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 Comment vivre après ça?

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Fiche : C'est qui Mona?
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MessageSujet: Comment vivre après ça?   Ven 5 Jan - 21:08

MARDI 19/12/2017

Je me réveille en sursaut et je crois bien que j’ai crié. Tout ce que j’ai sur moi est collé à ma peau de transpiration. Je suis glacée de terreur. Je regarde mes mains. Elles sont bien là et… Merde ! Je reconnais les manches du manteau de Nathan. J’étais à deux doigts de penser que ce n’était qu’un cauchemar. Un cauchemar bien trop réel apparemment !
Les événements de quand ? De la veille ? Je glisse la main sous l’oreiller pour vérifier la date. Ce n’est que le lendemain. Rien de plus normal !
Soudain on frappe à ma porte. Une voix inquiète me parvient.

« Mademoiselle ? Tout va bien ? »

Evidemment que tout va bien ! Je veux dire, que non rien ne va mais que répondre ?

« Oui oui, merci.
_ Je vous ai entendu crier
_ Juste un cauchemar je pense… »

Me voilà de nouveau seule, hagarde. Je regarde sans le voir, le mur en face de moi. Et puis soudain je me lève d’un bon et me plante devant la glace du placard où j’ai rangé mes affaires la veille. Je me débarrasse fébrilement du manteau et du reste. Ce corps je le reconnais. Pas de doute, c’est le mien. Et pourtant. J’examine chaque parcelle de ma peau. Il doit bien y avoir des cicatrices ! Le souvenir de ma dissection est encore trop présent et si j’ai le manteau de Nathan c’est que c’était vrai ! Le sens encore les lames dans mon corps, comment j’ai été dispersé et ma panique me revient. Je suis prise d’un vertige interne. Mon estomac lutte pour retenir un spasme tandis que je me précipite dans les sanitaires. Je n’ai rien mangé depuis la veille et mon œsophage demande grâce. Affalé contre la cuvette, je me vide du rien que contient mon tube digestif. Je me relève enfin après avoir revécu toutes les plaies de cette nuit. Je sens que je vais perdre pied et je vais finir folle pour de vrai cette fois. Une douche me fera le plus grand bien et me fera reprendre pied dans la vraie vie. J’ouvre le mitigeur et laisse l’eau couler sur mon visage. Je m’appuie, les deux mains à plat sur la vitre, de la porte de la douche la tête baissée à la recherche des ressources qui me manquent pour reprendre le cours de ma vie.

Positiver ! Il faut que je positive ! Mais comment ? Je revois les corps qui s’effondrent. Les messages mécaniques et la voix de cet Aloïs qui nous a condamnés sans distinction. Qui avait mérité ça ?!!! Au fond de moi je sais que personne de ceux qui étaient présent, même pas la femme de glace et même pas Nathan. Une certitude s’est ancrée en moi. Les soupçons que j’avais sur lui n’ont pas lieu d’être. Qu’est-il devenu ? Tout semblait tellement dirigé contre lui mais de nous tous il était le plus à même de s’échapper ! Mais tous ces morts ! Tous dépecés ? Je me sens sombrer dans une détresse sans fond. J’ai du mal à respirer. Ma gorge va se fracturer sous une poigne de fer. Je voudrais pleurer. Je voudrais lâcher prise et me noyer dans l’amertume de ces souvenirs qui reviennent en boucle. Luc qui tombe. Les choses au fond du wagon ! Ces monstres délirants ! Le flic qui tombe ! Atea ! Et tous les autres ! Le cri de la gamine et les paroles vaines de réconfort du toubid. J’aimerais bien savoir qui est cette fille !

La cabine est emplie de vapeur et la condensation avale tout reflet. Je me cogne la tête contre le carrelage du mur, une fois, deux fois, trois fois de plus en plus fort jusqu’à ce qu’un filet rouge se mêle à l’eau. Ça y est je suis folle ! Je vais aller me reposer entre les bras de Galadriel… Un oursin me vrille l’estomac mon pied glisse au fond du receveur…

VENDREDI 22/12/2017


« Galadriel ! Maman ! »

Je ne peux pas l’abandonner ! J’ouvre les yeux dans une lumière blanche. Une vasque de néon veille au-dessus de moi. Je me redresse dans mon lit. Le cathéter s’arrache de mon bras et je croise les yeux d’une blouse blanche.

« Bonjour mademoiselle Goðrúnarson. »

L’homme est grand brun, plutôt du genre intello, sans doute aussi épais que le stylo qu’il tripote au-dessus de sa planche de notes.

« Content de voir que vous avez décidé de revenir parmi nous. »

Et en plus il fait de l’humour. Je jette un regard autour de moi.  Si je ne reconnais pas une chambre d’hôpital c’est que je suis une demeurée pourtant je prononce la phrase la plus clichée de la terre tandis qu'il examine mon bras et éloigne la potence du lit l'air satisfait

« Où suis-je ? »

Je passe mes mains sur ma tête un bandage en fait le tour.

