilités. Il se contente de faire un geste découragé de la main à Mona et de secouer la tête.

« Je... je ne sais pas à quel point c'est urgent, à vrai dire... mais il vaut encore mieux agir au plus vite... »

Il fait un petit tour d'horizon, d'un regard nerveux.

« Tu es... c'est un endroit sûr ici ? On ne viendra pas t'y chercher... ? J'ai même pas fait attention, où est-ce qu'on est... ? »

***

Je ne me pose pas longtemps la question de la gravité de la situation. Il me suffisait de regarder le visage de Nathan pour être convaincue de la panade dans laquelle nous nous trouvions. Je ne savais pas trop dans quelle mesure les téléportations dont usait l’américain avaient des effets sur son équilibre, mais il avait tout l’air de ne’ pas être très frais. Fatigue alcool, je ne savais pas trop à quoi m’en tenir mais son haleine lorsqu’il me rejoignit me renseigna immédiatement. En même temps je ne pouvais pas trop lui en vouloir. Il avait une vie aussi et s’être immédiatement rendu disponible quel que soit son état était déjà louable. S’asseoir ? Oui c’était possible évidemment. Il y avait les bancs au design assorti au bâtiment devant lequel nous nous trouvions mais aussi la possibilité de traverser l’esplanade pour nous réfugier dans un bar un peu plus à notre portée question standing.

Je lui indiquai donc du menton l’enseigne au loin d’un air interrogateur et sans attendre sa réponse me commençai à me diriger vers un bar très correct, mais dont les prix étaient plus abordables. Depuis « le train » j’étais obligée de compter mes dépenses, ce à quoi je n’étais pas accoutumée. Heureusement, même si je ne comptais utiliser cette solution qu’en dernier recours, mon boss m’avait gracieusement accordé des congés et je n’étais pas sans revenu, pour le moment en tout cas.

Chemin faisant je ne quittais guère du regard Nathan tentant de lui laisser le temps de reprendre ses esprits avant de l’abreuver de questions mais il semblait aussi désireux d’en venir directement aux faits. Un endroit sûr ? Je haussai des épaules résignées.

« Pour être honnête, je ne me sens plus en sécurité nulle part. J’ai fait de mon mieux pour nous trouver un endroit improbable pour moi. Je passe mon temps à me retourner dans les rues… Ah oui, pardon. Stockholm… »

Je me tords alors le cou pour lui indiquer la sphère que nous venons de laisser derrière nous.

« Globen Arena si j’ai bien compris. »

Nous ne sommes même pas encore arrivés à destination que je poursuis.

« Donc Aloïs est sur ma piste c’est ça ? Ou plutôt sur le piste des plans ? Il m’envoie ses réplicants ? »

Je me doutais qu’il avait sans doute bien des moyens de se lancer à ma recherche mais je me demandais lequel il avait choisi cette fois. Mais Nathan n’aurait peut-être pas la réponse. Comme par réflexe suscité par cette question je jetai un regard inquiet alentours.

***

Nathan offre un regard reconnaissant à Mona avant de lui emboîter le pas vers le bar qu'elle a indiqué. Il devrait manger au moins quelque chose pour tasser les effets de l'alcool, avant de se pointer au bureau. Il jette un regard à sa montre. Encore une fois, aujourd'hui, il serait en retard... Cette pensée lui met du plomb dans l'estomac, et il a l'air plus mal à l'aise que jamais.
Mona, de son côté, a décidé de jouer franc jeu. Il soupire doucement, le cœur serré.

« Au moins, tu es loin de chez toi, je ne sais pas comment ils pourraient avoir l'idée de te chercher ici... D'autant que d'après Aloïs, la Machine n'était même pas au courant que tu avais récupéré ces plans... C'est... c'est curieux, ça, quand même... »

Il se mord les lèvres, examinant les alentours comme elle, inquiet comme un animal aux abois.

