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 L'avènement du Rien... [Ignas]

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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Lun 29 Jan - 1:24

Ce n'est pas habituel pour Ignas d'être aussi maladroit, aussi nerveux. Mais rien dans sa situation actuelle n'est normal. Rien dans sa vie depuis un mois n'est normal. Alors ses doigts tremblent. Mais malgré tout, il garde le sourire. Parce qu'en tant qu'ancien soldat, il a vu pas mal d'otages, pas mal de victimes, alors il sait que pour leur bien, il doit rester positif. Parce que si lui laisse transparaître ses problèmes, ses doutes et ses peurs, devant des personnes qui viennent de connaître un traumatisme bien pire, il ne va rien arranger. Alors il lève la tête vers Hiyori, et il lui sourit. C'est pour ça qu'il s'était engagé dans l'armée, pour aider les gens, pour que son soutien, son sourire, permette à des victimes de retrouver leur sourire. Il referme le second bouton de la chemise.

Depuis un mois, sa vie a basculé. Il s'est retrouvé téléporté à trois reprises. Un peu plus tôt dans la journée, l'eau qu'il a touché s'est transformé en sang, puis en huile. Il a terminé la tête en bas. Mais ses problèmes semblent bien mineur comparés à ceux de la japonaise. Elle retrouvait le monde normal après dix mois dans une sorte de néant terrifiant. Plus de famille, plus d'attaches, plus de certitude. Ignas prendrait toutes les gravités capricieuses du monde plutôt que de devoir vivre ça.

Le front de la Japonaise entre en contact avec le sien. Ses mains passent sur ses avants-bras. Dans un souffle, elle le remercie, et le sourire d'Ignas s'élargit. C'est aussi pour ça qu'il s'était engagé. Pour voir ses efforts payer. Hiyori n'était pas tirée d'affaires. Les cicatrices du traumatisme étaient profondes. Mais si le garde du corps pouvait lui rendre le sourire, ne serait-ce que pendant un instant, ce serait déjà un grand pas en avant. Le plus dur dans les cas comme celui de la jeune femme, c'était d'oublier. D'une certaine manière, cette libération du Rien, c'était comme sortir de prison. Il fallait se réajuster au monde, à l'interaction avec d'autres gens. Les journées n'étaient plus dictées par un rythme strict et inaltérable. C'était une liberté à la fois agréable et oppressante. Quand on passait des mois à faire la même chose, jour après jour, on en venait à oublier toutes les autres possibilités que la vie offrait.

Tu n'as pas à me remercier. Ce que je fais, c'est simplement t'aider à aller mieux. Tu as vécus quelque chose d'atroce, alors le moins que je puisse faire, c'est faire de mon mieux pour être utile et agréable.

Leurs fronts étaient toujours en contact. Les mains d'Hiyori étaient toujours posées sur les bras d'Ignas. Ce dernier ne savait plus vraiment quoi dire. Il en avait oublié de boutonner le reste de la chemise de la jeune femme. Le vêtement était toujours négligemment ouvert, laissant apparaître la peau pâle de la japonaise, laissant deviner sa poitrine, que le barbu n'avait pu s'empêcher de regarder.

Il ne savait pas si c'était la bonne chose à faire. Après tout, elle avait raison, il ne la connaissait même pas. Ce n'était sans doute pas l'action "normale" à entreprendre, mais rien n'était normal aujourd'hui de toute façon. Alors Ignas approcha ses lèvres de celles d'Hiyori, et il l'embrassa. Doucement, tendrement même, brièvement. Il vint ensuite reposer son front contre celui de la jeune femme, et il la regarda dans les yeux. Il ne savait pas trop comment elle allait réagir. Au fond, lui-même ne savait pas pourquoi il avait réagit comme ça. Il en avait eu envie, simplement.
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Lun 29 Jan - 12:57

J’ouvre la bouche pour lui répondre que non, ce n’est pas « le moins qu’il puisse faire »… il ne me doit rien, au contraire, c’est plutôt moi qui lui suis redevable. Il m’a nourrie, il m’a donné à boire, il m’a laissé utiliser sa douche, il m’a prêté des vêtements, il m’a écoutée sans me prendre pour une cinglée… Mieux encore, il ne m’a pas foutue dehors à grands coups de pied au cul quand j’ai débarqué chez lui sans prévenir… alors que je suis une parfaite inconnue…

Seulement je n’ai pas le temps de répondre parce que ses lèvres se posent sur les miennes et qu’il m’embrasse tout en douceur. Sur le coup je ne réagis pas, je ne fais pas le moindre mouvement. Je ne recule pas brutalement pour lui coller une gifle magistrale, mais je ne lui rends pas son baiser non plus. Il y a une bonne raison à ça : j’en suis toujours à essayer de comprendre ce qu’il vient de faire. Pourquoi il a fait ça ? Je me souviens l’avoir déjà fait, avant, je me souviens à quoi ça servait : montrer à quelqu’un qu’on l’aime par exemple… mais ça ne peut pas être ça, il me connait depuis seulement un peu plus d’une heure. Je me souviens avoir aussi parfois fait ça dans le cadre de « relations » essentiellement charnelles… mais il ne donne pas l’impression d’avoir envie de me plaquer sur le lit sans me demander mon avis non plus…

Je ne sais pas… je ne sais pas et je m’en fous à vrai dire. Ce contact physique là m’a donné encore plus de chaleur que les autres, c’est tout ce sur quoi j’arrive à me focaliser pour le moment.

Il repose son front contre le mien et me regarde, comme s’il attendait une réponse à son geste. Quelle réponse ? Il n’a pas vraiment posé de question… pas verbalement en tout cas et je suis encore beaucoup trop brumeuse à l’intérieur pour comprendre les subtilités interrogatives d’un bisou sur la bouche. Je lui rends son regard… je dois avoir l’air complètement abasourdie avec mes yeux ronds et ma bouche en forme de « Oh ! Mais que vient-il donc de se passer oulala ? ».

Dans ses yeux je ne vois aucun tuyau… aucun couloir… Étrangement ça me manque. Par contre je lis beaucoup d’autres choses… je lis des questions, des réponses, de la douceur, de l’inquiétude, peut-être même un peu de peur… au final, ce n’est pas ce que j’y lis qui m’importe, mais le simple fait de lire quelque chose dans le regard de quelqu’un. J’ai de la compagnie, quelqu’un d’autre sur qui compter. Une autre personne est avec moi… Mes mains se mettent à trembler… j’ai tellement voulu ça pendant si longtemps que ça m’émeut terriblement en fait. Et j’ai tellement peur qu’il disparaisse, de me retrouver toute seule à nouveau… que je ne réfléchis pas.

Brusquement, je passe mes bras autour de son cou et me laisse tomber par terre devant le lit sur lequel j’étais assise pour être au même niveau que lui. Je me redresse sur mes genoux et l’attire contre moi en le serrant dans mes bras. Il est là, il est présent, vivant… sans attendre de voir sa réaction, je prends son visage entre mes mains et l’embrasse à mon tour.

Ça n’a rien de « doux », de « tendre » ou de « bref »… il n’y a aucune question dans ce baiser… seulement un besoin irrépressible de chaleur humaine. De sa chaleur humaine à lui, celui qui m’a sauvée sans même s’en rendre compte. Je l’embrasse encore, fébrilement, mettant de côté ces histoires de tuyaux, de couloirs, de moteurs qui vrombissent, de famille qui m’attend, de chemise pas fermée et de cheveux mouillés… Plus tard… je penserais à tout ça plus tard…

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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Lun 29 Jan - 22:32

Elle semble... plus abasourdie qu'autre chose. Pas de claque, pas d'éclat de voix, pas de nouvelle crise de panique sortie de nulle part. Juste... son regard, fixé sur celui d'Ignas, qui ne semble pas comprendre ce qu'il vient de se passer. Au fond, le Lituanien ne sait pas vraiment ce qu'il vient de faire non plus. Une pulsion, une envie et le voilà qui se retrouvait à embrasser une jeune femme dont il ne connaissait que le prénom.

Il l'avait fait, voilà tout. Est-ce que c'était la bonne chose à faire, est-ce que c'était la chose à ne surtout pas faire, tout ça, il n'en avait plus rien à faire. Il l'avait fait, parce que son cerveau lui avait dit de le faire. Il avait cru en son instinct. Alors il l'avait embrassé, et désormais, quelle que soit la suite, il resterait digne. Qu'elle le repousse, qu'elle l'attire à nouveau contre elle, ça ne le changerait pas. Il resterait le même Ignas, garde du corps barbu et tatoué. Il resterait là pour elle, pour l'aider à surmonter sa peur du "Rien", sa solitude, son anxiété. Il continuerait à être le meilleur hôte possible, quelle que soit la suite.

Brusquement, la Japonaise saute du lit, se retrouve sur les genoux d'Ignas, ses deux bras autour de son cou. Un nouvel échange de regard, bref, avant que la jeune femme ne rende au Lituanien son premier baiser. Les bras de l'ancien soldat passent autour de la taille d'Hiyori, tandis qu'il l'attire contre lui. Ses lèvres se pressent contre celles de la jeune femme avec plus d'ardeur. Leur baiser n'a plus la douceur de celui qu'il avait donné quelques secondes plus tôt. Il était désormais fougueux, indescriptible.

Alors, mettant à profit sa force -et le gabarit poids plume d'Hiyori-, Ignas soulève la jeune femme, sans cesser de l'embrasser, et la dépose à nouveau sur les draps défaits. Il ne tremble plus, il ne se pose plus de questions. Il vit simplement ce moment. Il emmène la Japonaise vers une position allongée, lui au-dessus d'elle, tandis que leurs lèvres s'entremêlent toujours. Le bras droit en appui sur le matelas, le bras gauche caressant la cuisse de la jeune femme, Ignas presse un peu plus son corps contre elle. Il fait passer la jambe droite de la japonaise dans son dos, la douce pression de celle-ci sur son dos le poussant un peu plus contre Hiyori.

Ses doigts viennent maintenant s'attarder sur le ventre de la belle. Habilement, bien plus habilement que quelque secondes plus tôt, Ignas déboutonne la chemise qu'Hiyori porte. Prestement, il écarte le tissu, et vient poser sa main sur le sein de la jeune femme. Ses lèvres, quant à elle, descendent dans le cou de la Japonaise, couvrant sa peau de doux baiser. Brusquement, le garde du corps se redresse, retire son t-shirt, pour revenir aussitôt poser ses lèvres sur celles d'Hiyori. Leur baiser dure encore plusieurs secondes avant que le Lituanien ne vienne poser son front contre celui de son invitée. Dans un souffle, il lui demande :

Est-ce que tu en as envie ?
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Lun 29 Jan - 23:09

Je ne pense plus à grand-chose pendant qu’il me serre contre lui et que nous continuons à nous embrasser l’un l’autre sans même prendre le temps de respirer. J’ai chaud. Pour la première fois depuis des mois, je sens tout mon corps se réchauffer brusquement. Pas comme quand j’ai rougis tout à l’heure, où c’était très ciblé sur la zone du visage, non… là j’ai chaud partout. Et ce n’est pas seulement dû à la chaleur corporelle qu’il partage avec moi.