"Landspítali Grensás. Et ceci est le résultat de votre chute sous votre douche. »

Je me détends. L’hôpital a bonne réputation et ce n’est pas le repère d’Aloïs comme je l’ai craint un instant. Ce mec me poursuit ! Il faut que j’arrête de penser constamment à lui ! Pas question de sombrer ! Je fais le point sur les sensations. Il faut que je retrouve un fil qui rende tout ça logique ! Logique ! Rien n’est logique depuis presqu’un an ! Alors quelque chose qui me permette de faire un premier pas « normal ». Quelque chose qui ait un rapport avec ma vie ! Mais ma pauvre vieille ! Ta vie ne sera plus jamais comme avant ! Je serre les dents. Je dois avouer que je me sens mieux que … La douche ! Ah ! Oui…

« C’est le gardien de l’hôtel qui vous a trouvée. Belle chute ! Elle n’explique pourtant pas votre… absences… de trois jour pleins. »

Trois jours ! La Terre a eu au moins trois fois le temps de s’arrêter !

« Savez-vous que vous avez un sommeil très agité ?"

J’attends la suite, stoïque. D’ici que j’apprenne que j’ai tout raconté pendant… mon coma ?... Mais non, il s’approche de moi avec son stylo-LED. Je rejette le buste en arrière.

« N’ayez pas peur. Laissez-moi vérifier vos réflexes. »

Je le laisse soulever mes paupières et me flanquer son faisceau dans l’œil.

« Tout va bien. Vos examens n'ont révélé de fâcheux. Vous vous souvenez de ce qui vous est arrivé ? »

En soupirant je lui raconte ma douche et ma chute en omettant mes états d’âme du moment. Bref, l'accident bête qui pourrait vous tuer mais qui se finit bien. Petit à petit je finis de me détendre. Je n’ai plus de migraine et cela faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi bien. Le médecin, Jón Arnarsson, d’après ce que je peux lire sure son badge, regarde sa montre.

« Hum… 9h33. Je vous garde jusque 18h afin de vérifier que tout va bien et vous pourrez rentrer chez vous. Je vous mets une ordonnance avec des antalgiques au cas où et n’hésitez pas à venir consulter en cas de problème. »

Il m’adresse un franc sourire et quitte la pièce avant que l’infirmière ne le relaie. Mes pensées sont déjà parties en direction de mes dernières aventures. J’ai toujours cette boule au ventre mais je me sens bien plus sereine que dans ma chambre d’hôtel. Je me demande à quel point cette chute n’a pas été salutaire. J'espère qu'elle permis à mon cerveau de faire le tri et de me protéger de la folie. Je me sens prête pour affronter la suite.

Quelle suite ? Je ne sais pas trop mais une chose est certaine je me sens comme un pays à qui on a déclaré la guerre.  Depuis des mois je cherche un ennemi. Cet ennemi qui m’impose ces téléportations et qui a essayé de m’anéantir. Alors c’est la guerre ! Je ne connais pas sa nature ni ses conséquences, mais je sais que je suis dedans jusqu’au cou alors je vais la mener ! Je ne sais pas comment, mais hors de question de continuer de simplement attendre de se faire encore une fois téléporter, enlever, mutiler ! Je me demande cependant pourquoi il m’a laissée en vie. A-t-il un plan me concernant ? Soudain je pose les pieds parterre. L’infirmière s’interpose.

« Un peu de patience mademoiselle.
_ Mes affaires ?!!
_ Votre amie, … Mademoiselle Ly je crois… les a rapportées chez vous et vous a ramené de quoi vous changer. »


Ce n’est qu’alors que je me rends compte que je suis dans des habits familiers. Mimi ! Ma pauvre Mimi, moi qui voulais te laisser en dehors de tout ça ! Au fond de moi je lui suis reconnaissante. Elle fait partie des personnes de confiance mais dont je ne veux pas abuser dans les circonstances actuelles. Je retourne sous les draps et décide de prendre mon mal en patience.

« Ah ! J’oubliais Messieurs Pehlivan et Einarson sont passés aussi prendre de vos nouvelles. Ils désirent que vous les rappeliez lorsque vous sortirez. »

La vie réelle se rappelle décidément très vite à moi. Je ne sais pourquoi, j’en suis rassurée. Il y a encore des choses qui se poursuivent normalement. Assise dans le lit, les mains posés mollement sur les draps devant moi, je fixe le futur. Je sais par où commencer.

VENDREDI 22/12/2017 18h

C’est passé plus vite que je ne pensais. Aussitôt la dernière visite du médecin passée j’ai sauté dans mes fringues. Les stores dissimulent la nuit de la ville. Merci Mimi, elle a choisi exactement ce qu’il me fallait. Je ne pouvais de toute façon pas en douter. En plus elle a glissé dans la poche de mon manteau, un tout propre sans souvenir accroché après, mon tel satellitaire. Sur ma table de chevet en formica, j’ai retrouvé mon bracelet de corde. En le repassant à mon bras, je repense encore une fois à Luc. Je soupire. Je m’attache les cheveux remonte la capuche du manteau. Je sais que dés que je serai dans le couloir je serai en guerre. Je referme ma porte de la chambre. Elle m’aura fait du bien cette piaule ! C’est pas que je sois totalement rassérénée, mais je me sens tellement plus forte qu’à mon réveil trois jours plus tôt ! ....

