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 L'avènement du Rien... [Ignas]

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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Ven 2 Fév - 16:23

Je cligne des yeux, encore complètement endormie, quand il m’allonge dans son lit. Je ne m’étais même pas rendue compte que je dormais… « endormie en sursaut »… je réussi à sourire légèrement avant de refermer les yeux, enfouissant mon visage entre le coussin et son épaule, disparaissant presque entièrement sous les couvertures. J’ai dû me rendormir en une demi-seconde…

Dans mes rêves, je marche dans le Rien. Je ne suis pas terrifiée comme la dernière fois, je ne ressens pas la solitude, mo esprit et mon corps ne se sont pas scindés en deux pour me protéger de la folie furieuse… je me balade paisiblement, c’est tout. Je suis confiante, heureuse d’être là… jusqu’à ce qu’une porte s’ouvre brutalement. Des bras, de nombreux bras, en sortent et leurs mains s’agrippent à mes vêtements, à mes cheveux, à mes chevilles et à mes poignets. J’ai beau lutter, ça ne sert strictement à rien. Ils m’entrainent inexorablement vers l’ouverture béante qui semble pulser, comme si elle était vivante.

De l’autre côté, le monde « réel ». Je ne sais pas pourquoi, mais ça me terrifie. Je me débats en hurlant, j’ai très peur d’y aller, je veux rester dans le Rien rassurant et calme, c’est chez moi… pas le monde « normal » avec tous ces bruits, toutes ces lumières, tous ces gens qui ne se préoccupent que de leurs petits existences pathétiques et vides… ici j’ai une place, un rôle à jouer… là-bas il n’y a rien pour moi. Personne ne m’attend et ma vie ne serait qu’une illusion ridicule et sans aucune utilité réelle…

Je me réveille en sursaut au moment où les bras réussissaient à me faire traverser la porte. Je suis essoufflée, mon cœur bat la chamade et je ne sais plus où je suis. Je passe un moment horrible à regarder partout autour de moi, toujours à moitié dans mon rêve, à me dire que les bras ont réussi et qu’ils m’ont arraché au paisible bien-être du rien… et puis ma main rencontre un truc chaud et mou. Je baisse les yeux… une épaule… Ignas… ah oui c’est vrai… Tout me revient et je pousse un soupir de soulagement. De soulagement ? Vraiment ? Je jette un regard à la pièce qui nous entoure… c’est vrai que c’est rassurant, que je suis supposée être dans le monde réel et tout, mais mon rêve ne fait qu’accentuer cette impression étrange que j’ai depuis que je suis arrivée et ce besoin de retourner dans le Rien… je ne comprends pas, je veux savoir… et ça me bouffe.

Encore complètement dans les vapes, je m’extirpe de sous les couvertures sans réveiller mon compagnon de lit, je me traine jusqu’à la cuisine en plissant les yeux parce que le jour s’est levé et que la lumière ça pique, je trouve la cafetière et je lance la récolte de l’or noir, du nectar des dieux, du liquide le plus merveilleux du « monde réel »… Pendant qu’il passe, je fixe mollement l’appareil en essayant de faire le tri dans mes pensées, mais j’ai l’impression qu’on a farcit mon cerveau avec du coton. Pas facile…

Je me sers dans la plus grande tasse que j’ai pu trouver et je laisse le merveilleux ustensile sur sa base pour que le café reste chaud. Puis je me tourne vers Ignas.


- Tu veux du caf……. é ?

Pas d’Ignas. Ah oui… c’est vrai… il dort…

Donc je suis toute seule dans la pièce… Ok, pas de soucis… tout est normal, tout va bien…

En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, je suis déjà de retour sous les couvertures, serrant ma tasse contre moi comme si c’était le Saint Graal, assise en tailleur sous les couvertures en prenant bien soin que ma cuisse soit en contact avec le haut du bras d’Ignas, comme pour m’assurer qu’il est bien là, juste à côté de moi, dans la même pièce… Ouf… j’ai eu chaud… je ne sais pas de quoi j’ai peur exactement, mais c’est vachement éprouvant…

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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Ven 2 Fév - 17:08

Ignas mit un temps fou à s'endormir. Il n'avait plus eu autant d'heures de sommeil sur une même journée depuis... son adolescence, au moins. Mais la bonne nouvelle, c'était qu'Hiyori dormait comme un bébé. Son sommeil ne semblait pas agité par le moindre cauchemar, la moindre crise de panique. C'était bon signe. Le Lituanien passa une heure supplémentaire à simplement veiller sur la jeune femme, avant de sombrer à son tour.

Le matin vint, et la lumière du soleil vint réveiller l'ancien soldat. Il n'avait pas mis de réveil, ce qui était rare pour lui. D'ordinaire, il consacrait ses matinées à son entraînement. Mais au vu des circonstances exceptionnelles, il allait s'accorder son jour de repos un peu en avance. Une odeur de café vint lui chatouiller les narines. C'était étrange, il n'en buvait pas le matin, et il était quasiment certain de ne pas s'être endormi sur le canapé, ni d'en avoir pris un la veille au soir. Fronçant les sourcils, il ouvrit finalement un œil.

Hiyori était toujours à côté de lui, une tasse fumante à la main. Sa cuisse était en contact avec le bras gauche du garde du corps. L'esprit encore embrumé par le sommeil, il posa doucement sa main sur la peau de la Japonaise, en espérant très fort qu'elle ne sursaute pas et ne lui renverse pas de café brûlant sur le visage.

Tu as réussi à aller jusque dans la cuisine sans soucis ?

Bon, dit comme ça, on pouvait avoir l'impression qu'il parlait à une gamine qui savait à peine marcher, mais c'était parce qu'il n'était pas bien réveillé. Et puis, vu que la veille, Hiyori n'arrivait pas à rester seule, la voir avec une tasse de café dans les mains, et tout ce que ça impliquait, c'était un bond en avant !

S'étirant longuement, Ignas resta allongé encore quelques minutes, laissant son invitée boire son café, tout en passant sa main dans son dos pour le lui caresser. Ces petits gestes de tendresse lui venaient sans qu'il n'y pense vraiment.

Tu veux faire quelque chose de spécial aujourd'hui ?
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Sam 3 Fév - 0:24

Si je n’avais pas vu la couette bouger juste avant qu’il ne pose sa main sur ma cuisse, l’intégralité du café brûlant se trouvant dans ma tasse serait très probablement allée s’étaler sur son visage et son cou. Je pense que je suis peut-être un tout petit peu nerveuse. En même temps, avec tout ce qui m’est arrivé ces dernières heures je ne pense pas que qui que ce soit pourrait m’en vouloir pour ça. C’est vrai quoi, ça commence à faire beaucoup pour une seule personne à un moment donné…

Je hoche doucement la tête quand il me demande si j’ai pu aller à la cuisine toute seule. Je préfère dire que oui plutôt que de préciser que quand je me suis rendue compte de ce que j’étais en train de faire, j’ai frôlé la crise cardiaque. Toujours garder une part de mystère… Sa seconde question me pose problème par contre… ce que j’ai envie de faire ? Est-ce que « retourner dans le Rien » serait une réponse convenable ? Non… surtout pas pour lui… surtout pas après tout ce qu’il a fait pour m’assurer que je n’y retournerais jamais et que j’étais en sécurité avec lui. En plus il a raison… rien de bon n’est sorti du Rien… au contraire… alors pourquoi ? Je suis incapable de répondre à ça.

- Euh…

A part le Rien… qu’est ce qui pourrait bien m’intéresser là maintenant ? Je coule un regard discret en direction de la salle de bain. L’eau chaude… j’ai encore envie de la laisser s’enrouler autour de mon corps glacé et le réchauffer doucement… mais ça commence à être bizarre cette espèce d’obsession pour la douche… Alors je n’en parle pas.

- J’en sais rien… dormir toute la journée ?

Je fronce les sourcils… même moi je ne pense pas que j’en serais capable.

- Non… ça ne servirait à rien…

Je me mords la lèvre et baisse les yeux vers lui avant de poser ma main sur sa joue. J’ai envie de lui parler de tout ce qui me trotte dans la tête, mais je ne peux pas… il a assez de soucis comme ça. Une japonaise cinglée a fait irruption chez lui, il doit s’en occuper comme si elle avait deux ans… et puis l’eau se change en trucs bizarres à chaque fois qu’il la touche ou presque… pour lui aussi ça doit commencer à faire beaucoup.

- Tu fais quoi d’habitude quand tu ne travailles pas et que tu restes chez toi ?

Inutile de préciser que la simple idée de sortir de la rue me donne des aigreurs… je suis pas préparée à ça, déjà avant le rien j’avais du mal, alors maintenant…

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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Sam 3 Fév - 0:46

Elle n'a strictement aucune idée de ce qu'elle veut faire. Au fond, ce n'est pas si étonnant que ça. Après dix mois passés dans le Rien, elle a probablement oublié qu'elles étaient les différentes possibilités d'activités. Sa mention de dormir toute la journée arrache une demi-grimace à Ignas.

Meh... j'ai déjà l'impression d'avoir trop dormi hier. Mais si tu as encore besoin de repos, n'hésite pas à te recoucher.

Le temps qu'elle dorme, lui pourrait... se préparer un petit-déjeuner, pour commencer. S'entraîner... non, ça il ne s'y risquerait peut-être pas. Pour peu qu'Hiyori se réveille pendant son absence, il ne veut pas risquer de retrouver son appartement sans dessus dessous parce qu'elle l'a cherché partout. Mais finalement, la Japonaise se rétracte bien vite. Elle-même se rend compte que ce n'est pas vraiment une option viable.

Qu'est-ce qu'il fait, lui, pendant ses journées libre ? Le matin, il s'entraîne, mais il se voit mal proposer à son invitée d'aller faire les bras à la salle. L'après-midi... ça dépend. Il joue à la console, il regarde la télé... il glande, en gros. Vu la foule d'émotion par laquelle est passée Hiyori depuis la veille, une bonne vieille journée glande lui paraissait pas mal.

D'habitude, je reste rarement une journée entière chez moi. Avoue-t-il. Donc ce qu'on peut faire... plein de choses je suppose...

Il se redresse en position assise, et fait brièvement l'inventaire des options à sa disposition. La musculation, on oublie, évidemment. Sortir en ville, lui faire visiter Boston, pourquoi pas, mais elle allait avoir une sacré dégaine si le Lituanien devait lui prêter un pantalon. Si ils restaient à l'intérieur toute la journée... les activités étaient plus ou moins les mêmes que la veille au soir. Télé, console, manger, le barbu pouvait éventuellement ajouter jouer aux cartes.

Si tu veux, pour commencer, je peux préparer un petit déjeuner plus consistant qu'une tasse de café. Suggéra Ignas. Et puis après, on avisera, si tu préfères rester au chaud, mettre le nez dehors... A cette heure-ci, il doit pas y avoir grand chose à la télé, mais on peut toujours remettre un film, jouer... c'est comme tu le sens.

Bon, si aucun des deux ne prenait une décision, ils allaient rester longtemps au lit à se renvoyer la balle. Alors le garde du corps s'extirpa des draps pour se rendre à la cuisine. Il ne doutait pas qu'Hiyori le suive, mais il se tourna tout de même avant de passer la porte.

Tu viens ?