Je finis par me rendre compte que nous ne sommes plus par terre quand je sens les draps dans mon dos. Je suis allongée sur le lit et il est au-dessus de moi. Nos lèvres restent soudées, son corps fait pression sur le mien et partout où il fait glisser sa main sur ma peau, j’ai l’impression de recevoir des petites décharges électriques qui augmentent encore la chaleur qui s’est emparée de tout mon être. Le rythme de ma respiration s’accélère quand il fait passer ma jambe autour de sa taille et je m’en sers pour l’attirer encore plus contre moi.

Quand il défait les boutons de la chemise qu’il m’a prêtée, je ne peux pas m’empêcher de remarquer qu’il semble beaucoup plus doué pour ça que pour les refaire. Ça me fait sourire, et puis sa main sur ma poitrine me fait subitement oublier ce à quoi j’étais en train de penser. Quand ses lèvres quittent les miennes, je laisse échapper un soupir de frustration… qui se transforme en soupir tout court au moment où il se met à embrasser la peau fine de mon cou. Ça m’électrise encore plus et cette fois c’est mon rythme cardiaque qui monte d’un cran.

Il me faut quelques instants pour comprendre ce qu’il me demande. D’abord parce que je n’étais pas concentrée sur sa voix mais plutôt sur les sensations que j’avais et sur ses mains parcourant mon corps, ensuite parce que je me demande pourquoi il me pose cette question. Mais finalement je souris et je hoche la tête avant de passer à nouveau mes bras autour de son cou, l’attirant vers moi pour sceller ses lèvres d’un nouveau baiser. Oui j’en ai envie. Ça m’empêche de penser, de réfléchir, ça réveille des sensations que j’avais oubliées depuis longtemps, ça réchauffe mon corps et ça me donne l’impression de me rapprocher vraiment de lui. Et ça aussi j’en ai envie.

Mes mains glissent le long de son cou, de ses épaules et de son dos tandis que mes baisers se font plus appuyés, plus fougueux, plus… impatients. J’aurais pensé qu’il me faudrait plus de temps pour me remémorer tout ça, mais en fait ça vient tout seul, comme si mon corps s’en souvenait et n’avait pas besoin de fonctionner en duo avec mon esprit pour ce genre de choses. Mes mains tirent légèrement sur son pantalon histoire de lui faire comprendre qu’il devrait retirer cet encombrant tissus qui me fait l’affront de se tenir entre nous, puis l’une d’elle vient appuyer doucement sur sa nuque. Je quitte ses lèvres pour aller lui mordiller le lobe de l’oreille avant de murmurer :


- Oui… vraiment envie…

Le simple fait de dire ça à voix haute, même si mon corps entier le hurle depuis le début, me fait rougir. Pas juste un peu de rose aux joues qui donne une allure toute mignonne et tout, non, moi je te parle du bon gros rougissement qui donne presque l’impression que t’as pris un méga-coup de soleil il y a quelques heures. Du coup j’enfouis mon visage contre son épaule, sous prétexte de déposer une pluie de petits baisers légers sur sa peau histoire qu’il ne s’en rende pas compte. C’est gênant de rougir… ça exprime la gêne… c’est forcément embarrassant… surtout que bon, j’suis presque à poil, je ne devrais pas être gênée pour ça…

Je me cambre légèrement en le serrant davantage pour augmenter la pression de son corps sur le mien. Je tremble à nouveau… mais cette fois, ça n’est pas du tout dû à la peur. J’ai oublié ma peur et ce qui la cause… pour le moment je ne pense à rien d’autre que lui
.
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Mar 30 Jan - 0:07

Un sourire, un hochement de tête, et Ignas est de nouveau collé à Hiyori. Débarrassé de son t-shirt, le Lituanien presse son torse contre la peau nue de la jeune femme. Cette dernière vient lui murmurer à l'oreille ce qu'elle lui a déjà confirmé sans le dire une seconde plus tôt. La sensation de ses lèvres son oreille le fait soupirer de plaisir. Sa main passe dans la cambrure du dos de la Japonaise, tandis qu'il la force doucement à se redresser. Négligemment, la chemise qu'elle portait encore glisse sur sa peau, pour venir tomber mollement sur le matelas. Ignas la jette rapidement derrière lui, avant de reposer la belle sur les draps. Leurs lèvres sont toujours en contact, et c'est maintenant sa langue qui vient chercher celle de la jeune femme. Les jambes de cette dernière sont autour de sa taille, tandis que ses mains descendent le long de son corps, tirant légèrement sur l'élastique de son pantalon, réclamant au garde du corps de se dévêtir.

Les mains d'Ignas explore la peau d'Hiyori. Elles s'attardent sur ses seins. Cette poitrine qu'il a déjà eu l'opportunité d'observer un peu plus tôt. Finalement, il n'avait pas été capable de chasser ses pensées érotiques bien longtemps. Il s'en amusa intérieurement, tandis que sa langue venait remplacer ses doigts sur les tétons de la jeune femme. Tout en retirant son propre pantalon, il s'occupa consciencieusement de la poitrine de la belle. Lorsqu'il fut lui-même nu, il poursuivit sa descente. Ses lèvres couvrirent la peau d'Hiyori de baiser. Lentement, il fit le tour de son nombril. Quelques gouttelettes, dernier résidus de la douche que la jeune femme venait de prendre, perlaient encore la peau de cette dernière. Ignas l'en débarrassa, grâce à plusieurs coups de langues.

Il désire Hiyori. Tout comme depuis son apparition dans sa chambre, il désirait être utile, être un bon hôte. Maintenant, tout son esprit était dédié à être un bon amant. Il déposa ses lèvres sur l'intérieur des cuisses de la Japonaise. Il embrassa lentement cette peau nue, puis retira à Hiyori son caleçon. Ce caleçon qui lui appartenait. Ce même caleçon qui venait de finir par terre. Désormais, tout deux étaient complètement nus. Agenouillé, son visage entre les cuisses de la jeune femme, son souffle vint poser les premières caresses sur la partie la plus intime de son anatomie.

Il n'y avait pas de poils. Tout comme elle n'avait pas outrageusement maigri après dix mois sans se nourrir, la pilosité d'Hiyori ne s'était pas sur-développée. C'était comme si son corps avait passé dix mois en stase. C'était peut-être ça le "Rien" ? Mais à l'instant, ces pensées néfastes étaient très loin dans l'esprit d'Ignas. Sa main gauche se posa sur la taille de son amante, avant de glisser vers ses fesses. Sa main droite chercha la main de la jeune femme pour entrelacer leurs doigts. Sa langue, elle vint se poser sur l'intimité de la Japonaise.

Pendant plusieurs minutes, le garde du corps n'eut rien d'autre en tête que le plaisir de sa partenaire. Sa langue, habile, courrait sur l'intimité d'Hiyori, s'attardait sur son clitoris, tandis qu'un de ses doigts, puis un second vinrent lentement pénétrer la jeune femme. Son cunnilingus provoquait des soupirs, des gémissements, elle était réceptive. C'était tout ce qu'il désirait. Il resta longtemps ainsi, entre les cuisses de la Japonaise. Puis, aussi lentement qu'il était descendu, il remonta. Ses lèvres firent à nouveau le tour du nombril de sa partenaire. Sa langue et ses mains vinrent à nouveau se poser sur sa poitrine. Et enfin, ses lèvres et sa langue retrouvèrent celles d'Hiyori.

Leur baiser fut à nouveau fougueux, passionnel. Le désir d'Ignas ne faisait que grandir. Alors, il saisit la Japonaise à la taille, et bascula sur le dos, l'invitant à venir sur lui quelques instants...
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Mar 30 Jan - 0:36

Même si depuis le début mes pensées se perdent rapidement, c’est quand il me débarrasse de la dernière barrière de tissus que les choses commencent à s’accélérer. Mes pensées, mon rythme cardiaque et mon souffle s’affolent, je glisse l’une de mes mains dans ses cheveux pour l’encourager à poursuivre ses explorations… ce qu’il fait… prodigieusement bien en plus… mon cerveau s’éteint. Il ne reste plus que les sensations qu’il me fait ressentir : le plaisir, l’impatience, la frustration parfois, et puis de nouveau le plaisir… et puis il arrête. Je laisse échapper un petit gémissement déçu, mais il revient m’embrasser et j’oublie à nouveau tout le reste. Ce baiser m’embrase littéralement… j’ai envie de plus… beaucoup plus…

Encore une fois, il me soulève comme si je ne pesais pas plus qu’une plume, et je me retrouve à califourchon sur lui. Je n’ai qu’une seule envie, sentir sa chaleur jusqu’au plus profond de moi-même… mais je me souviens quand même de quelques trucs, et il mérite que j’utilise un peu ma mémoire.

Je me penche pour l’embrasser. Longtemps. Fougueusement. Je laisse glisser mes mains sur son visage, sur son torse… ma bouche descend sur sa gorge et je le mordille très légèrement avant de descendre jusqu’à son ventre en déposant sur sa peau une série de baisers si légers qu’ils doivent plus le chatouiller qu’autre chose. Et puis je descends… plus bas. Plus au sud… Dans mes souvenirs, j’étais assez douée pour ce genre de choses… alors je m’en donne à cœur joie pendant un bon moment. Jouer un « solo de clarinette », comme le dit mon grand frère pour avoir l’air plus classe en parlant de ce genre de pratiques, m’a toujours donné l’impression d’être une musicienne virtuose. Et puis les réactions d’Ignas me prouvent que je n’ai pas oublié comment faire plaisir à un homme. C’est déjà ça de gagné.

Quand je sens que j’ai réussi à attiser son désir bien au-delà de mes espérances, je laisse son membre tranquille pour remonter lentement sur lui et aller l’embrasser dans le cou et mordiller son lobe. Je retourne ensuite kidnapper ses lèvres, caressant sa langue de la mienne tout en ondulant inconsciemment sur son corps… et puis, sans lui laisser le temps de changer d’avis (on ne sait jamais après tout), je nous lie l’un à l’autre de manière plus… physique… plus interne…

Je reste comme ça quelques instants, sans bouger, savourant l’instant en plantant mon regard dans le sien… puis je commence à bouger, à monter et descendre sur lui en me mordillant la lèvre inférieure pour essayer de retenir mes gémissements… Je continue comme ça un certain temps, accélérant rapidement le rythme de mes mouvements, mais mon corps n’est plus habitué à une activité physique aussi intense et mes jambes commencent à trembler.