« Aloïs n'est qu'un jouet de la Machine... Encore une fois aujourd'hui, il... il n'était pas dans son état normal... » Il secoue la tête. Le sujet lui est douloureux. « C'est cette espèce d'entité, la Machine, qui décide. Et... elle va probablement t'envoyer quelqu'un, oui, à présent qu'elle est assurée que c'est toi qui est en possession du... du Cube. »

Le bar est en vue et Nathan, plus décomposé que jamais. Il se laisse tomber sur une chaise en terrasse, l'endroit - par ces températures - est tout à fait inoccupé. Il lance un regard particulièrement désolé à Mona, et entreprend de s'expliquer, en se massant les doigts avec fébrilité.

« Il est arrivé chez Erynn il y a quelques heures. Elle m'a averti qu'il voulait l'emmener, donc... Je me suis téléporté chez elle et on a cherché à le maîtriser. Il ne s'est pas défendu. Alors, on lui a posé un certain nombre de questions... »

Une serveuse très aimable sort du bar et vient à leur rencontre. Nathan s'interrompt immédiatement, bien sûr, et tente de lui faire son sourire le plus courtois. Après un œil jeté à la carte - dont il ne comprend pas grand-chose - et quelques négociations en anglais approximatif avec la jeune femme, il commande un grand verre d'eau et un bagel au poulet et au curry. Puis il prend le temps de respirer un peu pendant que Mona fait son choix à son tour.

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Dernière édition par Nathan Weathers le Ven 16 Fév - 11:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Will the Circle be unbroken? - [Mona]   Jeu 15 Fév - 17:59

J’ai écouté Nathan, songeuse. C’est vrai que nombre des nouvelles qu’il m’apporte sont étonnante. En tout cas, elles expliquent le fait que j’aie pu récupérer mes affaires et vaquer à mes occupations de fugitive sans problème en tout cas jusqu’à maintenant car ma tranquillité semble terminée. J’essaie de n pas paraître trop inquiète, en tous ca spas plus que tout à l’heure et Nathan l’est assez visiblement de son côté pour ne pas trop s’en rendre compte peut être.

Un truc me turlupine et m’exaspère tout de même un peu. Ce n’est pas contre Nathan lui-même quoique. Cette façon qu’il a de défendre Aloïs. Putain ! Ce mec est une pourriture ! Comment peut-il lui trouver des excuses ? En plus il le fréquente. Je crois rêver ! Mais je me contiens en espérant pouvoir revenir sur le sujet plus tard.
Et puis il y a cette machine je ne comprends pas trop de quoi il s’agit. Il faudra qu’il m’éclaire là-dessus.

Nous voici assis à une table du bar. Je n’ai pas vraiment faim, mais me retrouver au chaud, me fait tout de même du bien et tandis que Nathan commande de quoi se remettre d’aplomb, je me contente d’un café noir serré.

Je ne le laisse pas beaucoup respirer. De toute façon, il ne doit pas avoir de temps à perdre avec moi et si le but est ne récupérer des « résistants », être deux au même endroit n’est pas forcément une bonne chose. Entre deux phrases je jette un œil alentours. Je ne suis pas bien sûre d’être très discrète. Je n’aurais pas fait un bon espion

« Faudra que tu m’expliques deux trois trucs, parce que je patauge un peu. La machine, c’est quoi ? Aloïs se laisse prendre et répond à vos questions ? Et c’est qui pour toi ? Ca te fais pas drôle de lui trouver des excuses ? Tu as dit aujourd’hui ? Tu le vois régulièrement alors que c’est évidemment un danger pour nous tous ? »

Mon ton est neutre, mais je sais que mes questions sont un tantinet inquisitrices et sans doute dénuées de tact. Encore une fois, on n’a sûrement pas de temps à perdre en salamalecs. En même temps je me dis qu’il y a une explication logique à l’attitude de Nathan qui a des défauts mais a oublié d’être bête. Puis le poursuis.