Cette fois, le Lituanien se mit lui-même derrière les fourneaux. Ce fut rapide, juste le temps de se préparer une omelette. Il en proposa à Hiyori, puis s'attabla pour manger. Pour le coup, il ne savait pas vraiment comme occuper une jeune femme qui revenait de dix mois d'isolation du monde. Avant, les otages qu'il libérait, on les envoyaient en thérapie. Sauf que là... c'était pas possible.
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Sam 3 Fév - 1:58

Je le suis immédiatement dans la cuisine, cramponnée à ma tasse de café fumante. Je secoue négativement la tête quand il me propose de l’omelette… je n’ai pas faim. Ceci dit je pense que c’est normal, aussi loin que remonte ma mémoire encore floue et incomplète, je n’ai jamais avalé autre chose que du café noir le matin au réveil… Je me laisse tomber sur une chaise en face de lui et je le regarde manger en silence. Je n’ai rien de spécial à dire, lui non plus… le silence s’éternise. Ce n’est pas l’un de ces silences gênants auxquels on peut se retrouver confronté par moment… non, juste un silence tranquille, paisible. On entend les bruits de la ville qui se réveille de l’autre côté de la fenêtre que j’essaie de ne surtout pas regarder. Contempler l’effervescence de l’humanité est au-dessus de mes forces.

Quand il a fini de manger, il met tout dans l’évier et fait la vaisselle ainsi que celle qu’il reste d’hier soir, celle que je n’avais pas terminé. Je m’approche de lui en lui tendant une tasse de café. J’ai déjà re-remplis la mienne et j’en ai vidé plus de la moitié. Le café… c’est la vie.

Et c’est à ce moment-là que j’entends du bruit au niveau de la porte… je n’ai pas le temps de me demander ce que ça peut être qu’elle s’ouvre en grand, et que trois hommes s’engouffrent dans l’ouverture en plaisantant entre eux. J’agrippe nerveusement la main d’Ignas et me cache à demi derrière lui, posant sur les intrus un regard à la fois surpris, timide et craintif. Ils se figent en nous voyant.


- Qu’est-ce que…

- Eh ben alors ? C’est pour ça qu’on sèche la muscu mec ? Tu l’as trouvée où celle-là ? Je croyais que tu devais pas sortir hier soir…

- Tu nous fais des cachoteries Ignas ? C’est pas bien joli tout ça… La petite oui par contre, belle prise mon pote.

Des amis à lui ? On dirait bien. Je vide d’un trait ce qu’il me reste de café et traine littéralement Ignas derrière moi pour rester en partie cachée par son corps. Hop ! Direction la cafetière… j’ai besoin d’une plus grosse dose de nectar des dieux pour supporter ça. Je remplis ma tasse pour la troisième fois, j’en renverse même un peu à côté. Ma mère a toujours dit « jamais plus haut que le bord Hiyori »… moi je considère qu’au plus il y en a, au mieux c’est. Je pourrais presque lécher le comptoir pour que rien ne se perde, mais ça ferait moyennement classe devant Ignas et ses amis. Du coup je passe l’éponge… c’est plus civilisé. Je leur adresse un regard timide en me demandant quoi faire et puis je soulève la cafetière.

- Euh… vous… vous voulez du… euh… du café ?
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Sam 3 Fév - 2:41

Le petit déjeuner se fait en silence. Pour le coup, Ignas n'ose pas reprendre la conversation là où ils l'avaient laissés hier soir. Parler du Rien de bon matin, il valait mieux éviter. Hiyori avait refusé l'omelette. De toutes façons, vu comme elle mangeait, il n'était même pas sûr de pouvoir lui faire avaler un blanc d’œuf.

Il devait être neuf heures du matin. Boston était déjà réveillé, et de temps à autres, le calme matinal était troublé par des bruits de klaxons ou la sirène des pompiers. Parfois Ignas se postait à la fenêtre et regardait les petites silhouettes s'affairer, telles des fourmis. C'était une occupation comme une autre.

Une fois son omelette terminée, Ignas se dirigea vers l'évier, prêt à faire la vaisselle. Une pointe d'appréhension le saisit. La moindre perspective d'un contact direct avec de l'eau le faisait craindre une catastrophe. Mais finalement, Hiyori lui offrit l'opportunité de repousser encore un peu cette tâche. Il n'aimait pas trop laisser la vaisselle s'accumuler dans l'évier, mais de toute manière, il allait aussi devoir laver la tasse à un moment où à un autre. Par contre, il ne buvait pas de café le matin. Il s'apprêtait à décliner poliment la tasse, en se disant que partit comme elle était, la jeune femme pourrait bien lui vider toute la cafetière, lorsque du bruit se fit entendre en provenance de l'entrée.

Les voix successives de Kennedy Garth, Johnathan "John" Redmond et Kevin O'Hannaigan résonnèrent dans son salon. Immédiatement, son invitée se cramponna à lui, tout en se cachant derrière son dos. Ignas voulut se frapper le front avec la paume de la main. Bordel, on était vendredi ! Et le vendredi, il s'entraînait avec ces trois-là, avant de finir au resto. Il avait été tellement occupé avec Hiyori qu'il avait complètement oublié ses partenaires de musculation.

Des trois, c'est avec Kennedy qu'il s'entendait le mieux. Ancien militaire tout comme lui, l'Américain mesurait un peu moins d'un mètre quatre-vingt, et était au moins aussi musclé que le Lituanien. Il était respectueux, poli et avait le sens du devoir. Les deux autres en revanche... si dans un contexte "entre mecs", ils pouvaient être hilarants, ils ne connaissaient aucune limite. Inséparables, ils avaient l'ambition pas si secrète de réussir à partager le lit d'une même dame à chaque fois qu'ils mettaient le pied dans un bar. Ce qui avait du arriver la veille...

John était le plus grand des deux. Coach sportif de métier, sa silhouette sculptée et sa chevelure toujours impeccable lui donna des faux airs de Patrick Dempsey. Quand à l'autre, il était un peu moins assidu à la salle, et donc un peu moins impressionnant. Irlandais d'origine, Kevin venait d'une famille d'ouvriers, et avait suivi la même voie. A force de porter des charges lourdes à longueur de journée, sa musculature s'était développée d'elle-même, mais il avait rejoint les trois autres depuis deux ans environ, pour harmoniser le tout. Mais son goût trop prononcé pour le whisky bas de gamme l'empêchait de maximiser ses gains.

Toujours était-il que la première question qui franchit les lèvres d'Ignas fut :

Comment vous êtes entrés ?

C'est pas important ça ! S'exclama John. T'es en retard pour faire les bras, mon gars !

Boarf, au pire on peut toujours se relayer pour soulever la petite derrière toi. Gloussa Kevin, fier de sa blague. Si Kennedy laissa échapper un soupir, Ignas ne l'entendit pas de cette oreille.

Un peu de respect, Kevin. Rétorqua-t-il sèchement.

Avec tout ça, tu nous a pas dit où tu te l'étais dégotée, ta petite douceur orientale.

Kevin. Stop. Cette fois, c'était Kennedy qui s'était manifesté. Ignas le gratifia d'un léger signe de tête. Dans son dos, sa main chercha celle d'Hiyori, pour tenter de la rassurer. Intimidée, cette dernière proposa du café aux nouveaux venus.

Non merci. Par contre, je veux bien un autre liquide...

Vous deux encore un mot de travers et vous aller perdre toutes vos dents une par une. Menaça plus franchement Ignas. Ayez du respect pour... ma copine.

C'était sorti tout seul, et lui-même se rendit compte que ce n'était peut-être pas la meilleure chose à dire. Enfin, il mettait sans doute Hiyori dans une position inconfortable, mais... il avait paniqué. Devançant les deux gros beaufs, Kennedy donna une tape dans le dos de l'ancien soldat.

Félicitations mon pote ! Ça fait combien de temps ? Comment vous vous êtes rencontrés ?

Voilà. C'était exactement pour cette raison que c'était pas une idée éclairée. Ignas allait devoir inventer un nombre de mensonge record en un temps record. Parce que très clairement, il ne pouvait pas dire qu'il avait rencontré la Japonaise la veille, après que celle-ci soit apparue spontanément en culotte dans sa chambre. Surtout cette dernière partie, qui n'aurait pas manqué de faire réagir John et Kevin.
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Sam 3 Fév - 3:10

Devant un tel étalage de classe et de finesse, je dois avouer que je me suis sentie un peu… débordée. Je jette un regard en biais à Ignas, me demandant comment un type aussi gentil et serviable que lui a pu se retrouver, au fil du temps, entouré par des amis qui ressemblent à ceux que mon frère ramène parfois à la maison quand il a six grammes dans chaque dent. Cela dit… mon frère est une perle… ses potes des gros porcs… Ouais non, ça se tient en fait. Je soupire, presque soulagée. Les mecs gras je sais gérer… c’est plutôt les types normaux que j’ai du mal à cerner en général. Enfin bon… dans tous les cas je me détends en sirotant mon café… et je m’étrangle avec en entendant la dernière réflexion de l’un d’eux. «Un autre liquide »… putain… digne de Jean-Michel Fin. Magnifique. La grande classe… Master Finesse… Le genre de mec avec une gueule aussi grande que sa queue est petite.

Et puis Ignas lâche une bombe. Cette fois-ci mon café m’étouffe et je tousse lamentablement en essayant de reprendre une contenance. Sa copine… ah ouais carrément. J’imagine qu’il fallait bien trouver une excuse. Mais je suis toujours choquée par l’autre fin… j’attrape quelque chose sur le plan de travail et je me glisse devant le mec en question avec un sourire d’allumeuse finie.


- Ouvre la bouche…

Évidemment il obéit, trop surpris pour penser à autre chose qu’à la paire de seins à demi révélée qui se balade juste devant lui, et je lui écrase l’éponge avec laquelle Ignas a nettoyé un peu de blanc d’œuf tout à l’heure sur le visage.


- Ça te va comme liquide ?

Puis, comme je suis lancée et que j’ai toujours plus ou moins réagi comme ça avec les crétins de potes de mon frère, j’insère sans la moindre délicatesse mon genoux entre ses cuisses pour lui administrer un peu de politesse… il se plie en deux et dégringole par terre, tenant son paquet comme s’il avait peur qu’il ne lui échappe, avec un gémissement douloureux. Comme ça maintenant je peux le regarder de haut.

- J’suis pas certaine que tu puisses soulever grand-chose maintenant… quel dommage…

Et puis je retourne à côté d’Ignas, affichant une expression de pure innocence. Je me hisse sur une chaise haute, reprends ma tasse de café et recommence à la siroter avec délectation tout en glissant ma main sur la nuque de mon « copain » pour faire plus naturel. Je me tourne vers le seul des trois hommes qui a l’air d’avoir un peu plus que de l’air et des culs dans la tête et je lui adresse un petit sourire gêné.

- On s’est rencontrés sur internet… je tiens un blog qui parle de différentes choses, il a laissé un commentaire, on a commencé à discuter… un jour je suis venue à Boston pour écrire un article, c’était il y a quoi… trois mois ? C’est ça mon cœur ?

Je souris à Ignas et lui embrasse la tempe.

- Du coup on est allés boire un verre… et voilà. J’ai dû rentrer mais je reviens plus ou moins régulièrement… on vient seulement de décider d’officialiser ça. Désolée, je lui ai fait une surprise en débarquant hier soir, je ne savais pas que vous aviez des plans pour ce matin…
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Sam 3 Fév - 3:43

Le moins qu'il puisse dire, c'est qu'Hiyori avait su s'adapter à la situation très rapidement. Et qu'elle avait du répondant. Kevin n'était pas très malin, alors il lui avait suffit de laisser entrevoir un petit peu de peau pour le piéger. La suite, c'était du blanc d'oeuf dans les yeux et un genou entre les jambes. Adossé à l'ilot central de sa cuisine, Ignas eu presque envie d'applaudir. Un large sourire se forma sur son visage, alors que sa "copine" reprenait place sur la chaise, son café à la main.

Celle là, tu l'as pas volé, Kevin.

