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 Šūdas... [PW Mona]

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MessageSujet: Šūdas... [PW Mona]   Sam 30 Déc - 0:19


La lumière du jour finit par le réveiller. L'esprit embrumé, les yeux vitreux, Ignas mit quelques secondes à se situer dans l'espace. Il était dans son appartement à Boston, sur son canapé. Pourquoi n'avait-il pas dormi dans son lit ? Ah oui. Il était rentré tard la veille, après avoir passé la nuit à surveiller Johnny, ou Jimmy quelque chose, de son passage sur le plateau de WCBV Channel 5 jusqu'aux heures les plus tardives de la nuit, passées sous les lumières dansantes du Royale, l'une des boîtes les plus branchées de la ville. Tout s'était déroulé sans accrocs. Son client était un gosse, à peine en âge de boire de l'alcool. Un nouveau riche qui voulait profité de ses quelques minutes de gloire. Pas le genre à causer le moindre soucis, mais les circonstances pouvaient parfois jouer des tours. Le job d'Ignas, c'était de s'assurer que les circonstances se tiennent tranquilles.

Un coup d’œil à sa montre, posée sur la table basse. 15h43. A cette période, à Vilnius, il fait déjà nuit. Ici, le soleil avait déjà bien entamé sa course descendante. Ignas passa une main dans ses cheveux, puis dans sa barbe, tout en se redressant dans une position verticale. Le pas lourd, il parcourut les quelques mètres le séparant de sa cuisine. Il avait été prévoyant : un verre d'eau l'attendait sur l'ilot central. Il le but d'une traite. Puis il jeta un œil dans son frigo : il lui restait des œufs. Tant mieux, il n'était pas contre une omelette. Quelques dés de jambons qui traînent feraient un parfait accompagnement. Une petite collation bienvenue pour le lituanien. Toujours debout, en t-shirt blanc et jogging enfilé à la hâte la veille, il engloutit rapidement son plat.

Ignas détestait se réveiller en plein milieu de l'après-midi. Il avait la sensation de perdre sa journée. D'ordinaire, il ne se réveillait jamais après 7h. Mais parfois, il fallait suivre des petites starlettes en boîte, et l'heure du lever devenait celle du coucher. C'était la plus grande différence avec sa vie d'avant, à l'armée. La discipline des Forces Spéciales lui manquait parfois.

Au moins j'ai rien de prévu aujourd'hui... Songea-il tout de même. Pour un soldat, pas de répit pendant des semaines, voire des mois, des années parfois. Depuis qu'il avait quitté l'OTAN, il avait glané une plus grande liberté de mouvements. La laisse s'était desserrée un petit peu. Son CV faisait de lui un garde du corps demandé, et avec la demande vient l'opportunité de gérer sa clientèle. Bien sûr, il y avait une boîte mère qui pouvait encore lui imposer des jobs, comme celui de la veille. Mais dans l'ensemble, Ignas avait le contrôle sur sa vie.

Une douche froide expéditive acheva de réveiller le barbu. Il n'avait peut-être pas de travail aujourd'hui, mais ça ne signifiait pas qu'il pouvait glander toute la journée sur son canapé, en zappant indéfiniment. Il fallait encore aller s'entraîner. Une routine à laquelle l'européen s'astreignait depuis plus de 15 ans. Six entraînements hebdomadaires. Depuis qu'il vivait dans le Massachusetts, il fréquentait le Boston Sports Club. C'était la salle de sport la plus proche de chez lui, à une vingtaine de minutes à pied. Sa préparation fut rapide : des affaires de rechanges, une serviette propre, un gel douche, une paire de baskets, le tout fourré dans un vieux sac de sport noir, et le tour est joué. Ignas récupéra ses clefs sur le meuble près de sa porte, descendit quatre à quatre les marches du complexe dans lequel il résidait, poussa la porte.

Tai ne Bostonas... laissa-il échapper en lituanien.
Traduction:
 

Il s'attendait au froid hivernal, mais pas à ce point. D'un complexe moderne situé au bord de l'océan Atlantique, dans un quartier bien fréquenté, à une heure où les derniers rayons du soleil éclairent la ville, il ne restait rien. Désormais, il se trouvait dans une ruelle sombre, déserte, à une heure visiblement tardive, foulant un trottoir couvert de neige. Éberlué, Ignas regarda autour de lui. Dans son dos, pas de porte. Il n'y voyait pas à vingt mètres.

Šūdas...
Traduction:
 

Il ne comprenait pas ce qu'il venait de se passer. Tout ce dont il était sûr, c'est qu'il avait subitement quitté Boston, pour se retrouver dans un lieu inconnu, au beau milieu de la rue, avec son sac de sport sur l'épaule.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Sam 30 Déc - 15:22

Samedi 8 janvier 2018. 22h 07. Je consulte la montre bon marché que j’ai payé au super marché histoire d’éviter d’allumer mon électronique lorsque ce n’est pas nécessaire. Mon sac sur les genoux j’ai la tête appuyée contre la vitre froide de la navette qui me conduit de l’aéroport de Stockholm Arlanda jusqu’au centre-ville où j’ai réservé une chambre. J’essayais de faire le point sur les dernières décisions que j’avais prises. Elles pouvaient paraître radicales mais à circonstance exceptionnelle mesures exceptionnelles… Je me demande en particulier dans quelle mesure ce voyage aura un retour, tandis que défilent les étendues blanches qui luttent avec la nuit. L’éclairage public raisonné de Scandinavie n’interrompait que partiellement les tronçons où seuls les phares du bus éclairaient la route et chichement les paysage. De temps en temps, des véhicules circulant en sens inverse venaient m’éblouir. J’avais un regardé à quoi pouvait ressembler la capitale de Suède et forcément la nuit et l’hiver me frustrent un peu de la vue de l’enchevêtrement d’îles et de canaux auquel j’aurais pu m’attendre, mais j’aurai bien le temps par la suite de voir dans quelle mesure, la ville mérite son surnom de Venise du Nord.

Rien dans la situation n’a vraiment changé et pourtant depuis que l’avion a décollé presque quatre heures plus tôt je me sens plus sereine. J’avais en partie laissé derrière moi l’impression d’être une proie épiée par des forces non identifiées. J’ai passé la majeure partie de mon existence à tenter de maîtriser ma vie et cette impression était insupportable. Par contre quelque chose en moi a changé un autre malaise m’accompagne où que j’aille. Quelque chose que je n’arrive pas à identifier et qui me rend encore plus méfiante qu’avant. J’imagine ce qu’en penserait Nathan qui ne se prive pas de me reprocher ma supposée parano

Je remonte mon sac un peu plus haut contre moi. J’ai essayé de ne rien d’oublier d’essentiel tout en restant léger et forcément, il glisse. Je regarde les yeux lointains du chauffeur dans le rétro viseur. Non il ne me surveille pas, pas plus que les passagers, la plupart des hommes et femmes d’affaire. Enfin c’est ce que j’imagine. Pas de faux Nathan, pas de baroudeur d’aucune sorte. Ce sac m’a occupé l’esprit pendant trop longtemps et je souris de satisfaction en pensant que je l’avais retrouvé en lieu et place. Le réceptionniste du petit hôtel où j’avais été contrainte de l’abandonner m’a regardé avec des yeux ronds quand je suis passée le récupérer. La première chose que j’ai faite c’est de vérifier que le « Truc » était toujours là… J’ai alors ressenti un des plus grands soulagements de ma vie.

J’espère que mon déplacement ne va pas trop durer. Je n’ai prévenu personne de mon voyage et ça c’est le meilleur moyen pour m’attirer des ennuis ; en même temps je me voyais mal annoncer à mon boss ou à mon éduc que je m’expatriais pour une durée indéterminée. Là je brûle les étapes rien n’est fait encore et même le fait que j’aie pu remettre la main sur mes affaires pourrait m’en dissuader. D’ailleurs hormis le fait que je me sois un peu mieux coiffée que d’ordinaire et ait enfilé mes fringues d’hiver qui me donnent l’air fréquentable j’ai renoncé à me déguiser. En tout cas pour le moment. Ma tenue de secours est bien sûr dans mon sac. Le truc c’est cette sensation oppression qui ne me quitte pas. Si quelqu’un pouvait me dire à quoi elle est due…

22h21. Je ne sais pas combien de fois j’ai déjà consulté les aiguilles. Le bus pénètre dans la ville proprement dite. C’est encore des faubourgs et je me rends compte pour la première fois que la mienne est toute petite. La voie rapide traverse des quartiers résidentiels aux maisons toutes semblables avant une zone commerciale immense. Il y a bien plus de grands immeubles que chez moi. Heureusement les arrêts sont bien identifiés, sinon je serais sans doute descendue trop tôt. En fait je réalise que ce sont encore des villes autour de la capitale suédoise qui est devenue une conurbation. Plus d’un million de personne ! Trois fois plus que toute la population de l’Islande ! Tout ça je le savais déjà mais le toucher du doigt fait une autre impression que de le lire.

Enfin j’entre aperçois le panneau qui marque l’entrée officielle dans la cité royale. Le bus traverse alors un parc immense qui ressemble de nuit plus à une forêt qu’à un parc. Il commence à neiger et le paysage commence à se dissimuler derrière un rideau fantomatique. J’avoue que là, il me tarde d’arriver à destination. Je mets ma main devant le bouche pour étouffer un bâillement. Les illuminations des fêtes sont encore en service mais la neige les voile en partie. Et je n’ai pas encore trouvé l’hôtel ! Normalement je ne devrais pas avoir trop de mal à mettre la main dessus mais je suis tout de même à l’étranger… Qu’est-ce que j’ai à flipper comme ça ?! Toujours cette boule au ventre qui ne me quitte pas ! J’ai beau me dire que la migraine qui m’a mise KO il y a quelques jours a disparu et que je devrais m’en féliciter, je n’aime pas cette impression de ne pas me reconnaître.