Pas question de prendre l’ascenseur ni même la porte principale ! La porte de l’escalier de service bat derrière moi. J’arrive très vite au niveau -1. Je n’ai rencontré personne. C’est intéressant comme les niveaux de service sont de vrais labyrinthes pour les non-initiés. J’erre quelques minutes dans des passages entre des charriots des armoires métalliques mais je finis par trouver un dernier réduit qui donne sur un parking de service. Je mets les mains dans les poches et baisse la tête heureuse de pouvoir enfin sortir. A pied et à contre sens je croise une voiture sombre dont le chauffeur me regarde comme si je tombais d’une autre planète. Il n’est pas si loin de la vérité !
Je rase les murs le plus loin possible des éclairages publics et passe par les espaces verts de l’hôpital pour rejoindre la rue puis je passe mes coups de fils obligatoire.

« Mona ?
_
_ Tu vas mieux ?
_ Oui ne vous inquiétez pas tout va bien »


J’ai repris mon ton las et un peu exaspéré quand les gens veulent me couver. D’autant que lui ne peut rien pour moi. Plus vite j’en aurai terminé avec ces coups de fils imposés plus vite je pourrai prendre le reste de ma vie à bras le corps. J’ava is espéré qu’il ait coupé son téléphone, en cette fin de journée mais il est d’une conscience professionnelle exaspérante. A cette pensée, je sens à nouveau la boule au creux de mon ventre. En plus d’ Aloïs il va falloir que je me prenne le chou avec mes « anges gardiens ».

« Qu’est-ce que tu foutais dans cette chambre d’hôtel ?!!!
_ Qu’est-ce qu’on peut bien faire dans une chambre d’hôtel ?
_ Je ne plaisante pas. S’il y a quelque chose tu sais que tu peux m’en parler. »


Cela signifie plutôt « tu dois m’en parler » mais j’ai l’habitude, Jon Einarson, mon tuteur se fait toujours du souci et me couve comme une petite fille. En même temps c’est son rôle et maintenant avec cet accident, il va être encore pire. Il est gentil, mais ça me soule !

« Je sais… Allez j’ai des trucs à faire, j’vous laisse ! »

Je ne lui laisse pas le temps de répondre j’ai déjà raccroché. Il doit froncer les sourcils à l’autre bout des ondes, mais je m’en tape. Allez ! C’est le tout du patron. Lui, c’est autre chose. Je me demande comment il fait pour me supporter. Il se montre toujours tellement compréhensif même lorsqu’il fait son patron qui tient les rênes de l’entreprise !

« Ecoute Mona. Si tu as besoin de quelques jours pour te retaper, ne t’en fais pas. C’est plutôt calme en ce moment les dossiers sont quasi montés et Erik pourra assurer pendant ton absence. »

Ce mec est trop ! C’est comme s’il avait deviné ce qu’il me fallait.

« C’est que…
_ T’inquiète pas. Je ne décompterai pas, ton dernier travail était remarquable tu as bien mérité du repos. Allez Mona, je te laisse j’ai un conseil qui va commencer… Donne-moi des nouvelles et disons vers le 15 janvier ? »


Je rêve !! C’est lui qui l’a raccroché au nez ! Je regarde mon téléphone, interloquée avant de sourire, amusée. C’est moi qui raccroche au nez !
Je m’engage dans une ruelle désertée des passants et retourne mon manteau.

VENDREDI 22/12/2017 18h33 / MIMI

La porte de Mimi s’ouvre. Elle me regarde en souriant de ses lèvres énigmatiques et mutines. Elle ne dit rien et me laisse entrer. Chez elle, ce n’est rien de moins que le contraire de chez moi et pourtant je m’y sens à la maison. Elle me prend mon manteau et laisse échapper un petit rire en constatant qu’il est à l’envers.

« Tu restes un peu ?
_ Pas longtemps. Tu as mes affaires ? »


J’exagère. Je pourrais lui demander comment ça va, la remercier… Elle m’indique d’un geste gracieux et évasif un coin de son salon. Mon sac m’y attends avec en plus ce qui doit être mes fringues crades qui ont vu le train.

« C’est quoi ce manteau ? Je ne le connais pas ? J’te fais un thé ?
_ Vite fait alors… C’est un ami qui me l’a prêté.
_ Tu as des amis toi ? »


Touchée ! Elle a raison. Des amis ? Des personnes que j’estime oui mais à part elle… Je mesure la solitude qui est la mienne sans m’apitoyer. Après tout, j’ai choisi. Mais dans ces jours un peu spéciaux c’est vrai que ma situation sociale… Mais ce n’est pas le moment et je passe à autre chose.

« Au moins une. Merci de t’être occupée de tout ça.
_ Ce n’est rien tu oublies que je suis aide-soignante. »


J’aurais dû lui dire qu’elle n’était de toute façon pas obligée et que j’appréciais, mais comme d’habitude ça reste au niveau de la pensée et je me réfugie derrière le fait qu’elle sait sans doute tout ça.