Un peu inquiet pour l'état de son binôme classe et distingué, John s'agenouilla à son chevet. Parfois, le Lituanien se demandait si ces deux là ne finiraient pas un jour par passer une nuit ensemble. Puis il se demanda lequel des deux ferait la femme. Puis il se dit qu'avec ses racines de fier Irlandais, Kevin réprimerait à jamais ses penchants homosexuels. Quand on naissait beauf, on le restait jusqu'au bout.

Après techniquement, il pouvait toujours soulever des poids, c'était le jour des bras, pas le jour des... couilles. Ce serait bizarre si ça existait. Remarque, il y avait bien des salles de sport nudistes qui ouvraient leur portes en Europe, alors on pouvait s'attendre à tout... Il se demandait quand même ce que ça pourrait apporter de se muscler les parties. Pourquoi il pensait à ça maintenant, d'ailleurs ? Son esprit devait essayer de gagner du temps, pour ne pas qu'il ait à répondre à toutes les questions de Kennedy. Mais il était surtout en train de divaguer très loin du problème à résoudre.

Fort heureusement, Hiyori se révélait une excellente menteuse, doublée d'une bonne actrice. Sa main caressant sa nuque, ses lèvres sur sa tempe... on aurait dit un vrai petit couple.

C'est ça. Si je me souviens bien, c'était l'article qui expliquait toutes les astuces pour réussir son poulet teriyaki. Et puis quand on s'est vu, le courant est tout de suite très bien passé.

L'excuse de l'arrivée surprise lui enlevait également une grosse épine du pied.

Je ne m'attendais pas à te voir arriver hier soir, c'est pour ça que je vous ai pas prévenu, les gars. Ça vous aurait évité de faire un détour par ici avant d'aller à la salle.

Trois mois tu dis ? Grogna Kevin, en relevant la tête. C'est marrant dis-donc, parce que pas plus tard que le week-end dernier, on t'as tous vu partir avec cette grande blonde, type mannequin. Comment elle s'appelait déjà... Anna ? Ouai, je crois que c'est ça...

Ignas sentit son corps se crisper très vite. Kevin répondait au coup bas par un autre coup bas. Bien que cette affaire de couple avec Hiyori était tout ce qu'il y a de plus fictif, leur petit mensonge risquait de vite voler en éclat. L'orgueil irlandais était vraiment l'un des pires...

Non, rien à voir Kevin. Rétorqua calmement Kennedy. Je suis rentré avec eux ce soir-là. La petite tenait à peine debout, il l'a ramené chez elle.

Hiyori ne pouvait pas le voir, mais le regard que lança Ignas à son ami valait mille mot. Dans ses yeux, on pouvait lire en gros : "Mec, t'es un frère". Retrouvant rapidement sa contenance, il ajouta.

Elle a vomi par la fenêtre de ma caisse sur le chemin. J'ai du passer au lavage le lendemain. Je t'en avais parlé d'ailleurs, n'est-ce pas chérie ?

Tu lui parles des mannequins que tu raccompagnes mais pas de tes potes ? C'est vexant, ça, Ignas. S'offusqua John.

Mais bien sûr que je lui ai parlé de vous. C'est juste... elle ne s'attendait peut-être pas à ce que vous débarquiez à l'improviste, avec cette attitude là.

Il tenait bon, tant bien que mal, mais le barbu sentait bien qu'il marchait sur de la glace très fine...
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Sam 3 Fév - 4:36

J’ai failli lever les yeux au ciel. Heureusement que je lui ai dit que je bossais dans le domaine des jeux vidéo, de l’animation et du cosplay… y’a pas de recettes sur mon blog. Et j’peux pas en rajouter à la va-vite parce que sinon ma famille saura que je suis en vie. Enfin bon… je doute que ces mecs soient intéressés par les détails de toute façon. Du moins… pas ce genre de détails. Ça me stresse un peu de les voir ici quand même… j’ai déjà du mal à m’y retrouver quand je suis seule avec Ignas, alors là…

Et puis Jean-Michel Fin essaye de foutre la merde. J’ai senti la nuque de mon « mec » se crisper sous ma main. Ah ouais ? Alors comme ça on se tape des jolies blondes à la sortie des boîtes de nuit ? Toi tu t’entendrais bien avec mes frères. Pas forcément tous, mais les deux plus jeunes en tout cas carrément. Putain… je sais même pas quel âge a Ignas, où ce que bien être son nom de famille d’ailleurs. Je hausse les épaules.


- De toute façon je l’ai dit, on a décidé de rendre ça officiel il y a quelques jours… je me fiche de ce qu’il a bien pu faire avec d’autres filles avant ça du moment qu’à partir de maintenant…

Je lui ébouriffe les cheveux.

- Il n’est qu’à moi. Et je partage pas.

Hop, petit cliché de la fille jalouse mais pas trop, ça fait toujours son petit effet sur les « potes » en général de voir qu’une fille est bien accrochée à leur « bro ». Normalement ça respecte ça, même les gros dégueulasses… de toute façon, au pire, ils feront des réflexions vaseuses c’est tout, je doute qu’un mec comme Ignas s’entoure de gros lourds qui finissent par avoir des gestes clairement déplacés sur des filles qui montrent bien qu’elles ne sont pas d’accord.


- C’est cool en tout cas, tu restes combien de temps ?

- Je ne sais pas encore… environ une semaine ? On verra selon le boulot que j’ai à faire…

- Bon et bien on devrait fêter ça non ? On peut faire l’impasse sur la séance de musculation et se retrouver dans…

Il regarde sa montre.

- Deux heures au restaurant habituel, qu’est-ce que vous en pensez ?


Je suis prise au dépourvu. Merde… j’aurais dû dire que je repartais demain… quelle conne ! Prise de panique, je fais la première chose qui me passe par la tête et je réponds.

- Bonne idée !

Mais quelle conne mais quelle conne mais quelle conne mais quelle CONNE ! Merde merde merde merde merde merde merde merde !


- Super ! Bon, Ignas, tu nous sers un café finalement ? Après on vous laissera tranquilles…

Laissant Ignas gérer le reste, je descends de ma chaise en prétextant que je dois vérifier mes e-mails avant d’aller me vautrer sur le canapé avec l’ordinateur portable de mon « chéri chéri ». Si on doit bouger, il faut que j’ai d’autres fringues… et c’est pas ici que je vais en trouver. Mais il a dit qu’on était à Boston… dans les grandes villes américaines, tout se trouve, et tout se livre… je surfe un peu le temps de trouver des magasins de vêtements en ligne, je googlise histoire de trouver l’équivalence de ma taille aux États-Unis et je commence à faire un peu de lèche vitrine virtuel.

Étrangement, je me souviens du numéro de compte et des détails qui vont avec de mon jumeau… pas des miens. Bon… c’est grillé mais tant pis, j’enverrais un main à mon frère pour lui expliquer que je suis vivante, que je vais bien mais qu’il ne doit rien dire à personne, où même me poser de questions. Il obéira. Il sera trop content d’avoir de mes nouvelles pour chercher à pinailler avec des détails sans importance.

Heureusement que ma sœur m’a initiée de force à la mode féminine, sinon j’aurais acheté n’importe quoi et je serais passée pour la dernière des demeurées… là non. Bon alors d’accord, la mode chez moi ce n’est peut-être pas la même qu’ici, mais on s’en tape, je suis Japonaise merde ! Je prends donc le même genre de trucs qu’elle me force à porter quand j’accepte de sortir en ville avec elle : un leggins blanc, une jupe plissée noire qui m’arrivera à peu près au milieu des cuisses, un chemisier blanc un peu décolleté et moulant mais sans vulgarité aucune et une veste noire à capuche, doublée en polaire parce que vu la tenue des amis d’Ignas ça caille dehors… Après ça, j’achète également une paire de boots à talons (pas des talons aiguille, j’suis pas là pour jouer les SM en chaleur non plus) qui monte jusqu’à mi-mollet, un sac à main noir basique, tout simple, un porte clef peluche en forme de tête de panda parce que j’aime bien les pandas, un lot d’élastiques pour mes cheveux, quelques produits de beauté, une brosse à dents, du shampoing et du gel douche… après réflexion, j’achète aussi d’autres fringues « au cas où », des sous-vêtements, une autre paire de chaussures et un sac de voyage pour pouvoir tout fourrer dedans. Voilà. Comme ça, quoi qu’il arrive, je suis préparée.

J’envoie rapidement l’e-mail à mon frère en précisant que je l’aime plus que tout au monde et qu’il ne doit surtout pas parler de tout ça au reste de la famille jusqu’à que je sois prête à rentrer, je referme l’ordinateur et je reviens vers eux. Pas le choix… ma tasse est vide… Va me falloir beaucoup de sang-froid aujourd’hui, moi j’te l’dis…

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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Sam 3 Fév - 14:30

Hiyori balaye les doutes créés par Kevin sans sourciller. Pour le coup, Ignas la trouve vraiment conciliante. Le Lituanien n'avait jamais été en couple très longtemps, l'armée ne lui permettant pas de tenir une relation stable, la distance constante étant un problème. D'ailleurs, ça devait sembler sacrément ironique, vu que son "idylle" avec son invitée était sensée avoir débuter sur le net. Mais bon, lorsqu'il était en couple avec une fille, officiel ou non, il évitait d'aller voir ailleurs sous le simple prétexte qu'elle n'était pas dans sa chambre pour combler la moindre de ses pulsions. C'était d'ailleurs ce qui le séparait d'un John ou d'un Kevin.

Et comme on vient de l'expliquer, il ne s'est rien passé de toute façon. Je ne suis pas très partageur non plus. Ajouta le garde du corps, son bras enlaçant Hiyori à la taille.

Kennedy poursuivait avec les questions. C'était à la fois un vrai pote, qui s'intéressait réellement à la personne en face de lui et non à ses prouesses sexuelles, mais pour le coup, il risquait à tout moment de faire capoter toute leur petite mascarade. Le coup de grâce vint lorsqu'il proposa d'inviter la Japonaise au restaurant. Merde ! Et elle qui acceptait... Merde.

Super ! S'enthousiasma difficilement le barbu. Ca donnera une occasion à John et Kevin de faire une meilleure impression. N'est-ce pas ?

Sa dernière phrase, bien qu'interrogative, était totalement impérative. Ses deux amis, qu'il savait être de sacrés pervers, risquaient de vouloir se venger de l'affront fait par Hiyori. Alors les mettre en garde tout de suite était presque une question de survie.

La jeune femme les laissa entre eux, prétextant de devoir vérifier ses mails. Préservant l'illusion, Ignas lui donna un rapide baiser avant de la laisser filer. Puis il versa du café à ses trois compères, avant d'aller verser le reste dans la tasse d'Hiyori. Il avait cru déceler qu'elle aimait bien ce liquide là. Enfin, il retourna autour de l'ilot central... A voix basse, John et Kevin débattait de la taille de la poitrine de la jeune femme.

Un bon 85C je dirais, tu te fais pas chier mon salaud ! Annonça Kevin en voyant le Lituanien arriver.

Non, je dirais plutôt 85D. Renchérit John. En tout cas ils donnent envie.

Bon, ça suffit. Tous les deux, dehors. Et je vous jure que si vous faites ce genre de réflexion au resto, ça va faire mal.

Oh, c'est vraiment mignon. T'as pas vraiment la dégaine de prince charmant, mais tu en as l'esprit. S'amusa John, qui ne prenait pas la menace au sérieux.