« Pour ce qui est d’être loin de chez moi, depuis que j’ai piqué le cube, je m’attends à être traquée par… »

J’allais dire Aloïs mais ce n’est sûrement pas la peine d’en rajouter. Nathan n’est pas bête, il a compris l’idée.

« Du coup je me suis mise au vert en essayant de me faire toute petite. »

Je m’interromps pour de bon lorsque la serveuse arrive avec notre commande. C’est du rapide ici. Je tire la tasse de café vers moi et regarde à sa surface la fille qui se demande bien comment tout cela va finir tandis que Nathan reprend la parole.

***

« C'est une excellente chose... Tu es toujours quelqu'un d'exceptionnellement prudent à ce que je vois... »

Il remercie la serveuse d'un sourire, crispé mais sincère, puis rallie du regard celui de Mona qu'il détaille dans un soupir. Sa main s'enroule autour de son verre d'eau et il prend une grande gorgée, tandis qu'ils se retrouvent bientôt seuls à nouveau. Il le repose ensuite et croise ses mains sur la table.

« Moi en revanche, j'aurais gagné à l'être davantage, sans doute... » Il pose le chapeau qu'il tenait sur ses genoux sur la table et plisse ses lèvres avec culpabilité, en fixant son assiette. « Aloïs et moi, on est... en relation. Evidemment, les choses sont compliquées et donc très peu claires, même pour moi. »

Il bat des cils. C'est encore suffisamment vague pour correspondre aux sentiments qu'il concevait pour le jeune Sud-Africain. Ces mystères en général échappaient souvent à son esprit excessivement rationnel. Il aimait beaucoup Aloïs - comme il aimait beaucoup de personnes, en réalité. Ce sont les circonstances qui jouent sur ce qu'il éprouve et qui rendent tout si douloureusement intense. Il n'est certainement pas sage d'en tirer de quelconque conclusion.

« Il n'a rien de différent de toi, ou de moi. Nous sommes tous pareils. Ce qu'il a fait dans le train, ou chez Erynn, tout à l'heure, nous aurions tout aussi bien pu être choisis pour le faire à sa place. Par la Machine. »

Il relève les yeux vers Mona et fronce des sourcils avec beaucoup de sérieux derrière les verres de ses lunettes.

« C'est dans la Machine que je l'ai rencontré pour la première fois, ça remonte à l'été dernier. Il était en veille lorsque je suis tombé sur lui. J'ai paniqué, je ne comprenais pas ce qui se passait... Jusqu'à ce qu'il revienne à lui. » Un rictus amer se dessine sur ses lèvres. « Non, en fait, je n'ai pas mieux compris ce qui se passait quand il s'est réveillé. J'ai juste su qu'il fallait que je le tire de là. »

Il serre des dents et détourne le regard. Son pied piaffe nerveusement sous la table. Finalement, il se saisit de son couteau et de sa fourchette, et commence à trancher dans son bagel.

« Je ne sais pas comment faire ça. » Il enfourne une première bouchée, pris d'il ne savait quel étrange élan de vaillance. « Mais il faudra bien trouver. La Machine, c'est un immense complexe, plus grand encore que celui que tes plans représentent. Infiniment plus grand. J'y ai marché pendant des heures, des heures, et des heures. Et c'était vivant. »

Ses yeux se braquent sur elle, très brillants tout à coup.

« Ce n'était... ce n'était pas sur Terre, surtout. » Il prend une gorgée d'eau, en espérant qu'elle ne s'attarderait pas trop sur ce détail farfelu. « L'espace et le temps n'y fonctionnaient pas du tout comme ici.  Et enfin... je pense que c'est cette... chose... Qui a une sorte d'emprise sur l'esprit d'Aloïs. Comme ça a dû arriver un certain nombre de fois, pour moi aussi... »

Il ne dit pas tout, encore, car ces premières réponses ont sans doute inspiré à Mona assez de trouble pour quelques minutes...