22h 27. Vasaparken. C’est mon arrêt. Je me lève mon sac devant moi pour atteindre la porte du bus et saute du marchepied, enfin, je prends pied sur le trottoir assez haut pour permettre aux fauteuils roulants d’entrer dans les transports en commun. Le froid et la neige me cinglent le visage. Je rêve ou c’est plus piquant qu’en Islande ? Je pose mon sac entre mes pieds dans le neige pour fermer le dernier bouton de mon manteau et en remonter le col et ajuste mon gros bonnet de laine noire. Puis je me dirige vers mon hôtel. Il doit être à une cinquantaine de mètres si j’ai bonne mémoire. La rue est très droite et large. Les guirlandes électriques aux animation improbables luttent vaillamment contre le rideau de neige. J’ai beau devoir plisser les yeux pour ne pas être aveuglée par les flocons qui tombent dru je ne devrais pas avoir de mal à trouver. Les gens encore dehors sont assez pressés et ça se comprend même s’ils sont du coin. Les quelques boutiques sont fermées, seuls un salon de thé et un restaurant sont éclairés et accueillent encore du monde. Les flocons s’accrochent à ma petite personne, faudrait pas que je tarde… Je baisse les yeux en me courbant pour éviter, comme si c’était possible, une bourrasque et on me percute l’épaule. J’ai horreur de ça. L’homme en manteau noir ne s’arrête même pas pour s’excuser et d’abord je m’en fous. D’où il sort ce mec ? De la ruelle à gauche bien sûr. J’y jette machinalement un coup d’œil. Elle est déserte. Plutôt bien éclairé, enfin, juste ce qu’il faut à cette heure.

Je me rejette en arrière par réflexe dans le l’embrasure d’une porte.  Je n’ai pas rêvé. Ce type, là. Il vient d’apparaître devant moi. C’est pas que la neige qui me fait cet effet !... Mon malaise latent reprend de la vigueur. J’ose un regard. Il me tourne le dos. Tourné vers le fond de la ruelle qui n’a pas mérité visiblement d’être enguirlandée. Son allure me fait penser qu’il n’a pas prévu d’affronter la neige et il a un quelque chose de déconcerté dans son attitude. Si c’est ce que je pense, il a de quoi l’être. J’ai appris de mes bévues passées et je vais éviter de lui sauter dessus comme avec Atéa et m’assurer que j’ai bien affaire à un téléporté involontaire. En même temps je pense à Nathan qui peut le faire à volonté ou presque. Après si j’avais été Nathan, j’aurais pas oublié de quoi se protéger de la neige parce que s’il n’était pas complètement en décalage avec la météo, il n’était pas non plus… Je note soudain que le neige ne l’a pas encore recouvert comme la plupart des passants et moi-même, indice supplémentaire qui semble confirmer mes soupçons. Je rentre ma tête à l’abri de l’encoignure de la rue.

J’hésite. Un hôtel bien chaud m’attend mais c’est plus fort que moi. Tant pis. Je décide de le suivre aussi discrètement que possible. Prudemment je passe une nouvelle fois le regard dans sa ruelle. Il a décidé de prendre la direction opposée. Je ne sais pas où elle mène et je me doute que lui non plus. Je le laisse prendre un peu d’avance avant de lui emboîter le pas. Il drôlement grand et il a l’air baraqué. Je traverse la rue pour être à l’abri de son regard lorsqu’il tourne dans la suivante et me hâte à rejoindre l’angle des deux artères. La suivante est mieux éclairée. Ca ne m’arrange pas mais maintenant que j’ai commencé…  

J’ai un peu gagné du terrain sur lui alors je temporise. Je me regarde dans la vitrine d’une agence immobilière éteinte dont la surface fait un miroir parfait et un parfait alibi hormis que sous la neige c’est un peu. Mon image me fait sourire, j’ai presque l’air de madame tout le monde. Mais je ne suis pas là pour un relooking et je reprends ma progression. Les passants sont de plus en plus rares. L’homme change de trottoir et je l’imite aussitôt. Mince il a encore tourné. Bizarre tout de même qu’il retourne dans une petite ruelle. Là il va me semer, mais je n’ai pas dit mon dernier mot. Je parviens bien vite à l’endroit où il a disparu…
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Dim 31 Déc - 16:39

Étape 1 : ne pas paniquer. Paniquer, c'est le meilleur moyen de se faire tuer. Son supérieur à l'armée n'arrêtait pas de répéter cette phrase. Pour l'heure, Ignas ne semblait pas en danger de mort imminent. Mais il se retrouvait plongé dans l'inconnu, et il n'aimait pas ça. Bordel, mais qu'est-ce qu'il foutait là ? Boston n'était pas plongé dans un épais blizzard, le thermomètre était encore dans le positif, et les rues étaient éclairées. Alors pourquoi soudainement faisait-il -15°C, de nuit ? Pourquoi la porte de son complexe ne s'était pas ouverte sur la rue habituelle ?

Étape 2 : inventaire. Le lituanien portait certes un blouson, mais il n'était pas épais. En dessous, pareil, un pull léger, et un t-shirt. Pour les jambes, un jean, troué aux genoux, vraiment pas l'idéal dans le contexte actuel. Ses cheveux étaient attachés, laissant les côtés de son crâne sans défenses face aux flocons glacés. Dans son sac, rien qui puisse régler ce problème dans l'immédiat. Dans son portefeuille, peut-être une vingtaine de dollars en cash. Mais vu le climat, Ignas doutait être encore aux États-Unis. Un coup d'oeil à sa montre : 16h14. Bien sûr que ce n'était pas la bonne heure. Ignas dégaina son téléphone : déchargé.

C'est pas normal ça... Au moment de partir, le tatoué s'était assuré qu'il avait suffisamment de batterie pour faire toute sa séance en musique.

Étape 3 : trouver une solution rapide. Pour commencer, se repérer. Ne sachant où aller, Ignas décida dans un premier temps de quitter la ruelle dans laquelle il venait mystérieusement d'atterrir. Celle-ci était sombre et longue, mais il voyait de la lumière au bout. Il déboucha sur une grande artère, sans doute très fréquenté en journée, mais là il n'y avait qu'une poignée d'âmes. Immédiatement, l'ancien soldat chercha un panneau indicateur : Hälsingegatan. C'était une langue qu'il ne comprenait pas, mais ça sonnait scandinave. Le climat concordait. Ce n'était pas une localisation très précise, mais ça réduisait déjà le champ des possibles.

Ironie du sort, il y avait une salle de sport dans cette rue : Deita Gym AB. Fermée bien sûr. Toujours aucun moyen de connaître l'heure, toujours aucune solution pour se réchauffer. Toutes les enseignes étaient inaccessibles, les vitrines n'étaient plus éclairées, et il n'y avait quasiment personne dans les rues. 22h30, 23h peut-être, estima Ignas. Il n'était pas fatigué évidemment, il venait de se lever. Au moins il avait l'énergie nécessaire pour chercher un endroit où se réchauffer.

Kažkas negerai.
Traduction:
 

La sensation d'être observé, le malaise grandissant, la sensation d'être à la merci d'une menace invisible. Ignas connaissait bien ce mal-être, pour l'avoir expérimenté plus d'une fois sur des bateaux pirates, au large de la Libye. La différence, c'est que dans cette rue scandinave, il n'avait ni arme, ni gilet pare-balle, ni personne pour le couvrir.

Quelle était la meilleure stratégie à adopter ? Pour l'heure, le barbu choisi de feindre l'ignorance. Pas un seul petit regard pour statuer sur le physique de son suiveur, il fallait le laisser croire qu'il était discret. Continuer de chercher un endroit où se mettre à l'abri, en espérant que l'autre se lasse. Mais avant tout chose, s'assurer qu'il était bien suivi, et que ce n'était pas juste la paranoïa créée par cette situation inexplicable.

Il traversa la rue, à la recherche d'un hôtel. Finalement il fut obligé de jeter un regard, ne serait-ce que pour vérifier qu'aucune voiture ne viendrait l'écraser. Il y avait bien quelqu'un, il n'avait pas eu le temps d'en voir plus. Mais cet individu traversait également, tout en se tenant à bonne distance. Plus de doute possible. Il fallait réagir. Ignas bifurqua sur sa droite, une petite ruelle, la première d'un petit labyrinthe. Il aurait l'occasion de semer le pisteur. Mais il pouvait également le confronter, ça lui donnerait une excuse pour demander des informations.