Le thé est vite avalé et nous échangeons peu de mots. Je ne suis jamais obligée de parler avec Mimi et elle se contente de me sourire ou parfois de passer sa main sur mon bras ou dans mon dos. Je fouille dans mon sac pour en vérifier le contenu. Rien ne manque. Le « truc » est toujours là. Je le regarde avec perplexité pendant quelques secondes. Aloïs n’est peut-être pas si fort que cela ou alors il est diabolique. S’il n’est pas capable de récupérer ce machin c’est qu’il n’a pas de prise sur tout. Ou alors c’est un mouchard… Une sueur froide perle à ma tempe. Je n’ose pas y penser parce que d’un autre côté je dois savoir ce qu’il renferme. Je papillonne des paupières pour chasser les mauvaises idées. Avait-il prévu que je le dérobe ?

VENVDREDI 22/12/2017 19h02 Direction le CYBER-CAFE.

J’ai changé d’adresse depuis la dernière fois. On ne sait jamais. En même temps les démarches que je vais entreprendre sont moins sensibles, quoique. J’ai choisi un poste à l’écart afin de faire mes petites affaires, tranquille. Alors Nathan Waethers, Philadelphie. Ça ne devrait pas être compliqué… En effet je tombe rapidement sur des photos de ma cible. Une fois qu’on a ça, pas difficile de trouver l’adresse de son cabinet. Il y a même un lien de contact. Nathan.Weathers@philly-law-cooperative.com . Trop facile ! Par contre, j’hésite. Je me rejette au fond du fauteuil usé et un peu crasseux tout de même. Je me mords la lèvre inférieure dans une grimace de réflexion. Si je lui envoie un mail avec mon adresse, il y a fort à parier que je vais tomber dans ses spams. Ce serait mieux de remonter à la source. J’ai le choix sur l’angle d’attaque soit le server principal, soit par le réseau de l’immeuble, de son cabinet si possible. La recherche est plus longue pour trouver les renseignements. En fait, c’est par la bande que je trouve la faille. Un article sur une cliente de ce cher Nathan. Le jeune homme est adepte des scandales et des feux de la rampe médiatique. Les journaux pensent toujours que leur sécurité est assurée et ils n’ont pas tort de penser cela avec le fric qu’ils y mettent et pourtant il suffit de pas grand-chose, un ordinateur qui reste allumé durant la nuit ou la pose déjeuner. Quelques écrans noirs et des lignes de codes plus tard, je trouve l’info, une adresse IP. C’est fou ce qu’on peut faire à partir de ce maigre indice ! Et toi Nathan tu éteins ton ordi ? J’essaie d’imaginer les cybers-habitudes de l’avocat. C’est un vrai bisounours, tout le monde il est beau tout le monde il est gentil… Je suppose que tu as dû un peu faire évoluer ta vision des choses. Je le soupçonne par contre d’être consciencieux et de ne pas laisser les dossiers de ses clients exposés. De toute façon ce n’est pas ça que je cherche. Et puis ce n’est pas en tergiversant que je vais en savoir plus. Je pourrais tenter des mots de passe au hasard mais c’est le meilleur moyen de déclencher une alarme ou de bloquer le système ce qui revient au même. J’entreprends donc d’autres investigations informatiques. J’adore voir les lignes remonter vers le haut alors que le travail avance. Ca prend un peu de temps sans mon matériel, mais les barrières tombent une après l’autre.
ACCESS GRANTED ! Bingo ! Les dossiers et les fichiers défilent devant les yeux mais ce n’est pas ce qui m’intéresse. Par contre je note soigneusement le chemin d’acces. Puis je tape fébrilement les lignes de code qui vont créer un nouveau dossier sur le bureau de l’ordinateur de l’avocat « Stone in my pocket ». Il n’y a plus qu’à y glisser un fichier texte.

.txt a écrit:
« Honey,
Since we left, I can’t stop thinking of you. We still have so much to discuss.
It seems to me that if you read this words, I would immediately know it, like two connected and sharing minds.
We have so much in common !

My life is so hard far away from you
Once we'll meet again,
Never mind the time it will take
A loving heart is waiting for you »

L’acrostiche était tellement évident que je n’avais aucun doute sur la rapidité de Nathan à le découvrir. Evidemment ce n’était pas de la grande littérature, mais il comprendrait… Je referme toutes les portes derrière moi comme à mon habitude. Après un nettoyage de mes traces de ce côté de l’Atlantique aussi, me voilà avec le sentiment du devoir accompli. J’ai juste le temps de jeter une bouteille à la mer du côté des Alpes franco-Suisses et le patron du cyber café me fait signe qu’il faut y aller. Pour la suite, il faudra que je prenne un peu plus de risque et cela peut attendre un peu.