***

Je fais mine de ne pas relever sa remarque sur ma prudence. Je prends ça pour un compliment ce qui ne m’est pas souvent arrivé de sa part. En fait, je ne le connais pas beaucoup. Notre brève rencontre dans l’hémisphère sud et les événements du train pendant lesquels j’étais dans le coltard ne nous ont pas forcément permis de nous connaître, quoi que peut-être lui en soit-il plus sur moi que l’inverse, enfin, bref là n’est pas le problème.

Je comprends juste qu’il a commis une imprudence et qu’une partie de ce qui l’amène ici aujourd’hui en est la conséquence. Mais je le sais on ne sait jamais trop quelle est la bonne conduite à tenir surtout lorsqu’on se trouve piégé dans des conflits d’intérêts. Je peux confirmer que les choses ne sont pas claires. La veille encore… Mais là non plus, ce n’est pas le problème.

Ce qu’il a fait… Sa façon de parler d’Aloïs ressemble à celle d’une mère qui voudrait excuser les bêtises de son enfant. De toute façon ce n’est pas le moment de débattre de ça maintenant si j’ai bien compris l’urgence de la situation. Je dois faire comme si je faisais confiance à Aloïs et cela ne va pas de soi, même si le comportement de Nathan dans le train devrait m’y inciter. En fait tout me prouve maintenant que j’ai raison de lui faire confiance, mais les amis de mes amis ne sont pas forcément mes amis, mais passons.

A mesure que Nathan me confie son récit dont j’arrive à cerner les lacunes, je me rends compte de tout le temps perdu pendant lequel le traquenard s’est refermé sur nous sans que nous ne fassions rien de tangible. En fait ce sont les événements du train qui nous ont tous rapprochés et s’il y a quelque chose de positif à en tirer c’est bien ça.

Faire ça. Tirer Alois de l’emprise de la machine ? non clairement ça ne parait pas évident. Nous avons déjà tant à faire à essayer de surmonter tout ce qui nous arrive… Je reste muette en tournant mes idées. Je ne sais pas trop de combien de temps nous disposons aujourd’hui alors, une fois qu’il a terminé, j’essaie de traiter tout d’un seul coup.

« Ecoute, même si ça ne se voit pas. Je te fais confiance sinon je ne t’aurais pas répondu. On dirait qu’on a plein de chose à traiter en même temps et peut être qu’on n’en aura pas la possibilité. Je propose qu’on fasse du plus simple au plus compliqué. »

Je repose la tasse qui avait élu domicile entre mes deux mains et au-dessus desquelles je contemplais Nathan depuis qu’il avait entrepris d’essayer de répondre à mes questions.

« Premièrement que fait-on du plan ? Si « on » est à ma recherche autant que je ne l’aie plus. Est-ce que tu sais quoi en faire ? Surtout ne me dis rien. Au moins si je me fais encore une fois découpée en rondelles, je ne dirai rien. »

J’essaie de manier l’humour mais j’ai bien du mal et je sens la boule familière reprendre un peu plus de place au creux de mon estomac. J’ai bien conscience, que personne ne peut prétendre à résister à la torture, d’autant que la machine a sûrement d’autres moyens plus sophistiqués pour obtenir ce qu’elle veut.

« Deuxièmement tu as noté la parenté de la machine avec les plans que je t’ai confiés. On pourrait imaginer qu’il y ait un lien direct entre les deux comme une origine de l’un dans l’autre. »

Je trempe à nouveau mes lèvres dans le liquide noir.