Le tatoué avait de plus en plus froid, mais l'adrénaline aidait beaucoup. Il tourna à gauche, puis à nouveau à droite. Pour ne pas perdre sa trace, l'autre serait obligé de prendre des risques. C'est là qu'Ignas le piégerait. Il bifurqua une dernière fois à gauche, et se retourna. Le pisteur était très légèrement en retard, ce qui avait laissé le temps au lituanien de bien se placer. Trois mètres après le virage, main dans les poches, presque l'air de rien. L'autre serait obligé de jeter un oeil avant de s'engager, et lorsqu'il verrait qu'Ignas avait compris son petit manège, il y aurait deux réactions possible. Soit il serait surpris et donc immobile une seconde, soit il tenterait de fuir. Dans les deux cas, le garde du corps ne laisserait pas passer sa chance.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Mar 2 Jan - 11:12

22h41 Pourquoi est-ce que je consulte encore une fois cette montre ? Pas pour mon retard à l’hôtel, sur le site il est noté que l’accueil se fait 24h/24. Je ralentis le pas. C’est la première fois que je me livre à ce genre d’exercice mais je devine assez bien les risques qu’il comporte. Chaque coin de rue est propice à se faire surprendre et si je passe celui-ci je sais que je peux me trouver nez à nez avec le téléporté. Enfin, celui que je soupçonne de l’être. J’essaie de me rassurer en me disant que s’il est dans le même état que moi la première fois, il doit penser à tout sauf que je suis en train de lui filer le train. En plus j’ai pris toutes les précautions que je connaissais pour éviter de me faire remarquer alors à moins de jouer de malchance et de tomber sur un flic ou un truc du genre…

La neige continue de tomber et recouvre les empreintes des passants. Celles que je suis sont encore fraiches, mais je n’ai pas envie de perdre sa trace. Je passe la tête. Je sens mes yeux s’écarquiller de surprise. Il est là ! C’est surtout sa poigne sui est là. Elle me saisit au col et m’attire vers le colosse dans un arc de cercle rendu blanc par la vitesse et le rideau de neige. J’ai le souffle brièvement coupé lorsque mon dos rencontre le mur de la rue et qu’il se positionne devant moi. Je ne cherche pas à savoir ce qu’il pense et heureusement mon sac dans mon dos amortit le choc. J’agis comme par réflexe. Merci Pha ! Mes coups partent mécaniquement aussi sèchement que les circonstances me le permettent. Un crochet à l’intérieur du bras_ ça, ça fait mal_ pour le faire lâcher prise, suivi d’une remonté de mon genou et de mon tibia en direction de son entre jambe complétés un uppercut en direction de sa mâchoire. Si jamais ma jambe a atteint son but le choc devrait porter.

Mais je ne me demande pas quel coup porte ou pas. J’esquive un éventuel coup en pliant le bute et m’élance en direction de mon hôtel. Mes carpes gauches son douloureux, ils ont dû rencontrer quelque chose mais je ne me retourne pas. La nécessité me donne des ailes, déjà bien heureuse d’avoir pu lui faire lâcher prise. Putain, j’avais pas réalisé comme il est barraque ce type ! Une exclamation dans mon dos me renseigne sur son état. Je ne comprends pas ce qu’il baragouine mais il n’est pas de bonne humeur et il est loin d’être KO. J’ai eu de la chance. Sauf que des pas précipités dans le neige m’indiquent que je suis poursuivie. Je ne devrais pas mais je regarde au-dessus de mon épaule J’ai à peine la largeur de la rue que je viens de traverser d’avance sur lui. Il a peut-être eu son service trois pièces ébréché, mais ça ne me fait même pas sourire et je tente d’accélérer pour le semer. Les godasse d’hivers c’est pas le top pour un sprint ou un marathon mais au moins ça me maintient en équilibre.

Pourquoi je me suis engagée dans cette rue ? C’est vrai c’est le chemin mais il n’y a personne pour me venir en aide ici. Ça sent le roussi. Je tente de changer de trottoir pour gagner du temps, mais le gars semble en bonne condition, mon avance fond comme neige au soleil et je sens qu’il va me couper la route. Sans réfléchir je crochète brusquement et retourne sur mon trottoir. Ça a au moins le mérite de m’accorder quelques mètres d’avance supplémentaires, mais je suis en direction opposé à mon hôtel. Je cherche de quoi me sortir de ce mauvais pas, mais la neige semble avoir découragé tous les habitants de Stockholm de mettre le nez dehors. Je ne peux pas les blâmer. J’ai les poumons qui me brulent, criblés de milliers de petites lancettes de givre ? Le parc là ! Le portail est ouvert ! Merci au rédacteur du règlement qui le laisse ouvert toute la nuit. Je m’engouffre entre les grilles et dans le noir. Les pas crissent toujours derrière moi et le froid commence à me durcir les voies respiratoires. Je sens que mon nez va tomber au sol. J’espère que ce n’est pas un traitement de faveur et que lui aussi commence à s’essouffler alors je donne tout ce que j’ai en direction d’un petit bosquet dont la silhouette sinistre se découpe sur la nuit. Ça y est ! J’y suis ! J’espère que là il ne pourra pas retrouver mes traces dans l’obscurité. Je slalome comme une folle entre les arbres. Une branche vient me gifler la joue mais si c’est le prix à payer pour mon salut… Le sang commence à battre mes tempes et mes oreilles. Putain un sprint ne devrait jamais être aussi long ! Je n’entends plus rien à part ma respiration. La neige perce moins bien la la futaie du petit bois, mais la vapeur de ma respiration me brouille la vue. Un énorme tronc semble vouloir m‘accorder sa protection alors je me jette derrière et me plaque contre lui. De toute façon, malgré ma bonne condition physique je ne peux plus tenir l’allure. J’essaie de calmer mon souffle et d’écouter la nuit. Mon seul espoir est qu’il se laisse décourager par une traque dans le noir. Un paquet de neige se détache d’une branche devant moi et son bruit mou me fait sursauter. Les pas je les entends non loin. Il a préféré ralentir. Après tout, il n’est pas forcément pressé même s’il doit se les peler au moins autant que moi. C’est cool mais il est toujours là. Mes oreilles sont ma seule préoccupation. Elle me renvoie ma respiration que j’essaie de contrôler mais qui fait bien trop de bruit à mon goût et le crissement de la neige sous les pas de mon poursuivant. Mes yeux roulent dans mes orbites pour scruter l’obscurité mais sont bien inutiles pour le moment.

Moi qui pensais être vite dans ma chambre, je n’ai même pas enfilé mes gants. Je commence à vraiment avoir froid aux mains set surtout au bout de mes doigts. Doucement, j’essaie de me les masser pour faire circuler un peu de sang. Les pas semblent s’éloigner mais je reste immobile derrière mon arbre. Un peu de patience ne me fera pas de mal.

Je marche doucement dans le sous-bois. J’ai laissé passer du temps mais on n’est jamais trop prudente. Seules les ombres des arbres se découpent en fond sur la neige du reste du parc. Je commence à être rassurée. Je vais tenter de trouver une autre sortie et si tout se passe bien je serai bientôt au chaud. Tant pis pour l’effet Davis ! Après tout, j’aurais peut être pu lui venir en aide, mais… Soudain un étau m’attrape le bras et le tord derrière mon sac tandis qu’une main empoigne l’arrière de mon col. Le tout me plaque contre un tronc d’arbre, la joue contre l’écorce glacée. J’ai la pommette qui fait poc sur le tronc en même temps que de drôles de flocons me troublent la vue un instant. Je me débats comme une diablesse mais cette fois la prise est solide. Je sens mon bras se tordre et tirer sur mon épaule. Je tente une ruade mais elle ne rencontre que le vide et manque de me faire glisser sur le sol glissant.

« Slepptu mér rassgat! »

Traduction:
 

Visiblement, cette fois, je vais perdre la partie mais ce n’est pas une option envisageable. Pas question ! J’essaie de me calmer et stoppe mes mouvements, mais je reste tendue, à l’affut du moindre relâchement de la prise dont je pourrais profiter. Je cherche à tourner la tête pour avoir confirmation de l’identité de mon agresseur. Putain cette poigne ! J’en viens à me demander comment j’ai réussi à m’en dépêtrer tout à l’heure.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Mar 2 Jan - 23:28

Le dos plaqué contre le mur de la ruelle, il attend patiemment. Ses pas dans la neige ont laissés des traces claire. Quiconque le suit n'aura d'autres choix que de s'engager dans sa direction. Là, Ignas ferait jouer sa taille et sa force pour obtenir des réponses. Il a encore quelques secondes de répit, qu'il utilise pour faire bouger ses bras et ses doigts. Il ne faut surtout pas laisser ses membres s'engourdir à cause du froid.

Finalement, la silhouette arrive dans son champ de vision. Maintenant ! Le lituanien bondit presque sur l'inconnu. Sa main se referme implacablement sur le col de l'autre, et dans un ample mouvement circulaire, envoie l'apprenti pisteur contre le mur, là où Ignas se trouvait une seconde plus tôt. Il n'a eu aucun mal à faire bouger sa cible, signe qu'il s'agit de quelqu'un de léger. Il n'a qu'une seconde pour l'examiner de plus près, et tout ce qu'il est capable de certifier, c'est qu'il a affaire à une jeune femme aux cheveux roux. Ensuite, tout s'accélère. Un crochet dans la pliure de son bras lui fait lâcher prise. Ignas baisse les yeux, cherche à anticiper le prochain coup. Il ne peut que réagir et esquiver in extremis le genoux lancé en direction de ses parties. Dans son pas en arrière, il esquive également le gros de l'uppercut qui suivait. Mais le poing rentre quand même en contact avec son menton, causant une glissade dans la neige, et une fenêtre d'ouverture pour que l'inconnue puisse fuir.

