Forum roleplay (étrange/science-fiction)
 

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 Šūdas... [PW Mona]

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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Sam 27 Jan - 15:21

Putain de cauchemar ! Je ne sais plus où j’en suis. J’essaie de faire le tri de ce qui est réel de ce qui est de mon rêve. C’est plus facile quand je suis seule. Là avec une personne commune entre les eux, j’ai un peu l’impression de perdre les pédales. Je me passe la main sur le front, la sueur glacée sous mes doigts vient faire écho à la panique suscitée par mon rêve. Petit à petit, ma respiration retrouve son rythme normal et c’est seulement à ce moment qu’Ignas se rematérialise devant moi, je veux dire que je reprends conscience de sa présence.

Je n’ai pas beaucoup d’effort à faire pour deviner son inquiétude. Cependant il reste très calme. Visiblement il a déjà été confronté à des situations pires que celle-ci. Il faut dire qu’il ne s’agit ici que d’une nana qui a fait un cauchemar, rien de bien terrible pour un ancien militaire recyclé en agent de sécurité. Je suis chacun de ses mouvements et son regard qui ne me quitte pas des yeux mais font des allers et venues en direction du leatherman. Malgré mon excuse précédente, je rends seulement conscience de ce que j’ai fait, mais aussi du fait que maintenant c’est lui qui va entrer en possession de l’arme. Je me raidis. Je ne sais pas si je dois m’en réjouir ou m’en inquiéter mais la moindre menace trouve chez moi des réflexes de survie et de combattante. Légèrement penchée en avant, les deux mains ouvertes prêtes à saisir ou à dévier un coup, la gauche légèrement en avant, j’esquisse une mise en garde afin de parer une éventuelle attaque malgré la voix douce et qui se veut rassurante du Lithuanien.

Heureusement mon outil de survie finit à terre à l’autre bout de la chambre et je consens à me détendre un peu. Je ne suis pas certaine qu’il comprenne vraiment mais je veux bien admettre qu’un militaire ait eu à faire face à des situations bien glauques et que ses nuits ne doivent pas être tranquilles tous les jours. C’est un peu une chance que ce soit tombé sur lui. Enfin, je ne suis pas certaine qu’il partage mon point de vue, mais d’autres auraient réagit moins calmement et auraient sans doute ameuté tout l’hôtel. A cet instant, je me laisserais bien glisser au sol pour me prendre la tête entre les mains et attendre que toute la tension s’évacue à moins qu’elle ne prenne le dessus sur moi et me fasse basculer du côté de la folie. Mais il y a un mec dans la chambre et j’ai déjà assez baissé la garde devant lui. Je n’ai pas envie qu’il pense que je suis une pauvre fille qui a besoin d’être protégée. Et puis si juste un cauchemar peut avoir raison de moi, je ne sais pas comment je vais résister à ce qui doit encore m’attendre. Car je ne me fais pas d’illusion, le pire reste sans doute à venir. Au fur et à mesure qu’on parviendra à s’approcher du noyau de cette saloperie qui nous bouffe la vie et le cerveau depuis presqu’un mois, l’ennemi réagira et nous seront de plus en plus en danger. D4ailleurs je me souviens que si mon arme était sous mon oreiller c’était que brusquement la confiance naissante que j’avais en Ignas s’était effondrée.

Les paroles d’Ignas m’arrivent comme à travers un tunnel et se font de plus en plus claires. Un cauchemar oui, mais comme les autres, tellement réel ! Heureusement j’ai encore de bonnes nuits de sommeil, mais les journées d’inquiétude et d’interrogation génèrent automatiquement ce genre de rêves. La perte de confiance que j’avais réussie à construire envers lui ne me pose pas plus de problème que cela. C’est presque le fait de m’être laisser aller à une telle faiblesse qui me fait enrager. Car ce n’est pas tout de le dire, mais rien ne me dit que je sois vraiment en sécurité… Tandis qu’il s’approche, je le regarde s’approcher par-dessous, incrédule devant sa manœuvre de réconfort et tente de finir reprendre mes esprits. Les événements de la soirée me reviennent en mémoire et je tente de trouver les raisons qui m’ont incitée à le croire. Objectivement, dans le parc, il avait le dessus et il aurait pu en finir avec moi, récupérer «  le truc », voire m’enlever si ses ordres étaient ceux-là. Je parviens à alors à me raisonner et à me dire que je ne cours aucun danger immédiat. Sa main sur mon épaule me fait tressaillir presque malgré moi et ravive un reste d’instinct de survie et de méfiance, je dégage mon menton d’une brusque torsion du cou et repoussant dans violence mais fermement son bras je glisse contre le mur pour me mettre hors d’atteinte en levant mes mains encore tremblantes, le visage de trois quart pour signifier que je n’ai pas envie qu’on me touche.

« Merci, Ignas. C’est va… C’est cool… »

Rien n’était cool en l’occurrence. Ni mon cauchemar ni le fait d’avoir manqué tuer un type dans une chambre d’hôtel, ni même de se laisser approcher par un inconnu, même si ce dernier était animé par les intentions les plus pacifiques. En vérité, je lui étais reconnaissante d’exprimer son pardon à mon égard, ça allait m’éviter d’affronter encore plus de culpabilité et de convoquer de nouveau les sermons de Nathan. Ses paroles sont frappées au coin du bon sens, mais je ne sais pas si je vais parvenir à me rendormir et lui fera-t-il mieux à proximité d’une cinglée qui venait de tenter de l’égorger ?

Comme pour faire oublier ce qui vient de se passer, j’adopte machinalement une attitude énergique presque agressive et tape mon oreiller, sous lequel dort le pavé métallique. Je réajuste les draps et les couvertures comme si j’étais à la maison et que je faisais un brin de ménage. C’est un peu surréaliste mais je n’ai trouvé que ça pour ne plus croiser son regard et tenter d’oublier… Oublier ! Il commence à y avoir pas mal de choses que j’aimerais oublier et ce serait assez confortable, mais je ne sais pas si tout le monde est comme moi, mais l’oubli semble m’être interdit. Je me demande si un jour je serai débarrassée de la scène de dissection dont j’ai été l’objet. Si un jour, j’arrêterai de ressentir le froid et la douleur des outils dans ma chair.