Finalement, les deux ne finirent même pas leur café avant de s'éclipser. Plus poliment, ils redonnèrent rendez-vous aux deux tourtereaux, laissant Ignas soupirer. Kennedy, d'une nouvelle tape dans le dos, compatit en silence. Ils parlèrent de tout et de rien pendant une dizaine de minutes, puis son ancien collègue partit à son tour. Après avoir fermé la porte, non sans essayer de comprendre comment ses trois amis l'avaient ouverte, Ignas vint se laisser tomber à côté d'Hiyori. Elle pianotait sur les touches de son ordinateur, rédigeant un mail.

Tu contactes qui ? Demanda-il, curieux de savoir à qui sa "petite chérie" pouvait écrire alors qu'elle était portée disparue depuis dix mois. Puis une autre question vint supplanter la première : Attends, comment t'as trouvé mon mot de passe ?

Même s'il n'aimait pas le décryptage, l'armée lui avait quand même enseigné les rudiments du mot de passe ultra-sécurisé. Le sien faisait 16 caractères, minuscules, majuscules, chiffres, la totale... alors comment ? Cette faille scénaristique étant probablement appelée à ne jamais être résolue, le Lituanien passa au problème suivant. Hiyori n'avait aucun vêtement... ah non c'est bon elle avait déjà tout commandé, tout arrivait dans l'heure. Mais avec quel argent ? Elle se souvenait peut-être du numéro de sa carte bleu. Cette pensée le fit sourire.

Désolé... S'excusa-il. Je pensais pas les voir débarquer comme ça. Je voulais pas te mettre dans une position inconfortable avec cette histoire de couple. Alors qu'au final on se connaît à peine.

Il pouvait toujours décommander. Prétexter que lui ou Hiyori ne se sentait pas bien, trouver une excuse. En plus, le restaurant où ils avaient rendez-vous était rarement fréquenté par autres choses que des culturistes stéroïdés, d'autres mecs de la musculation, et encore d'autres mecs. Ramené une jolie demoiselle dans l'établissement allait provoquer quelques regards, c'était une certitude.

En plus les deux couillons vont encore être stupides. Ils vont essayer de chercher la petite bête, ça risque de tourner à l'interrogatoire... Maugréa-t-il dans la continuité de sa réflexion.

Si ils décidaient de se rendre au restaurant malgré tout, il allait falloir qu'ils soient capable de maintenir l'illusion. Si sur une rencontre impromptu, quelques petites attentions à des mensonges bateaux faisaient l'affaire, ça ne durerait pas un repas complet.

Tu m'as dit que tu avais... quatre frères et une soeur, c'est ça ? Que tu habites à Tokyo. C'est quand ton anniversaire ? Je suis sûr que c'est la première question que Kevin va poser...
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Sam 3 Fév - 23:40

Ils finissent par s’en aller et Ignas me rejoint pendant que je suis en train de répondre à mon frère après être allée reprendre du café. Ce mec est un rapide, il m’a toujours été… mail, PAF réponse… pfff, moi qui espérais qu’il serait en train de dormir c’est raté…

- A mon frère… j’ai utilisé son compte pour acheter quelques vêtements et les faire livrer chez toi alors j’étais bien obligée de le prévenir. Je lui disais de se servir sur mon compte pour combler le trou que j’ai fait sur le sien… je me souvenais pas de mon numéro de compte.

C’est vrai que je me servais tout le temps du sien… et qu’il devait fouiller dans mes affaires pour prendre mes codes et se servir du mien pour compenser… j’sais pas pourquoi on fonctionnait comme ça, je m’en souviens pas. Je lève les yeux vers Ignas.

- Mon frère est plus ou moins un pirate informatique, il m’a appris quelques trucs. Ça serait trop compliqué de t’expliquer comment j’ai fait maintenant… en plus je ne connais pas les termes techniques en anglais.

Je finis rapidement d’envoyer mon mail en galérant avec le clavier américain (DE MES COUILLES) pour écrire en japonais, puis je pose l’ordinateur sur la table basse et me laisse aller contre le dossier en poussant un soupir.

- C’est rien… il fallait bien trouver une excuse et celle-ci en vaut bien une autre de toute façon. Au moins leurs questions seront faciles. Inventer une autre raison pour ma présence ici aurait été nettement plus compliquée. Et puis j’aurais pu tomber nettement plus mal…

Un petit sourire étire mes lèvres.

- T’imagine si j’étais apparue chez ton ami amateur de liquides ?

Et puis c’est parti pour les questions d’ordre privé pour être sûr de ne pas dire une connerie quand ses potes poseront des questions…

- Ouais, quatre frères et une sœur, deux parents aussi… je suis née le deux mars, j’ai vingt-trois ans, je travaille dans le domaine du jeu vidéo, de l’animation et du cosplay… pas de la cuisine mais bon… ils vont pas vérifier… j’ai un frère jumeau et le plus vieux de mes frère et ma sœur sont jumeaux aussi.


On sonne à la porte… putain rapide, j’ai passé commande y’a à peine vingt minutes. Du coup je vais ouvrir en restant presque cachée derrière le battant de la porte, le livreur m’adresse un regard intrigué et dépose les sacs par terre dans l’entrée avant de s’en aller sans demander son reste. Ni de pourboire… ils sont biens ces livreurs… chez-moi ils te foutent pas la paix si tu leur donne rien…

Je prends les sacs et reviens m’installer sur le canapé pour les ouvrir et en sortir mes achats. Je leur jette un regard consterné. Décidément… j’aime pas être obligée de m’habiller correctement, une culotte et un t-shirt ça suffit… foutues normes sociales de merde… J’suis crevée en plus. Je sais que je viens de me réveiller… mais je suis crevée quand même. Et les amis d’Ignas semblent être le genre de personne qui fatiguent eux aussi… pfff… la journée s’annonce éprouvante.


- Et toi alors ? Raconte moi un peu qui tu es…
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Dim 4 Fév - 0:27

Donc son frère est doué avec les ordinateurs, ce qui lui a permis de décrypter un mot de passe parfaitement sécurisé en quelques secondes. Soit, il allait devoir se contenter de ça de toutes façon. Par contre, le fait qu'elle ait du contacter son frère pour lui prendre de l'argent... c'était bizarre. Il n'allait vraiment poser aucune question ? Ni en parler à personne ? Ignas se retint de pointer ça du doigt, décidant de faire confiance à Hiyori sur ce coup, mais tout de même. Quand une personne de ta famille disparaît pendant dix mois, sans laisser de traces, avant de subitement réapparaître... il imaginait mal quelqu'un se comporter comme si tout était normal, juste parce que sa sœur le demande.

Lorsqu'elle se demande ce qu'il lui serait arrivé si elle était apparue chez Kevin plutôt que chez lui, le Lituanien rit de bon cœur. Une jeune femme en t-shirt et culotte (mais surtout en culotte) qui débarque comme par magie dans sa chambre, c'était Noël avant l'heure pour son ami. Il se demanda brièvement si l'Irlandais aurait appelé John avant d'essayer de retirer les quelques vêtements de son invitée surprise. Probablement pas. Après le premier round sans doute.

Pour les questions, forcément, ils ont peu de temps. Pour le nombre de frères et soeurs, il s'est bien rappelé. Deux paires de jumeaux, et ben... c'était pas commun. Quand il se rend compte qu'il a onze ans d'écart avec Hiyori, il penche la tête sur le côté. Ça lui fait toujours bizarre quand il y a deux chiffres dans l'écart d'âge entre lui et une partenaire. Mais bon, au moins il ne découvrait pas subitement qu'elle avait seize ans.

La livraison était arrivé bien plus vite que prévue. Rarement le barbu n'avait vu de livreur aussi efficaces ! Tant mieux après tout, c'eut quand même été dérangeant d'arriver en retard sous prétexte que "Hiyori n'avait pas de vêtements". Vinrent ensuite les questions à son sujet. Dans un premier temps, il tenta de donner les informations les plus importantes.

Alors... je m'appelle Ignas Astrauskas. Je suis Lituanien, et j'ai 34 ans. Je suis du 7 novembre, et j'ai vécu toute mon enfance à Vilnius, la capitale. J'ai une petite sœur, Saulé, et deux parents aussi. Ma sœur est mariée, et elle a un gosse, Lukas. Avant de vivre à Boston, j'étais dans l'armée, les Forces Spéciales. Pas la peine que je te donne trop de détails là-dessus, au pire si Kevin pose une question je dirais que j'ai pas voulu parler de ça. Bref, je vis à Boston depuis 3 ans, et je bosse comme garde du corps.

Ça, s'était pour être sûr de ne pas se faire piéger bêtement. Maintenant, pour tout le reste, ils n'auraient pas le temps d'étudier en détail toutes leurs vies, pour être incollable sur tout. Mais d'un autre côté, ils n'en avaient pas besoin non plus. Après tout, ils n'étaient censés se connaître que depuis trois mois ? Qui tente de tout connaître de la vie d'un autre au bout de trois mois ? Personne de sensé en tout cas.

Ils passèrent le gros des deux heures à leur disposition à parler d'eux, de leur vie, de leur famille, de tout et de rien. C'était toujours bon à prendre, pour la complicité. Puis vint le moment de partir pour le restaurant. Hiyori avait pensé à tout le nécessaire en terme de vêtements, et le tout lui allait à ravir. A peine avaient-ils mis le nez dehors que les -3°C de Boston les fouettèrent au visage. Le Lituanien prit le bras de sa "chérie", et la guida vers le restaurant.

De l'extérieur, l'endroit ne respirait déjà pas le raffinement. La devanture était gris métallisée, avec marqué en grosses lettres rouges, éclairées par des néons : "American Bistro". Pas forcément le genre d'endroit où on s'attend à retrouver des adeptes de la musculation, mais l'établissement avait la particularité de servir des plats adaptés à tous types de diète. Il y en avait même pour les vegans, ces gens différents. Mais bon, il fallait être honnête, il y avait surtout beaucoup de viande.

Kevin, John et Kennedy étaient déjà là. Attablés au fond du bistro, à leur table habituelle, ils saluèrent le petit couple de la main.

J'espère que tu aimes la viande, Hiyori. Précisa John, au cas où la Japonaise n'avait pas déjà sentie l'odeur des protéines.

Kevin ouvrit la bouche pour ajouter quelque chose comme "si tu veux tu peux avoir ma saucisse en entrée", mais Kennedy et Ignas le fusillèrent du regard tellement fort qu'il décida de s'abstenir. Le serveur, qui les connaissait bien, s'approcha d'eux avec son calepin.

Messieurs, qu'est-ce que je vous sers aujourd'hui ?
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Dim 4 Fév - 2:50

J’essaye de mémoriser toutes les informations qu’Ignas me donne, mais j’ai du mal. Bon, à priori ils ne devraient pas m’interroger sur sa vie à lui, ils la connaissent… et au pire des cas, Ignas pourrait mentir s’ils posaient des questions sur moi auxquelles il n’a pas de réponses…

Bref. Je m’habille, je me passe un coup de brosse dans les cheveux mais finalement je ne les attache pas, c’est chiant, je me maquille vite fait comme mon frère le fait quand je dois sortir (oui… ma sœur choisi et achète mes vêtements, mon frère me force à les porter, à me laver, il me coiffe et me maquille… du coup je suis pas très douée pour le faire moi-même mais ça va, je me débrouille assez bien pour ne pas donner l’impression que j’ai mangé un rouge à lèvres et que j’ai essayé de m’enfoncer de l’eye liner dans les yeux. C’est déjà bien je trouve) et je m’habille avec les vêtements que j’ai commandé.

Comme il reste un peu de temps, je range vite fait les autres vêtements dans l’armoire d’Ignas au cas où les autres décideraient de se boire un petit digestif chez lui (ça a l’air d’être le genre de mec qui ne crache JAMAIS sur une bonne raison de se cuiter la gueule au point de ramper par terre en draguant le carrelage) et hop… on y va.