Grįžti čia ! Vocifère Ignas en se redressant.
Traduction:
 

Faute de réponse, il se lance immédiatement à la poursuite de son assaillante. Elle est entraînée, il ne s'y attendait pas. Il aurait du s'y attendre pourtant, mais la situation paranormale à laquelle il est confronté brouille son jugement. D'abord il est mystérieusement téléporté de Boston à... quelque part en Scandinavie. L'hypothèse d'une sorte de kidnapping a un temps traversé l'esprit d'Ignas, mais trop d'éléments ne collent pas. A son arrivée, il est immédiatement pris en filature par une jeune femme entraînée au combat à mains nues. Une seule question se posait dans l'esprit du tatoué : pour qui travaillait-elle ? Une passante isolée n'aurait pas idée de prendre en chasse quelqu'un de nuit, dans le blizzard, pour son simple divertissement. Elle devait avoir des informations.

Pour l'heure, elle tente de fuit, et Ignas tente de la rattraper. Son sac de sport le gêne, ce n'est pas pratique de sprinter avec. Malgré tout, il refait tant bien que mal son retard. Il a de plus grandes jambes, en plus d'être en excellente condition physique. L'autre tiens le rythme, et zigzague sans prévenir pour maintenir la distance. Elle sait ce qu'elle fait. Finalement, elle bifurque dans un parc forestier, disparaissant dans l'obscurité. Elle tente de le semer dans la pénombre, c'est bien joué. Juste avant de pénétrer à sa suite, le lituanien jette un coup d’œil à la grille.

"Vasaparken. Ville de Stockhölm."

La Suède donc. Pas le temps de pondérer davantage sur cette information, si il ne bougeait pas, il allait perdre la trace de la rouquine. La situation n'est pas à l'avantage du lituanien. Plus petite, son assaillante peut se dissimuler derrière n'importe quel tronc d'arbre. Pour peu qu'elle soit armée, elle pourrait lui tendre une embuscade n'importe quand. C'est dans ce genre de moment qu'Ignas regrette de ne pas emporté son flingue partout avec lui. En tant que garde du corps, qui plus est aux États-Unis, il ne se prive pas d'emmener un revolver dans tout ses déplacements. Bien sûr, il ne pouvait pas prévoir qu'un simple aller-retour à la salle de sport allait mener à... ça.

Il progresse lentement, accroupi. Son portable n'a plus de batterie, il n'a plus aucune source de lumière, il est obligé de se courber pour suivre les traces. Il ne manque vraiment que le fusil, et on dirait un chasseur. La proie, elle, semble indécise. Elle continue de s'enfoncer dans le bois, sans forcément s'abriter derrière moult arbres pour brouiller les pistes. Les minutes s'égrènent, le blizzard commence à recouvrir les pas, le tatoué s'active. Cette courte course-poursuite l'a réchauffé, mais ce n'est que temporaire.

Enfin il perçoit la jeune femme. Derrière le plus gros tronc d'arbre possible, elle se cache. Ignas ne la perd pas des yeux, il marche à quatre pattes, pour éviter de trop s'enfoncer dans la poudreuse. Répartir ainsi son poids lui permet de se déplacer silencieusement, mais ses mains se refroidissent à une vitesse alarmante. Vingt mètres, quinze mètres, dix mètres, cinq mètres. Il ne peut plus tenir, il se redresse et fonce. Sa main trouve le poignet de la rouquine. Cette fois-ci il ne la laissera aller nulle part. Sa seconde main agrippe la nuque de l'inconnue, il la plaque contre le tronc d'arbre, esquive un coup de pied.

Leisk eiti pas mane !
Traduction:
 


Une lituanienne ?! Est-ce qu'elle travaille pour le gouvernement ? Pour l'armée ? Impossible, Ignas n'a pas déserté, il est parti en bon termes. Une organisation indépendante ? Plus plausible, mais durant ses années au sein des Aitvaras, Ignas n'a jamais eu à traiter avec des nationalistes. Il n'arrive pas à comprendre pourquoi une compatriote le prendrait en chasse. Rien de cette situation ne fait le moindre sens...

Kas tu esi ? Kam tu dirbai ? Demande-il sèchement, menaçant.
Traduction:
 

Sa prise sur le bras droit de la pisteuse se resserre. Le froid a beau congeler la main d'Ignas sur place, il est prêt à rester comme ça toute la nuit pour obtenir des réponses.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Mer 3 Jan - 9:07

Les choses sont bien mal parties et je me demande comment je vais me sortir de ce pétrin. Comment c’est possible de faire mettre la main dessus aussi facilement j’enrage bien plus contre moi que contre ce mec qui me plaque contre l’arbre gelé qui finit de me durcir le visage. Dans l’immédiat, même pas la peine que je pense à m’enfuir une deuxième fois. Le fer de sa poigne est assez éloquente et je ne compte pas le surprendre une deuxième fois en si peu de temps. Rester à l’affut reste la dernière option au cas où une ouverture se manifesterait.
Je serre les dents au moment où il accentue la pression qui me plaque contre le tronc et je sens ma colère monter encore d’un cran alors que la stupeur vient lui disputer la vedette.

Ce mec parle islandais ! Pourtant tout à l’heure, j’ai absolument rien compris à son aboiement ! Après tout tant mieux ! Ca évitera les malentendus dûs à une mauvaise maîtrise d’une langue étrangère. Je lui réponds du tac au tac entre mes dents serrées qui doivent me donner un ton encore plus hargneux que ce qui me passe par la tête. En plus je joue des épaules pour tenter de faire bouger ses prises quitte à ce que mes ligaments demandent grâce à mon épaule droite. Le gard en rajoute en termes de poids sur mon corps qui me plaque contre l’arbre et me remonte juste ce qu’il faut pour me rappeler qu’il pourrait me péter le bras.

« En leyfðu mér að fara, ég segi þér! Ég vinn fyrir enga! En fjandinn! Ertu að fara að láta mig fara? !!! »

Spoiler:
 

Evidemment c’est pas la meilleure façon d’obtenir ce quez je veux, mais faudrait pas qu’il pense que c’est gagné. Ma main gauche bat l’air à la recherche d’une prise, mais ne rencontre que le vide. Vraiment barraque le type ! Il doit avoir une alonge de malade !

Petit à petit ma respiration se calme et mes idées s’éclaircissent tout de même. Je suis dans une impasse et je suis partie sur de mauvaises bases. Autant reprendre les choses depuis le début. Si mon analyse de départ est exacte ce mec doit être plus déboussolé que moi et la perspective d’informations devrait l’amadouer un peu. Mon ton se radoucit même si je garde les dents serrées au moins autant à cause de mon bras toujours aussi fermement maintenu dans mon dos que de colère contre cette brute.

« Ég veit hvað er að gerast við þig! Trúðu mér, þú ert í skít! »

Spoiler:
 

En m’écoutant je me dis que ça fait plus menace que proposition d’aide mais qu’est-ce qu’il espère ? Que je lui mange dans la main ?!!! J’ai jamais mangé dans la main de personne. Même les plus grands que moi au foyer, ils avaient qu’à bien se tenir ; Je suis capable d’attendre le temps qu’il faut, mais tout se paie si on me cherche des noises ! Après, forcément personne me croie quand je dis que je ne suis pas une violente. Je repense  à Nathan. Il a vraiment eu du mal à comprendre que le caillou c’était pas contre lui. Et puis si j’étais si accroc à la violence, je serais armée là. Surtout après les derniers événements qui me sont tombés sur le coin de la gueule. Pour être honnête, j’ai bien pensé à me munir de quelque chose d’un peu agressif. J’avais trouvé des tazzers sur le net mais j’ai pas franchi le pas. J’aurais p’têt dû en fait…

Et puis je sens une hésitation dans mon dos. C’est pas que la poigne soit vraiment moins forte mais il ne semble plus répondre aussi férocement à mes mouvements. Je sais pas vraiment comment je dois exploiter ça. Ma priorité reste de me dégager de son étreinte et négocier n’est pas mon truc. Ceci dit j’ai un peu appris ces derniers mois et je me force parfois à composer avec l’adversité ou les gens que je rencontre. Quand j’ai dit ça à Mimi, je crois que la dernière fois c’était avant-hier, elle a explosé de rire preuve que c’est pas encore gagné. Je ferme les yeux et respire profondément.

« Viltu ekki tala um það? »

Spoiler:
 

En discuter ! J’imagine Nathan me dire que j’aurais peut-être dû commence par là. Ben tiens ! Je me souviens aussi de ma gamberge la première fois que ça m’est arrivé… Discuter n’avait pas servi à grand-chose et j’ai encore du mal à me dire que c’est moi qui ai tord sur des coups comme ça. Comment c’est possible de prendre tout du bon côté et de faire confiance aux gens ? Bon là ça n’a pas fonctionné comme je l’espérais et je ne sais d’ailleurs pas ce que j’espérais. Enfin, si, faire le point sur la type et sa situation avant de me lancer dans le sauvetage à la Nathan si y avait eu besoin. Bref, le moment était venu de changer d’approche même si j’y était contrainte et forcée. L’écorce du tronc va finir par s’incruster dans ma pommette.

« Búast þú við því að vera svona lengi? »

Spoiler:
 

C’est vrai quoi ! Il va bien falloir qu’il prenne une décision lui aussi. J’espère juste qu’elle ne me mènera pas à pire la situation présente. Depuis le mois dernier, je m’attends à tout et le souvenir des derniers événements me pétrit les tripes d’angoisse même si ça me débecte de l’avouer.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Mer 3 Jan - 22:49

Une lituanienne à Stockholm. N'importe quel autre jour, Ignas n'aurait pas trouvé ça spécialement étrange. Après tout, il savait d'expérience que les Erasmus de la capitale, Vilnius, organisaient chaque année un voyage en bateau entre les pays balte et la Scandinavie. L'occasion de faire la fête pendant une semaine, mais aussi -un peu- de visiter l'une des plus belles villes du Vieux Continent. Mais ce soir, dans ce cas de figure précis, c'était forcément plus que suspect. C'est pour cela que le barbu ne baissait pas sa garde.