Pour l’heure, le plus important, comme dit le Lithanien que j’ai évacué de mon champ de vision, est de pouvoir finir correctement la nuit. Ça ne va pas être commode et je pourrais tout aussi bien reprendre une douche mais ça ne ferait pas sécher ma tenue. Je secoue autour de moi ma brassière pour en évacuer le plus d’humidité dans un geste évidemment vain. Et puis merde ! Je m’en débarrasse et me glisse sous les draps sans souci du regard de mon garde du corps. Je me demande s’il va effectivement dormir ou bien si mon comportement va déclencher une nouvelle vague de question et je ne sais pas non plus si je préfère dormir ou lui répondre. Dormir, serait plus raisonnable.

« Bonne nuit. »

J’étais parfaitement consciente de ne pas être très cool avec lui et que ni Mimi ni Nathan n’approuveraient cette attitude désinvolte, mais c’était la seule façon de faire que je connaissais dans cette situation pour ne pas paraître plus fragile que je n’étais et donner au moins l’impression que j’assurais, ce qui à l’évidence, pour moi, n’était pas le cas.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Lun 29 Jan - 0:09

Mona ne semble pas vraiment enchantée à l'idée d'un contact physique. A peine Ignas pose-t-il ses mains sur elle qu'elle se dégage assez vivement, sans non plus se montrer violente. Immédiatement, l'ancien soldat recule, mains en l'air, signe qu'il ne cherche pas à la mettre mal à l'aise. Elle le remercie pour son attitude, lui dit que tout va bien... Mais la sueur sur son front et son attitude générale hurlent le contraire. Pourtant, le Lituanien reste silencieux. L'Islandaise fait partie de ces gens qui ont besoin qu'on leur laisse de l'espace. Alors il fait quelques pas en arrière, et retrouve la chaise sur laquelle il venait de passer les deux dernières heures. Il observe la jeune femme remettre de l'ordre sur le lit... avant de retirer sa brassière. Interloqué, il la regarde ensuite se glisser sous ses draps, et lui lancer un bonne nuit tout ce qu'il y a de plus neutre.

Comment je vais dormir après ça, moi... Murmure-il dans sa barbe, sourire amusé aux lèvres.

Il n'en avait aucune idée. D'un côté, Mona serait assoupie à ses côtés, nue, "vulnérable" en quelques sortes, et puis malgré tout ce qui avait pu se passer, elle ne semblait pas vouloir lui faire du mal. Mais il y avait ce leatherman, cette lame, qui continuait à trainer à côté du lit. Elle avait tenté de s'en servir contre lui. Plus tôt dans la journée, elle l'avait pisté et s'était défendu lorsque lui l'avait attrapé. Alors peut-être... peut-être qu'elle cachait tant bien que mal son jeu, et qu'elle l'attaquerait dès qu'il aurait les yeux fermés ? Il ne voulait pas envisager cette possibilité. Elle avait répondu à toutes ses questions depuis le début, sans détour, sans langue de bois. Si elle lui avait dit tout ça, si elle l'avait laissé entrer dans sa chambre d'hôtel, pourquoi voudrait-elle le tuer ?

Prudemment, Ignas jaugea la distance qui séparait Mona du couteau. Puis il rejoignit la jeune femme dans le lit, en prenant garde à ne pas trop s'immiscer de son côté.

Bonne nuit à toi aussi. Chuchota-t-il à son tour.

Allongé sur le dos, le garde du corps restait attentif au comportement de la rouquine. Le rythme de sa respiration, le moindre de ses mouvements, de quel côté est-ce qu'elle se tournait. Il tentait de discerner le moindre indice qui écarterait ses soupçons, ou au contraire les confirmerait. Une heure entière passa ainsi, avant que le sommeil ne finisse par l'attraper à son tour.

Il se réveilla dans la même position, sur le dos. Sa nuit avait été calme. A ses côtés, Mona était toujours assoupie, toujours nue. Un coup d'oeil rapide lui confirma que le leatherman n'avait pas bougé. Quelle heure était-il ? La chambre ne possédait pas de radio-réveil. Horaire hivernal oblige, le soleil n'était pas encore levé. Moins de 8h du matin donc. Lentement, Ignas s'extirpa des couvertures et fit quelques pas sur la moquette. Machinalement, il jeta un coup d’œil par la fenêtre. Rien, évidemment. Derrière lui, Mona s'agitait à son tour. Il l'avait peut-être réveillé en sortant du lit. Se retournant pour s'adosser à la fenêtre, le Lituanien attendit que l'Islandaise émerge réellement pour la saluer.

Bonjour. Bien dormi ?
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Lun 29 Jan - 20:57

La seule chose que je peux dire dans l’état dans lequel je suis c’est qu’Ignas se conduit comme un gentleman même si j’avoue, à part Aragorn, je n’en n’ai pas rencontré beaucoup, voire pas du tout. Je dois lui rendre cet honneur, il n’insiste pas et ne dit même rien qui pourrait aggraver les choses ou me mettre mal à l’aise plus que je ne le suis. Depuis que je suis sortie du foyer, mes expériences masculines se sont la plupart du temps limité à des rustres comme disait Galadriel. J’ai donc appris à leur remonter mon genou entre les cuisses et à choisir moi-même. Ma réputation a fini par faire le vide autour de moi et me permettre plus d’exigence.

Je ne savais trop que penser ni dans quelle catégorie ranger le Lithuanien, il avait un passé qui pouvait laisser penser qu’il ne valait pas mieux que la plupart des soudards que j’avais croisés jusque-là, mais son calme et la pondération qu’il avait montrée jusque là excepté pour mon épaule était des indices encourageants. Brusquement, l’image d’Eomer me vient à l’esprit. Le Rohirim au grand cœur au milieu des dresseurs de chevaux lui correspondait assez bien. Je lui suis reconnaissante de s’être éloigné pour me laisser reprendre mes esprits. Je parviens même à ne plus en faire qu’une présence diffuse dans la chambre au moment où je ferme les yeux.

Je ne sais pas comment le sommeil va me trouver et pourtant j’ai besoin de passer à autre chose et une page de sommeil serait la bienvenue. Je ne sais pas non plus comment va réagir Ignas après le pitoyable spectacle que je lui ai offert. Mes bras enserrent déjà mon oreiller, mais mes yeux fermés sont attentifs à tout ce qui se passe dans la chambre. Si je ne distingue pas ses mots en Lithuanien j’entends son murmure sans parvenir à lui attribuer l’intonation d’un sentiment quelconque. De toute manière, ce qui me préoccupe le plus c’est ce qui m’attend lorsque j’aurai sombré dans le sommeil. Je ne pense pas ou plutôt je refuse de croire à une autre crise aussi violente que celle de tout à l’heure, mais je pressens que mon sommeil sera agité. J’ai besoin de dormir mais je redoute de lâcher prise.