Se déplacer dans Boston est un supplice pour moi. Il y a des gens partout, du bruit, de la lumière, il fait froid, tout va à cent à l’heure… je reste accrochée au bras d’Ignas comme si ma vie en dépendait, il est pratiquement obligé de me trainer derrière lui comme un poids mort… un boulet…

On arrive enfin au restaurant, mais ça ne me soulage pas tellement. Je suis mal à l’aise au possible et en plus je dois éviter de le montrer, ses potes sont déjà là, à nous attendre. Ça sent la viande grillée et les frites trop frites, les épices… et la sueur quand on passe à côté d’une table où trois américains obèses plus cliché tu meurs sont en train de s’envoyer des hamburgers aussi gros que leurs culs. La graisse de la viande leur dégouline sur le menton et va s’échouer sur leurs t-shirts déjà bien tâchés par… je ne sais pas… leur précédent repas datant d’il y a une heure ou deux ?

J’ai envie de vomir. J’ai l’impression que toutes ces informations tournent autour de moi en une folle farandole d’odeurs, de couleurs et de sons… ça m’oppresse… En plus, tout ce petit monde parle anglais (forcément) et quand tout le monde parle en même temps comme ça, j’ai beau maitriser assez bien la langue, je suis complètement paumée. C’est très désagréable comme sensation. On dirait que tout ce qu’il y a de pire en Amérique s’est réunie dans ce restaurant pour fêter mon arrivée et me souhaiter la bienvenue en mode « HEY regarde, c’est comme ça qu’on est dégueulasse chez nous, ENJOY MEUF !!! WELCOME TO BOSTON SWEETY !!! »… Joie…

Quand on rejoint les trois amis de mon « copain », je me laisse tomber sur une chaise en gardant précieusement la main d’Ignas dans la mienne. Hors de question que je le lâche. Si je le fais, j’suis certaine qu’une horde de Kevin assoiffés de boobs vont se jeter sur moi et me frapper à coup de morceaux de viande rouge suintante, m’asphyxier à coup d’aisselles à l’hygiène discutable et me noyer dans des réflexions à la finesse plus que douteuse. Au secours… sortez-moi de là !!!

Je réponds un petit :


- Oui… j’aime la viande…

A celui qui m’a posé la question sans remarquer le sous-entendu ni la réflexion qui semble déjà brûler les lèvres d’Éponge-Man. Le serveur arrive, et je fais mine de m’absorber dans l’étude poussée du menu le temps de m’habituer à tout ce qui m’entoure. Je serre tellement fort la main d’Ignas que mes jointures sont blanches… je lui fais peut-être mal, mais ça ne traverse même pas mon esprit que je pourrais desserrer mon étreinte. Non… impossible…

Je finis par murmurer que je vais prendre une salade verte avec des coquillages dedans. C’est le truc qui m’a l’air d’être le plus normal. J’ai l’habitude de la bouffe japonaise moi, de la malbouffe aussi mais je sens que je serais incapable d’avaler un hamburger après la scène que j’ai vue juste avant…

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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Dim 4 Fév - 14:14

Même un aveugle serait capable de remarquer le mal-être d'Hiyori. Pour un trajet de dix minutes à pied, ils en mettent le double, la Japonaise accrochée au bras d'Ignas comme un koala s'accroche à sa branche. Le Lituanien culpabilise un peu de l'avoir entraîné dans tout ça. Il aurait du refuser le resto, appeler pour annuler. La jeune femme n'avait pas besoin de se coltiner John et Kevin en ce moment, et ces deux-là allaient encore être très lourds, malgré les rappels à l'ordre.

En plus de ça, le bistro était blindé de monde, ça sentait fort. En même temps, 12h30, ils débarquaient en pleine heure de pointe. Hiyori ne lâchait pas sa main, serrant très fort, bien plus fort que nécessaire. Si c'était pour jouer la petite amie qui ne voulait pas laisser filer son homme, c'était très réussi. Mais Ignas sentait bien qu'elle n'était pas au mieux de sa forme.

Après avoir commandé une assiette à base de dinde et de légumes verts, Ignas sourit au choix d'Hiyori. Kevin également rebondi sur ce choix.

Ah bah ça dit que ça aime la viande mais ça se contente de la verdure !

Kevin... gronda Ignas. Hiyori est libre de prendre ce qu'elle veut. Et "ça" ? Sérieusement ?

Jean-Michel Fin ne répondit pas. Lui par contre c'était fait plaisir, avec son burger à trois étages, supplément bacon et œuf. Même après la plus intense de ses séances, l'ancien soldat n'avait pas l'appétit pour avaler un truc pareil. Le temps d'attendre, Ignas décida d'ouvrir le bal des questions. Si ils orientaient la conversation sur ses amis, peut-être qu'il retarderait le moment où son "couple" serait sous le feu des projecteurs.

Du coup les mecs, vous avez fait quoi là, pendant deux heures ?

J'ai été faire les bras. Au final, le temps de rentrer chez moi et de revenir ici, ça valait pas le coup. Mais John et Kevin ne sont pas venus. Commença Kennedy.

On est allés... voir l'océan. Mais la vue n'était pas assez dégagée pour bien admirer. Expliqua John.

Ignas soupira. "Aller voir l'océan", dans le langage de ces deux-là, ça voulait dire "se promener sur les quelques plages et les quais en espérant trouver une jolie demoiselle à épier, voire à ramener à la maison". Et comme la vue n'était pas assez dégagée... ça voulait dire que la "pêche" n'avait pas été fructueuse. Ils faisaient ça depuis des mois, peut-être même des années. Le Lituanien serait presque admiratif de leur persévérance, si le but du jeu n'était pas de se rincer l’œil. Les mecs qui bavent sur les filles qui bronzent topless à la plage, il trouvait ça malsain.

Il discuta brièvement de musculation avec Kennedy. Son ancien collègue se montra admiratif de la ligne d'Hiyori, lui demandant si elle fréquentait une salle de fitness au Japon. Quelques années auparavant, il avait passé des vacances au pays du Soleil Levant. Une belle aubaine, car il adorait en parler. Il expliqua brièvement son admiration devant le quartier de Shibuya... avant d'être interrompu par John et Kevin. Eux devaient aller à Tokyo cet été, mais ce n'était pas que pour le tourisme.

Tiens Hiyori, tu va peut-être pouvoir nous aider ! Avec Kevin, on se demandait là où il y avait le plus de jolis demoiselles. Moi je pense que c'est à Akihabara, mais lui me dit Roppongi... toi tu viens de quel coin ?

Sans réfléchir, Ignas donna un grand coup de pied dans le tibia de John, avant de le fusiller du regard. Mais il n'eut pas le temps d'expliquer son geste que Kevin revenait à l'assaut.

Et toi du coup, champion ? Pour une raison qu'il ne comprenait pas, Kevin aimait bien l'appeler "champion". Tu comptes filer à l'autre bout du monde bientôt pour retrouver ta chérie ?

Il le voyait arriver de très loin, il allait tenter de faire remonter un autre vieux dossier. Mais Ignas ne se débina pas.

J'ai pas de date précise encore, mais c'est prévu pour bientôt oui. Peut-être que je ferais la surprise.

Puis, attirant Hiyori contre lui, il la prit brièvement dans ses bras, embrassant sa tempe. Dans le même temps, le regard qu'il jeta à Kevin visait à le dissuader de dire quelque chose de stupide.
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Dim 4 Fév - 23:04

Je dois avouer que jusqu’au moment où l’ami classe d’Ignas m’a adressé la parole, je n’ai rien suivi du tout de la conversation. J’étais occupée à rester concentrée pour ne pas me lever d’un bond et fuir en courant à travers la ville sans savoir où aller. Il me parle de certains quartiers de Tokyo, je lui réponds le plus gentiment possible pour ne pas donner à tout le monde l’impression que je me fais affreusement chier. Surtout que ce n’est pas le cas… j’ai juste envie d’être ailleurs, mais ça n’a rien à voir avec eux.

Et puis brusquement, le pote de l’homme-aux-liquides me pose sa question toute pourrie à propos des jolies filles. Je ne peux pas me retenir de lever les yeux au ciel. Je n’ai pas le temps d’ouvrir la bouche pour lui répondre, qu’il sursaute comme si quelque chose l’avait heurté sous la table. Et puis le gars Jean-Michel fin se met à poser des questions qui pourraient énerver une vraie petite amie jalouse si j’en avais été une. Je décide de faire comme si je n’avais pas saisi d’allusion potentiellement désagréable et je glousse comme toute bonne petite amie qui se respecte quand Ignas me serre contre lui. Ensuite, je regarde John.


- En fait, les plus jolies filles du Japon sont dans le quartier de Shinjuku… En plus, des mecs comme Kevin et toi pourrez trouver vraiment tout ce que vous voulez dans ce coin-là. C’est aussi actif de jour que de nuit, y’a des love hôtels un peu partout… y’a même un temple zen si tu veux prendre des photos et faire comme si notre culture t’intéressait…

Le serveur dépose ma salade devant moi avant de servir les autres. En voilà au moins un qui sait se comporter en gentleman. Je le remercie d’un hochement de tête en faisant bien attention à ne surtout pas lever les yeux pour le regarder. J’ai vu beaucoup trop de choses et de gens pour une seule journée, j’ai ma dose. Je reviens vers John.

- Et puis t’en fais pas…


Je lui fais un petit clin d’œil.

- Elles sont pas chères… entre 20.000 et 30.000 yen seulement, et encore, si tu n’es pas très regardant sur l’hygiène, tu peux en trouver des moins chères…

Et puis au moins, les putes savent comment gérer des gros lourds. Je n’ai pas envie d’imposer la présence de ces deux énergumènes aux filles de Tokyo. On est supposées être d’un naturel timide et réservé, ces deux crétins vont traumatiser toutes les lycéennes qu’ils croiseront si on les laisse faire…

Je m’empare de ma fourchette et porte la première bouchée de salade à mes lèvres avec beaucoup d’appréhension… injustifiée. C’est très bon. Vu le restaurant et ses clients, j’avais sincèrement peur que la qualité de la nourriture soit discutable, mais c’est vraiment bon. La salade a l’air frache, la sauce est très agréable et ça ne baigne pas dans l’huile. Je suis tellement surprise que je regarde Ignas avec un sourire sincère.


- Mmh ! C’est super bon ! Tu veux goûter ?


Sans même attendre sa réponse, je lui en mets un peu sur le bord de son assiette. De toute façon il va probablement devoir finir ma part, comme hier soir avec l’omelette. Ensuite, je pointe ma fourchette sur John et je continue, sur le ton de la conversation la plus banale qui soit.


- Ah oui, juste un détail, dans mon pays on a élevé la notion de respect vraiment vraiment très haut, pratiquement au-dessus de tout le reste en fait. La preuve… on a cinq degrés de politesse dans une conversation courante. Bref… si vous vous comportez au Japon comme vous le faites ici, vous risquez d’avoir des problèmes. Surtout à Shinjuku… les Yakusas détestent qu’on manque de respect aux filles…

Je recommence à manger tranquillement, comme si je ne venais pas pratiquement de menacer les deux amis de mon « petit ami » de leur envoyer des samurais peu scrupuleux s’il déconnaient avec les filles de chez moi.

- Mmh ! Décidément cette salade est un régal !

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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Lun 5 Fév - 22:39

Pour le coup, Hiyori lui vend du rêve. Même si elle semble toujours mal à l'aise, c'est avec beaucoup de calme et beaucoup de répartie qu'elle recadre John et Kevin. Si ces deux derniers semblent pendus à ses lèvres quand elle parle du quartier de Shinjuku, ils déchantent très vite quand ils comprennent que la Japonaise parle en réalité de prostituées. Fier Irlandais au sang chaud, Kevin prend très mal la pique, sans doute blessé dans son orgueil.