Bien entendu, l'autre niait travailler pour qui que ce soit. Elle était capable de se défendre, et savait prendre ses précautions lorsqu'il s'agissait de pister une cible. Elle n'allait pas vendre la mèche si facilement. Néanmoins, sa volonté de se dégager demeurait intacte. Jouant de sa taille, Ignas restait hors de portée du bras gauche de la rouquine, tout en se tenant prêt à parer une nouvelle ruade. Elle le menaçait, il était "dans la merde".

Kodėl aš esu šūdas ? Koks yra šis deliriumas ?
Traduction:
 

Si le timbre du tatoué laissait transparaître l'urgence de la situation, en aucun cas on aurait pu y déceler de la peur. Son cerveau réfléchissait à toute vitesse. Quelles étaient les possibilités ? Une organisation criminelle en Lituanie, c'était peu probable, aucune n'avait les moyens d'envoyer un agent aussi loin. Et puis, comment auraient-il pu monter un coup pareil ? Le fil des possibilités s'étendait vers la Russie. Principale minorité en Lituanie, les russes avaient déjà organisés plusieurs tentatives de cyber-terrorisme. Une opération telle que celle-ci étaient sans doute extérieur au gouvernement Poutine, qui ne prendrait jamais un tel risque diplomatique.

Su kuo tu esi ? Bratva ? Pouchkinskaïa ? Urkas ?
Traduction:
 

La mafia russe, la façade légale implantée aux États-Unis ou la confrérie des racketteurs légaux. Pourquoi en voudraient-ils à Ignas ? Bonne question. Avec une meilleure visibilité, le garde du corps aurait déjà commencé à inspecter la peau de l'inconnue, à la recherche d'un ou plusieurs tatouages trahissant son appartenance. Pour l'heure, avec ce froid et les imposants vêtements d'hiver que la rouquine portait, difficile de déceler quoi que ce soit.

Ladite rouquine commençait à se calmer, à vouloir discuter, négocier sans doute. Elle cherchait toujours une prise de son bras gauche, mais avec moins de virulence. C'était peut-être un piège. Ignas tendait l'oreille, à la recherche de tout signe trahissant l'imminence d'une embuscade. Rien. Ils étaient totalement seuls dans ce parc.

Jei aš leisiu tau eiti, pažadėk manęs ne pabėgti.
Traduction:
 

Que valait la parole d'une émissaire lituanienne chargée de le pister ? Sans doute pas grand chose, mais Ignas ne comptait de toutes manières pas la laisser aller bien loin.

Ir duok man savo vardą.
Traduction:
 

Malgré la situation, un peu de courtoisie ne faisait pas de mal. Même si elle intervenait après une course poursuite de plusieurs minutes, pendant qu'Ignas maintenait fermement la joue de la rouquine contre un tronc d'arbre gelé.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Jeu 4 Jan - 10:49

Mon épaule me disait que je n’allais pas m’en tirer aussi facilement. J’étais dans la merde moi aussi coincée par un type qui n’avait pas l’intention de s’en laisser compter. Après la bonne nouvelle c’est que, Islandais, il ne devait pas être bien terrible. On n’est pas réputé pour être des scare faces. Quoique, quand le repense à une certaine pourriture… A cette évocation je suis prise d’un nouvel accès d’agitation pour me dégager, mais je ne reçois que ce que j’ai mérité, une nouvelle tension dans l’épaule qui donne un ton douloureux à ma réponse.

« C’est pas du délire c’est la vérité ! »

En fait si on y pensait, c’était bel et bien du délire. Ca n’avait déjà pas été facile d’expliquer à Willie le merdier dans lequel on se trouvait, mais depuis, avec ce que j’avais vécu et appris, Willie aurait pris tout ça pour de jolies fabulette pour enfant. Pour enfant ! Dire qu’il y a des gamines embarquées dans cette histoire ! Le visage de Tizzie me revint soudain.

En tout cas je me demandais bien comment j’allais m’y prendre pour expliquer tout ça au colosse qui avait décidé de m’incruster dans le tronc d’arbre. Il me fallait trouver une idée pour ça et ma mésaventure avec le jeune Innu m’avait un peu refroidie. Enfin, m’avait montré à quel point les gens sont réfractaires à la vérité et ça m’étonnerait que ce type soit bien différent ; en tout cas, je n’allais pas miser là-dessus.

« Faudrait prendre un peu de temps pour en parler mais là… »

Petite invitation à me laisser reprendre une position plus naturelle mais qui ne sembla pas faire changer d’avis mon compatriote. D’ici qu’il me luxe l’épaule. Je commençais à grimacer sérieusement.

De son côté, le gars dont je m’étais faite un ennemi, laissait marcher son imagination. Je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam les noms qu’il me sortait, mais il faisait semble-t-il, un complexe de persécution anti-russe, enfin si j’en jugeais à la consonnance des mots qui sortaient de sa bouche. Encore une fois, la vie me prouvait que je n’étais pas la plus parano sur cette Terre. Je ne savais pas ce qui justifiais la méfiance du géant qui semblait se complaire à me maîtriser, mais ça ne semblait pas être de la rigolade. Ca avait au moins le mérite d’être assez original pour que je ne pense pas qu’il joue double jeu, car c’était toujours possible. Cette ordure d’Alois pouvait bien avoir des complices un peu partout voir des réplicants… A la pensée que j’aie pu tomber sur l’un d’entre eux, mon sang se glaça et la boule qui a trouvé sa place dans mon estomac depuis un moi grossit à me donner l’impression que j’allais vomir contre le tronc d’arbre.

« Je te dis que travaille pour personne ! Je sais même pas qui sont les mecs dont tu me parles ! »

Je ne pouvais pas être plus sincère et pourtant le type ne semblait pas vouloir entendre quoi que ce soit. Borné avec ça !

Cependant un silence plus long que les autres me laissa penser qu’il réfléchissait à ce que je venais de lui dire. C’était pas top tôt. Mon dos et mon épaule commençaient à demander grâce et je ne parle même pas de ma pommette. J’allais ressembler à une femme battue demain et je savais de quoi je parlais. Galadriel avec des bleus sur le visage c’est pas beau à voir et encore moins à l’imaginer les neurones aux abonnés absents dans une maison de convalescence. Convalescence ! C’est comme ça qu’ils appellent l’état dans lequel cette ordure l’avait mise ! Je savais même pas quand j’allais la voir si elle ne reconnaissait et on ne me laissait pas beaucoup d’espoir d’amélioration… Mais là, j’avais hélas, d’autres préoccupations. Même sans le vouloir il avait accompagné sa proposition d’une secousse supplémentaire m’obligeant à serrer les dents pour répondre.

« Promis, Ok… »

Je ne savais pas ce qui lui permettait de me faire confiance après ces quelques mots, mais j’espérais bien qu’il allait enfin me laisser reprendre le contrôle sur mon corps et ses articulations.

« Mona. Mona Goðrúnarson»

Un instant j’ai pensé lui balancer n’importe quel nom et puis de plus en plus persuadée qu’il était du même bord que moi, c’est ma véritable identité que je lui ai donnée. De toute façon, si c’est un réplicant, il la connait déjà… Quand-à son identité elle m’intéressera bien d’avantage une fois que j’aurai retrouvé un peu de liberté.

« Bon alors tu me lâches ? »

Visiblement, ma parole avait du mal à le satisfaire, ce en quoi je ne pouvais le blâmer. Honnêtement dans cette situation, je ne me sens liée par aucune promesse ni aucun serment.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Ven 5 Jan - 13:48

Figé ainsi dans le blizzard, la tension redescendait peu à peu. Malgré ses doutes, Ignas pouvait voir que la rouquine tendait plus vers la négociations que vers la violence. Elle persistait à protester, elle offrait des informations, elle niait connaître les organismes mentionnés par le barbu. Forcément, après les dernières minutes, c'était difficile de la croire sur parole. Mais le garde du corps était dans une impasse. L'immobilité et le froid faisait rarement bon ménage, et rester ainsi dans cette position ne le mènerait à rien.

Enfin, l'autre donna son nom. Mona Goðrúnarson. Ignas fronça les sourcils : ce nom n'était pas, mais alors pas du tout lituanien. Pourtant, elle parlait la langue avec aisance, et aucune trace d'accent. Peut-être était-elle née de parents étrangers mais avait vécue toute sa vie en Lituanie ? Ou bien son employeur lui avait octroyé suffisamment de leçons pour qu'elle passe incognito dans cette situation. Cette dernière hypothèse semblait quand même bien tirée par les cheveux. Lentement, le tatoué relâcha sa prise, progressivement il laissait libre le bras droit de Mona. Il restait proche d'elle, sans doute plus proche que la pudeur le voulait, mais l'ancien soldat n'avait pas confiance. A cette distance, aucun potentiel coup de l'apprentie pisteuse ne lui ferait vraiment mal. A l'exception du coup dans les parties, mais il était prêt à parer à cette éventualité.

Ignas Astrauskas.