Le matelas ondule mollement. Il s’est glissé sous les draps et je ne suis toujours pas endormie ; Je me tends un peu prête à toute éventualité même s’il a gagné ses galons de Rohirim. Il trouve assez vite sa position puisque le lit finit de remuer et qu’un « bonne nuit » m’arrive bientôt. J’essaie d’imaginer comment il est allongé. Sur le ventre, le dos, le côté, en chien de fusil ? Je me doute que comme moi, il doit écouter la respiration de celle qui partage son lit et se demander si c’est une bonne idée de me faire confiance. Dans cette histoire on est vraiment dans la même galère. Je pense à la vie qu’il a dû avoir avant et quelle qu’elle fut, elle ne sera plus jamais comme avant. Est-ce qu’il en a pris la mesure ? Je pense que non car il a encore beaucoup à découvrir. Je me rends compte qu’il a beau être plus vieux que moi, de ce que je peux en juger, mais il est comme un nouveau-né dans ce nouvel univers. Je ne sais pas trop quel rôle j’ai joué ni même je l’ai bien joué, mais peu à peu je sombre dans le noir. Je ne sais pas si j’ai rêvé ou non. Cette phrase est idiote, je le sais puisque le sommeil naturel s’accompagne toujours de phase de rêve même si nous ne nous en rappelons pas. Mais mon sommeil a-t-il encore quelque chose de naturel ? Dans les choses corrompues par les derniers événements, le sommeil en fait partie et je me demande si je retrouverai celui d’avant. Ceci dit je suis déjà heureuse d’avoir cette fois dormi d’une traite jusqu’au matin et de me réveiller avec les idées à peu près claires. Je tourne la tête vers la place d’Ignas mais celle-ci est déjà froide. Je me redresse vivement pour le chercher des yeux dans la pièce.

En le découvrant à la fenêtre je le salue brièvement en sentant aussitôt ma nouvelle compagne reprendre sa place au creux de mon estomac. C’est maintenant comme une présence normale comme si je n’avais jamais vécu qu’avec elle. Elle ne doit pas m’empêcher d’aller de l’avant. C’est ce que je me répète tous les jours et chaque fois qu’elle prend plus de place qu’elle ne devrait.

« Ça va. Et toi ? »

Déjà je suis debout. Je ramasse le leatherman en le montrant sans mot dire à mon colocataire avant de le remettre à sa place dans mon sac. Puis c’est le tour de ma brassière et enfin le « truc » qui vont reprendre leur place. Je ne marque aucune méfiance en manipulant le pavé anthracite, comptant sur sa ressemblance avec un disque dur pour que le Lithuanien ne se pose pas lus de question que ça.

Il y a beaucoup à faire aujourd’hui. Outre les démarches administratives que je m’étais assignées avant de poser le pied en Suède, il y a ce truc bizarre dans le parc que j’aimerais bien approfondir si ce n’est résoudre. Cette perspective me redonne une nouvelle énergie et me permet de m’adresser à Eomer comme si rien ne s’était passé cette nuit. Je sais bien qu’il n’est sans doute pas dupe.

« Je me douche vite fait et on va déjeuner en bas ? »

Je ne lui demande pas ‘il veut en faire autant mais je ne suis pas despotique au point de ne pas lui concéder ce temps indispensable avant de reprendre nos activités de petits humains sur une planète qui ne tourne plus vraiment rond. Comme promis la douche fut expéditive et j’attends que le Rohirim soit lui aussi prêt à descendre. Une fois mes affaires empaquetées, je finis de l’attendre devant la fenêtre. La tempête de neige a cessé et les engins de déblaiement sont à l’ouvrage comme de gros scarabées se frayant un chemin dans une couche de cristaux blancs et scintillants. Les premiers passants ont repris possession des trottoirs laissant leurs empreintes dans une couche de neige épaisse. Ignas risque d’avoir du mal à ne pas prendre froid aux pieds. Tout est normal, le calme a succédé à la tempête et aucun répliquant connu ne montre le bout de son nez. Le calme apparents me donnait une nouvelle motivation et des myriades de fourmis montaient le long de mes jambes prêtes à me lancer dans le mystère du parc interprète.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Mer 31 Jan - 23:16

La nuit s'est déroulée sans encombre. Pas de mouvements suspects, pas de réveils en panique, pas de tentative de meurtre. Seulement le bruit de leur deux respirations, puis le noir. Lorsqu'il s'est réveillé, Ignas a tout de suite vérifié à côté de lui que Mona était toujours là. Après tout, elle n'était pas non plus à l'abri d'une téléportation intempestive. Ou alors elle aurait pu se mettre en position de le tuer. Mais un second coup d’œil permit au Lituanien de s'assurer que le leatherman n'avait pas bougé. La nuit avait été calme. Il se leva, suivit rapidement par l'Islandaise. Lorsqu'elle lui demanda s'il avait bien dormi, le barbu ne put s'empêcher une petite pointe d'humour.

Je suis toujours dans le même pays qu'hier soir... donc on va dire oui.

Imperturbable, la rouquine se leva, toujours seins nus, pour ramasser son couteau suisse. Elle rangea quelques affaires dans son sac, remis sa brassière, et partit prendre une douche rapide. Une fois qu'elle eut fini, Ignas fit de même. Posté face au miroir, il attaque sommairement ses cheveux, peigna sa barbe de manière à ce qu'elle ne soit pas trop en désordre, et enfila ses vêtements. Fort heureusement, sa veste et son pull avaient séchés dans la nuit. Fin prêt, et toujours gentleman, il ouvrit la porte à Mona, avant de lui emboîter le pas. Le petit déjeuner fut rapide, mais complet.

Ils ne repassèrent pas par leur chambre. Ignas y remettrait-il seulement les pieds ? Il n'en savait rien, mais pour l'heure, ça importait assez peu. Le Lituanien n'était pas équipé pour le froid. Alors lorsque la température négative de Stockholm le frappa au visage, il ne put que remonter maladroitement le col de son pull sur son nez. Ça ne tiendrait pas longtemps, mais ça lui permettrait de gagner quelques secondes, le temps que le reste de son corps s'habitue. Un à un, il contracta tous ses muscles. C'était une technique qu'on apprenait aux gens du Nord, pour s'habituer plus vite au froid. Mains bien ancrées dans les poches, il suivit Mona, empruntant le chemin inverse à celui de la veille, pour retourner dans le parc où il l'avait plaqué contre un tronc d'arbre.