Au final, je me laisse tomber sur lui avant de rouler sur le côté, l’invitant à reprendre sa position initiale pour continuer cette… euh… conversation extrêmement intéressante…

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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Mar 30 Jan - 1:23

Alors qu'il se retrouve sur le dos, Ignas admire quelques instants le corps nu d'Hiyori, assise sur lui, son intimité posée sur son membre de plus en plus dur. Ses mains descendent doucement le long du dos de la jeune femme, pour ensuite venir se poser sur ses fesses, pendant que cette dernière se penche à nouveau sur lui pour l'embrasser. Le goût de ses lèvres est exquis, leur baiser dure longtemps, leurs langues se cherchent, leurs mains explorent le corps de l'autre, et le désir continue de grandir. D'autant plus lorsque la Japonaise commence à son tour à poser ses lèvres le long du corps du Lituanien. D'abord dans son cou, puis de plus en plus bas, tandis que ses lèvres ne font qu'effleurer la peau tatouée du garde du corps.

La main d'Hiyori se referme sur son sexe, bientôt suivi de ses lèvres et de sa langue. Elle sait comment s'y prendre. Et elle est très doué. Très vite, Ignas ne peut retenir des soupirs de plaisir, qui deviennent même des gémissements lorsque la langue de son amante passe sur un point plus sensible. La fellation dure longtemps, et l'ancien soldat sens son membre se durcir, alors qu'Hiyori continue de s'affairer, tout en le regardant de temps à autres dans les yeux. Le barbu se redresse sur les coudes pour admirer son amante dans son œuvre. Aussi, lorsqu'elle revient à sa hauteur pour poser ses lèvres sur les siennes, toute autre pensée est si loin dans l'esprit d'Ignas qu'il ne pense plus qu'à offrir à sa partenaire le plaisir qu'elle vient de lui donner.

Leur baiser continue, tandis que l'intimité d'Hiyori glisse sur la colonne de chair d'Ignas. Finalement, son sexe pénètre la jeune femme, leur arrachant à tout deux un long soupir de plaisir. Leur regard se croise, dans cette position, la plus intime qui soit. Et puis la Japonaise commence à onduler sur lui. D'abord lentement, sensuellement. Puis plus rapidement, plus sauvagement. Son souffle s'accélère, tandis qu'Ignas suit le rythme imprégné par les hanches de sa belle. Ses mains explorent frénétiquement la peau de son amante, la couvre de caresse. Plusieurs fois, il se redresse pour poser ses lèvres sur celles d'Hiyori, ou sur ses tétons qu'il a prit tant de plaisir à lécher.

Puis vient son tour de reprendre le dessus. Doucement, alors qu'il se place au-dessus de la jeune femme, Ignas la pénètre, jusqu'à la garde, tout en l'embrassant langoureusement. Il débute alors de lents va-et-viens, amples, ressortant presque intégralement son sexe avant de replonger dans l'intimité de la Japonaise. Puis, il accélère progressivement le rythme, ses doigts entrelacés avec ceux de la jeune femme. Leurs ébats se font plus sauvage, les jambes d'Hiyori viennent se placer autour de la taille d'Ignas, attirant ce dernier au plus près de sa partenaire, qu'il désire combler à tout point de vue. Longuement, il l'embrasse, langoureusement, fougueusement. Il vient à son tour lui mordiller le lobe de l'oreille, déposer des baisers sur toute la surface de son cou, avant d'inlassablement revenir à sa bouche. Leurs langues entremêlées étouffent leurs gémissements respectifs.

Ils restent dans cette position jusqu'au bout, aucun des deux ne ressentant le besoin de changer. En missionnaire, Ignas embrassait continuellement Hiyori, tout en lui faisant l'amour avec ardeur. La pression de leurs doigts entrelacés se fit plus forte, alors que l'intimité de la jeune femme se resserrait autour du sexe du Lituanien, qui se répandit en elle, dans un ultime gémissement de plaisir.

Il ne se retira pas immédiatement. Toujours connectés à Hiyori de la manière la plus intime qui soit, Ignas embrassa longuement la jeune femme. Lorsque enfin, il vint s'allonger à ses côtés, il la prit instinctivement dans ses bras, et déposa quelques baisers sur son front. Il venait de vivre un moment plus qu'agréable, et la présence de la Japonaise à ses côtés, dans son lit, ne lui semblait plus aussi invraisemblable qu'une heure plus tôt...
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Mer 31 Jan - 18:52

Il me faut un moment pour retrouver un rythme cardio-respiratoire normal. Je garde les yeux fermés, appréciant ses bras autour de moi qui me donnent l’impression que rien de désagréable ne peut m’arriver. La tête posée sur son torse, j’écoute le battement régulier et rassurant de son cœur qui cogne en lui… je me sens… je ne sais pas… paisible ? C’est troublant. Pas désagréable, loin de là, mais troublant… ça fait très longtemps que je ne me suis pas sentie comme ça. Et du coup, je finis par m’endormir.

J’ignore combien de temps je suis restée plongée dans le sommeil, mais quand je finis par me réveiller, c’est en me redressant d’un coup. Je regarde autour de moi d’un air paniqué. Tout a changé… où sont les tuyaux ? Où sont les murs en métal ? Où sont les couloirs, les croisements réguliers ? Où est passé le ronronnement à la fois flippant et rassurant qui ne s’arrête jamais ? A la place il y a des murs normaux, une armoire, des draps défaits, des vêtements par terre…

Et puis ça me revient. Ah oui… la porte que j’ai ouverte m’a ramenée dans le « monde normal ». Je grimace légèrement, je ne suis plus très sûre de ce qui est normal ou pas à vrai dire. J’entends une respiration près de moi et je réalise que quelque chose fait pression sur ma cuisse. Je baisse les yeux… Ah oui… Ignas. Je soupire de soulagement. La pression sur ma jambe, c’est juste son bras… il devait être posé sur moi et quand je me suis redressée, il a glissé… il dort. Je mets encore quelques instants à faire le point et à me souvenir des dernières heures… du coup je rougis copieusement…

Je déplace son bras le plus délicatement possible pour ne pas le réveiller… j’ai soif. Soif et faim. Je me lève, enfile à nouveau le caleçon que je lui avais emprunté ainsi que la chemise, et je me dirige vers la pièce dans laquelle il y a des verres et un évier. Ah oui. Cuisine… la cuisine. Mais au moment de passer la porte je me fige… là-bas, je serais toute seule… Mais j’ai vraiment soif, et je me sentirais complètement idiote de réveiller Ignas juste parce que j’ai envie d’un verre d’eau.

Je prends une grande inspiration, je précipite dans la cuisine le plus vite possible en gardant les yeux bien rivés sur mon objectif, j’attrape un verre, je le remplis d’eau, et je cours à nouveau jusqu’à la chambre en refermant la porte derrière moi en essayant de ne pas faire trop de bruit. Je me laisse glisser contre le mur, à l’endroit précis où je suis apparue il y a quelques heures, et je m’assieds par terre pour reprendre mon souffle et calmer les battements hystériques de mon cœur. C’est bizarre cette peur incontrôlable… De quoi est ce que j’ai peur exactement ?

Je sirote mon verre d’eau en réfléchissant à cette question, même si je suis déconcentrée par des pensées telles que « Ouah… c’est vachement bon l’eau » ou encore « Putain ce que ça fait du bien de boire ! ». Est-ce que j’ai peur d’être toute seule ? Oui. Plus que tout. Est-ce que j’ai peur du Rien ? Oui, ça c’est évident. J’ai même tellement eu peur quand j’y étais que j’ai dissocié mon corps de mon esprit pour mieux pouvoir l’éteindre… Est-ce que j’ai peur d’y retourner ? C’est évid…….. non en fait, c’est pas si évident que ça… Je fronce les sourcils en tournant et en retournant cette question dans ma tête. Pourquoi est-ce que je n’ai pas si peur que ça s’y retourner finalement ? Pire que ça… pourquoi est-ce que je ressens cette étrange envie d’y retourner ?

Je secoue la tête. C’est impossible… comment pourrais-je avoir envie de retourner là-bas hein ? C’est ridicule… j’y ai passé des mois horribles… je vais mettre des lustres pour m’en remettre… pour réapprendre à vivre normalement, à apprécier le silence pesant qui me donne l’impression d’avaler tous les bruits et de devenir de plus en plus épais autour de moi… à voir toutes ces choses, tous ces objets, sans me dire qu’il y a trop d’informations à prendre en compte… Pourquoi est-ce si compliqué ? Pourquoi est-ce que j’ai l’impression d’avoir envie que ça redevienne simple comme un ronronnement de moteur et des couloirs vides ?

Je frémis. « On » m’a fait quelque chose là-bas, j’en suis sûre… sinon comment aurais-je survécu ? Je n’ai pas eu de rêve bizarre comme ces deux autres fois où j’aurais dû mourir… rien… juste rien… alors pourquoi ? Pourquoi suis-je vivante ? Pourquoi m’avoir gardée prisonnière pendant tout ce temps ? Je veux savoir, je veux comprendre… parce que sinon, ça n’a aucun sens… et si ça n’a pas de sens, rien d’autre n’en a…

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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Mer 31 Jan - 22:44

Toujours nu, Ignas garde Hiyori dans ses bras. La tête de la jeune femme sur son torse, sa respiration sur sa peau, le silence... Le tableau est tellement paisible que le Lituanien n'ose pas bouger. Contre lui, la Japonaise a fini par s'endormir. Après tout, pourquoi pas. Alors il ferme les yeux, et quelques minutes plus tard, il sombre également. Ses rêves le ramènent chez lui, en Lituanie. Il y a ses parents, sa sœur, son beau-frère, son neveu. Ils sont attablés, sa mère à fait des zeppelins. Il y en a une par tête, mais le jeune Lukas se contentera d'une moitié. Le plat tient bien au ventre. La crème coule du cœur de la pomme de terre, créée une petite mare dans le creux de l'assiette. Tout le monde mange. Et puis Ignas se retrouve devant l'évier, il fait la vaisselle. Il discute avec sa soeur, elle a un chiffon dans les mains. Elle a le sourire. Et puis tout d'un coup, elle se fige. Ses yeux s'ouvrent grand, elle lui demande ce qu'il s'est fait. Le barbu, lui, ne comprend pas. Alors il regarde ses mains : elles sont tâchées de sang. Intrigué, il plonge ses deux mains dans l'eau, qui se transforme à son tour en sang. Tout va trop vite, l'évier déborde, et moins d'une minute plus tard, le paisible appartement de Vilnius devient le théâtre des premières minutes de Shining.