Ça semblait naturel pour le lituanien de décliner son identité. Pas la peine de mentir, si Mona était celle qu'il soupçonnait, elle savait déjà qui il était. Si elle était ce qu'elle disait être, alors c'était la moindre des politesses. Une fois qu'elle fut tournée, face à lui, Ignas recula d'un pas, signe qu'il ne comptait pas être agressif. Une question lui brûlait les lèvres.

D'où tu viens pour parler lituanien comme ça ?

A bien y réfléchir, c'était sans doute la dernière question qu'il aurait du poser. Quelle importance qu'elle soit lituanienne ou pas ? Ils parlaient la même langue, et la situation appelait à des explications. Tant sur la situation d'Ignas que sur les raisons de la présence de Mona à Stockholm. Ignas passa sa main dans ses cheveux, puis dans sa barbe. Il n'aimait vraiment pas cette situation. Il était perdu. Et pourtant il ne put contenir un léger ricanement. Un voyage instantané, une course-poursuite dans les rues de Stockholm, une rencontre incongrue... ce petit trajet vers la salle de sport était semé d'embûche.

Tu as dit que tu savais ce qui m'arrivait... je t'écoute. Parce que je vais pas te cacher que je suis un peu déboussolé.

Pour l'heure, Ignas ne pouvait pas vraiment offrir de contrepartie. Il allait soudainement devoir réfléchir à comment il allait rentrer chez lui, où il allait dormir et ce qu'il pourrait manger à cette heure là...
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Ven 5 Jan - 15:39

Ignas Astrauskas ! Qu’est-ce que c’est que ce nom ? Je me fige une seconde pour tenter de trouver de quelle origine il est. Certainement pas Islandais. Ce mec est badass en langue. C’est même pas ça ! Comment a-t-il fait pour deviner ma langue ? J’aimerais croire qu’il a pris des cours approfondis ou qu’il vient bien de chez moi de parent immigrés ou quelque chose du genre mais ce genre de coïncidence par les temps qui courent j’y crois moyen. Du coup je revois à la baisse la possibilité de respecter ma promesse. Ca pue l’entourloupe ça. Attends un peu que j’aie les mains libres ! Courir ? Je sais que ça ne servirait pas à grand-chose, il a déjà prouvé qu’il était plus rapide que moi. Il faut donc que je fasse en sorte qu’il le soit moins. Lui défoncer le genou parait l’option la plus immédiatement envisageable et avec mon entraînement, c’est un truc à ma portée.

Soudai je sens que sa poigne se rela^che doucement. Visiblement, il a décidé de ma libérer mais se tient sur ses gardes. Pas le moment d’attaquer mais c’est pas trop tôt. Aussitôt, je me retourne pour lui faire face. Je porte ma main à ma pommette et fais jouer mon épaule. Bon ça allait j’en avais vu d’autre. Le souvenir de ma dissection règle accentua la crampe qui a élu domicile dans mes tripes depuis ce jour d’effroi. Mais j’ai décidé qu’il ne devait pas m’empêcher d’avancer. Un jour forcément ça passerait complètement. Je jour où on aura mis ce taré au tapis ! Je regarde le visage qui me domine de bien trop près. J’ai pas vraiment les coudées franches pour tenter quelque chose alors autant faire preuve de patience. Tout ce que je pourrais apprendre avant de prendre la poudre d’escampette sera toujours ça de pris. De toute façon je suis sûre qu’il est sur ses gardes et qu’il va me falloir l’amadouer pour qu’il relâche son attention et sa musculature. Le mec est pas une demie portion et encore moins une demi portion momolle. Ça fleure bon la préparation physique et la testostérone. Le genre de rencontre qui devrait vous inciter à la prudence.

Je plisse mon œil droit d’incompréhension alors qu’ils se recule. Soit c’est lui qui veut m’amadouer soit il est réellement de bonne volonté. Evidemment c’est suspect dans les deux cas. Je me frappe le côté de la tête avec la main droite. Il faut que je remette mes idées en place. Sur ce coup, c’est lui qui a des raisons d’être méfiant. Je sais que je le suis, mais en ce moment j’ai conscience que ça dépasse les bornes. Je sais aussi pourquoi, mais je ne veux pas lui faire l’honneur de bousiller le peu de relation sociale que j’ai encore tout ça parce que je flippe de voir débarquer je ne sais quoi ou qui, ou même rien et me retrouver sur une table d’opération à ma faire mettre en morceaux.

Je ne comprends rien. C’est quoi encore ce délire ? Une blague pour me faire perdre la boule ? Je ne lui ai pas parlé du tout en Lithuanien ! Ce serait ça son pays ? Je parle Islandais. Un doute m’assaille alors et mon sang ne fait qu’un tour. Ca va pas recommencer ! Les wagons ! le hangar ! Cette voix que tout le monde comprend !

Je ne sais pas quoi répondre. Si je laisse aller mes hypothèses, je vais tout déballer dans le désordre et forcément il va me prendre pour une folle, ce en quoi il n’aura pas tout à fait tort. Je serre les poings et regarde quelques instants les chaussures de mon vis-à-vis. Je tente de respirer profondément. Rien qu’à l’idée de formuler ma réponse je sens la nausée monter en moi. Heureusement la colère qu’elle provoque en retour me permet de reprendre le contrôle. Je vais commencer par une simple vérité et on verra bien. Lorsque je prends la parole, la deuxième question a déjà fusé et ce que je m’entends prononcer, je le regrette déjà, surtout dit et cette voix blanche.

« Je ne parle pas Lithuanien. »


Et puis j’essaie de me mettre à sa place et de prédire sa réaction, en même temps que je tente de comprendre les implications que mes soupçons. Il va sûrement pas le croire et il va sans doute lui proposer de commencer par le commencement. De mon côté imaginer que cette traduction simultanée et autonome ait un rapport avec cette ordure d’Aloïs, c’est comme me dire que je suis dans le gueule du loup, mais que le loup n’est peut-être pas là. Bref ça fout les j’tons mais ça ouvre peut-être des perspectives. En particulier, on n’a pas trouvé comment elles arrivaient ces voix polyglottes, mais on pourrait chercher ici et de toute façon, le peu qu’on trouvera sera bon à prendre.

Comment ça on ? Comme si j’allais le tremper dans ce merdier comme ça ! Je suis pas très compatissante, on me le dit assez souvent mais de là à entraîner les autres dans les emmerdes… Je vais écarter Ignas de là pour commencer et je reviendrai demain pour essayer de vérifier. Pour le moment je vais faire ma Nathan en essayant de ne pas l’assommer avec trop de mauvaises nouvelles.

« Oui, je vais essayer d’être aussi simple que possible. »

Je le détaille de la tête aux pieds comme si je le voyais pour la première fois.

"Mais tu ne m’as pas l’air d’être équipé pour ce temps. »

Je lève les yeux au ciel et présente les mains aux flocons qui viennent s’y écraser.

« On pourrait se mettre à l’abri. »

En même temps, je me rends compte que je suis prête à faire confiance à cet homme. Ce n’est pas moi ça et pourtant je me réjouis intérieurement de cette possibilité qui m’est restée malgré tout. J’en suis tellement émue que je souris à Ignas. Allez tant pis, je prends le risque ne serait-ce que pour me prouver que j’ai eu raison ! Je revois Erynn s’acharner à sauver Luc malgré le danger… Cette fille m’a fait une de ces impression !

« J’ai réservé une chambre dans un hôtel pas loin. Ça te dis de t’y réchauffer ? On peut commencer à discuter en chemin si tu veux… »

J’avoue que je ne me reconnais pas et je me dis que ce type doit se demander à qui il a affaire. Les derniers événements ne m’auraient-ils pas changé que pour le pire ? Je me tourne dans la direction de l’hôtel attendant la réponse du Lithuanien. Je ne pense même pas au côté proposition malhonnête que ça doit avoir.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Ven 5 Jan - 23:27

Elle ne parle pas lituanien ? A cet instant précis, Ignas lève un sourcil circonspect. Est-ce que le froid lui bloque le cerveau, est-ce que c'est le vent qui fait qu'il a mal entendu ? Non, impossible, elle est à un mètre cinquante de lui, et elle s'exprime dans un lituanien parfait, sans la moindre trace d'accent. Elle se fout de lui, c'est pas possible. Et de nouveau, le barbu ne peut retenir un ricanement.

Tu me dis que tu ne parles pas lituanien... en lituanien. Je ne suis pas sourd tu sais. Et puis je te parle en lituanien depuis tout à l'heure et tu me comprends parfaitement, ça prouve bien que tu maîtrises la langue.

L'explication était logique et rationnelle. Elle comprenait les paroles d'Ignas et y répondait dans la même langue, donc elle parlait lituanien. Dans cette situation plus qu'étrange, c'était un ilot de sureté auquel le tatoué pouvait se raccrocher un instant. Pour l'heure, il se contentait d'observer Mona. Elle ne tentait rien, pour l'instant. De simples mouvements pour étirer son épaule maltraitée, mais rien qui suggère une attaque ou une tentative de fuite imminente.

Malgré tout, Ignas ne pouvait pas ignorer les raisons pour lesquelles il se retrouvait face à la rouquine, dans ce parc, en ce moment même. Elle l'avait suivi, et lorsqu'il l'avait piégé, elle avait fuit. Tant qu'il n'aurait pas une raison valable pour justifier un tel comportement, il ne prendrait aucune de ses paroles pour acquis.