Il ne leur fallut pas plus de quelques minutes pour retourner sur les lieux de leur première discussion. Allaient-ils de nouveau pouvoir parler leur langue sans avoir à se soucier d'être incompris ? Le Lituanien ne se priva pas d'essayer.

Désolé de t'avoir fait mal à l'épaule hier. Dit-il en lituanien, tout en regardant Mona. Les circonstances étaient... spéciales.

Désormais, il lançait à l'Islandaise un regard interrogateur. Avait-elle compris ? Au besoin, ça ne le gênait pas de se répéter en anglais. Mais si la zone de traduction universelle était vraiment réelle et fonctionnelle... alors il serait grandiose de comprendre son fonctionnement. L'espace d'une seconde, Ignas se prit à rêver d'un monde qui ne serait qu'une grande zone de traduction universelle. Plus de mauvaise interprétation, plus de quiproquo, la possibilité de discuter librement avec n'importe qui, n'importe où. Une utopie mystique. Mais une bourrasque glacée ramena bien vite le Lituanien à la réalité.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Jeu 1 Fév - 21:54

Une chose que j’apprécie en toute circonstance est l’efficacité et je devais bien l’admettre, avec l’ancien militaire, j’étais servie. Il ne s’était guère fallu plus de trois quarts d’heure avant que nous ne soyons tous deux, prêt et attablés dans la salle à manger du rez-de-chaussée de l’hôtel.

Jen’avais pas relevé sa façon incongrue de me répondre à la question sur sa nuit supposant que ce devait -être ce que certains appelle humour. Je me serais contentée d’un oui. Les fioritures en lien avec une variante spatio-temporelle hypothétique me laissent le plus souvent de marbre. De même, je me fiche comme d’une guigne de ce que les mâles appellent galanterie et ne réagis pas à l’ouverture de porte devant moi. La seule chose que je demande à l’autre sexe est le respect de ma personne au même titre que n’importe quel être humain. D’aucun me font régulièrement noter nombre de contradictions entre cette ligne de conduite somme toute assez simple et certaines de mes réactions sociales mais bon an mal an, je me trouve assez cohérente, n’en déplaise à des moralisateurs comme Nathan qui ne peuvent s’empêcher de me servir des couplets sur sa façon d’entrer en communication avec autrui. Cela ne m’empêche pas de réfléchir à ce genre de remarque lorsque son interlocuteur me parait lui aussi cohérent et même si cela me fait facilement enrager de l’admettre, l’avocat de Philadelphie ainsi que Mimi ont réussi à me faire me poser plus de questions que je ne l’aurais souhaité. Infléchir mes façons de faire, Faut pas exagérer, je n’en suis sans doute pas encore là, et ce serait admettre une défaite à leur égard que de leur avouer.

Comme toujours depuis des mois et de plus en plus depuis ces dernières semaines, je couvais mon sac, serré entre mes jambes sous la chaise du petit déjeuner, tout en profitant de ce repas dont le centre, un café noir était remarquable. Si je ne dédaigne pas le thé de Mimi de temps à autre, un bon café n’était jamais surpassé par rien d’autre. Comme le reste de l’hôtel la salle à manger était sobre mais soignée et les tons neutres étaient rehaussés çà et là de notes de couleur. J’avoue que je ne prêtai pas beaucoup d’attention à mon colocataire d’une nuit et ne pourrais pas dire de quoi il composa son premier repas de la journée. J’étais perdue dans mes projets pour essayer de percer le secret du parc polyglotte. J’essayais de trouver une manière efficace de circonscrire la zone de cette étrange aberration de la compréhension humaine. Autre chose qui me titillait était de donner signe de vie à Luc à qui j’avais plus ou moins annoncé ma visite. Il me fallait trouver un moyen de me connecter sans risquer d’attirer l’attention sur moi. L’idéal aurait été de ne le faire qu’immédiatement avant mon décollage.

Mais pour l’heure le parc m’attendait et me trouver en compagnie pour une fois ne me déplaisait pas. Ce serait sans doute plus facile à deux que tout seuls. Je me m’essuyai les lèvres en même temps que je me levais en saisissant mon sac. J’étais quasiment certaine de revenir pour la nuit prochaine pourtant je n’avais rien laissé dans la chambre.

A mes côtés Ignas demeurait silencieux. Etait-il en train de digérer les événements de la veille ou alors me laissait-il à mes pensées ? En out état de cause, son silence était reposant.

Lorsque le vent et le froid nous saissirent sur le trottoir, je clignai des yeux mais ce n’était rien à côté de la raideur qui saisit Ignas. Peut être que se procurer de quoi se protéger aurait été une bonne idée, mais mes économies dont j’aurai le plus grand besoin ne me permettaient pas de lui offrir quoi que ce soit et je ne savais pas trop s’il avait de quoi de son côté. Après, on pouvait toujours penser que le dollar pouvait tout acheter, mais encore fallait-il en avoir sur soi. Comme il ne se plaignait pas de la température, je me satisfis de l’hypothèse que son pays natal et son ancien métier l’avait endurci ou qu’il ne faisait pas si froid que cela. La rue était déjà animée par les transports en commun mais aussi les voitures et les piétons sur le trottoir se croisaient en direction de leurs occupations. La neige crissait sous les semelles aux endroits pas encore damés par les pas des Suédois et tentait de se dérober à ceux lissés par les passages répétés des petites créatures sombres qui la piétinaient sans vergogne. Le parc n’était pas bien loin et nous y arrivâmes bien vite. Avec ce froid et toute cette neige, il n’était que peu fréquentés et les rares usagers étaient ceux qui y cherchaient un raccourci et ne faisaient que passer.

Le lithuanien me baragouina quelque chose dans sa langue que je ne compris pas mais qui m’informa de son intention d’entrer dans le vif du sujet. Je me tournai vers lui en souriant et lui répondit en anglais.