« Pour ce qui est d’Aloïs, je vais être franche avec toi. Comme je te l’ai dit, je te fais confiance, mais entre lui et n’importe qui d’autre de la bande que nous formions dans le train, mon choix sera vite fait. Par contre si tu as raison, la solution est dans le machine ou dans la destruction de la machine. Et donc si tu as besoin de moi pour ça, je suis partante. »

Cela faisait suffisamment longtemps que je galérais à essayer d’assembler les pièces de ce puzzle et suffisamment longtemps que cette putain de machine me pourrissait la vie pour que je n’hésite pas à me proposer. Ca faisait vraiment la compagnie du cube qui allait de rendre en Mordor pour mettre à bas la tour sombre dont dans mon imagination, était souverain maléfique. Quand mon café eut regagné sa sous-tasse, je pris mon sac sur mes genoux pour y glisser ma main. Le cube était toujours là et j’attendais que Nathan abonde dans mon sens et me le réclame.
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MessageSujet: Re: Will the Circle be unbroken? - [Mona]   Jeu 15 Fév - 18:02

« Je... je te fais confiance aussi, Mona. » Il a eu une hésitation, et sa voix chancelle un peu, mais se raffermit sur la fin. Ce n'est vraiment pas le moment d'agiter les vieilles rancunes. Bien sûr qu'il lui fait confiance. « Tu as du courage, tu es solide et tu es honnête. Et puis, on est tous dans le même bateau. C'est nous contre eux. Et... et moi j'ai bien l'intention de faire sauter cette fichue Machine dès que nous en trouverons le moyen... Il faut que tout ça s'arrête. »

Il ne sait plus trop où il se trouve, entre la détermination, et la détresse, alors il se contente de fixer son bagel d'un air très frustré, avant d'en reprendre une bouchée. Pendant de longues secondes, il n'ose plus relever les yeux vers Mona. Quand il se résout enfin à le faire, il prend une grande gorgée d'eau, puis une profonde inspiration. Il faut tout lui dire. Elle avait enduré assez pour s'en être doutée, de toute façon...

« Enfin... Je ne sais absolument pas si c'est ça qu'il faut faire, à vrai dire. Je... Il y a autre chose, encore. »

Il se mord la langue.

« Mona... Quand je te dis que nous sommes tous pareils à Aloïs... C'est un peu plus délicat que ça. » Sa fourchette gratte fébrilement sur les petits grains de sésame qui parsème sa brioche. Il la lâche au bout d'un moment, en se décidant en formuler ce qu'il a à dire avec la simplicité la plus directe qu'il connaît. « Tout à l'heure, il l'a confirmé à Erynn. On n'est pas humains, Mona. Elle l'a vu, au moyen d'un appareil sophistiqué. Nous sommes comme lui. Peut-être même... que toute l'humanité a été créée par la Machine. Haha... ha... »

Un rire très biscornu lui échappe et il secoue la tête brusquement. Il y a des moments comme ceux-là, depuis un certain temps, où il sent tout à coup qu'il se trouve tout au bord de l'hystérie. Il est en train de perdre la tête. Au fond de son cœur, il le sait déjà. Un jour ou l'autre, ça devra bien arriver. De longs frissons lui traversent l'échine. Il confronte Mona d'un regard hagard. Il lui faut quelques instants pour retrouver un semblant craintif de calme, et il reprend sa fourchette pour se concentrer un moment sur le contenu de son assiette.
Il toussote un peu, pour marquer sa reprise de parole.

« La seule différence notable, c'est que toi, moi, Atéa, et tous les autres, nous... nous dysfonctionnons, manifestement. On ne devrait pas être conscients de tout ça - ni, je suppose, avoir développé spontanément nos pouvoirs dans cet... cet état de conscience. A partir de là, en vérité, faire exploser la Machine serait susceptible de... de déclencher la fin du monde tel qu'on le connaît, j'en ai peur. Ou bien, en restant optimiste... cela ne causerait peut-être que notre fin à nous. »

Une moue amère se glisse sur son visage. Il ne commente pas davantage l'idée que ce combat était peut-être destiné à n'être qu'une mission suicide. Il a déjà assez mal au ventre comme ça et Mona ne doit pas être dans de meilleures dispositions.