Bon, là elle pointe du doigt le fait qu'il n'est pas habillé pour l'hiver. Jusqu'ici, ça va, il s'en était rendu compte lui-même. Son manteau est bien trop léger pour les températures négatives suédoises. Ses genoux sont exposés à l'air libre depuis de longues minutes à cause du jean troué qu'il a choisi de porter. Et pour couronner le tout, ses chaussettes sont humides, car il ne porte évidemment pas des chaussures adaptée à la marche dans la neige.

Pour ne rien te cacher, et au risque de paraître complètement fou, j'étais sur un autre continent il y a à peine quinze minutes.

C'était tellement insensé de dire ça comme ça. La téléportation, ça n'existe que dans les films de science-fiction. Il devait y avoir une explication logique.

Enfin, quand je dis il y a quinze minutes, c'est l'impression que j'ai. Je sortais juste de chez moi, et je me suis retrouvé dans une ruelle ici. Alors il a du s'écouler plusieurs heures, mais je les ai pas vu passer. Attends... on est quel jour ?

Pour accompagner ses paroles, Ignas dégaine son téléphone, et le montre brièvement à Mona, histoire de signifier qu'il est déchargé. En attendant, il accepta la proposition de la rouquine de se mettre un abri. C'était extrêmement suspect, encore une fois, et c'était peut-être une manœuvre pour l'attirer dans un piège, mais ce n'était plus l'esprit rationnel du garde du corps qui parlait. Son besoin de chaleur se faisait trop pressant pour qu'il laisse passer cette opportunité.

Venant d'une fille qui me pistait il y a dix minutes, c'est assez déconcertant... Mais soit, je te suis. Il marqua une courte pause, réprimant un frisson et secouant vigoureusement ses membres en réponse. Pourquoi tu me suivais d'ailleurs ?

C'était quand même un point important à soulever. En attendant, Ignas et Mona quittait l'obscurité du Vasaparken pour se diriger vers l'hôtel mentionné par l'apprentie pisteuse. C'était toujours suspect, mais la situation exigeait au lituanien de prendre le risque. Il observa plus attentivement la silhouette de la jeune femme. Si jamais une embuscade lui était tendu, il n'hésiterait pas à se défendre sans retenue. Pour l'heure, cependant, il n'avait d'autres choix que de lui faire confiance.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Sam 6 Jan - 20:50

Evidemment ! J’aurais dû m’en douter ! Je m’en doutais mais ça ne résolvait pas le problème, je ne savais pas comment lui balancer un truc improbable de traduction ou d’émission en toutes les langues simultanément. Moi-même qui l’avais vécu je pouvais pas l’expliquer et j’avais encore du mal à le croire. Je décide donc de faire celle qui n’a pas entendu. On y reviendrait plus tard. De son côté Ignas finit par me tendre une perche que j’aurais bien tort de ne pas saisir.

« T’inquiète. Je sais très bien que tu n’es pas sorti dans le rue en Suède sous la neige. Au vu de ta tenue de jour et de ton sac de sport tu viens de plutôt de bien plus à l’Ouest et donc y a pas grand-chose à part le continent américain. »

Putain ! Je fais ma crâneuse là ! A lui déballer ma science ! Et bien ce sera bien fait pour moi si je me suis plantée et qu’il me bâche !

« Si j’ai bien compris c’est la première fois ? Tu t’en sors pas si mal pour une première fois. »

Je pourrais lui décrire comment j’ai réagi la première fois, mais outre les fait que Nathan a failli se retrouver avec le crâne ouvert en deux, c’était pas très glorieux. Panique, raccrochage aux branches de la science connue, parano _bon ça, ça change pas_ et j’en passe. Et comme j’aime pas trop me montrer en position de faiblesse et que pour ce soir après avoir passé quelques minutes plaquée à un arbre, c’est bon !

« Je vais sans doute t’enlever tes illusions, mais on est Samedi 8 janvier, enfin, ce qu’il en reste de ce côté de l’Atlantique et le seul décalage temporel qu’il y a c’est les quelques fuseaux horaires que tu as traversés »

Je claque des doigts pour lui signifier la rapidité du voyage qu’il vient d’accomplir. Mais merde ! Qu’est-ce que je parle ! Je me fais penser à Nathan ! Comme il m’avait soulé ! Et voilà que je fais pareil. Et puis je me dis qu’il vaut peut-être mieux que je garde le silence à présent. Ne pas devancer les questions je pense que c’est mieux. Laisser chacun admettre les choses les triturer dans tous les sens et laisser les questions émerger. Je me vois pas lui dire que y a un ou plusieurs barges qui nous enlèvent et qui son t foutus de nous électrocuter, nous découper et nous remettre dans le circuit sans qu’on sache pourquoi. Je scrute son visage afin d’anticiper ses réactions mais là encore, je suis pas très douée en plus avec son système pileux et son air de mercenaire désabusé pas facile de savoir ce que ce gonze pense.

Par contre je vais pas allumer mon téléphone là comme ça. Déjà parce j’avais décidé d’éviter de me faire repérer à cause de lui, même si je n’ai aucune preuve que ça leur serve et puis parce que le faire dans la zone de traduction machin chouette c’est un peu chercher les ennuis. Mais là encore je garde le silence me contentant sans trop de conviction d’observer les alentours. Dans la nuit comme ça, sous la neige, il y a peu de chance que je m’aperçoive de quelque chose. Déjà que dans le hangar j’ai rien réussi à voir.

A la place je prends les devant en direction de l’hôtel. En ignorant sa remarque sur mon changement d’attitude. Vu sus son angle peut être mais c’est très logique depuis ma place. Enfin, je vais pas refaire le même discours qu’à Nathan. De toute façon ça sert à rien, les gens comprennent rien. Le mec est plutôt grand et moi assez pressée de me mettre au chaud. Alors les quelques hectomètres qui nous en séparent sont vite avalés. Je me demande juste comment ça gamberge dans sa tête. Je suis tombée pour l’instant que sur des gens très philosophes qui prennent les choses du bon côté. Ils sont un rien horripilant avec leur manière de tiers-mondistes qui aiment tout le monde. Il ferait beau voir qu’ils tombent sur des gangsters, des trafiquants en tout genre, style traite des blanches ! Je dis ça parce que contrairement à ce que pouvait penser Nathan, je leur veux pas de mal. Ah si j’oubliais ! Y a Willie aussi ! Il ma bien pris la tête au début mais faut bien admettre qu’il avait pas tout à fait tort. Parce que y a pas à dire tant qu’on est pas familiarisé avec cette putain de téléportation, ben on peut croire tout ce qu’on veut et bien paniquer. On se ressemblait sans doute un peu de ce côté.

De temps à autres, je tourne la tête de son côté pour finir de me faire une idée sur ce mec. Je ne sais pas si c'est un signe de confiance ou si c'est juste pour pouvoir me rattraper facilement, il garde sa position à ma gauche. Perso je préfère quand mes ennemis potentiels sont devant moi. J’ai fait comme ça avec Nathan. Le seul moment où je suis passée devant il est tombé dans un torrent et ça a viré au vinaigre, au psychodrame quoi. Je suis assez forte pour que les gens se méprennent sur mes intentions. C'est pour ça qu'au lieu de me décoincer j'ai au contraire tendance à rester sur mes gardes, mes positions éviter de trop parler. aujourd'hui je me dit que Mimi serait fière de moi, mais on n'est toujours pas tiré d'affaire tant qu'on aura pas fait le tour de ce qui lui est arrivé.

Enfin on arrive devant la façade du dit hôtel. On peut pas dire qu’il paie de mine mais pour le prix, je ne m’attendais pas non plus à un cinq étoiles. Je me secoue avant d’entrer histoire de ne pas transformer l’entrée en piste de ski puis en piscine. Je me dirige directement vers le comptoir de l’accueil derrière lequel une grande suédoise nous sourit. Au moins l’accueil est plutôt aimable. Vêtu d’un blazer bleu nuit sur un chemisier immaculé rehaussé d’une sorte de nœud rouge, elle a déjà son registre ouvert.

« Katia Ackermann. J’ai réservé.
_ Oui. Certainement.
_ Nous serons deux… »


J’ai parlé cette fois en Anglais même si nos deux langues sont cousines. Dans mon dos j’imagine qu’Ignas doit être perdu mais j’espère qu’il va garder le silence sur ma véritable identité. Je me rends compte soudain que je ne sais pas comment Ignas envisage les choses. C’est con. J’aurais dû lui demander avant d’entrer. Suivant la fortune qu’il a sur lui, sa pudeur et tout, il peut très bien adopter une attitude ou une autre… Ce serait plus pratique tous les deux dans la même piaule, mais il va encore insinuer des choses. Alors avant de faire une gaffe, je lui adresse un regard interrogateur tandis que l’hôtesse patiente, une clé déjà dans la main.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Dim 7 Jan - 16:08

C'est quand même incroyable à quel point Mona trouve ça... "normal". Elle a tout de suite assimilé qu'Ignas s'était pour ainsi dire téléporté, et elle ne trouve pas ça étrange. Ou plutôt si, mais elle ne semble pas réellement surprise. Est-ce qu'elle aussi elle a déjà connu ce genre d'événements ? A priori oui, puisqu'elle demande au garde du corps si c'était sa première fois... Il est de plus en plus perdu, désarçonné car la rouquine semble plus ou moins contrôler la situation, alors que lui s'enfonce continuellement dans l'inconnu.

Et bien... Oui. J'étais à Boston, maintenant je suis là. Ce qui ne fait strictement aucun sens. Physiquement parlant, je peux pas avoir fait l'équivalent de 9h d'avion en une seconde...