« Visiblement on n’est pas encore arrivé. Je me disais qu’on pouvait par exemple se raconter une histoire dans notre langue en marchant en direction du lieu de notre rencontre et repérer ainsi en zigzagant de part et d’autre de la limite qu’on identifierait comme ça. Ça devrait nous faire faire le tour d’une zone dont pourrait chercher ensuite le centre si on admet que c’est un truc qui rayonne autour d’un centre bien sûr. »


Je ne savais pas trop si mes explications étaient très claires, mais mon projet consistait à passer d’un côté puis de l’autre de la limite de la zone concernée en fonction de la traduction de son absence et d’en faire ainsi le tour. En plus de l’effet Davis, j’étais tombée, nous étions tombés sur une autre aberration des lois que je ne pouvais même pas rattacher à la physique. Traduire une langue dans une autre nécessitait de recevoir un signal d’en identifier la langue et de la traduire. C’était déjà assez compliqué à mettre en place dans les rencontres internationales mais là ça se faisait de façon immédiate et simultanée. L’autre hypothèse était que quelque chose agissait sur notre cerveau et le rendait apte à comprendre toutes les langues. Après tout, n’a-t-on pas montré qu’à la naissance l’être humain était capable d’apprendre n’importe quelle langue ? Dans ce cas ce serait plus facile d’expliquer l’immédiateté du phénomène, la difficulté résidait alors dans l’identification de ce qui rendait la chose possible mais aussi d’expliquer qu’en sortant de la zoner d’influence on ne garde pas cette faculté au moins pour la ou les langues auxquelles on a été confrontées.

Je relevai mon col sur mon coup et mes joues pour les protéger du vent tandis que j’attendais l’avis d’Ignas. Il avait peut-être une meilleure idée. Piétonner dans le neige avec ses grolles assez peu adaptées à cet exercice risquait de la dégoûter assez vite de notre quête.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Jeu 1 Fév - 23:21

Une légère brise, glaciale, venait frapper le visage d'Ignas de temps à autre. Il arrivait à s’accommoder au froid, mais dans ce genre de journée hivernale, le vent était toujours le pire ennemi. Il s'infiltrait dans vos vêtements et vous frigorifiait jusqu'à la moelle. Heureusement, les arbres alentours coupaient un tant sois peu le souffle du nord. Cependant, le Lituanien avait un autre problème : ses chaussures n'étaient clairement pas adaptée à la marche dans la neige. Certes, elles étaient parfaitement étanches, et gardaient ses pieds au sec, mais si il devait passer la journée à marcher, il pouvait déjà prévoir l'achat d'une nouvelle paire avant le coucher du soleil. Les sentiers du parc qu'ils empruntaient n'avaient pas encore été déblayés par la municipalité, et seules quelques traces de pas venaient contrarier le tableau d'un blanc immaculé qui se trouvait autour d'eux.

Tous les arbres se ressemblaient. Pourtant, lorsque le garde du corps se mit à utiliser sa langue natale, il était persuadé de se trouver là où il avait plaqué Mona pendant de longues minutes. Il avait du se tromper. Ou alors la zone de traduction universelle avait disparu. Mais ça, ils n'allaient pas tarder à le savoir. En anglais, l'Islandaise élabora un plan qui semblait tout à fait correct du point de vue du garde du corps. Un seul doute subsistait, concernant la forme de cette zone. Était-ce un cercle avec un centre, comme le suggérait la rouquine sans certitude ? Ou bien était-ce autre chose ? Là encore, un seul moyen de le savoir.

Reprenant leur marche dans les bois, Ignas et Mona gardèrent le silence quelques secondes de plus. Puis, le Lituanien se lança en premier. Il hésita un instant sur l'histoire qu'il devait raconter. Une anecdote personnelle ? Pas forcément, jugea-il. Après tout, si le but était de délimiter la zone polyglotte, n'importe quel assemblage de mot, aussi incohérent soit-il, ferait l'affaire. Alors il entreprit de conter une vieille fable de son enfance. Une histoire qui parlait d'une jeune femme, Zivilé, appelée à épouser le Roi des Serpents. Son père refusait, tentait de piéger le reptile, mais ce dernier, plus malin et plus puissant, finissait par obtenir gain de cause. Plus de dix ans et quatre enfants plus tard, la désormais reine des serpents retournait sur les terres de son enfance, pour visiter sa famille. Conscient qu'un piège l'attendrait sûrement, le Roi des Serpents donnait à sa descendance et sa femme un code secret pour l'appeler. Mis au courant de ce secret, les frères de Zivilé l'interrogèrent, sans qu'elle ne cède. Puis les trois premiers fils de la Reine furent interrogés à leur tour, sans qu'aucun d'entre eux ne trahissent leur père. Finalement, le petit dernier, le plus jeune, apeuré, finissait par cracher le morceau. Ainsi renseignés, les villageois piégèrent le Roi et le tuèrent. La morale ? Ignas l'avait toujours trouvé incertaine. Folle de chagrin, elle fit de ses trois fils des arbres solides, mais maudit le dernier, coupable de trahison.

Tout au long de son récit, le soldat jeta des œillades régulières à Mona, guettant ses réactions afin de voir si elle comprenait ou non. L'histoire s'acheva, et ils ne semblaient pas encore avoir trouvé la limite de la zone. Le Lituanien repris en anglais :

C'est étrange... on s'était enfoncé aussi loin que ça hier soir ? On devrait déjà être passé devant l'arbre d'hier non ?

Puis, se rendant compte que l'Islandaise n'avait pas compris ses excuses plus tôt, il réitéra, cette fois en anglais :

Désolé de t'avoir fait mal à l'épaule hier. Les circonstances étaient... spéciales.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Sam 3 Fév - 21:27

Mon bonnet faisait plus que couvrir mes oreilles. C’était comme s’il m’isolait du reste du monde en même temps que du froid. J’étais entièrement tendue vers la résolution du mystère quo m’occupait ce matin et le fait qu’il n’ait pas de rapport apparent direct avec la téléportation me divertissait un peu de l’angoisse permanente qui m’habitait depuis le train. Malgré la nuit agitée que nous avions vécue, je me sentais pleine d’entrain, comme je l’étais en fait avant de me retrouver plongée dans tous ces événements que j’essayais en vain de contrôle depuis la petite année qui s’était écoulée. En y pensait j’essayais de me dire que les choses ne devaient pas changer en moi à cause d’Aloïs et sa clique de répliquants. Au contraire je me devais de rester le même ne serait-ce que pour garder la tête froide et réagir de façon proportionnée et posée à ce qui ne manquerait pas de m’arriver de nouveau. Mes cheveux rassemblés sous mon bonnet ne me protégeaient plus le cou et la nuque et le vent tentait d’en profiter. J’étais bien aise d’avoir un col montant et si besoin une capuche que je n’avais pas voulu remonter au-dessus de mon couvre-chef de grosse laine. De temps à autre Ignas et sa vulnérabilité au froid me traversaient l’esprit mais pas assez je l’avoue pour que je me fasse plus de souci que cela pour lui. C’était assez facile de me dire qu’il était grand et entrainé pour ce genre de circonstances climatique. La Lituanie n’était pas réputée pour ressembler à la riviera.