Et toi, tu prends combien ? Hein Ignas, tu paye combien pour son cul ?

Le sourire du Lituanien se dissipa, son regard se fit froid comme une lame. Même John semblait choqué des propos de son compère. Quant à Kennedy, il était comme bloqué dans le temps, les deux mains sur son hamburger, la bouche ouverte.

Kevin, premier et dernier avertissement. Annonça durement le garde du corps.

Ah ouai ? Tu vas faire quoi ? Continuer de te marrer pendant que ta meuf dont on a jamais entendu parler nous insulte à tour de bras ?

Étant donné que tu te comportes comme le dernier des cons depuis ce matin, c'est presque un miracle que tu t'en sois tiré avec "juste" un genou dans les burnes. Redescends très vite, Kevin. Prévint Ignas, sans faire étalage d'une quelconque agressivité.

Il restait tranquillement adossé sur son siège, la main d'Hiyori continuant de serrer la sienne plus que de raison. De sa main libre, il goûta la salade que la jeune femme lui avait donné. En effet, c'était très bon. La prochaine fois, il se laisserait peut-être tenter.

Tu avais raison, elle est vraiment bonne ! S'exclama-t-il avec un sourire pour sa "chérie".

Tu veux vraiment la jouer comme ça ? Vraiment ? Demanda John, qui commençait également à perdre son calme. Mec, ça fait quoi, deux ans qu'on se connaît ? On sait tous que tu as soulevé plus de gonzesses que Kevin et moi combinés...

Vu la manière dont tu parles, est-ce que c'est vraiment étonnant ? L'interrompit Ignas.

Tu veux jouer au mec en couple, tant mieux pour toi. Mais ta salope, là, va falloir que tu lui apprennes le...

Kevin, qui s'était levé, rouge de colère, n'eut pas le temps de finir sa phrase. Lâchant la main d'Hiyori pour la première fois depuis qu'ils avaient quitté son appartement, Ignas agrippa l'Irlandais par le col, et planta son regard à quelques centimètres du sien.

Appelle-la "salope" à nouveau. Vas-y. Essaye, juste pour voir.

Le silence s'était fait dans le bistro, tous les regards étaient sur eux. Les deux hommes avaient beau être tout deux en bonne forme, Ignas avait un avantage certain. Plus grand, plus en forme, plus entraîné... plus tout. Kevin le savait aussi, mais son orgueil d'Irlandais le poussait à ne pas reculer.

Les gars ! Les gars ! Vous connaissez les règles dans ce genre de cas !

Depuis le comptoir, c'était Kyle, le patron, jeune trentenaire à la chemise toujours repassée et aux cheveux plaqués en arrière, qui les interpellaient. Ignas soupira. Stupides amateurs de hockey sur glace. Plutôt que sortir les énervés ou de leur dire de régler ça dehors, le bistro encourageait les clients imbibés à se mettre sur la tronche. Les règles étaient simples : que les poings, pas d'objets, pas de coups bas, pas d'interventions extérieures, le premier mis au sol à perdu. Déjà, les obèses de la salle applaudissaient frénétiquement ce potentiel divertissement. Ne manquait plus que des parieurs s'invitent à la fête. Ignas toisa Kevin du regarde... et décida de se rasseoir. Ça n'en valait pas la peine. Mais l'Irlandais ne l'entendait pas de cette oreille. L'air confiant, il vint se placer dans le rectangle qui délimitait l'espace de "combat" et haranguait les autres clients.

Regardez moi ça ! Monsieur se lève pour défendre l'honneur de pute, mais lorsqu'il faut régler ça entre hommes, on dirait bien qu'il a oublié ses couilles !

L'ancien soldat laissa échapper un nouveau soupir. Il jeta un regard désolé à Hiyori. Elle n'avait pas besoin de ça, elle était déjà suffisamment mal à l'aise, traumatisée, en manque de repère, pour en plus avoir à gérer les gamineries d'un con. Même John ne comprenait pas.

Je... je l'ai jamais vu comme ça... On a bu un peu avant de venir, mais là il dépasse les bornes.

Au centre du bistro, Kevin continuait son petit numéro, insultait copieusement Hiyori et le reste du Japon pour faire bonne mesure, et provoquait Ignas. Passant un bras autour des épaules de la jeune femme, il vint déposer un léger baiser sur sa tempe, accompagné d'un murmure.

Je suis désolé.

Puis il se leva pour aller confronter Jean-Michel Fin.
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Mar 6 Fév - 22:45

Je ne m’attendais vraiment pas à ce que la situation dégénère à ce point. Je regarde les garçons s’énerver entre eux, surtout Ignas et Kévin, en laissant ma fourchette suspendue entre mon assiette et ma bouche. Mais qu’est-ce qu’ils me font ? Est-ce que c’est une tradition américaine que de se foutre sur la gueule dès qu’il y a un truc qui ne va pas ? Chez moi on a plutôt tendance à s’excuser platement… c’est plus civilisé de s’humilier soi-même en s’agenouillant devant quelqu’un parce qu’on l’a légèrement bousculé dans la rue sans le faire exprès. Enfin bon… J’imagine que c’est aussi le genre de moment où on voit bien les différences entre les cultures. Chez-moi on se rabaisse, ici on fait des concours de tailles de bites… chacun son délire hein…

Je ne sais pas trop ce que je suis supposée faire… m’excuser d’avoir heurter les sentiments d’un mec à peu près aussi gras que la bouffe qu’il avale ? Bof, j’ai pas vraiment envie… il méritait ce que j’ai dit… je ne m’attendais juste pas à ce que ça le vexe pour de vrai. Quand les potes bourrés de mon frère venaient à la maison, je finissais toujours par les remettre à leur place… mais ça partait plus en joute verbale agrémentée d’éclats de rires qu’en explosion de nerfs en fait… ça les amusait que je leur réponde comme ça, et ils savaient que c’était pas bien méchant. Peut-être encore la différence de culture…

Ils finissent même par se retrouver debout, l’un agrippant le col de l’autre… je voudrais pas m’avancer, mais si vous voulez mon avis… Kevin n’a aucune chance. Il a l’air d’avoir un peu trop picolé (dès le matin), et d’être un peu moins pourvu, niveau musculaire hein j’entends, que mon « chéri-chou d’amour choupichinounet à moi » (ouais, j’aime me foutre de la gueule des gentils petits couples avec leurs gentils petits surnoms tout nazes). Je soupire quand le fameux Kévin va se poster sur une espèce de lieu dédié à la gloire de la débilité. Décidément on est pas rendus. Bien que clairement pas intéressé, Ignas le rejoint… je décide alors de me lever pour aller calmer celui que j’ai visiblement castré avec quelques mots presque anodins. Je m’approche de lui pour aller lui coller un bisou sur la joue, lui faire un sourire et lui dire que je suis désolée d’avoir égratigné son petit honneur de mâle à la con… mais avant même que je ne l’atteigne, il recommence à me traiter de tous les noms. Il insulte mon pays, ses habitants etc…

Je lève les yeux au ciel en attendant que ça passe, mais brusquement, un mot fait mouche. Il m’a dit « Fille de pute » ça encore ça passe, originalité zéro, tout ça tout ça… mais subitement, un « sœur d’enculé » sauvage apparait au milieu de son monologue, et je vois rouge. On peut dire ce qu’on veut de moi, j’en ai rien à péter… mais pas mon frère, jamais !

Avant même qu’il ne réalise qu’il a visé juste, tout l’entrainement que j’ai reçu au lycée refait surface, et mon pied s’envole pour aller s’écraser sur son menton. BOUM. Il s’écrase par terre sous les éclats de rires de l’assistance. Il est sonné. Pas KO, juste sonné. Je ne prends même pas la peine de justifier mon geste. Je me détourne, les joues encore rosies par la colère, et je vais m’installer à table pour avancer dans l’ingurgitation de ma salade… au plus vite on aura fini de manger, au plus vite on pourra s’en aller d’ici.

Je remarque que Kennedy me fixe avec de grands yeux écarquillés.


- Quoi ? Il a insulté mon frère… j’adore mon frère…

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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Mar 6 Fév - 23:16

Bras le long du corps, air blasé et soupir constant, Ignas se traîne jusqu'à "l'espace de combat". Il n'a aucune envie de faire ça, mais Kevin a dépassé les limites de la décence depuis trop longtemps. Quand ils sont entre mecs, ses réflexions, bien que manquant cruellement de finesse, sont parfois marrantes. Mais là, l'Irlandais était méchant, raciste avec un petit coulis de sexisme pour donner du goût.

Les deux hommes se toisent, yeux dans les yeux. Kevin a envie d'en découdre, Ignas a envie de se barrer. Ce déjeuner est un fiasco, quoique... au moins personne n'a vraiment posé de questions sur son soi-disant "couple" avec Hiyori. C'était au moins ça de gagné... Mais en contrepartie, il allait falloir mettre un coup de poing. L'Irlandais était lent, fortement alcoolisé. Les choses ne prendraient pas longtemps. Il fit craquer ses doigts, l'air toujours aussi consterné. Il n'en revenait pas de faire ça.

Hé hé hé ! Pas d'interventions extérieures mademoiselle !

Hiyori s'était approchée d'eux, à la surprise des deux hommes. Kevin, une seconde décontenancé, poursuivit finalement son petit spectacle de finesse et d'allégresse. Les Japonnais, les villes japonaises, les mamans, les oncles, les tantes, le chien... et puis le frère.

Kevin ne le savait pas encore, mais il était déjà mort.

Le coup de pied d'Hiyori atteignit le menton de l'Irlandais avant même que celui-ci n'ait eu le temps de dire "Guinness". Techniquement, c'était une nouvelle infraction, mais face à un tel "spectacle", qui allait vraiment venir se plaindre ? Surpris, à la fois par la violence du coup que par sa rapidité, il s'effondra de tout son long sur le sol -graisseux- du restaurant, portant la main à ses lèvres pour vérifier qu'il ne saignait pas. Étrangement, lorsqu'il redressa la tête, ses yeux n'étaient pas injectés de sang. Il n'avait pas d'envie de meurtre, plus de velléités belliqueuses.

La fameuse technique du coup de pied dessaoulant ! Commenta Kennedy, son burger toujours dans les mains.

Incroyable. Ignas baise une ninja. S'esclaffa pour sa part John.

Le Lituanien, lui, considérait tour à tour Hiyori et Kevin. La première était retournée s'asseoir pour manger sa salade. Le second semblait encore hébété par le coup qu'il avait reçu. Jugeant qu'il était à peu près calmé, le garde du corps regagna à son tour sa place. Planté là, Kevin le resta encore une bonne trentaine de secondes. Puis, tête basse, l'air penaud, il se traîna jusqu'à la table, et laissa tomber sur son siège. Incapable de regarder Hiyori dans les yeux, il chuchota d'abord.

Je... je suis désolé.

Puis, à voix plus audible.

Je suis désolé. C'est... je sais pas... c'est bizarre pour moi. Ignas a une copine, en plus elle est trop bo... vraiment très jolie, et je sais pas... je suis jaloux sans doute. Je suis pas bien malin, je le sais, mais j'aurais pas du... bref, désolé...