Ignas ouvre les yeux, roule sur le côté. Quelques gouttes de sueur perlent sur son front. Il les essuient d'un revers de main, avant de vérifier qu'il s'agit bien de sueur. Il pousse presque un soupir de soulagement lorsqu'il constate qu'il n'y a pas de sang sur sa peau. Il inspire, expire longuement. Il est chez lui, à Boston. Ce n'était qu'un cauchemar. Il y a Hiyori...

Elle n'est plus dans le lit.

L'ancien soldat a un nouvel accès de lucidité. La nuit était tombé. Il avait couché avec Hiyori, avant de s'endormir dans ses bras. Maintenant il se réveillait, et elle n'était plus là. Est-ce qu'elle avait été téléportée à nouveau dans le Rien ? Bon Dieu faites que non, pria Ignas. L'obscurité l'empêchait de bien voir, mais lorsqu'il se redressa en position assise, il la vit. Elle était elle-même assise, pile à l'endroit où elle était apparue. Ce mur qui l'avait déjà intrigué un peu plus tôt. Elle avait un verre d'eau dans les mains. Cette fois, le barbu ne put retenir un soupir de soulagement, avant de se laisser retomber sur le matelas.

Bordel, j'ai cru que tu avais disparu...

Ignas se redressa à nouveau. Hiyori avait remis la chemise et le caleçon. Cela lui rappela que lui, en revanche, était nu comme un ver. Dans l'idée, ce n'était pas plus dérangeant après ce qu'il s'était passé entre lui et la Japonaise, mais il enfila tout de même son propre caleçon. Il offrit à la jeune femme un léger sourire, légèrement crispé, avant de passer à la salle de bain.

Il se regarda dans la glace. Tout était normal chez lui. Rien ne clochait. Ce qu'il s'était passé dans sa cuisine... c'était sans doute une illusion, la luminosité qui lui jouait des tours. Peut-être que le fait d'avoir vu une jeune femme débarquer chez lui via l'effet Davis l'avait perturbé. Pourtant, il ne put s'empêcher d'allumer le robinet. Fébrilement, il approcha sa main du flot d'eau froide. Rien n'arriva. Rassuré, Ignas passa ses deux mains sous l'eau, puis sur son visage.

Mais lorsqu'il rouvrit les yeux, sont reflet dans le miroir avait le visage ensanglanté...
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Mer 31 Jan - 23:26

Je sursaute tellement fort quand il parle que je lâche presque mon verre. J’étais complètement perdue dans mes pensées et je ne m’étais pas rendue compte qu’il était réveillé… je le regarde sans rien dire, en clignant des yeux pour revenir à la réalité. Il fait sombre, mais je dois encore être habituée à évoluer avec moins de luminosité que les autres parce que je le vois très clairement. Il enfile rapidement un vêtement et m’adresse un sourire. Je n’ai même pas le réflexe de le lui rendre tellement je suis encore perturbée de m’être rendue compte que je tiens à retourner dans le Rien. Et puis il disparait dans la salle de bain.

Pendant un instant, je prends sur moi. Je respire profondément, j’essaye de ne penser à rien… mais la solitude revient m’oppresser brutalement, comme si une chape de plomb s’était abattue sur mes épaules. Je me redresse d’un bond et je parcours en quelques pas rapides la distance qui me sépare de la salle de bain. Décidément je suis pathétique… je ne supporte pas de rester seule… il va me prendre pour une dingue hyper collante… mais je ne peux pas m’en empêcher.

J’entre dans la pièce.


- Ignas ? Est-ce que tu…

Je me fige brusquement. Il a le visage recouvert de sang !

- Oh putain mais qu’est-ce que tu t’es fait ?!

Je pose mon verre avant de prendre son visage entre mes mains. J’attrape une serviette, la passe sous l’eau encore allumée et lui nettoie très délicatement le visage pour ne pas lui faire mal. Merde alors, comment il a pu se blesser assez sévèrement pour saigner comme ça en quelques instants ? Je suis pourtant arrivée à peine quelques secondes après lui dans la salle de bain !


- Mais…

La serviette est pleine de sang… et il n’a aucune blessure.


- Ignas… t’as rien du tout…

Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Une idée désagréable commence à germer dans mon esprit. Et s’il était de mèche avec l’Univers, et si j’étais arrivée chez lui dans un but précis, et si tout ça n’était qu’une autre illusion, destinée à me faire définitivement perdre la boule ?

Je recule d’un pas, mes mains se sont crispées sur la serviette et je le fixe avec une expression abasourdie.


- Comment… Qu’est-ce que…


Je baisse instinctivement les yeux… il en a plein les mains… Une vague de soulagement intense s’abat sur moi. Ok, c’est aux mains qu’il s’est blessé, et il a dû se les passer sur le visage avant de s’en rendre compte. Cool. Pas de soucis… tout va bien Hiyori, c’est pas un malade.

Avant qu’il n’ait le temps d’en placer une, je lui mets les mains sous l’eau. Le sang part… pas de blessures… et merde…

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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Jeu 1 Fév - 1:23

L'incompréhension se lit sur son visage. Cette fois, pas d'excuse, il ne peut pas rêver. Son reflet dans le miroir ne ment pas. Un mélange d'eau et de sang coule sur ses joues, se mêle à sa barbe, et il n'a aucune idée de comment il en est arrivé là. Sans plus se contrôler, il se met à trembler. Comment c'est possible que l'eau se transforme en sang à son contact ? Pourquoi ce n'est pas le cas à chaque fois ? Quel est le dénominateur commun à la manifestation de ce phénomène ? Il n'a pas le temps de réfléchir posément à ses questions, que le visage d'Hiyori apparaît dans le miroir. La jeune femme écarquille les yeux et se précipite vers lui.

Hiyori je...

Il n'a pas le temps de finir. La Japonaise récupère une serviette et s'occupe de lui nettoyer le visage. Son malaise s'intensifie lorsqu'elle comprend qu'il n'est pas blessé. Comment lui expliquer ? Comment pouvait-il décemment lui infliger ce nouveau phénomène paranormal alors que la jeune femme était encore déboussolée après son retour du Rien ? La culpabilité montait en lui. Elle n'avait pas besoin de ça. Lui non plus n'avait pas besoin de ça, il avait déjà assez de soucis avec la téléportation et la possible théorie du complot, pour en plus devoir gérer des mains subitement devenue magiques.

Le regard d'Hiyori se pose sur ses mains. Elles aussi sont rouges. Elle ne s'en formalise pas. Avec fermeté, elle entraîne les mains sous le jet d'eau. Le barbu opère un léger mouvement de recul. Il a peur de voir le liquide cristallin rougir à nouveau. Mais finalement il se laisse faire. Rien cette fois ci. L'eau fraîche s'occupe de nettoyer ses mains de l'hémoglobine. Il ferme les yeux. Il ne sait plus s'il doit être soulagé ou terrifié. Son regard croise celui de la Japonaise. Il y lit le doute, l'incompréhension, la même que celle qui doit briller dans ses yeux à lui.

Je... je ne comprends pas. Je ne sais pas comment l'expliquer...

Y a-t-il seulement une explication logique et plausible à donner ? Ignas n'en est pas convaincu. Il coupe l'arrivée d'eau et se tourne complètement face à la Japonaise. De peur de la voir fuir en courant peut-être, il lui prend doucement les mains. Quelques mèches de ses cheveux blonds tombent devant ses yeux, alors que son regard tente d'accrocher celui de la jeune femme.

C'est arrivé pour la première fois tout à l'heure, quand je t'ai servi un verre d'eau. Et quand tu l'as renversé... l'eau que j'ai touché est devenue de l'huile. Et maintenant à nouveau du sang. Je ne comprends, je ne sais pas ce qui déclenche ça. J'ai cru rêver tout à l'heure, mais tu le vois aussi...

Il baisse les yeux, les ferme un instant. Il relativise. Au fond, bien que ce phénomène puisse occasionner ce genre de moment de frisson, il n'est pas si grave. Ce sang qui apparaît subitement, ce n'est pas le sien. Il ne subit pas de blessures, il en est certain, sinon, il sentirait la perte d'hémoglobine dans son organisme. Alors certes, c'est embêtant, mais comparé à ce qu'à pu vivre Hiyori, ça n'a rien de dramatique.

Je vais bien. Assura-t-il à voix haute, à la fois pour lui-même et pour la jeune femme. Je ne suis pas blessé... Alors ne t'inquiètes pas avec ça, d'accord ? Tu as eu ton lot de mésaventures pour toute une vie, alors ce n'est pas ce... truc qui doit t'inquiéter.

Un nouveau sourire, encore une fois il se veut rassurant, mais cette fois, Ignas le sent, il est moins convaincant. Le Lituanien en est bien conscient : ce n'est pas parce que ce phénomène est indolore et n'a aucune conséquences sur son organisme qu'il doit être pris à la légère. C'est encore une réponse qu'il va devoir trouver...
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Jeu 1 Fév - 1:46

J’écoute ses explications sans rien dire. J’ai eu envie de courir me réfugier… je sais pas… quelque part, mais il a pris mes mains… d’accord il ne les serre pas comme un malade pour m’empêcher de fuir, mais ce simple contact m’a légèrement apaisée, et je n’ai plus envie de sauter partout en hurlant qu’un psychopathe veut ma mort. Ce qui me rassure aussi un peu, c’est qu’il a l’air aussi dérouté que moi par la situation… Il ne tremble pas… je le note parce que moi, par contre, je tremble comme une feuille…

Je dois avouer que son explication est plausible. En temps normal, il y a un an de ça, j’aurais trouvé ça ridicule, je lui aurais latté les couilles bien correctement et je me serais barrée le plus vite et le plus loin possible après avoir appelé les flics. Mais après tout ce que j’ai vu ou vécu, ça me parait presque normal… presque…


- Du… du coup tu peux… transformer l’eau en sang ? Ou… en huile ? C’est ça ?

Ouais… « presque »… ça reste quand même hyper chelou comme délire. Je regarde le robinet, ses mains, son visage, la serviette, le robinet, ses mains, la serviette… j’ai la tête qui tourne. Le pire c’est qu’il me demande, à moi, de ne pas m’inquiéter pour ça. Mais mec ! Bien sûr que je m’inquiète ! Pas forcément pour toi parce que t’es clairement pas blessé, mais pour tout le monde ! Y’a beaucoup trop de trucs de plus en plus bizarres !