« C'est épuisant. On n'en sait jamais assez, et toujours trop. J'aimerais bien me rendre à cet endroit dont tu as vu le plan. Si... si je le cherchais, il y a quelques mois... » Il frissonne, la gorge serrée de dégoût. « C'est qu'il s'y trouve certainement quelque chose d'important... »

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MessageSujet: Re: Will the Circle be unbroken? - [Mona]   Jeu 15 Fév - 18:08

Au moins on était partie sur de bonne base et les choses allaient être directes. D’ailleurs, elles l’avaient toujours été si j’y réfléchissais bien avec Nathan. Malgré sa voix peu assurée j’adore la détermination dont il fait preuve, je pourrais dire la même chose. Je sens bien qu’il a autre chose à dire mais qui ne sort pas, visiblement il cherche à gagner du temps. Déjà je m’attends au pire, genre que le chasseur qui est à mes trousses m’a déjà localisée, qu’il a pris Mimi en otage ou que sais-je qui parviendrait à me coincer.

Et puis le doute s’insinue en moi à mesure qu’il semble hésiter. Bien sûr qu’il faut la détruire cette saloperie, la mettre hors d’état de nuire, la désassembler jusqu’au dernier boulon, au dernier circuit !

Mais je sens que je ne suis pas au terme de mes surprises et l’état d’angoisse dans lequel semble se plonger tout seul Nathan ma fait craindre le pire. Mais pire que tout ce que nous savons déjà, je vois pas, j’arrive pas à imaginer. Ma main ressort su sac et je repousse ma tasse jusqu’au milieu de la table sur laquelle mes avant-bras se croisent, mon sac toujours sur mes genoux. J’attends avec impatience et en même temps je sens que j’ai de plus en plus de mal à respirer à cause de cette putain de boule qui grossit démesurément à chaque émotion. Putain j’étais moins sensible avant ! Parfois je ne me reconnais pas mais là n’est pas la question. J’ai envie de secouer Nathan pour le faire accoucher de la révélation qu’il ne semble pas vouloir me livrer et en même temps je ne suis pas bien certaine d’avoir envie de l’entendre. La fuite n’a jamais été une solution devant la vérité et là, encore moins. Alors plus vite ce sera fait plus vite on pourra se pencher sur la suite, un peu comme quand il faut arracher une dent, enfin je suppose. Machinalement je passe ma langue sur les incisives.
Et puis je reste pétrifiée avant retomber contre le dossier de ma chaise de bar. Je ne connais pas les muscles qui étire sur mon visage un sourire qui doit plus ressembler à un rictus malsain. Je ne peux que répondre à son rire misérable par le même rire stupide qui pourrait bien être la prémices de l’hystérie.

Et puis tous mes muscles se détendent pour me redonner le masque qui m’est si familier. C’est à peine si je cligne des yeux tandis que je regarde fixement Nathan, incrédule et pourtant, si je me suis passée au scanner c’est bien que j’avais un doute, même si celui-ci n’allait pas jusque à cette absurdité. Ce qui me reste de certitude est sur le point de tomber en miette. Il suffit que j’accepte ce qu’il me dit et je vais devenir folle ! Je le sais, je suis en train de basculer dans la folie. En fait, Nathan n’est pas Nathan ! Putain ! Je n’ose pas croire que je me sois faite berner et que c’est encore lui !

Comme prise par une urgence je me souviens soudain d’une caractéristique du faux Nathan. Quelque chose de presque automatique s’active en moi et les fringues de Nathan s’effacent avant que tout son corps ne me laisse voir la serveuse derrière lui déposer une assiette vide sur le comptoir. Un soulagement m’envahit alors. L’autre était opaque à ce truc que je ne parviens toujours pas à nommer pouvoir mais qui gagne en précision à mesure que je l’utilise. Mes migraines n’auront pas été vaines et d’ailleurs…

Mais ce n’est pas le problème, j’ai autre chose à digérer. Entre temps, il est arrivé au bout de son délire. Pour ce qui est de dysfonctionner, ça fait longtemps que je le sais mais j’ai beau tenter d’ironiser, j’aimerais bien être capable d’avaler tout ça et commencer par ma salive serait pas mal mais je ne parviens pas à déglutir.