Si Ignas n'était pas déjà assis, il serait sur le cul. D'une parce qu'il n'avait jamais vu Kevin, sobre ou non, prononcer des excuses à qui que ce soit. Ensuite car, lorsque son ami releva la tête, on pouvait distinguer l'humidité dans ses prunelles. Bordel de merde, Kevin au bord des larmes, cette journée n'avait aucun sens...
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Mer 7 Fév - 23:57

Je me fige, complètement choquée. Il est en train de… s’excuser ? Mais… mais pourquoi il fait ça ? Oh putain il a les larmes aux yeux en plus… est-ce que Kévin serait un gay qui ne s’assume pas ? Serait-il amoureux d’Ignas ?

- Euh… c’est pas si grave hein… t’inquiète…

Je m’en voudrais d’avoir mis fin à une idylle entre ces deux-là quand même. Si ça se trouve, Ignas est bisexuel et Kévin est son amant secret… je jette un coup d’œil à la dérobée à mon « copain ». Décidément on ne sait jamais rien des gens avant d’avoir fait la connaissance de ses amis. Peut-être même qu’il est complètement gay et qu’il était juste curieux de voir ce que ça donnait de coucher avec une fille… il faudra que je lui pose la question. Mais je vais attendre qu’on soit seuls tous les deux… comme ça, si j’ai raison, il sera moins gêné de l’avouer si ses potes ne sont pas là… et puis si j’ai tord… eh bien j’imagine qu’il sera tenté de me le prouver. C’est pas franchement une idée qui me débecte, je dois bien l’admettre.

Bref… pour en revenir à Kévin, je ne sais plus trop comment réagir. J’ai presque envie de lui faire un câlin… on dirait un chiot qui n’a rien bouffé depuis des lustres. Pauvre bête… Je pose ma fourchette et je lui tapote le sommet du crâne, maladroitement.


- C’est rien… tu sais, des fois, nos potes se trouvent des copines… ça ne veut pas dire qu’il ne nous aiment plus, c’est juste que… euh… ben… Enfin je sais pas moi, si un jour tu trouves une fille qui te supporte et t’apprécie assez pour rester avec toi plus qu’une ou deux nuits, tu seras bien content non ?

J’ai l’impression d’être un mec qui explique la vie à sa fille… très déroutant…

- Et puis pleure pas comme ça, y’a aucune raison… t’as insulté mon frère c’est tout, sinon j’aurais pas réagis comme ça… en fait j’avais l’intention de venir te faire un bisou pour que tu te calme à la base. C’est toi qui… enfin, c’est vrai que tu pouvais pas savoir…

Je soupire, je suis en train de m’embrouiller toute seule dans cette discussion à sens unique avec un gros musclé qui chiale comme une fillette parce qu’il a été méchant avec moi. C’est le monde à l’envers… j’en viens à douter d’être vraiment revenue dans le monde réel finalement… Ou alors peut-être qu’en Amérique, les hommes ont l’habitude d’étaler leurs sentiments comme de la confiture sur une tartine dégoulinante de mièvrerie… eurk… chez-moi, montrer ses faiblesses comme ça c’est comme s’humilier publiquement de manière volontaire… y’a que les masos pour se lancer dans un délire pareil…

J’essaye de changer de sujet en me concentrant sur ma salade.


- Euh… et sinon, vous faites quoi dans la vie ?

Ce faisant, j’adresse des regards désespérés à Ignas en mode « Mais aide moi putain ! ».
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Jeu 8 Fév - 1:25

En l'espace de deux minutes, Kevin est passé du mode "gros beauf prêt à se battre" au mode "gros chagrin". Ignas ne l'avait jamais vu comme ça avant, et ni lui, ni Hiyori ne surent vraiment comment réagir. La Japonaise tentait comme elle le pouvait de consoler l'Irlandais, mais un criant manque de tact rendait le message à la fois chaleureux et blessant. Un peu comme manger des lasagnes trop chaude. C'est bon mais ça brûle une seconde si on souffle pas avant. Là c'est pareil, Hiyori ne prend pas le temps de métaphoriquement souffler sur Kevin avant de lui enfourner des lasagnes dans la bouche. Cette métaphore est bizarre.

Et rassure toi Kevin, c'est pas parce que je sors avec Hiyori que je vais arrêter de vous voir ou de venir m'entraîner. Et puis maintenant, si on sort un soir, je pourrais faire wingman sans problèmes !

Cette proposition, sans doute alléchante pour l'Irlandais, passe néanmoins complètement inaperçu. Hiyori révèle son plan initial, et une lueur d'envie s'allume instantanément dans le regard encore humide de Kevin. Il hésite quand même une seconde, se mord la lèvre, mais finalement, il doit se dire qu'il a déjà touché le fond de toute manière.

Oh tu sais, si tu veux m'en faire un maintenant... Il lève les yeux vers la jeune femme, avant de fixer Ignas. Enfin si tu es d'accord, mon pote.

Ah mais tu fais ce que tu veux, chérie. Répondit Ignas en levant les mains, comme pour dire "c'est pas moi qui décide".

Finalement, Hiyori décide surtout de détourner la conversation vers un autre sujet. Son regard se fait suppliant, et Ignas comprend sans problèmes qu'il serait peut-être temps de reprendre un peu ce dîner en main. Pourtant, c'est Kennedy, sourire aux lèvres, qui fait semblant de s'offusquer.

Comment ?! On te laisse deux heures pour la briefer sur nous trois et tu omet ce point crucial ?

Manifestement, j'ai omis UN PAQUET de points cruciaux. Rétorqua Ignas en riant.

Ses trois amis donnèrent tour à tour leur occupation. Après avoir compris qu'Ignas n'avait pas vraiment présenté ses camarades à sa "copine", ils acceptèrent bien volontiers de raconter un peu leur vie. Au moins, ça permettait de ne pas orienter les questions sur le couple. Puis la discussion devint assez largement stérile.

Comme ton daron ! S'exclama John en donnant une grande tape dans le dos de Kevin.

Et comment je pourrais être là si c'était le cas ?

Je t'ai jamais dit que je t'aimais comme un fils ?

Éclats de rire d'Ignas et de Kennedy. Ça manquait toujours de finesse, mais quand les piques prenaient la forme de simple boutade, John et Kevin était l'un des duos les plus comiques que le garde du corps connaisse. Les deux hommes continuèrent à se chercher, parfois en ayant du mal à garder l'air sérieux. Puis John se tourna vers Hiyori.

Tiens, vraie question. Tu l'as dit tout à l'heure, le Japon a placé le respect au-dessus de tout. Du coup, ça vous arrive, entre potes comme ça, de sortir des blagues comme ça, bien grasses ?

C'est une invitation à participer ça. Faudrait pas que tu te sentes mal à l'aise, ni que tu ai l'impression de ne pas pouvoir sortir tes meilleures punchlines ! S'amusa Kennedy.

Passant son bras autour des épaules de la jeune femme, grand sourire aux lèvres. Lui aussi se sentait d'humeur à faire des sous-entendus.

N'hésite pas bébé, lâche-toi. Je sais que tu m'as déjà fait hurler... de rire.
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Ven 9 Fév - 1:35

J’avoue que le revirement de situation me fait bizarre. Je ne suis toujours pas franchement à l’aise au milieu de tous ces clichés d’américains qui se bourrent de gras et de trucs qui ressemblent à du bacon carbonisé. Les amis d’Ignas semblent s’être calmés et j’ai réussi à esquiver la question du bisou. Parce que non… j’ai pas franchement envie d’embrasser ce type…

Pendant qu’il commencent à s’échanger des civilités douteuses, je décide que c’est le bon moment pour faire mine de manger… je tape dans ma salade un petit moment puis je la glisse « subtilement » devant Ignas juste avant qu’il me prenne par les épaules. Ils veulent visiblement que je participe à leur petit jeu. Le pire c’est que je suis plutôt douée pour ce genre de conneries normalement… mais je me sens moyennement motivée, là, tout de suite. En fait j’ai une furieuse envie de prendre une douche… Seule. Enfin… presque… Si Ignas pouvait rester dans la pièce ça serait parfait.

Je me gifle mentalement… ce délire de ne pas pouvoir rester seule une minute va vite devenir fatiguant… et pour moi, et pour Ignas. Surtout pour Ignas… il n’a rien demandé le pauvre, et maintenant il se sent obligé de jouer les baby-sitter pour une étrangère bizarre traumatisée. Il est même forcé de me faire passer pour sa copine devant ses potes… je lève les yeux vers lui et lui adresse toute ma reconnaissance dans un sourire à la fois timide et tendre. Il est vraiment gentil… trop gentil. Un jour, ça risque de lui poser des problèmes, j’en suis certaine.


- Je… je crois que ça arrive oui. Tout le monde ne fait pas ça mais certains… je veux dire, ce n’est pas parce que la notion de respect est très importante que les gens ne savent pas s’amuser…

Je sais qu’ils ont envie de voir ce que j’ai dans le ventre… mais j’en suis incapable. Je suis fatiguée. Je dois avoir le même genre de regard humide que Kévin tout à l’heure. Genre petit chiot tristounet… sauf que chez moi c’est simplement de la fatigue. Heureusement, je peux tout mettre sur le dos du décalage horaire.

Le serveur passe et pose une carte des desserts devant moi… BIM, je revis. Je me décolle d’Ignas pour attraper la carte et me plonge dedans.


- Oh ! Vous avez vu ? Il y a du tiramisu ! Oh ! Et des glaces ! Et des tartes !

J’ai plus faim du tout… mais c’est des desserts… DES DESSERTS PUTAN !

- Ils ont même des salades de fruits, de la crème de marrons, des babas au rhum, de la marmelade ! Je ne sais pas quoi choisir !

Je regarde Ignas.

- Les desserts… c’est la vie.
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Ven 9 Fév - 2:55

Hiyori ne se sentait pas vraiment de jouer à qui serait le moins classe autour de la table. Les retournements de situation incessants, les changements d'attitude constants de Kevin, la fatigue à la fois physique et mentale qu'elle pouvait ressentir étaient autant de bonnes excuses. Le décalage horaire en était une autre. Quoi qu'il en soit, personne n'osa lui tenir rigueur de quoi que ce soit. Dans la joie et la bonne humeur, tout le monde finit son plat. Ignas eu même droit à une ration supplémentaire de salade. L'estomac de la Japonaise était toujours aussi étroit (et ce n'était pas le seul endroit).

Le Lituanien avait la sensation que son invitée pouvait s'endormir à tout moment, comme un enfant en bas âge fatigué par une longue journée qui se termine au McDo. Mais cette impression change du tout au tout lorsque le serveur amène la carte des desserts. Hiyori est à nouveau pleine d'énergie et d'enthousiasme, et Ignas doit faire un énorme effort pour ne pas avoir l'air aussi étonné que ses amis. L'amour de la jeune femme pour les desserts ne devrait pas lui paraître surprenant, étant donné qu'il est censé connaître la jeune femme depuis trois mois. Alors il se concentre pour produire son plus beau sourire amusé. Sa main vient tapoter le haut du crâne de sa "chérie".

Tu n'as qu'à en choisir deux. Un pour toi, un pour moi, et on aura qu'à partager si jamais tu n'arrives pas à finir.

Laissant le soin à Hiyori de choisir les douceurs, Ignas continua à discuter tranquillement avec ses amis. Ils commandèrent, reprirent la conversation, dégustèrent leurs dessert, puis le café. Et enfin, il fut temps de se dire à la prochaine, et chacun rentra chez soi.

Le temps dehors s'était rafraichit. Des nuages sombres cachaient le soleil, menaçant Boston d'une belle averse. Pourtant, personne dans les rues ne semblait s'en soucier. Gardant la main d'Hiyori dans la sienne, Ignas la mena à l'abri, chez lui. Plus d'amis envahissant à gérer, plus de blagues lourdes, pas de pluie sur le museau, et la promesse d'un café. Parvenus dans son appartement, le Lituanien mit la machine en marche, avant de sortir un petit verre à shot, et sa bouteille de vodka. C'était son péché mignon, un petit verre après le repas. Interrogeant Hiyori du regard, il demanda :

Tu voudras un verre, toi aussi ?