- C’est… peut-être un genre de… je sais pas… pouvoir ?

Après tout, j’ai discuté avec Yoko, elle m’a parlé de son truc. Elle a dit « pouvoir » ou « genre de pouvoir » je crois… en tout cas même si elle ne l’a pas dit, sa description y ressemblait vachement. Au début je n’y croyais pas réellement, je me disais qu’elle avait créé un genre de seconde personnalité pour l’aider à vivre cette vie qui paraissait lui peser. Ça c’est quelque chose que je comprends… et puis après… après il y a eu ma baignoire… et cette nuit en Russie avec Nathan. Je frémis.


- J’ai connu une fille, j’étais apparue dans son jardin, elle avait un genre de pouvoir elle aussi… pas la même chose, plutôt un truc… je sais pas… ça jouait sur la manière dont les gens la voyaient le crois, un truc comme ça…

Peut-être qu’entendre ça lui donnera l’impression d’être moins dans la merde ? Après tout, savoir que d’autres personnes vivent la même chose ça le rassurera, non ? Enfin je crois…


- Moi aussi j’ai…

Je me fige. Impossible que je lui explique ça comme ça de but en blanc. Trop bizarre… trop… pas normal du tout.

- Vu des trucs bizarres dans ma vie. Et puis j’ai passé des mois dans un endroit tellement bizarre que je suis vaccinée, non ?


Je risque un petit sourire timide.
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Jeu 1 Fév - 2:37

Elle tremble. La vue des mains d'Ignas en sang et les explications de ce dernier ne l'ont pas vraiment rassuré. Quand elle résume le phénomène dont il est victime, le Lituanien se sent comme libéré d'un poids. Le fait qu'une autre personne le formule, pour une raison qu'il ne s'explique pas, lui fait du bien. Pour autant, il ne sait pas trop comment répondre. Est-ce que c'est tout ce qu'il "peut" faire, ou peut-il en faire encore plus ?

Je... suppose ? Pour l'instant, c'est ce que j'ai vu... mais je ne sais pas si c'est tout...

Il cherche à nouveau son regard, tente de lui faire comprendre qu'il ira bien sans le dire à voix haute. Peut-être parce qu'il n'en est pas sûr lui-même. Peut-être parce qu'en réfléchissant un peu... non, il n'ira pas si bien que ça. Pas en termes de blessures, puisque manifestement ce qu'Hiyori nomme comme un "pouvoir" ne lui occasionne aucune douleur, mais en termes de confort. Si à chaque fois qu'il se lave les mains, il se retrouve à devoir nettoyer le sang de partout, les choses allaient vite être chiantes.

Mais la Japonaise mentionne alors l'existence d'une autre personne qui posséderait un pouvoir. Ça aussi, c'est très rassurant pour Ignas. Comme quand il avait rencontré Mona, apprendre qu'il n'est pas seul, qu'il n'est pas fou, c'est un poids qui s'enlève. Il a envie de poser une tonne de question sur cette personne, de quoi est-elle capable, comment vit-elle au quotidien avec cette capacité, quel est son nom, où vit-elle... Mais il se retient, il ne veut pas accabler la jeune femme.

D'autant plus qu'elle se fige un instant. Comme si elle était sur le point de révéler un secret qu'il ne faut surtout pas répéter, et qu'elle s'en rendait compte au tout dernier moment. Elle donne le change, rassure Ignas légèrement sur sa perception de son pouvoir. Le tatoué, lui, fronce légèrement les sourcils. Il y a anguille sous roche, mais il préfère ne pas investiguer davantage pour l'instant. Alors il rend à Hiyori son sourire, et change de sujet.

C'est vrai que plus rien ne peux t'atteindre, tu es forte là-dedans. Il tapote sa tempe avec son doigts. Tu veux manger un truc ? Ou boire quelque chose ? Retourner dormir ? Après tout, il fait nuit maintenant.
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Jeu 1 Fév - 15:25

« Plus rien ne peut t’atteindre »… Ça serait cool si c’était vrai… Malheureusement, mes deux mini crises de panique juste parce que j’étais toute seule dans une pièce me montrent bien que ça n’est pas le cas. J’ai flippé tout ce que j’ai pu quand je suis allée chercher un verre d’eau, et quand Ignas s’est réveillé et a disparu dans la salle de bain, j’ai pas tenu une minute avant de le rejoindre alors qu’il était JUSTE à côté ! Je pouvais entendre l’eau couler ! Je grimace légèrement.

- Mouais… je suis pas convaincue, mais on va dire ça…

Je regarde autour de nous pour masquer ma gêne, je fais la forte bêtement alors que je flippe comme une gamine qui a peur du noir.


- Et euh… j’aimerais bien me doucher et… oui, peut-être manger quelque chose après mais…

Je baisse le nez et regarde par terre pour ne pas affronter son regard.

- Tu restes là, d’accord ?


Parce que malgré la bizarrerie intensive de ce qui vient de se passer avec cette histoire de sang et le doute étrange qui s’est emparé de moi suite à ça… même pour une douche j’peux pas rester toute seule. C’est au-dessus de mes forces.

Sans attendre de réponse parce que suis persuadée – intérieurement - qu’il va accepter, je libère mes mains de l’emprise des sienne et je vais me déshabiller derrière lui. Je laisse tomber mes (ses) vêtements par terre et me glisse dans la cabine de douche avant d’allumer l’eau. Je réussi à la réglé plus chaude que tout à l’heure et je me lave rapidement avant de profiter un moment de la chaleur de l’eau. C’est toujours aussi troublant pour moi d’apprécier à ce point de passer du temps sous la douche à cause des souvenirs que j’ai d’avant le Rien… mais tant pis. C’est trop agréable.

Je me sèche et me rhabille avant de le rejoindre. Je me sens un peu mieux, ça m’a fait du bien.


- Désolée… je suis ridicule pas vrai ?


Le pauvre, je débarque dans sa vie comme un cheveux sur la soupe avec un bagage de traumatismes assez violent, je le force à s’occuper de moi comme si j’étais importante et que j’étais sous sa responsabilité, et je ne me suis même pas vraiment demandée si je le dérangeais ou pas. Si ça se trouve, il avait du boulot, une copine à aller voir, des courses à faire… Ça me saute brusquement aux yeux et je sursaute légèrement. Je lève les yeux vers lui avec une expression de gamine qui a fait une bêtise et s’est faite prendre sur la main dans le sac.


- En plus tu dois avoir plein de choses à faire, non ? Et moi je suis là à te prendre tout ton temps… Ignas, faut que tu me le dises hein si tu as envie que je parte… je me débrouillerai c’est promis !

J’ignore comment et je n’ai aucune envie de partir, mais je suis chez lui et je n’ai pas été invitée… il a parfaitement le droit de me mettre dehors et je n’ai pas celui de le forcer à me laisser rester…
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Jeu 1 Fév - 16:07

Forcément, quand on revient de dix mois d'isolement inexplicable, visiblement traumatisé et complètement désorienté, c'est facile de penser qu'on est pas si fort que ça mentalement. Ignas comprenait les doutes d'Hiyori, mais cette dernière ne se rendait pas compte de sa solidité. Même si elle peinait à rester seule plus de sept secondes, même si elle faisait encore quelques crises de paniques sans prévenir... ça ne faisait que quelques heures qu'elle était de retour dans le monde normal, et elle parvenait déjà à identifier ses problèmes, tout en restant lucide. Alors le Lituanien lui assura à nouveau.

Tu ne le vois pas encore, mais je t'assure que moi oui. Tu es très, très solide mentalement.

Elle souhaite à nouveau se doucher. Compréhensible, ils avaient dormis quelques heures, sans parler de ce qui s'était passé juste avant. A nouveau, elle demandait au garde du corps de rester dans la pièce. Ignas sourit. Sa main vint se poser sur le haut du crâne de la Japonaise.

Je ne bouge pas. Il marque une légère pause, regarde la paume de sa main. Son sourire se dissipe légèrement, avant de se reformer. Je ne te rejoins pas dedans par contre. Je ne voudrais pas que mon... "pouvoir" se déclenche à nouveau sans prévenir.

Ce serait quand même sacrément bête de mettre du sang partout sur Hiyori alors qu'elle essaye de se laver. Et puis, est-ce que ça la ferait paniquer ? Ou est-ce qu'au final elle trouverait ça... "normal", étant donné qu'elle avait déjà vu de quoi les mains de l'ancien soldat étaient capables ?

Il se demande aussi si il doit à nouveau détourner le regard. Après tout, il a déjà tout vu, donc il n'a plus besoin, si ? Adossé au mur le plus proche, il décide ainsi de ne pas se retourner. Il ne scrute pas non plus Hiyori pendant toute la durée de sa douche, mais plusieurs fois, son regard s'attarde sur l'anatomie de la jeune femme, et l'envie de la rejoindre se fait sentir. Il se contient, s'amusant de ses pulsions primaires qui montaient en lui. De plus, la Japonaise ne s'éternise pas sous l'eau chaude. Elle ressort au bout de quelques minutes, et à nouveau, Ignas vient poser sa main sur la chevelure de la jeune femme, comme pour la rassurer.

Tu n'es pas ridicule, ne t'inquiètes pas. Tu ne veux juste plus être seule. Alors je peux bien rester dans la même pièce que toi.

Son regard croise celui d'Hiyori. Elle arbore une étrange expression, comme si elle venait de faire une grosse bêtise. Ses paroles sonnent comme une prise de conscience. Ignas a presque envie de lui répondre qu'il s'ennuyait énormément, parce que sa vie de garde du corps était au final très monotone, mais ce ne serait pas tout à fait vrai. Il ne travaillait pas tous les jours, et il aimait parfois sortir dans les bars. Sa routine de musculation l'occupait également, et il trouvait généralement de quoi s'occuper les jours où son agenda était dénué de tout rendez-vous. Hiyori était apparu lors de l'un de ces jours, et sa présence avait fait en sorte que la journée de l'ancien soldat ne soit pas totalement vide d'activité.

Ni aujourd'hui, ni demain, je n'ai rien à faire. Rassura Ignas avec son sourire le plus chaleureux. En plus, je ne sais pas comment tu pourrais te débrouiller pour aller ailleurs qu'ici, pour l'instant. Hors de question que je te laisse filer dans la nature sans rien faire.

A nouveau, il plonge son regard dans celui de la Japonaise.

Et puis, ce n'est pas désagréable d'avoir quelqu'un à la maison. Je reçois assez rarement, d'habitude.