Un peu plus tôt, Ignas avait accordé du crédit à mon plan mais nous n’avions encore rien trouvé et je commençais à me dire que nous avions été victime d’une hallucination. Mais une hallucination de ce type et partagée, même si on prenait en compte les circonstances particulières de notre rencontre c’était assez étrange et peu probable. Le garde du corps s’était lancé dans un récit des plus animés auquel je ne comprenais rien et qui prouvais que nous étions sur une mauvaise piste. Je tentais de repérer quelque chose de particulier dans le paysage immaculé mais sans succès. Etait-il possible que la neige empêche le phénomène de se produire ?

J’entendais parfaitement les remarques de D’ignas et je ne pouvais que confirmer ses sensations et pourtant je ne voulais pas renoncer. J’essayais de retourner tout ça dans ma matière grise. Hier soir, la neige était déjà bien présente pourtant, ce ne pouvait pas être la raison. Je sentais mon visage se refermer petit à petit sous l’effet de la frustration et je me demandais si j’avais fait fausse piste. Je me mis à parler toute seule pour réfléchir posément et accessoirement pour qu’Ignas me contredise ou rebondisse sur mes élucubrations.

« Nous étions dans un bouquet d’arbre. Commençons pas là. Peut-être n’est-ce pas celui-ci…. »

Je regardai autour de moi pour trouver le plus proche avec lequel nous aurions pu confondre. Je montrai du doigt celui qui se trouvait un peu plus à droite par rapport à notre arrivée de ce matin.

« Peut-être celui-ci ? »

Je haussais les épaules aux excuses de mon grade du corps. Ce n’était pas la peine qu’il se formalise pour cela j’aurais sans doute fait la même chose à sa place et Nathan pourrait en témoigner. Je ne savais pas trop si je devais le rassurer sur mon pardon ou pas mais j’essayais ces derniers temps à tenir plus compte des remarques qui m’étaient adressées concernant ma communication.

« Pas de problème, tu n’avais pas tout à fait tort et j’aurais fait la même chose à ta place. »

Je confirmai :

« Les circonstances étaient spéciales.
J’aimerais bien qu’on retrouve l’endroit. N’hésite pas à m’interrompre si quelque chose te reviens ou autre. »

Sans attendre qu’il poursuive je me dirigeai vers le deuxième bouquet d’arbre en commençant à parler en Islandais à mon tour. Je m’étais demandé ce que je pourrais trouver et évidemment, un poème de Tolkien que me récitait Aragorn me vint à l’esprit. Je commençais d’une voix rêveuse.

« Við eldinn er eldurinn rautt,
Undir þaki er rúm;
En ekki enn þreytt eru fætur okkar,
Enn um hornið getum við fundist
Skyndilegt tré eða standandi steinn
Það hefur enginn séð en við einn.
Tré og blóm og lauf og gras,
Leyfðu þeim að fara framhjá! Leyfðu þeim að fara framhjá!
Hill og vatn undir himni,
Passaðu þá með! Passaðu þá með!
Enn um hornið má bíða
Ný vegur eða leyndarmál hlið,
Og þótt við förum þau í dag,
Á morgun gætum við komið á þennan hátt
Og taka falin slóðir sem hlaupa
Fyrir tunglið eða til sólarinnar.
Apple, þyrnir og hnetur og sloe,
Leyfðu þeim að fara! Leyfðu þeim að fara!
Sand og steinn og sundlaug og dalur,
Hættu þér vel! Hættu þér vel!
Heimurinn er á eftir, heimurinn framundan,
Og það eru margar leiðir til að ganga frá
Með skuggar í brún nætursins,
Þangað til stjörnurnar eru öll eldri.
Þá heimur að baki og heima á undan,
Við munum ganga aftur heim og rúm.
Mist og twilight, ský og skugga,
Away mun hverfa! Away mun hverfa!
Eldur og lampi og kjöt og brauð,
Og þá að sofa! Og þá að sofa! »


Traduction:
 

En même temps je m’interrogeais sur ma santé mentale ou tout au moins sur ma façon de fonctionner. Si nous ne trouvions rien quelle explication allais-je donner à cet échec ? Que nous avions été victime d’une hallucination ? Que ce qui produisait le phénomène avait disparu ou que le phénomène lui-même avait disparu ? Que nous avions mal cherché ? Que ça s’était déplacé et dans ce cas continuerais-je à chercher même au hasard pour prouver quoi ? Que j’avais raison ? Que nous n’étions pas fous ? Quoi qu’il en soit si nous ne trouvions rien, le doute m’habiterait pour un très long moment voir à jamais. Pourtant j’avais bien fini par accepter l’idée de la téléportation…
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Mar 6 Fév - 19:06

Ils continuaient à déambuler dans la neige et le froid. Si le vent était de la partie, au moins il ne neigeait pas, ce qui rendait leur visibilité relativement correcte. Ignas n'avait pas compris un traitre mot de ce que Mona lui avait raconté, signe qu'ils n'étaient toujours pas arrivés. Pourtant, il était quasiment certain qu'ils avaient dépassé l'arbre de la veille. Certes, il faisait nuit. Certes, ils avaient pas mal couru. Mais là, ça faisait près d'un quart d'heures qu'ils marchaient, et d'un bon pas. Le froid glacial de Stockholm ne poussait pas vraiment à s'éterniser à un seul endroit.

Je ne comprends toujours pas... Déplora le Lituanien en anglais.

Il commençait à perdre espoir. Peut-être que la zone de traduction avait disparue dans la nuit ? Peut-être qu'elle s'était déplacée ailleurs, peut-être même qu'elle était liée à l'arbre contre lequel Mona avait été plaquée ? Peut-être que sans contact avec cet arbre-là, il ne pouvait pas y avoir de traduction ? Si ça impliquait de toucher tous les arbres du parc, c'était peine perdue, il y en avait beaucoup trop, ils y seraient encore demain.