Puis il s'assit en face de la jeune femme, et laissa échapper un long soupir.

Et ben... il n'est que 14h et j'ai l'impression d'en avoir bien assez fait pour toute une journée ! Désolé pour tous les imprévus, je crois qu'on a tous été pris de court.

Il parlait à la fois de l'irruption du trio dans son appartement, du coup de genou dans l'entrejambe, de l'invitation au resto, de l'attitude détestable de Kevin, de son revirement de comportement... de tout en fait. Pour la Japonaise, qui était à peine sorti du Rien, c'était déjà sans doute trop. Pourtant, le garde du corps ne pouvait se départir d'un sourire.

Malgré tout... tu t'en es tirée comme une chef, "chérie".

Et alors qu'il servait deux tasses de café, Ignas adressa un léger clin d’œil à Hiyori.
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Ven 9 Fév - 10:03

Au final, après un temps presque indécent à choisir sur la carte, j’ai pris un tiramisu à la crème café et un gâteau au cœur fondant… au café. Super étonnant n’est ce pas ? J’ai réussi à manger au moins trois cuillères de chaque, du coup Ignas a pu les savourer autant qu’il l’a voulu. Après ça, j’ai commandé un café géant que je n’ai eu aucun mal à ingurgiter. Le café c’est différent, je suis presque certaine qu’on a un deuxième estomac réservé au café. Un estomac qui ne gère que ça, que le liquide divin que les dieux nous ont offert pour nous remercier de les vénérer et de leur ériger des temples et des statues. Merci les Dieux ! Franchement c’est génial de votre part. Le café, c’est le fluide de la vie ! Le liquide de la Nature ! C’est… je sais pas… merveilleux ?

Étrangement, j’apprécie sincèrement le trajet de retour vers son appartement. Il fait froid, mais je trouve ça revigorant en fait. Peut-être parce qu’il faisait froid dans le Rien pendant tout ce temps, peut-être simplement parce qu’après la chaleur quasi-étouffante du restaurant j’avais besoin de respirer un peu d’air frais… je ne sais pas vraiment mais je m’en fiche. Marcher, comme ça, en plein air avec quelqu’un à mes côtés est la chose la plus agréable (ou presque) qui me soit arrivée depuis un bon moment. Je suis presque déçue quand on arrive chez lui…

La sensation ne dure pas longtemps. Je suis contente de me retrouver au calme quand même, et puis même si je ne suis pas là depuis longtemps (loin de là), l’appartement d’Ignas est devenu mon havre de paix et de sécurité, en quelque sorte. Je pousse même un soupir de soulagement en passant la porte d’entrée. Le soulagement se transforme en sourire joyeux quand il appuie sur le bouton de la machine à café. Lui, il sait parler aux femmes… même sans mots. Du café, encore… joie !

Je hoche doucement la tête quand il me propose de la vodka. Ça fait longtemps mais je sais que j’adorais ça. Moins que le café hein… mais bon, même. Pendant qu’il nous sert, je passe dans sa chambre en laissant bien la porte grande ouverte. Après tout ce qui s’est passé aujourd’hui je devrais être capable de rester seule deux minutes non ? En plus je le vois de là où je suis et je peux poursuivre la conversation avec lui tout en retirant mes nouveaux vêtements. Être féminine c’est bien, mais c’est pas franchement confortable.


- C’est pas grave… c’était un peu fatiguant, mais ils sont pas bien méchants tes amis. Et puis les desserts au café étaient vraiment bons en plus.

J’enfile mon pantalon de pyjama tout neuf. Un truc large, doublé en polaire… un vrai doudou.

- Ça a rattrapé tout ce qui aurait pu être un mauvais souvenir.

Je fais passer le marcel d’Ignas au dessus de ma tête et l’enfile tranquillement. Ce truc m’a plu, je l’ai adopté. Voiiiiilà. Marcel, pyjama ultra confortable, pieds nus… j’enfile aussi un petit gilet en laine polaire à capuche plus parce que c’est doux qu’autre chose et je rejoins Ignas, fière d’avoir pu faire tout ça toute seule.

- Et puis je crois même que je me suis amusée. Même si être ta copine n’est pas de tout repos.

Je lui souris, amusée, puis me sers une tasse géante de café avant de lui en servir une normale.

- Dis, t’as un balcon ?
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Ven 9 Fév - 15:40

La chaleur et le calme de son appartement lui firent un bien fou. Plus de bruits parasites de voitures, de conversations, de mastication, plus de Kevin pour être schizophrène... et puis son canapé lui semblait être l'endroit parfait pour digérer les deux repas qu'ils venaient d'ingurgiter. Oui parce qu'Hiyori avait beau être pleine de bonne volonté (et de plein d'autres choses), elle lui avait quand même refilé la majeure partie de sa salade et de son dessert.

Elle avait beau avoir déjà bu un grand café au restaurant, la Japonaise semblait tout à fait disposée à en prendre un autre du même acabit dès maintenant. Dans un coin de sa tête, le barbu fut reconnaissant à la mairie de Boston de ne pas avoir placé un Starbucks sur le chemin du retour. Sinon il aurait sans doute perdu la jeune femme. Ou il aurait du la tracter loin de l'odeur du café moulu. Ce qui n'aurait pas vraiment été un problème, mais les gens dans la rue ce seraient sans doute posés des questions.

Il accompagna sa tasse de café d'un shot de vodka, qu'il descendit cul sec. En même temps que l'alcool, la totalité de son stress descendit le long de sa trachée. Ils avaient passé l'étape du restaurant sans se faire démasquer. Normalement, ils devraient être tranquille pour le reste de la journée. Hiyori semblait en tout cas n'avoir aucune intention de remettre le nez dehors. Alors qu'elle se changeait, Ignas ne put s'empêcher de l'observer quelques instants. C'était un peu creepy dis comme ça, mais au final, la jeune femme n'arrivait pas à rester seule plus de quelques minutes. Alors sentir le regard du Lituanien sur elle pouvait peut-être la rassurer. Ou alors l'ancien soldat pensait juste ça pour se donner bonne conscience.

Et dire que d'ordinaire, être ma copine dans un lieu public est la partie reposante... Lança Ignas en riant.

Lorsqu'elle lui demande si il possède un balcon, le tatoué désigne une petite porte, derrière la jeune femme. Si la totalité de la façade ouest de son appartement est recouvert par une baie vitrée, le balcon se trouve lui sur la face sud. Il est assez grand pour y installer trois ou quatre personne, et il offre une vue imprenable sur l'océan Atlantique. Combiné avec la baie vitrée, qui offre luminosité et vue sur la totalité de la ville, le Lituanien se trouvait dans une situation idéale.

Les nuages venaient de la mer, et étaient déjà passés par dessus son appartement. Aussi c'était un ciel bleu qui s'offrait leur vue. Il faisait toujours aussi froid, et Ignas se demanda si Hiyori n'allait pas attraper quelque chose avec ses pieds nus. Il laissa échapper un petit rire : il avait des inquiétudes de papa envers sa fille. Ou de grand-père envers sa petite fille. Et les réflexes qui allaient avec, puisqu'il posa un petit drap sur les pieds de son invitée. Assis chacun sur un des longs fauteuils qu'il gardait pour l'été, ils restèrent un moment silencieux, à déguster leur café.

Je suis content que tu sois tombée chez moi. Dit soudainement Ignas. Enfin, tu aurais sans doute préférée réapparaître directement chez toi...

Au fond, la vie d'Ignas était quand même assez triste. Il était seul dans ce grand appartement superbement placé, et il ne recevait pas souvent. C'était égoïste de sa part de souhaiter ça, mais il espérait sincèrement qu'Hiyori resterait quelques jours de plus.
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Ven 9 Fév - 16:42

Comme je ne comprends pas tout à fait sa réflexion, où que je préfère ne pas comprendre pour ne pas sourire bêtement, je me contente de hausser les épaules, puis de le suivre sur le balcon. Je m’installe sur une sorte de transat et je regarde les lourds nuages gris s’éloigner doucement au-dessus de l’océan. Y’a pas à dire… c’est une belle vue. D’accord, on entend les bruits de la ville et on voit des buildings sur les côtés, mais contempler une étendue d’eau infinie a quelque chose d’extrêmement relaxant. On reste là un moment sans rien dire en savourant nos tasses de nectar des dieux. Je repère de nouveaux nuages, encore plus sombres et plus lourds qui commencent à arriver au-dessus de nos têtes. J’entends l’orage qui gronde… ça me fait sourire.

Je regarde Ignas quand il parle et je mets un petit moment à comprendre sa phrase, j’étais partie trop loin dans la contemplation du paysage. Je souris.


- Non, je suis contente d’être apparue ici, chez toi. Si j’étais rentrée chez-moi directement je pense que j’aurais eu beaucoup plus de mal à gérer la situation… et puis t’as été parfait. Plus que parfait même…

Comment peut-il penser le contraire, il s’est occupé de moi alors qu’il aurait très bien pu me virer de chez lui à grands coups de pied au cul, il a géré mes peurs, mes paniques, il est resté avec moi à chaque instant alors que j’ai débarqué dans sa vie sans prévenir pour tout chambouler, il a même menti à ses amis pour m’éviter de devoir expliquer la situation…

- Je ne pourrais jamais assez te remercier pour tout ce que tu as fait, et que tu fais encore… Et ne me sors pas que n’importe qui aurait fait la même chose, c’est pas vrai… avant toute cette histoire, il y a une vieille française qui a débarqué chez moi de cette manière… j’étais bourrée, elle aussi… je me suis contentée de la faire s’installer sur un pouf et je lui ai proposé un join. On a même pas vraiment eu l’occasion de discuter qu’elle a disparu à nouveau. Mais à mon avis… j’aurais pas fait tout ça pour une parfaite inconnue.


Le bleu du ciel disparait progressivement, on dirait presque qu’il fait nuit maintenant… même les lumières de la ville se sont allumées. Je sens une goutte de pluie s’écraser sur le bout de mon nez et ça me fait éternuer. Je me lève, rentre dans la cuisine, pose ma tasse de café sur le comptoir parce que le café c’est sacré et que mettre de l’eau dedans ça serait pêcher, puis je retourne sur le balcon. Je m’appuie contre la barrière, le regard rivé sur l’océan qui semble commencer à s’agiter. Le vent agite mes cheveux. Il fait froid mais je m’en fiche, j’adore ce temps.


Je reprends la conversation là où je l’avais laissée comme si de rien n’était.


- T’es quelqu’un de gentil… essaye de faire gaffe à l’avenir, les gens aiment profiter de la gentillesse des autres, faudrait pas qu’ils te pompent toute ton énergie… tu vas finir par être épuisé.

Et puis la pluie se met à tomber plus franchement. En quelques instants, je suis trempée. Mais je m’en fiche, sentir l’eau froide couler sur mon visage, j’adore ça. C’est comme une douche qu’offrirait la nature. Je lève la tête et je ferme les yeux, un sourire rêveur flottant sur mon visage battu par la pluie. L’orage gronde de plus en plus fort et le ciel est déjà strié d’éclairs qui craquent bruyamment. Quand il fait un temps pareil, j’oublie tout ce qui m’entoure. A Tokyo, c’était quand les éléments se déchaînaient que je quittais le confort de mon appartement pour aller sur le toit avec mon frère, on passait parfois des heures à ne rien faire, l’un à côté de l’autre, à profiter de la pluie, des hurlements du vent, de l’orage… on adorait ça.
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