Suite à cet aveux, Ignas prend la main d'Hiyori et l'entraîne vers la cuisine. La jeune femme a regagné un peu de force, ses pas ne sont plus aussi incertains que la première fois où il l'avait aidé à se déplacer. Il l'entraîne devant le frigo, l'ouvre en grand et demande :

Qu'est-ce que tu veux manger pour ce soir ?

Il avait de la viande, des légumes, des oeufs, plein d'autres trucs très sains pour le corps. Mais il avait aussi deux pizzas à faire cuire au four. Ce n'était pas parce qu'il faisait de la musculation six fois par semaines qu'il ne pouvait pas se permettre un petit plaisir de temps à autres !
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Jeu 1 Fév - 17:20

Je regarde ce qui trône dans son réfrigérateur et une idée me vient. Est-ce que je sais encore faire la cuisine ? Je sais que je ne la faisais pas souvent et que mon frère et moi mangions surtout des trucs à réchauffer, mais si je me souviens bien, quand j’étais motivée j’avais un certain talent…

- Attends, je vais essayer de faire quelque chose. Assied toi.

Faire la cuisine va peut-être m’ancrer davantage dans cette nouvelle réalité. Parce que c’est bien la réalité n’est ce pas ? Je ne sais toujours pas si c’est la vraie… mais qu’est ce qui est vrai désormais ? Est-ce que la vie que je menais avant était réelle ? Est-ce que ce sont des souvenirs fabriqués de toute pièce ? Finalement, n’est-ce pas le Rien qui est plus réel que le reste ? Est-ce que mon passage chez Ignas n’est qu’une illusion que je fabrique de toute pièce pour ne pas complètement péter les plombs à cause de la solitude ?

Je me secoue légèrement pour me sortir tout ça de la tête. Que ça soit réel ou non je ferais mieux de me faire à l’idée que, quoi que ce soit, c’est ma réalité actuelle. Du moins pour le moment.

Je farfouille dans la cuisine pour trouver ce qu’il me faut et, grâce à la magie du texte qu’on écrit soi-même, je trouve tout ! Je pose du poulet sur le plan de travail, un peu de farine dans une assiette, du vin blanc, du sucre, de l’eau, du riz, de la sauce soja, quelques légumes… et je m’atèle à ma tâche.


De temps en temps, je regarde Ignas, comme pour m’assurer qu’il reste bien dans la même pièce que moi. Je coupe le poulet en cubes, je regarde Ignas, je le fais tourner un peu dans la farine, je regarde Ignas, je le fais revenir à la poêle, je regarde Ignas, je mets le riz à cuire dans une casserole, je regarde Ignas, je rajoute de l’eau dans la poêle, je regarde Ignas, du vin blanc, je regarde Ignas, du sucre, je regarde Ignas, la sauce soja, je regarde Ignas, je laisse tout ça cuire tranquillement et je coupe les légumes, je regarde Ignas, je les roule dans le sésame, je regarde Ignas, je les fais griller au four avec un peu d’huile d’olive et du piment, je regarde Ignas…

Au final, une petite demi-heure plus tard, je mets tout ça dans des assiettes et les pose. Une devant lui, une devant moi. Il n’a pas de baguettes, mais je sais manger avec une fourchette donc c’est pas si grave…


- Euh… voilà… c’est euh… du poulet avec une sauce Teriyaki-ou-presque parce que j’ai remplacé le saké et le mirin par du vin blanc, avec du riz et des légumes rôtis au piment…

Je contemple mon assiette pendant un moment d’un air surpris. Ça a l’air tout à fait mangeable… je suis étonnée d’avoir réussi à faire ça.

- Ben… j’espère que ça sera aussi bon que dans mon souvenir et que je n’ai pas oublié quelque chose dans le processus…

Je joins mes mains.

- Itadakimasu !

Ensuite j’attrape ma fourchette et je goutte… ouah ! C’est pas aussi bon que quand c’est fait avec les vrais ingrédients, mais ça reste bon ! Ce plat a un goût de nostalgie qui me fait sourire doucement… Je lève discrètement les yeux vers Ignas pour guetter sa réaction…
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Jeu 1 Fév - 18:06

Sans qu'il ne lui demande, Hiyori prend l'initiative de faire la cuisine. Un temps hésitant, Ignas ne souhaitant pas que la jeune femme se surmène alors qu'elle n'était revenu du Rien que quelques heures plus tôt, Ignas accepta finalement de s'attabler, pendant que la Japonaise s'affairait aux fourneaux. Elle se retourne très régulièrement, presque après chaque étape de la préparation, et à chaque fois, Ignas lui fait un petit sourire. Comme pour lui signifier "je suis là, je te regarde, tout va bien".

Aucun des deux ne tente d'alimenter la conversation. Le Lituanien se contente de regarder la jeune femme faire la cuisine pour lui. C'était agréable. Lui qui avait l'habitude de ne manger que du riz-dinde, allait pouvoir goûter une recette différente, typiquement japonaise. Il avait acheté récemment de la sauce soja, et quelques autres bricoles orientales, mais il n'avait pas encore eu l'occasion de se cuisiner un vrai repas japonais. D'ailleurs, il n'avait pas de baguettes. Cela le fit sourire. De toutes, manières, il n'avait jamais mangé avec ces instruments, donc il se serait probablement ridiculisé en essayant.

Finalement, elle lui sert une assiette très appétissante de poulet teriyaki. Puis, elle lance un mot en japonais qui semble vouloir dire bon appétit. Ignas croit se souvenir de ce mot, qu'il avait déjà du entendre dans l'un des animé de son adolescence. Pour toute réponse, il décida de répondre en lituanien :

Geras apetitas !

Il porta un premier morceau de poulet à sa bouche : c'était excellent. Les goûts explosaient sur ses papilles. Forcément, quand on était habitué à de la dinde sans accompagnement, l'ajout d'une sauce et de légume pimentés faisait toute la différence.

C'est délicieux Hiyori. Lui confia-il avec un grand sourire.

Tandis qu'ils mangeait, Ignas jeta un œil à l'extérieur. La nuit était déjà tombée, il devait être neuf ou dix heures du soir. Généralement, quand il travaillait, c'était à cette heure-ci que ses clients devenaient chiants. Il profitait de trois jours de repos après une soirée mouvementée auprès d'une starlette new-yorkaise. La gamine avait enchaîné les scandales, du restaurant jusqu'à la boîte de nuit, dont elle avait été recalée car mineure. Ce n'était pas le métier du Lituanien de dicter la conduite de ses clients. Alors tout ce qu'il avait pu faire, c'était suivre bêtement. Vers 2h du matin, il avait fini par craquer, et annoncé à la jeune fille qu'il était temps de rentrer à l'hôtel.

Tiens, tu fais quoi dans la vie ? Demanda Ignas, avant de se corriger. Enfin, avant... tu sais... le Rien ?

Il se demanda si parler de la vie passé de la Japonaise était une bonne idée, au même titre que mentionner le Rien. Mais sa curiosité l'avait emporté. En fin de compte, il ne connaissait toujours pas son invitée. Ce repas partagé à deux serait sans doute l'occasion de faire plus ample connaissance.
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Jeu 1 Fév - 19:48

Je lui souris quand il me dit que c’est bon. Tant mieux. Ça aurait été dommage qu’il déteste. Par contre je me crispe légèrement quand il me pose sa question. Ce que je faisais avant ? Je m’en souviens, c’est pas le problème… le soucis c’est que même si je me suis étrangement bien adaptée à mon « retour » dans ce monde, je me perds de plus en plus dans ces histoires de réalités différentes. Si ma vie n’a été qu’une construction étrange de souvenirs préfabriqués… finalement, où étais-je avant ? Et si toute ma vie s’était déroulée dans le Rien en fait ? Je ferme les yeux une seconde pour reprendre pied avant de lui parler de tout ça. Je vais passer pour une folle.

- Euh… pas grand-chose en fait. Je vis avec mon frère jumeau dans un petit appartement à Tokyo, je travaille de chez-moi la plupart du temps donc je ne sors pas beaucoup. J’écris des articles pour des magazines et pour mon blog… A propos de jeux vidéo, de séries d’animation, de cosplay et de tout ce qui tourne autour de ces mondes-là. De temps en temps je couvre des évènements qui y sont liés… c’est tout.


Ouah… quelle vie trépidante et remplie de surprises c’est fou… j’aurais certainement pu avoir beaucoup plus de choses à raconter si je n’étais pas une dépressive suicidaire qui ne met le nez dehors que quand elle n’a pas d’autre choix, à cause du boulot où parce que les courses ne se font pas toutes seules les jours où les livreurs sont surbookés…


- J’avais pas vraiment une vie remarquablement intéressante… Il n’y a que mon frère pour considérer que je suis la fille la plus précieuse du monde, et c’est parce qu’il est un peu con sur les bords…

J’ai un petit sourire nostalgique en disant ça… mon frère est tellement gentil. Il se débrouille même pour qu’il y ai toujours du café fraichement passé quand je me réveille. Comme ça je peux trouver la cuisine avec mon radar nasal. Trop mignon.

Je pose ma fourchette, j’ai avalé deux bouts de poulet et une fourchette de riz… j’suis calée. Décidément mon estomac va mettre du temps à s’habituer à recevoir de la visite j’ai l’impression. Penser à mon frère me fait finalement réalisé que je n’ai toujours pas décidé de comment j’allais annoncer mon retour à ma famille. Je fronce les sourcils, perdue dans mes pensées. Non… je ne vais rien leur dire. Pas pour le moment… pas avant d’être de retour au Japon… Pas avant d’avoir trouvé une putain d’excuse impeccable…

Je me râcle la gorge histoire de ne pas montrer que j’ai tellement de choses dans la tête qui se mélanges et se confondent que j’avais presque oublié la présence de mon interlocuteur.


- Euh… et toi ? Tu fais quoi dans la vie ? A part recueillir des folles SDF qui apparaissent dans ta chambre je veux dire…

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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Jeu 1 Fév - 21:20

Aïe... comme il l'avait craint, mentionné le passé d'Hiyori n'était pas une idée très éclairée. Ignas a du lui remettre en mémoire toutes les choses qu'elle a pu vivre, et la façon dont elle avait indirectement perdu tout ça à cause de son passage dans le rien. Il lui avait sans doute rappelé sa famille, qu'elle n'avait pas vu depuis si longtemps, tous ses amis qu'elle avait laissé sans nouvelles. Il s'en voulut un peu, tenta de se reprendre rapidement, mais finalement, la Japonaise lui répondit. Son occupation était intéressante.