VENDREDI 22/12/2017 23h05 COMPAGNIE PEHLIVAN/12/2017


Dehors et je me sens épuisée.
Comme quoi, je n’ai pas encore tout à fait digéré le train et ma chute dans la douche. J’ai juste envie de dormir. Le tout est de savoir où. Mes dernières investigations m’invitent à penser qu’Aloïs n’est pas si bien renseigné que ça. C’est très étrange ! Il est capable de m’envoyer un répliquant dans un club de bickers, mais pas de trouver où j’habite. J’essaie de déduire des choses de ça mais rien n’est vraiment satisfaisant hormis le fait d’avoir eu beaucoup de chance. Et encore… J’imagine qu’il a moyen de me repérer au moment où il décide de me pourrir la vie mais pas de collecter forcément beaucoup d’infos sur moi. Ce qui voudrait dire que lorsqu’il me téléporte, il sait peut être où il m’envoie mais pas depuis où ? Et que s’il avait décidé de m’envoyer son faux Nathan au moment où j’étais chez moi je l’aurais vraiment eu dans l’os ? C’est quand même un mec qui semble avoir des pouvoirs incommensurables en même temps que des trous dans son système. D’ailleurs le fait qu’il fasse appel à moi pour savoir ce que contient le truc semble confirmer la deuxième partie de la proposition, mais dans ce cas, ça voudrait dire que je suis marquée d’une façon ou d’une autre. Je ne vais pas réussir à dormir avec ce soupçon et je sais comment éliminer des hypothèses.

Quelques minutes plus tard me voici devant les locaux de la boîte. C’est pas moi qui en ai conçu la sécu mais j’ai les codes, c’est cool ! Je sais qu’il y a des caméra mais comme je ne vais rien faire de mal, je ne vois pas le problème. Bien malin celui qui comprendra ce qu’il voit.

Me voici à l’intérieur. J’évite d’allumer les lumières et ma connaissance des lieux est bien suffisante pour me diriger avec seulement la lumière de la rue. Me voilà au sous-sol. Un faisceau de lumière arrive de l’angle du couloir. C’est la ronde.

« Bonsoir.
_ Bonsoir Mademoiselle Goðrúnarson. »


Ah ! Voici enfin ce que je cherche. Le magasin de matériel portable. Un petit code, et me voici dans le sanctuaire de la technologie dont une grande partie du contenu a été acheté sur mes conseils. La pièce est borgne et je me décide à allumer. Je ne mets pas longtemps à trouver ce que je cherche. L’endroit est scrupuleusement rangé et son inventaire tenu à jour. Je sors de sa boîte une sorte de raquette épaisse et noire. Interrupteur on, une diode rouge s’allume et je passe l’appareille sur moi sans oublier un seul recoin quitte à passer pour une impudique. Aucun signal. Je ne peux pas dire si je suis soulagée ou déçue. En tout cas rien d’électronique ou d’électrique ne me compose de près ou de loin. Je suis toujours moi et je n’ai pas de mouchard sur moi à mon insu sauf à imaginer une technologie alternative. Je remets tout en place. Un tazzer me fait de l’œil. J’hésite si j’en ai un je vais pas le piquer tout de même !

SAMEDI 23/12/2017 00h13 DIRECTION MAISON

Cinq minutes plus tard je suis de nouveau dehors et je ne sais toujours pas où je vais dormir. J’ai de plus en plus envie d’en avoir le cœur net ! Je trouve ça d’une imprudence stupide mais il faut que je sache. Trois jours plus tôt j’avais pris les mêmes précaution d’approche circonspecte et pas plus qu’alors, je ne descelle de présence ennemie. Je me retrouve comme une idiote au milieu de chez moi un peu comme une étrangère. Mais comme je ne suis tout de même pas venue pour rien je me mets à la recherche des moindres traces d’intrusion d’électronique en tout genre.
Evidemment je ne trouve rien et je flippe encore plus. Alors je retourne dans la cage d’escalier dans les gaines techniques pour m’assurer que rien n’a été bidouillé. Rien. Je ne vais pas suivre les lignes jusque dehors tout de même ! Je passe tout de même la tête à la porte de l’immeuble. Pas de camion pas de van…
Je remonte et m’assied sur mon lit la tête entre les mains. Je vais devenir folle à force de prudence. Pour ce soir je vais tenter de me raisonner mais de plus en plus le projet de prendre l’air prend corps en moi.

Je finis tout de même par reprendre mon portable et à me connecté en deep, histoire d’éviter le traçage. J’ouvre une fenêtre minimaliste de chat. Je tape une invite de commande pour sonner mon correspondant et bientôt j’ai ma réponse.


Hodor a écrit:
Salut ma vieille
BW a écrit:
Salut. J’ai un truc à te demander
Hodor a écrit:
Toujours aussi directe. Vas-y…
BW a écrit:
T’as toujours des contacts dans les identités ?
Hodor a écrit:
Oui, qu’est-ce qu’il te faut
BW a écrit:
Un passeport, une nouvelle identité quoi
Hodor a écrit:
T’as réfléchi à qui ?
BW a écrit:
Katia Ackermann, Bonn, courtière en bourse. Je t’envoie le reste en même temps, photo comprise. C’est bon ? Tu as ?
Hodor a écrit:
Oui, ça y est. Putain ! Madame est classe ! Toujours au même endroit ? Quand est-ce que t’infiltre le pentagone ?
BW a écrit:
Fais pas chier ! Non on change : Katia Ackermann Pósthússtræti 5, 101 Reykjavík, Islande. Bon je te laisse je suis pas sûr de ma connexion. Merci.