Il faut que je réagisse que je fasse quelque chose mais les eux seules alternatives qui se présentent à moi c’est de me mettre à hurler ou de m’enfoncer dans le mutisme. De proche en proche, toute ma vie est en train de s’effondrer sur elle-même comme ses immeubles qu’on dynamite et dont on nous passe les images au ralenti. Restera-t-il quelque chose de plus gris que de la poussière ? Je regarde lentement tous les gens qui nous entourent. Alors qu’on vient de m’annoncer que je ne suis qu’une machine, je ne me suis jamais sentie aussi proche d’eux. Quelque chose résiste à accepter la nouvelle. De toute façon, cela ne changera rien à ce que je veux faire et cette certitude est comme une planche de salut dans le naufrage annoncé de ma pensée. Je m’y accroche de toute mes forces. Elle me permet d’articuler en détachant bien chaque mot.

« Je n’a-ppar-tiens pas à cette ma-chine. »

Quoi que je sois, elle est mon ennemie et une de nous deux doit disparaître et je ne compte pas être celle-ci. Combien de temps s’est-il écoulé entre la fin des annonces de Nathan et ma réponse ? Je ne saurais le dire, j’ai l’impression d’avoir vécu toute l’évolution de l’univers et même si ce fut rapide il faut quand même du temps… Mais à quoi je pense ?!! Je crois que je débloque complètement.

Je me rends compte soudain que chacun de mes muscles est hypertendu et je dois faire un effort de conscience pour me relâcher. Je dois avoir l’air d’une démente.

« Excuse-moi j’ai du mal à… »
Je suis soudain prise d’un haut le cœur que je parviens tout juste à maîtriser. Je sens la sueur perler à mon front. Je suis obligée de m’hyper-ventiler pour garder un semblant d’emprise sur moi. Je rejette par reflexe ma tête en arrière avant de m’accrocher à la table et de plonger mes yeux dans ceux de Nathan. Je dois avoir une haleine de chacal. Quelqu’un m’apporte un verre d’eau.
C’est fou comme les pensées qui m’arrivent me paraissent futiles !
Ma voix est misérable mais je la sens s’affermir à mesure que je parle.

« On va lui faire la peau. On va la trouver et s’en libérer. Ce truc là… »

Mes yeux plongent vers mon sac.

« C’est souterrain mais ça change d’organisation dans le temps. Ça fait un moment que j’y songe et que j’essaie de voir comment c’est possible. Si ça reste au même endroit, ça doit susciter des mouvements de terrain, même si c’est dans un sol meuble. J’ai même pensé à l’intérieur d’un phénomène volcanique qui permettrait tout de même d’y accéder. J’ai pensé aux super volcans style Yellowstone mais aussi aux trous inexpliqués en Amérique du Sud et en Sibérie. Ou bien ça se déplace, ça se téléporte et là on n’est pas dans le merde sauf que si ça secoue le sous-sol en se matérialisant on peut être au courant et au moins toi tu peux… »

Je sens que je m’échauffe et je marque une pose pour jeter un coup d’œil alentour alors qu’une autre hypothèse me vient à l’esprit.

« Mais j’y pense, si ça se trouve quand on est téléporté c’est peut-être que le machine veut nous récupérer et qu’on est tout près à chaque fois sans le savoir… »

Je fais une moue dubitative. Je me rends bien compte que je raisonne avec mes pauvres connaissances de la physique « classique » et que cette pourriture n’en a peut-être que faire.