C'est sympa, ça dis donc. Mais du coup, je suis obligé de poser la question qui fâche...

Ce n'est peut-être pas très malin de ménager le suspense comme il le fait, surtout vu l'état psychologique de la jeune femme, mais Ignas ne peut s'en empêcher. Un petit sourire se forme aux coins de ses lèvres.

Qui gagne entre Goku et Saitama ?

Ses années passées dans l'armée et son occupation de garde du corps l'avaient relativement éloigné de ce genre de débat. Mais ça ne l'empêchait pas d'avoir un avis sur la question. Toutefois, il était curieux d'entendre les arguments d'Hiyori. Si elle ne se fichait pas royalement de ce genre de questions futiles.

Quand à sa vie, bien qu'elle soit quelque peu dénuée d'interactions sociales, elle n'avait pas grand-chose moins trépidante que celle d'Ignas. Le frisson d'adrénaline qu'il était aller chercher en exerçant le métier de garde du corps ne le prenait que très rarement. Parfois, ses jours dans les Forces Spéciales lui manquaient. Et puis il se rappelait des levers à 5h30 pour aller courir dans les bois avec 15kg sur le dos, au beau milieu de l'hiver... et ça allait mieux.

L'important ce n'est pas que ta vie semble intéressante pour les autres. C'est que toi tu y sois épanouie. Quant à ton frère, et bien... on ne peut pas faire plus fort que l'amour fraternel.

Ça sonnait... terriblement cliché. Mais Ignas le pensait vraiment. Et puis il savait ce qu'il disait : à une époque, lui-même était prêt à envoyer des gens à l'hôpital sans sourciller si ces personnes venaient à faire souffrir sa propre sœur. Au tout début de sa relation avec son désormais beau-frère, il n'avait pas hésité à prévenir ce dernier de ce qu'il risquait en cas de faux pas. Désormais, les deux hommes s'entendaient très bien, et l'ancien soldat se débrouillait pour rentrer régulièrement au pays afin de les voir, ainsi que Lukas, son neveu.

Il sourit à nouveau quand Hiyori lui retourna la question. Tout en continuant à manger tranquillement, se demandant presque si il ne tenterait pas de finir l'assiette de la Japonaise, il réfléchit à comment tourner ses mots.

Je suis garde du corps. Dis comme ça, ça a l'air cool, mais en fait mon job consiste généralement à suivre des petits cons et à éviter qu'il fasse des trucs stupides. Il rit brièvement, avant d'ajouter. Et depuis quelques heures, je me suis mis en tête de m'occuper du mieux que je peux d'une ravissante SDF qui est apparue dans ma chambre comme par magie.

Il gratifia Hiyori d'un sourire. Un compliment, c'était toujours bon à prendre, pour le moral. Et puis, malgré le caractère inattendu de leur rencontre, la jeune femme se révélait être une compagnie des plus agréables.

Une fois le repas terminé, Ignas se chargea de débarrasser la table. Il avisa également l'idée de faire la vaisselle, mais encore apeuré à l'idée de voir ses mains faire des folies, il décida de reporter la tâche à plus tard. C'était rare qu'il ne fasse pas la vaisselle directement après le repas, mais il avait de quoi voir venir. Même si Hiyori avait une fâcheuse tendance à lâcher ses verres pleins par terre.

Tu veux un dessert ? Je ne dois avoir que des yaourts par contre, donc pas trop de diversité à t'offrir. S'excusa presque le Lituanien. Après ça, si tu veux, on pourra regarder quelque chose à la télé, ou se détendre en jouant à la console... à moins que tu ne sois fatiguée et que tu préfères aller au lit.
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Ven 2 Fév - 0:28

Garde du corps ? Un léger sourire amusé étire doucement mes lèvres tandis qu’une réflexion très peu classe me vient à l’esprit. Quelque chose du genre « C’est vrai que tu t’as plutôt bien gardé le mien… ». Mais je vais m’abstenir de lui sortir une énormité pareille. Rien que d’y repenser j’ai les joues qui rosissent. Je finis même par rougir franchement quand il rajoute « ravissante » à « sdf ». Ravissante ? Moi ? Franchement j’irais pas jusque-là. Du tout même. Mon frère dirait que c’est pas assez… moi, quand je me regarde dans un miroir, je vois une fille banale au possible, qui ressemble à n’importe qui. Des cheveux longs dont je ne m’occupe pas, un teint normal devenu très pâle là maintenant, je suis pas grande, au contraire, j’ai des formes ouais, mais rien d’extraordinaire non plus… juste une fille normale quoi. Alors « ravissante » ? Bof… Enfin chacun ses goûts après tout…

Je le vois hésiter devant l’évier, il doit encore avoir peur de changer l’eau en va savoir quoi. Du coup je me glisse devant l’évier et je commence à faire la vaisselle. Je me contente de secouer négativement la tête quand il me propose un dessert. J’ai déjà pas pu avaler le quart de mon assiette, si je mange quelque chose de plus je vais exploser de l’intérieur, c’est sûr !

Je lave son assiette, les deux fourchettes et la poêle… et puis j’arrête. Cuisiner m’a nettement plus fatiguée que je le pensais, j’suis lessivée. Je me laisse tomber dans le canapé en me concentrant pour respirer profondément. Les étoiles qui passent devant mes yeux commencent à devenir plus petites, je devrais éviter de bouger brusquement comme ça, ou longtemps… pourtant quand j’étais avec Ignas sur le lit… je rougis à nouveau… ça ne m’avait pas fait ça du tout… ou peut-être n’ai-je rien remarqué en fait, c’est très possible… disons que j’étais concentrée sur autre chose à ce moment-là.

Je réfléchis à sa question…


- Euh… on peut faire ce que tu veux… j’ai pas de préférence…


Jouer à la console, je ne tiendrais pas longtemps mais je me souviens que j’aimais beaucoup ça. Regarder la télé… je vais probablement m’endormir devant alors comme ça au moins s’il veut regarder un film je ne le dérangerais pas… Aller au lit… c’est tentant, mais on vient juste de se lever… et puis comme il a bien compris que je ne supporte pas de rester seule dans une pièce, il va forcément finir par faire ce que j’aurais envie de faire… c’est pour ça que je préfère qu’il choisisse. Je m’impose déjà largement assez comme ça.
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Ven 2 Fév - 1:12

Finalement, Hiyori se chargea également de la vaisselle. Encore une fois, Ignas ne lui avait rien demandé, mais l'attention était gentille. Cependant, il sentait que la Japonaise faiblissait physiquement. Une impression qui se confirma lorsqu'elle s'écroula sur le canapé. Le Lituanien vint alors s'asseoir à côté d'elle.

C'était pas la peine de te surmener comme ça, j'aurais pu la faire demain matin la vaisselle.

Quant à la suite de leur soirée, ils n'étaient pas plus avancés. La jeune femme bottait en touche, sans choisir une activité. Vu comme elle était fatiguée, aller dormir était probablement la solution la plus adéquate. Mais pour le coup, après une bonne nuit de sommeil et... deux siestes de plusieurs heures, Ignas n'était plus vraiment fatigué. Finalement, il se dit qu'un film était probablement la meilleure solution. Si jamais Hiyori venait à s'endormir, il n'aurait qu'à la porter jusqu'au lit. Quoique, peut-être qu'il ne la bougerait pas immédiatement. Pour peu qu'elle se réveille seule dans la pièce, elle pourrait paniquer à nouveau.

Et bien... on peut essayer de regarder une série, si tu veux ? Mais si tu es fatiguée, n'hésite pas à aller te coucher, tu sais.

En attendant une réponse, positive ou négative, le garde du corps alluma sa télévision, et lança Netflix. Le choix de la série était important. Mieux valait éviter les trucs horrifiques et compagnie, pour le bien de la santé mentale d'Hiyori. Les séries de super-héros, il n'était pas sûr qu'elle aime. Une comédie, c'était un plan qui lui paraissait correct. Un bon petit truc léger. The Big Bang Theory. Parfait. En plus un seul épisode dure à peine 20 minutes. Avant de lancer l'épisode un, il se tourne vers son invitée.

Tu as envie de regarder ça ?

Elle acquiesça, et Ignas appuya sur "play". Au bout de quelques minutes, il passa finalement son bras droit autour des épaules de la Japonaise, l'attirant doucement contre lui.
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Ven 2 Fév - 2:28

Il est gentil… presque trop. Je veux dire… il ne m’a jamais vue avant, me connait à peine… et il fait tout pour que je me sente à l’aise. Il a très bien compris que je n’ai pas envie de rester seule, et ne précise même pas qu’il fait super attention à ça. Il finit par allumer la télévision. The Big Bang Theory… je connais ça. J’en ai regardé une bonne partie avec mon frère, je m’en souviens. Anglais non sous-titré… heureusement que je maitrise la langue. J’ai encore quelques soucis de vocabulaire quand c’est très spécifique – comme dans cette série – mais bon… je connais alors ça passe sans soucis.

Je souris aux premiers gags, mais je sens que je ne vais pas tenir bien longtemps. Je ramène mes pieds sur le canapé en pliant les jambes, je pose mon menton sur mes genoux et j’entoure mes tibias de mes bras… j’suis crevée. Et dire qu’on vient de dormir… peut-être que mon corps veut rattraper tout le sommeil en retard que j’ai dû accumuler dans le Rien… je ne sais même pas si j’y ai dormi ou non au final. Le Rien… il m’obsède… Je veux savoir… si j’étais aussi brillante que les personnages qui gesticulent à l’écran, peut-être que j’aurais déjà compris ce que c’était que tout ça… peut-être que toutes ces questions qui tournent encore et encore dans ma tête me laisseraient enfin tranquilles… parce qu’elles en soulèvent d’autres, forcément (sinon ça n’est pas drôle). Le Rien, la réalité, le monde, ma vie, mes souvenirs… J’ai mal à la tête.

Je regarde distraitement Léonard et Sheldon rentrer chez eux sans pantalons, l’air à peu près aussi fier que des enfants qu’on vient de surprendre en train de jouer à touche-pipi avec la voisine du cinquième… je souris vaguement.


- Tu crois qu’un jour on va comprendre tout ça ?