Je savais que je pouvais faire confiance à Hodor. C’était un gros no-life de hacker un peu lourd mais qui répondait toujours présent. On s’était jamais rencontré mais on n’avait pas mal échangé enfin, bref, une bonne chose de faite. J’en profite pour aller voir si ma petit graine avait germé de l’autre côté de l’Atlantique. Avec mon matériel ça allait bien plus vite et je n’ai pas pu m’empêcher de sourire en consultant le fichier. Super Nathan n’était pas trop con.

Nathan a écrit:
Je trouve plus de romantisme aux mots posés sur du papier à lettres... Si tu te languis tant, écris-moi :

Nathan WEATHERS
Southstar Lofts, 521 S. Broad St, #9.
Philadelphia, PA 19147.
Pennsylvania, United States of America.

Avec toute mon affection.

Je réfléchis un instant et c’est vrai que mes craintes actuelles de me faire tracer sur le net pouvait pousser aux mêmes choix que ceux de Nathan. Ce n’était pas très pratique et surtout très lent mais quitte à trouver autre chose d’alternatif plus tard elle voulait bien se plier à l’exercice, même si cela faisait très longtemps que je n’avais pas tenu un stylo. Evidemment rien ne m’empêchait d’imprimer une lettre avant de l’envoyer, mais papier rimait pour moi avec stylo… Je haussai les épaules face à mes à priori.
Par contre une chose m’inquiétait : le silence de Luc et une boule d’angoisse vint se loger au fond de mon abdomen. Si j’étais ressortie vivante de cette épreuve, je ne pouvais admettre que Luc ait subi un sort différent. Nathan avait peut âtre d’autres nouvelles des autres et j’étais soudain impatiente de lui rédiger cette lettre…

Mona a écrit:
Hello,
Je ne sais pas par où commencer et un avocat sans doute

N’importe quoi ! Mes précautions me donnaient la gerbe. Je pouvais être sympa sans me montrer mielleuse ni me dévaloriser ! Il devait déjà avoir une assez haute opinion de lui comme ça. Je froissai la page pour recommencer.
Mona a écrit:

Hello,

Comment vas-tu ? Je me remets doucement de ce que notre petit groupe a subi et j’avoue que je me demande comment vont les autres surtout ceux avec qui j’ai pu échanger même brièvement. As-tu eu des nouvelles de Yoko, d’Atéa et de la toubid (je connais pas son nom, non plus que le gros menotté) ? Il y avait aussi une gamine que je n’ai eu que le temps d’entrevoir et peut-être d’autres personnes j’ai le souvenir d’une femme à poigne mais c’est très flou. J’avoue que je m’inquiète pour Luc, le grand qui m’accompagnait avec Yoko. Je n’ai pas de nouvelles alors que j’ai ses coordonnées.
Au risque de te paraître prétentieuse, je n’arrive pas à me dire que les choses vont en rester là et qu’on va attendre que ça nous retombe dessus. J’ai cru comprendre au milieu de tout ce cirque que tu étais une sorte de centre des ces événements. De mon côté, j’ai une pièce à conviction qui pourrait peut-être nous aider à y voir plus clair, mais avant de t’en parler je voudrais savoir si tu comptes donner suite. Dans ma tête c’est un peu vague et brouillon.
Je ne me sens plus très en sécurité chez moi et en Islande plus généralement aussi si tu me réponds utilise cette adresse restante : Katia Ackermann Pósthússtræti 5, 101 Reykjavík, Islande
A bientôt pour des nouvelles rassurantes pour tout le monde j’espère.


La folle au caillou

Après relecture j’étais conforter sur le fait que je n’étais pas une grande écrivaine, mais tant pis. Une enveloppe, un timbre pour l’internationale et la lettre finit dans mon blouson pour être postée le lendemain.
Il restait un godet de pâtes asiatiques dans un placard de la cuisine et une bière du dernier passage d’Hans. Une douche et dodo. Je pris soin de fermer ma porte comme il se devait et je posai en équilibre sur son goulot ma canette vide juste derrière.

Demain, enfin, on était déjà demain, mais j’avais besoin de dormir, m’attendais une journée bien remplie. Billets d’avion, poste, et surtout me coltiner avec « le Truc », quitte à choper une bonne migraine.