« Ouais je sais je me laisse emporter et comme tu dis c’est épuisant de triturer ça dans tous les sens. Oui, il faut trouver cet endroit. »
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MessageSujet: Re: Will the Circle be unbroken? - [Mona]   Jeu 15 Fév - 18:09

Evidemment, Mona se prend la nouvelle de plein fouet. Il est vrai que depuis qu'il avait appris par Erynn les sinistres épisodes de dissection qui avaient eu lieu après leur mésaventure dans le train, Nathan avait commencé à douter pour de bon de leur appartenance au règne animal. La confirmation qu'il en a eu aujourd'hui est dévastatrice. Pour lui, évidemment, qui ne s'était jamais senti plus bas de toute sa vie, et pour elle qui suffoque maintenant en face de lui, aux portes de la crise de panique.
Il a cessé de manger.
Nauséeux, le cœur battant par à-coups sourds contre ses faibles côtes, il tend doucement sa main vers celle de Mona qui s'est agrippée à la table. Il sait qu'elle peut se montrer spécialement réticente aux contacts physiques imprévus, mais sur le moment, il n'y réfléchit pas. Il serre ses doigts autour des siens, les lèvres plissées amèrement et le regard éteint.

« Oui... On va tirer tout ça au clair... On résistera ensemble, et dès qu'on en trouvera le moyen, on mettra fin à tout ça. C'est promis. »

Il l'écoute aussi attentivement qu'il le peut, en reprenant délicatement sa main pour lui, et avale une nouvelle gorgée d'eau pour se soulager. Toutes les hypothèses qu'elle prononce ont effectivement l'air d'avoir été murement réfléchies, mais Nathan, lui, grimace d'un air embêté.

« J'ai du mal à m'imaginer comment un tel endroit pourrait se déplacer sous terre sans produire des secousses sismiques plus ou moins importantes... Il faudrait peut-être glaner des informations dans la presse au sujet des endroits que tu mentionnes... Mais... A vrai dire. » Il reprend sa fourchette, et baisse les yeux vers son bagel, pour trouver le courage de picorer une nouvelle bouchée. « A vrai dire, il y a des chances que cet étrange complexe n'existe pas... qu'il n'existe pas sur Terre. Comme la Machine elle-même, je te l'ai dit. Je ne sais pas non plus où le Train circulait, la dernière fois... Mais si tout ça se trouve sur un... sur un... Pardon, sur un plan extérieur au nôtre... Je vois mal comment nous pourrions y accéder... »

Il se trémousse, de plus en plus mal à l'aise par les inepties qu'il est en train de débiter.

« J'ai déjà essayé de... de me téléporter dans la Machine, où j'ai trouvé Aloïs la première fois. Ca ne marche pas. Partout sur Terre, ça fonctionne, là-bas, c'est impossible. Pour le Terminus, c'est pareil. Quand... quand je me concentre... »

Il se mord la lèvre, couvrant la terrasse d'un regard craintif. Sa voix s'affaiblit encore un peu plus.

« Quand je me concentre, généralement, même si je n'ai qu'une image du lieu où je veux me rendre - simplement une carte postale, par exemple - je sais précisément où je me dirige, maintenant. Mais... pour la Machine, ou le Terminus, j'ai beau me focaliser de toutes mes forces sur ce que j'ai vu, ça ne marche pas. Je ne sais pas où c'est, je n'en ai aucune idée. J'ai juste le sentiment de flotter dans le vide pendant un instant, une sorte de... de petite éternité... De flotter dans le vide, avec tout l'univers, qui flotte aussi, et... c'est... c'est très difficile à expliquer. » Il déglutit, sans parvenir à regarder Mona dans les yeux. « J'ai l'impression qu'il y a quelque chose d'extérieur - de plus vaste. Chaque endroit de ce monde m'est accessible, je crois que je pourrais même me téléporter sur Mars si j'en avais une vue exacte, mais ça, c'est... C'est en dehors, Mona. En dehors de l'espace et du temps. Je ne saurais pas l'expliquer, c'est seulement un sentiment très... très troublant et... une certitude absolue pour moi. »

Il agrippe ses doigts à sa chemise, sous sa veste pailletée, juste à l'emplacement de son cœur et lâche un soupir oppressé.

« J'ignore encore comment nous pourrions nous y rendre... Il faudrait remettre la main sur Aloïs, peut-être... »

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Will the Circle be unbroken? - [Mona]

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