Je sais que ma question sort de nulle part, que ça n’a rien à voir avec la série et qu’il ne s’y attendait probablement pas… mais c’est venu comme ça. J’ai envie de comprendre. Quand c’était juste ces espèces de téléportations à la con je m’en fichais, du moment que ça me ramenait chez moi c’était pas franchement important finalement… mais là c’est pas pareil… il y a eu le Rien. C’est ça que je veux comprendre… si j’y parviens, j’ai l’impression que je saurais ce qui est réel ou non, si ma réalité est un rêve…


- Je pense que je ne vais pas prévenir ma famille du tout finalement… pas avant de savoir quand et comment je vais rentrer à Tokyo… pas avant d’avoir des réponses sur… tout ça…

Penny a l’air toute désolée… c’est marrant, quand on sait ce qu’ils vont tous devenir au fil des saisons, les revoir aux premiers pas de la série a quelque chose de bizarre, de nostalgique et de drôle à la fois…

Je me laisse tomber doucement sur le côté et pose ma tête contre son épaule sans quitter l’écran des yeux. J’attrape le plaid qui est resté sur le dossier et je m’enroule dedans.

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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Ven 2 Fév - 2:50

La présence d'Hiyori à ses côtés sur le canapé lui fait plaisir. D'ordinaire, il passe toutes ses soirées seul, ou à courir après un môme capricieux. Alors là, rien que d'être posé devant la télé, avec quelqu'un d'autre, ça lui fait du bien. Ignas n'aime pas l'admettre, mais souvent, il se sent quand même très seul.

L'épisode suit son cours, les blagues s'enchaînent, les rires pré-enregistrés de sitcom accompagnent leurs propres sourires. Son bras autour des épaules d'Hiyori, le Lituanien sent la tête de cette dernière se poser sur sa propre épaule. Sa main caresse distraitement son épaule et son bras, comme pour la réchauffer. La série ne demande pas une grosse concentration, mais ça lui permet de faire le vide. Il ne veut plus penser au Rien, à la téléportation, à ses mains devenues folles ou à ce qu'il se passera demain. Il veut juste se relaxer. Mais la question de son invitée le ramène à la réalité.

Et bien...

Il hésite. Si jamais ils obtenaient toutes les réponses, ça signifierait la fin de tous ces phénomènes paranormaux. Peut-être la possibilité de développer des technologies pour l'humanité toute entière. Au fond, s'il n'était pas aussi aléatoire, le principe de la téléportation serait un bouleversement incroyable dans la vie de tous les jours. Qui... occasionnerait la perte de milliers, voire de millions d'emplois, étant donné que toutes les compagnies de transport deviendraient obsolètes. Mais d'un autre côté, ça ouvrirait le marché du travail comme jamais ! Lui par exemple, pourrait accepter des missions en Californie, quand bien même il vit de l'autre côté des États-Unis.

J'aimerais beaucoup tout comprendre. Finit-il par dire. Mais je pense qu'il va nous falloir beaucoup de temps avant de vraiment saisir la totalité du phénomène...

Au fond, il ne sait pas vraiment quoi répondre. Le fait de n'être qu'une poignée d'humains concernés par tout ces trucs paranormaux rend l'obtention d'une quelconque réponse extrêmement longue et fastidieuse. Hiyori semble déterminée à obtenir des réponses, au point de ne pas savoir quand elle retrouvera vraiment sa famille.

Tu ne veux même pas les prévenir que tu es en vie ? S'interrogea Ignas. Mais au fond, n'avait-elle pas raison ? Il fallait trouver une excuse, et une bonne. Et puis, elle était apparue en t-shirt et culotte, sans le moindre sou en poche (puisqu'elle n'avait pas de poches), donc comment allait-elle faire pour rentrer à Tokyo ? Et si l'effet Davis refaisait son apparition, et qu'elle se retrouvait téléportée à peine rentrée chez elle ? C'est ta décision. En tout cas, sache que tu peux rester ici aussi longtemps que tu le veux.

Après l'avoir recueillie, nourrie, et tout le reste, Ignas se voyait mal la mettre à la porte. Et puis... il se sentait seul, alors égoïstement, il voulait bien la garder avec lui un petit peu plus longtemps. Le barbu baisse les yeux sur son invitée. La tête posée sur son épaule, elle s'enroule dans le plaid du canapé. Le Lituanien attrape alors un coussin sur sa gauche, le pose sur ses genoux. Puis, doucement, il fait basculer la Japonaise dans une position allongée. Il a l'impression qu'elle ne va pas tarder à s'endormir.
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Ven 2 Fév - 3:29

« Autant que je le veux »… autant que je le peux à mon avis. L’Univers m’a balancée dix mois dans un endroit plus que bizarre… si tu veux mon avis il ne va pas me laisser tranquille. En fait, si ça se trouve, j’ai un rôle à jouer dans tout ça, peut-être que c’est pour ça que j’ai disparu si longtemps… non, c’est ridicule. Il n’y avait rien dans le Rien… De ce que j’en sais, je suis peut-être même morte là-bas… plusieurs fois même… qui sait. Je ne m’en souviens pas, mais en même temps mes souvenirs du Rien ne sont ni logiques, ni très clairs.

Il me pousse doucement. Au début je me demande ce qu’il veut… après tout, un homme avec qui on a couché il y a à peine quelques heures qui vous pousse en direction de ses genoux y’a de quoi se poser des questions quand même… on est d’accord non ? Je ne suis pas parano… si ? Bref. Dans tous les cas, lui n’a pas l’esprit aussi mal tourné que moi parce qu’il a placé un coussin sur ses jambes. Il veut juste que je m’installe plus confortablement parce qu’il a clairement vu que je suis crevée.

Je lui adresse un petit sourire et me laisse faire tranquillement. J’arrange la disposition du plaid pour qu’il continue de me tenir chaud, et qu’il fasse pareil autour des jambes de mon bienfaiteur.


- Ignas… pourquoi t’es si gentil avec moi ?


C’est vrai quoi, moi je n’ai rien fait pour mériter autant de gentillesse de sa part… ça me rappelle certaines vidéos qu’on regardait parfois avec mon frère et qui étaient supposer nous redonner « foi en l’humanité »… Eh bien je suis actuellement en train de vivre ça. Complètement même… il ne me doit rien, je n’ai rien fait pour lui… il se contente juste de m’aider autant qu’il le peut alors qu’il n’a aucune raison de le faire.

Mais je m’embrouille, mon esprit part à la dérive. Je ferme les yeux pendant le générique du deuxième épisode en chantonnant doucement les paroles que je connais par cœur.


- Our whole universe was in a hot dense state,
Then nearly fourteen billion years ago expansion started. Wait...
The Earth began to cool,
The autotrophs began to drool,
Neanderthals developed tools,
We built a wall / we built the pyramids,
Math, science, history, unraveling the mysteries,
That all started with the big bang ! BANG !


Et sur le dernier « bang »… je m’endors complètement, blottie sur le coussin, le ventre d’Ignas contre mon dos rajoute de la chaleur là où le plaid ne peut pas en apporter… j’ai l’impression d’être un petit chat lové dans une grande couverture toute douce et toute chaude. Miouw Frrfrrfrrfrr….. Je n’ai même pas entendu sa réponse à ma question…
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MessageSujet: Re: L'avènement du Rien... [Ignas]   Ven 2 Fév - 3:50

Pourquoi ? Parce que si moi j'ai vécu la téléportation, toi tu as connu mille fois pire. Je ne peux pas lire dans tes pensées pour voir à quel point le traumatisme est difficile à supporter pour toi, mais de mon côté, je veux juste pouvoir me dire que je t'ai aidé. Que j'ai rendu ton retour parmi nous agréable. Je veux t'aider à retrouver tes marques. On est une poignée de personnes sur cette Terre a connaître tous ces trucs étranges... la téléportation, les pouvoirs, tout ça, alors on doit s'entraider, être solidaire. Tu as besoin de soutien en ce moment, et c'est chez moi que tu es apparue... Alors j'ai le sentiment que je me dois de t'apporter tout le soutien possible...

La respiration d'Hiyori est régulière, profonde, calme.

Hi... Hiyori ?

Toujours pas de réponse. Elle s'est endormie. Ignas sourit. Elle n'a probablement rien entendu de ce qu'il vient de raconter. Le visage tourné vers l'écran de la télévision, le plaid remonté sur ses épaules et le haut du dos collé à son ventre, la jeune femme dort d'un sommeil paisible. Le Lituanien ose à peine bouger, de peur de troubler son repos. Il regarde l'épisode 2 en silence. Puis le troisième. La Japonaise continue à dormir. Délicatement, Ignas finit par se dégager. Avec une infinie précaution, il soulève le coussin sur lequel repose son invitée, et s'extirpe du canapé. Il songe un moment à porter Hiyori jusqu'au lit, mais il renonce. Ça fait 40 minutes environ qu'elle dort, elle ne doit pas encore être entrée dans la phase de sommeil profond.

Alors il file prendre une douche. L'eau chaude coule sur son corps, mais tout ce qu'il regarde, ce sont ses mains. Rien de spécial ne se passe. Pas de sang, pas d'huile... juste de l'eau. Le garde du corps s'attarde quelque peu dans la cabine, guettant toujours une nouvelle manifestation de ses pouvoirs. Finalement, tout se déroule sans encombre. Il se sèche les cheveux, met ses affaires dans le panier de linge sale, se contente d'enrouler une serviette autour de sa taille, le temps de vérifier que son invitée dort toujours. Il ne voudrait pas avoir à gérer une nouvelle crise d'angoisse.

Un coup d'oeil dans la pièce à vivre l'informe qu'elle ne s'est pas réveillée. Du coup, il enfile un caleçon et un t-shirt noir, sans se presser. Il éteint la télévision, puis il trouve une petite place sur le canapé qui n'est pas occupée par Hiyori, et dégaine son portable. Il traine un peu sur internet, joue à des jeux, vérifie qu'il n'a bien rien de prévu demain... bref, il passe le temps, en attendant que la fatigue le rattrape à son tour. Il est près de minuit lorsqu'il décide de rendre les armes. Ne voulant pas laisser la Japonaise seule, sachant pertinemment ce qui arriverait si elle se réveillait au milieu de la nuit, le tatoué se résout à la porter. A nouveau, c'est avec douceur et délicatesse qu'il passe ses bras sous le corps de la jeune femme. Il essaye de parcourir la distance le plus vite possible, pour minimiser les risques de la réveiller. Mais quand il la pose sur son matelas, et entreprends de ramener les couvertures sur elle, Hiyori s'agite un petit peu, avant d'ouvrir un œil.

Mince, j'ai presque réussi à ne pas te réveiller. S'amusa Ignas. Je ne voulais pas te laisser toute seule au salon, alors je t'ai ramené dans le lit. Je ne voulais pas te réveiller.

Ses explications terminées, le barbu ramena la couverture sur la jeune femme, avant de contourner le lit et de se glisser à son tour sous les draps. Il déposa un léger baiser sur le front de la Japonaise, avant de lui glisser, tout bas.

Repose toi bien.
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