SAMEDI 23/2017 10h57

Il était déjà tard dans la journée. Trop tard à mon goût, mes ce qu’on appelle les petites bricoles du quotidien avaient monopolisé bien plus de mon temps que je ne voulais, d’autant que je prenais pour les moindres choses plus de précautions que je ne ‘en avait jamais prises dans ma vie. Mais enfin, c’était fait et j’allais pouvoir me coltiner avec le Truc. Je ne savais pas ce que pouvais provoquer l’intrusion que je m’apprêtais à entreprendre dans ce qu’il contenait aussi je m’étais préparé à toute éventualité enfin au plus possible sachant que le mystère entourant les derniers événements auxquels j’avais été soumise pouvait laisser envisager tout et n’importe quoi. J’avais même imaginé que ce truc était comme l’anneau de pouvoir capable d’attirer les réplicants vers moi lorsque je l’utiliserais comme autant de Nazgulls. Une fois qu’on avait accepté cette éventualité, à qui pouvait bien servir que je le verrouille chez moi. La téléportation pouvait tout aussi bien les faire arriver directement chez moi. Chaque fois que mon cerveau paranoïaque envisageait ce genre de chose, j’avais l’impression de sombrer dans un vertige de délire sans fin et j’étais prise de panique, l’estomac plein d’oursin ou d’enclume selon les moments.
Je m’étais donc équipée comme pour une téléportation avec tout mon bardas bien rangé dans sac et celui-ci sanglé dans le dos.
C’est moment. Comme s’il s’agissait d’une chose fragile, je dépose le pavé de métal devant moi sur la table et je me ré-assois comme pour me préparer au pire ou je ne sais quoi. Je ne sais en effet pas si mon étrange capacité va fonctionner cette fois car à l’évidence, la dernière fois, le faux Nathan n’y était pas pour rien dans son activation. Je me fixe alors sur le pavé m’attendant à ce que tout se libère de son épaisseur comme quelques jours auparavant. Mais rien ne se passe. Je me rejette contre le dossier de ma chaise de travail. Evidemment je devrais m’en douter. Jusqu’à présent ce truc ne s’est plus moins mis en route qu’à mon insu alors que là, je lui demande de répondre à ma demande. Ça va être sans doute une autre paire de manches ! Je me demande par où commencer et sous quel angle attaquer l’exercice. Je tente de me souvenir des fois précédentes, de mon état d’esprit, des sensations, pour ce qui est des sensations ça ne donne pas envie parce que les migraines ont été carabinées, une certaine curiosité et nécessité accompagnaient le déclanchement de ce que j’hésite encore à appeler pouvoir.
 
De toute façon, qui ne tente rien n’a rien. Me revoici devant ce bout de métal qui me défie depuis tous ces jours. Oui c’est comme si je cherchais un renseignement dans une encyclopédie et que je devais rendre un rapport urgent. Je tente de me protéger de la migraine qui ne va pas tarder à arriver, enfin, c’est ce que je pense. Ca           pour effet de faire prendre conscience des endroits mis en action dans ma pauvre petite tête. Comme par magie, la matière du Truc semble s’évanouir. Un sourire de triomphe apparait sur mon visage… et tout redevient comme avant. Evidemment, si je croyais que tout allait aller de soit ! Je me rends compte que la moindre déconcentration va être contreproductive. J’allais dire fatale, mais par les temps qui courent je préfère éviter un vocabulaire aussi extrême. Ce n’est pas de la superstition. C’est la mesure de ce que les mots signifient. Bref, encouragée par cet essaie je me propose de retenter l’expérience, mes doits au bout des mes bras qui pendent le long de mon corps s’agitent comme ceux d’un duelliste du far ouest au-dessus de la crosse de son révolver. Je convoque les mêmes sensations et m’autosuggestionne pour les maintenir constantes. Et le miracle s’accomplit une nouvelle fois, c’est comme si je posais des questions à la matière et que celle-ci s’ouvrait devant moi. Comme la première fois j’entre dans une sorte d’hologramme, un plan en trois dimensions. Fébrilement en essayant de ne pas rompre le contact je saisis à l’aveuglette mon crayon et griffonne sans détacher mes yeux du plan, tout ce que je vois. L’exercice est malaisé car je ne regarde pas vraiment ce qui se dessine sur le papier et pour cause, cela romprait sans doute le lien avec le contenu du truc et puis la feuille est aussi transparente que le « Truc ». La mine de crayon court sur le papier à toute vitesse tandis que je tente d’activer ma mémoire. Je me doute que mon croquis ne sera pas parfait dans ces conditions, mais je compte sur ma mémoire pour le reprendre plus tard. Je reconnais le plan que j’avais aperçu dans le club de bikers et je me plonge dedans comme si ma vie ne dépendait. Il m’avait dit cette construction n’existait pas encore et pourtant elle semble être enterrée de tout temps. C’est comme si mes yeux volaient au fil de couloirs et d’escaliers reliant des salles et des SAS. Le nombre de salles semble fini, mais le réseau de couloirs et de passages divers semble inextricable. Et puis il y a ces caractères qui semblent être de l’écriture mais d’une forme jamais vue en tout cas de mes yeux. Les reproduire est un plus du dessin que je l’écriture. Et puis ce qui devait arriver arriva. Petit à petit les prémices d’un mal de crâne s’insinuent dans mes yeux concentrés. Mais il est hors de question que je renonce. J’ai encore trop à dessiner. Et les choses semblent mouvantes. A chaque fois que je tente d’observer cette construction sous un autre angle c’est comme si toute la structure changeait. Seule l’entrée, un escalier descendant semble immuable. Je sens que mon crâne va exploser sous la pression de la fatigue et je suis obligée de renoncer dans un dernier réflexe, celui de noter une salle et les caractères étrange qui s’y rapportent pour reprendre à cet endroit la prochaine fois car il est hors de question que je renonce. J’ai l’impression de revivre mon réveil dans le train tant ma tête est un champ de bataille retourné par les chenilles de montres mécaniques. Je me traine jusqu’à l’armoire à pharmacie et je prends la dose maximum d’antidouleur. Les minutes s’égrènent sans que je sente d’amélioration notable. Je n’ose pas imaginer que le calvaire du train va se reproduire. Une douche ne fait rien à l’affaire et rapidement je finis au lit.
 