Il n'y avait pas de doute possible quant à l'existence d'un tel phénomène. Leur discussion de la veille était une preuve suffisante pour tous les deux. Mais l'Islandaise semblait déterminée à trouver, à expliquer la traduction instantanée. Pour l'ancien soldat, ça ressemblait de plus en plus à une autre blague de l'univers. Tout comme l'effet Davis, les points d'entrée et de sortie de cette zone où l'insensé devenait possible étaient variables. Étaient-ils contrôlés par les mêmes personnes qui géraient la téléportation ? Ce n'était pas impossible, mais ça rendait flous leurs objectifs. Pourquoi utiliser une technologie aussi gênante et intrusive que la téléportation, si en parallèle ils étaient en possession d'un mécanisme capable de traduire instantanément n'importe quelle langue ? A moins que le tout ne soit qu'une grande expérience, et que lui, Mona et la poignée d'autre était des cobayes choisis au hasard.

Mona. Les autres. Il valait mieux parer à toutes les éventualités. Si les intentions des complotistes étaient néfaste, mieux valait pouvoir organiser une défense collective.

Je pourrais avoir ton numéro ? Ou ton adresse mail ? Demanda subitement Ignas. C'est au cas où l'un de nous deux disparaisse brutalement. On pourra au moins faire savoir à l'autre qu'on va a peu près bien.

Il n'avait ni stylo, ni feuille de papier. Alors, en gage de sa bonne foi, il chuchota sa propre adresse mail à l'oreille de la rouquine, mains devant la bouche pour s'assurer que personne ne l'entende, ni ne puisse lire sur ses lèvres. On était jamais trop prudent. Une fois cela fait, le garde du corps énonça sa conclusion quant à ce qu'il cherchaient.

J'ai bien peur que notre fameuse zone polyglotte n'existe plus. Ou ne sois plus ici...

C'était dommage. Lui aussi aurait bien aimé comprendre au moins une partie de ce qu'il lui arrivait depuis la veille. Traverser des fuseaux horaires en une seconde, comprendre soudainement l'Islandais... mais aujourd'hui, le sort semblait ne pas vouloir jouer en leur faveur.

Šūdas... Maugréa-t-il.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Mer 7 Fév - 17:39

Je fronçai le nez et tordis la bouche en signe de frustration. Bon sang ce truc ! Nous ne l’avions pas rêvé ! Que les derniers événements m’aient rendue folle, je pouvais le concevoir, mais Ignas en était à sa première téléportation et malgré le choc que cela procurait cela ne rendait pas fou et il n’en avait pas l’air non plus. J’étais habitée par un intense sentiment de frustration qui me confortait dans l’idée d’insister à chercher comme lorsqu’un ordinateur me résistait et que je ne parvenais pas à me l’enlever de l’esprit et qu’il monopolisait toutes mes ressources jusqu’à ce qu’il rende les armes devant un nouvel algorithme de ma composition. C’était inouï ! Qu’est-ce qui pouvait bien faire disparaître ce truc ?!

Je stoppai net ma progression pour répondre au Lithuanien et tenter de réfléchir à une nouvelle solution. Le froid commençait à avoir un impact sur lui et de mon côté je me disais qu’on n’aurait pas dû renter hier soir avant de nous être occupé de cette zone polyglotte. L’idée que nous avions laissé passer notre chance accroissait encore la rage qui m’habitait. Cependant, extérieurement je gardais mon calme et me contentais de lever les yeux au ciel pour essayer de faire le point.

Je ne pouvais pas mettre en doute les faits, mais je ne parvenais pas à accepter la réponse d’Ignas et répondre, c’est à dire, acquiescer revenait à admettre ma défaite ce que j’avais du mal à envisager. Pourtant j’étais certaine que nous n’avions pas épuisé toutes les solutions durant notre recherche. Une chose était sûre je n’aimais pas du tout l’attitude résignée de mon compagnon de recherche. C’était la première fois que j’avais un reproche à lui faire, mais en la circonstance, il était de taille.

Les pensées s’agitaient sous mon bonnet. Qu’est-ce qui avait bien pu déclencher le phénomène ? Nous en touchant quelque chose, genre l’arbre contre lequel j’avais passé quelques minutes sous la pression du garde du corps ? Cela ne pouvait tout explique puisque une fois libéré j’avais continué à le comprendre. Quelqu’un ou quelque chose qui avait ensuite mis les voiles ou arrêté le phénomène comme avec un interrupteur ? Cette pensée revenait sans cesse mais je l’écartais à chaque fois car elle ne nous donnait aucune chance de mettre la main sur le but de nos recherches. Restait la réduction de taille ou le déplacement spontané. La deuxième hypothèse ne nous laissait que peu d’espoir. La seconde au contraire nous en concédait encore un peu. Je m’accroupis un instant au ras de la neige pour y dessiner du bout de mon index ganté un plan approximatif du parc tout en m’adressant à mon complice du jour.

« Ca c’est le parc. »

Un rectangle grossier prenait forme sous mon doigt.

« On est arrivé par ici ce qui veut dire que le zone ne s’étendait pas dans cette direction. Conclusion elle s’étendait plutôt dans cette direction. »

Je désignai une zone englobant la partie opposée à notre arrivée et ce qui devait être le quartier derrière le parc.

« Si on admet que ce truc c’est réduit pour une raison ou une autre, nous devons chercher dan cette direction. En dernier recours on pourrait arpenter le parc méthodiquement et en bande latérales jusqu’à atteindre le bord opposé et en cas d’échec aller faire un tour dans le quartier là-bas… »

Je me redressai et indiquai du doigt les bâtiments qui dépassaient derrière les bosquets du parc.

Je regardai brusquement Ignas dans les yeux sa demande n’était pas du tout raccord avec mon état d’esprit et mon désir continuer mes recherches mais était tout à fait légitime. Il était aussi mignon qu’un certain avocat à penser à me rassurer au cas où. J’avoue que je suis encore loin de ses préoccupations, mais pour notre résistance, il avait forcément raison. Mon numéro de téléphone, je n’avais pas trop envie de le lui donner. Cela faisait partie encore des réticences que j’avais à son égard même s’il avait suffisamment prouvé que je pouvais lui faire confiance. Mais un numéro de téléphone pouvait trop facilement être tracé et j’avais bien plus confiance dans mon adresse mail protégée par le VdeepWeb bien que je sois assez bien placée pour savoir qu’aucun système n’est complètement sûr. Et puis je repensai à mes derniers échanges avec Nathan qui considérait les communications électroniques quelles qu’elles soient comme risquée.