J’ouvre les yeux et je cherche à tâtons ma toute nouvelle montre qui évite les connexions inutiles 13h 28. C’est traisonnable et ma tête me laisse en paix. C’est alors que mes yeux tombent sure l’indication de la dâte. 24/12 ! J’ai dépassé les deux tours de l’horloge ! Si ce truc me met à plat ainsi à chaque fois je ne vais pas être très efficace. Je me rassure en me disant que je vais finir par en prendre l’habitude. Je prends le temps de prendre un petit déjeuner décalé avant de retourner à la tâche. L’a connexion avec ma nouvelle capacité devient presque automatique, mais les surprises du plan sont constantes. Je ne parviens pas à reprendre mon plan là où j’en était. Les départe de couloirs sont complètement différents hormis l’entrée de la construction mystérieuse. J’ai l‘impression que je dois recommencer le travail de la veille. Un couvercle de désespoir s’abat sur ma cage thoracique. Cette chose joue avec mes nerfs mais il est hors de question que je laisse tomber. Je reprends tout depuis le début et je double mon dessin d’ensemble de dessin des pièces séparées. Je commence à en reconnaître certaines mais cela ne joue en rien sur mon mal de crâne. Cette putain de migraine va finir par avoir raison de mes neurones et de ma santé mentale. Mais une évidence s’impose à moi. Je n’ai pas le choix que de me replonger dans la douleur jusqu’à épuisement. Le troisième jour, je ne regarde même plus l’heure. Et c’est comme une condamnée à mort que je reprends le contact avec le « Truc ». Ma seule consolation est que ma liasse de croquis commence à s’étoffer et que certains commencent à prendre une allure regardable si ce n’est compréhensible.
 
MARDI 26/12/2017 7h15

J’ouvre les yeux. Aujourd’hui j’ai décidé de faire une pause « Truc », mas de migraine. Soudain je me rends compte que Noël est passé et que je ne m’en suis même pas aperçu. Je tette un œil par le fenêtre. Pourtant les illuminations de la ville sont encore là pour nous rappeler la période des fêtes de fin d’année. De toute façon, Noël ou pas… Je me demande ce que je peux m’autoriser à faire. Mon corps m’encombre, je sais de quoi j’ai besoin mais si je suis traquée, ce sera un endroit où on m’attendra. Qu’importe ! J’ai besoin de ça !
 
11h17 Salle de sport.
Pha’ me pose la main sur l’épaule je m’arrête net et me retourne vers lui. Je suis en nage. J’ai mal partout.
 
« Allez Mona. Arrête tes conneries tu es en train de te griller pour rien. Tu n’arrêtes pas depuis ce matin, tu ne t’hydrates même pas. C’est quoi cette furie ? »
 
Je ne sais pas quoi répondre.
 
« Tu as des ennuis ? Tu peux m’en parler tu sais ? »
 
Evidemment que je peux lui en parler. Mais lui parler que quoi ? Mon cerveau se barricade derrière la solitude qui me sied si bien. Je descends du ring et abandonne mon sparing partner. *Sa mine est ébahie.
 
« Elle est schtarbée cette nana ! »
 
Pourtant tout le monde me connait ici. Je sais que s’ils en viennent à avoir ce genre de réflexions c’est que ça ne doit pas tourner rond. Décidément, il faut que je change d’air ! J’ai déjà mon billet pour Stockholm et Luc m’a proposé de lui rendre visite. Je crois que je vais profiter de son invitation…

Lorsque je rentre chez moi, je n'ai qu'une seule envie m'abrutir das les recherches sur ce plan. Il y a encore les caractères que j'ai notés et sur lesquels je n'ai pas encore planché. Je ressors pour aller fouiner sur internet à la médiathèque et dans les ouvrages de cabalistique et autres caractères ésotériques.  Je ne trouve rien qui soit satisfaisant ni même qui ressemble de près ou de loin à ce que j'ai réussi à transcrire. Tout ce que je parviens à faire c'est classer par famille graphiques ces différents signes. Je ne parviens à rien de bien révélateur mais j'ai l'impression d'avoir fait quelque chose de ma journée. L'angoisse qui m'habite depuis le train n'a pas disparu mais au moins je parvient à la mettre au second plan.
Caractères:
 

Je décide de les joindre à la 'envoi prévu pour Nathan. Lui a un réseau plus vaste que le mien, on ne sait jamais...
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