« C’est une bonne idée, par contre, l’utiliser à tort et à travers pourrait nous attirer les…"

Je m’interrompis. On n’avait pas encore évoqué tout le fourbi des gens qui pouvaient être derrière tout ça. Aloïs, les réplicants plus tout ce que ma parano me faisait imaginer…

« Enfin, tu vois quoi. Pour dire que certains ont décidé de ne plus communiquer que par courrier papier… »

Mais je n’eus pas les temps de poursuivre. Ce gars ne faisait pas dans le dentelle. Avait-il tant à prouver qu’il était digne de confiance ? Je me surpris en flagrant délit de parano. Et s’il cherchait à m’embobiner, à me soutirer des informations sur moi ? J’eus un petit mouvement de recul lorsqu’il se pencha à mon oreille, avant de me ressaisir en envoyant au diable ma méfiance. Est-ce que je me ramollissais ? En tout cas je le laissai me chuchoter son adresse à l’oreille. Question mémoire j’ai plutôt ce qu’il faut et il devait être dans le même cas sinon… Sinon… A mon tour je profitais qu’il était déjà courbé vers moi pour en faire autant avec la mienne : BWidow@protonmail.com.

J’étais maintenant prête à poursuivre nos recherches en tentant la manœuvre de la dernière chance. A sa dernière remarque résignée, je le fixai avec un regard qui devait en dire long sur ma détermination et ma volonté de poursuivre ne serait-ce qu’un peu encore.

Šūdas fut la dernière parole que j’entendis de sa bouche. Je restai un instant stupide au milieu du parc, regardant autour de moi. Les rares passants me tournaient le dos. Tant mieux personne ne devait s’être aperçu de la disparition du Lithuanien. On avait beau en avoir parlé, ça surprend de voir une personne remplacée par du vide. Le genre de chose que le cerveau des clampins moyens doit éliminer d’office certain que ça n’est pas arrivé. Il faudra que je cherche ce que ça veut dire.

« Gangi þér vel Ignas! »

Ca, ça veut dire bonne chance Ignas.

La fin de la matinée se poursuivit pour moi à chercher une zone de traduction instantanée, mais comment faire lorsqu’on est toute seule sans langue à traduire ? En fait ç a pas mal ressemblé à une âme en peine qui errait le plus méthodiquement possible dans le par cet qui se rapprochait à l’occasion de groupes en conversation pour tenter de glisser une oreille en espérant soudain les comprendre. Midi passa alors que j’étais dans les rues du quartier que j’avais indiqué plus tôt à Ignas et je n’avais obtenu aucun résultat.

Je considérai alors que j’avais d’autres choses à faire et abandonnai ma chasse. Un sandwich pour compagnon, je m’engouffrai dans un cyber café pour m’adonner à mon rituel épistolaire. Un message de Nathan me fit dresser les cheveux sur la tête.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Ven 9 Fév - 1:24

La détermination de Mona était louable, quand bien même ses chances de réussir était assez faibles, voire dérisoires. Même s'ils parvenaient à retrouver la zone de traduction, que pourraient-ils faire ? Voir jusqu'où elle s'étendait, et ensuite revenir tous les jours pour vérifier qu'elle faisait toujours la même taille et ne bougeait pas ? De son côté, Ignas était loin d'avoir les connaissances physiques nécessaire pour comprendre le fonctionnement du phénomène. C'était tellement surréaliste que personne ne devait être réellement capable d'exprimer scientifiquement comment une zone polyglotte pouvait fonctionner.

Mona se mit à dessiner un plan du parc dans la neige. Bras croisés, le Lituanien l'écouta calmement, ses muscles toujours contractés pour se prémunir du froid, à tel point que son dos commençait à le faire souffrir. Mais il prit en compte les déductions de l'Islandaise, avant d'y ajouter les siennes.

Techniquement, la zone ne s'étend pas, sinon on serait déjà dedans... Elle se déplace, où alors elle a changé de forme, où alors... elle a gardé la même taille, mais a carrément changé de ville, voire de pays.

Après tout, peut-être qu'un être humain n'était pas la seule chose que les complotistes cherchaient à téléporter ? En partant de ce postulat, peut-être que ces gens avaient introduits d'autres phénomènes via l'effet Davis, et que de ce fait, la zone polyglotte dans laquelle ils avaient évolués la veille se trouvait peut-être au fin fond du Mexique ? Toutes ces hypothèses lui donnaient un peu mal à la tête, et le vent glacial suédois ne l'aidait pas vraiment à réfléchir.

Malgré un nouveau rapprochement physique, Mona ne ressortit pas son leatherman, elle n'eut pas de mouvement de recul, pas de crise de panique. Tant mieux, c'eut été plus problématique à gérer dans un lieu public, plutôt que dans le calme de leur chambre d'hôtel. Elle écouta son adresse mail, et lui donna la sienne. ProtonMail... elle savait protéger ses traces. C'était préférable, compte tenu de la situation. Si des gens étaient vraiment après les cobayes de la téléportation, alors il valait mieux ne pas trop user des voies électroniques.

Il n'a même pas le temps de demander à la rouquine son adresse postale que tout devient sombre autour de lui. Il tombe, mais il est toujours debout. Il comprend tout de suite ce qu'il se passe, sans pour autant comprendre comment. Il n'a pas passé de portes, il était littéralement debout au beau milieu du parc, avec Mona juste à côté de lui. L'effet Davis peut vraiment se déclencher aussi aléatoirement ? Et puis, si des gens sont derrière les manettes... pourquoi maintenant ? Est-ce que lui et l'Islandaise étaient proche de trouver quelque chose ?

Il n'y a pas beaucoup de lumière quand il rouvre les yeux. Il est très tôt à Boston, 3 ou 4 heures du matin. Plus de neige, le temps est un peu plus doux, les rues sont désertes. Ignas regarde autour de lui : il se trouve devant la porte d'entrée de son immeuble. Pile là où il avait disparu la veille. Fronçant les sourcils, il constate que son sac de sport est toujours sur son épaule, et que son portable est toujours déchargé. Un long soupir s'échappe de ses lèvres. Et puis il tourne les talons pour regagner son domicile.

Il ne peut s'empêcher de se demander si ce qu'il vient de se passer était réel, où si il venait littéralement de passer deux jours figé sur place devant chez lui. Lorsqu'il pénètre dans son appartement, son premier réflexe est d'ouvrir son ordinateur. Si tout ce qu'il vient de vivre est bien réel... alors il aura une réponse. Le garde du corps se connecte à sa boîte mail, compose l'adresse de Mona, et se contente de quelques mots :

Je suis de retour chez moi. Je vais bien. Merci pour tout.
Ignas.
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