De toute évidence, toute notion de rationalité n'avait plus lieu d'être en ce moment, mais Ignas ne l'acceptait toujours pas. Il s'était téléporté et pouvait dialoguer sans soucis avec une personne qui ne parlait pas sa langue. C'était quoi la suite ? Une soucoupe volante et des aliens arc-en-ciel qui viennent lui livrer un kebab ? Il chassa cette pensée ironique de son esprit. Autant ne pas virer fou ou parano tout de suite, il allait avoir besoin de tous ses neurones.

Finalement, après avoir tergiversé un instant, le duo prit la direction de l'hôtel mentionné par Mona. Le froid les faisait marcher vite, et le blizzard leur hurlait aux oreilles. Tout deux demeuraient silencieux. Ignas continuait à cogiter sur le pourquoi du comment, tout en observant la rouquine régulièrement. Même si la situation exigeait sa coopération, il ne pouvait pas encore avoir totalement confiance. Les rues qu'ils traversaient était déserte, toujours pas de traces de cette embuscade que l'ancien soldat continuait de craindre. C'est d'ailleurs pour ça qu'il marchait au même niveau que Mona. Si jamais il se retrouvait encerclé, il pourrait se servir d'elle comme otage/bouclier, et négocier à partir de là. C'était moche comme tactique, mais c'était efficace.

L'hôtel n'est pas de haut standing, mais ça, Ignas s'en fiche totalement. D'une parce qu'il a dormi dans bien pire taudis. De deux parce qu'il ne compte pas s'éterniser de toute manière. Il laisse Mona s'avancer vers la réceptionniste. Cette fois, elle s'exprime en anglais, signe peut-être que cette histoire de traduction universelle se cantonne au parc. Aucun des deux n'a essayé de parler durant tout le trajet. Lorsque elle utilise le nom de Katia, le barbu s'efforce de rester impassible, mais ne peux retenir un rapide lever de sourcil circonspect. Génial ! Toujours plus de questions qui s'accumulaient. La rouquine se tourne un instant vers lui, l'air interrogatif. Pour le coup, Ignas ne comprend pas. Alors il esquisse un demi-sourire, et déclare de son anglais à l'accent marqué :

C'est un lit simple ou double ? Dans le premier cas, il faudrait peut-être monter un lit de camp... si vous avez ?
C'est un lit double, monsieur.
Et bien... euh... parfait !

La réceptionniste avait du le trouver bizarre, avec cet enthousiasme teinté d'hésitation. Qu'importe, Ignas se trouvait lui-même bizarre d'envisager la téléportation comme une réelle possibilité. Il suivit Mona jusqu'à la chambre, située au deuxième étage de l'hôtel. Ce n'était pas le grand luxe, mais c'était amplement suffisant. Un lit double, avec une télévision en face, et une petite salle de bain.

Premier réflexe d'Ignas : retirer son manteau et son pull. Les deux vêtements étaient trempés à cause de la neige, les garder sur lui équivalait à s'assurer un rhume. Son jean était aussi détrempé, mais il n'allait quand même pas se mettre en caleçon tout de suite. Le garde du corps se retrouvait donc en t-shirt, exposant ses bras intégralement tatoués. Il posa ses vêtements sur le porte-manteau, s'assit sur le lit et se prit la tête à deux mains. Il soupira.

T'en fais pas, je dormirais par terre. Et je payerais ma part.

La rouquine ne voulait peut-être pas partager son lit avec un inconnu. Et puis entre les lits de camps de l'armée et la moquette de l'hôtel, c'était bien cette dernière qui remportait la palme du confort.

Désormais, il fallait essayer de trier les informations, de mettre de l'ordre dans son esprit. De poser des questions. Il n'était aucunement fatigué, évidemment puisqu'il était debout depuis moins d'une heure au final. Au moins ne souffrirait-il pas trop du jet lag en rentrant ?

Ok... Donc, Katia. Ou Mona, comment je dois t'appeler ? Ce truc là, la téléportation, ça t'es déjà arrivé à toi aussi ? C'est pour ça que tu m'as suivi ?

Le chauffage de la chambre le réchauffait peu à peu, lui permettant de faire ce rapprochement. La méthode employée par la rouquine pouvait être considérée comme discutable, mais elle n'était pas dénuée de logique.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Lun 8 Jan - 19:54

Honnêtement parfois il y a des choses, je ne sais pas quoi leur répondre. Comment en vouloir à Ignas de ne pas réaliser ce qui se passe ? Je suis peut-être asociale, dépourvue d’empathie comme dirait Nathan j’ai encore dela mémoire et je me souviens assez bien de l’état dans lequel j’étais il y a dix mois de ça sur les îles Campbell avec un avocat qui en faisait un peu trop pour se montrer serviable que c’en était suspect. Donc oui je sais, ça défie les lois de la physique et je sais aussi qu’à part laisser l’évidence s’installer, y a pas grand-chose à faire pour essayer de le convaincre. Donc, je ne m’énerve pas, j’attends tout simplement la nouvelle étape de la conversation. Je ne sais pas si Nathan ou Mimi seraient fiers de moi, mais j’avoue que là j’ai juste envie de me décerner un bon point.
 
L’hôtel… Ouais bon pas le grand luxe mais au moins c’était propre. J’avais admiré la façon d’improviser d’Ignas. Il en fallait plus pour le désarçonner. Je savais pas trop ce qu’il envisageait pour notre couchage mais cela ne me travaillait pas trop. Je sais que j’ai une notion de la pudeur et de l’intimité assez spéciale. Perso, je trouve pas mais même Mimi qui est plutôt libérée me fait des remarques sur ma façon d’accepter ou pas la promiscuité avec autrui. En fait c’est simple. A partir du moment où on demande la permission et qu’on se montre correct, je ne vois pas beaucoup de problèmes…
 
Nous voici dans la chambre. Ignas semble avoir de bons réflexes. Je le regarde se dépoiler. Ouais. Pas étonnant que je ne sois pas arrivée à me dégager de sa poigne. Monsieur est vraiment barraque… Et gentleman. Je hausse les épaules.
 
« Tu peux aussi bien finir d’enlever le reste, ça t’évitera de choper une saloperie. J’ai déjà vu des hommes en calbut et même pire »
 
Pourquoi pire ? Juste histoire de dire. J’ai aucun problème avec la nudité des mecs et celui-ci semble assez bien gaulé pour que je supporte sa vue. Je jette mon sac sur le lit. J’en ai un peu plein le dos c’est le cas de le dire, de le trimballer partout. Déjà je me sens mieux. Mon manteau prend la direction de la patère derrière la porte de la chambre et mes groles se glissent sous le lit côté salle d’eau.
 
« Pour le couchage, t’inquiète, je crois qu’il va falloir qu’on apprenne à se faire confiance et la chambre est déjà payée. Par contre, ça c’est mon côté.»
 
Se faire confiance ! Hey ! Mais qu’est-ce qui m’arrive ! Nathan Weathers ! Je te maudis ! Ouais non, c’est complètement con ! C’est du genre à se faire poignarder pendant son sommeil. En même temps s’il dort parterre, ben ça change pas grand-chose… Ainsi installée et les règles de notre cohabitation établies, je regarde un instant mes superbes chaussettes à larges rayures rouges et blanches avant de m’asseoir sur la moquette contre le mur, les avants bras sur les genoux en face d’Ignas. Je fais jouer mes orteils dans mes chaussettes en le regardant gamberger parce que là les deux mains dans la face, c’est sûr, ça gamberge sec. J’attends patiemment et je ne me fais pas de soucis, les questions vont arriver. Bingo !
 
J’essaie de lui sourire histoire de ne pas lui plomber le moral juste avec « ma tronche des grands jours » comme dit Mimi. Je ne sais par contre pas trop quel ton va sortir de ma bouche et je me racle un peu la gorge histoire de me lancer.
 
« Hurm !... Mona. C’est Mona je t’ai pas baratiné. Oui ça m’est déjà arrivé et oui c’est pour ça que je t’ai suivi. Si t’es déboussolé, crois-moi, c’est pas trop facile d’aborder quelqu’un qui est victime de ça et j’ai un peu commis des impairs par le passé. Bon, je vais pas te raconter ma vie tout de suite. Bref. Je voulais te laisser atterrir et aussi m’assurer que je m’étais pas gourré sur toi, genre ouais les indices concordent. »
 
Pas mal Mona, tu t’en tires plutôt bien pour le moment. Je marque une pose pour essayer de juger de sur quoi j’embraye. Je ne sais pas si ce sont les derniers événements auxquels j’ai participé, mais je me sens étrangement détendu avec ce gars en même temps que je n’arrive pas à faire disparaître la nausée latente qui me tiraille les tripes. C’est comme si j’avais une nouvelle confiance dans le genre humain en même temps que je me sentais comme un pique-bœuf entre les mâchoires d’un crocodile endormi.
 
« Je me doute que tu voudrais en savoir plus, mais comme ce truc c’est un peu de la folie, je crois qu’il vaut mieux que je te laisse poser tes questions et j’y répondrais comme je peux. »
 
Au moins là il est préparé au pire et même sans doute à ne pas avoir toutes les réponses. Moi, je les ai pas toutes et celles qui me manquent laisse place à un truc du genre un gros flippe. Je joint mes mains de part et d’autre de mon nez dans l’attente de ses réactions, les sourcils haussés au-dessus de mon regard attentif.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Mar 9 Jan - 22:28

Mona a beau lui dire qu'il peut se mettre complètement à l'aise, Ignas hésite quand même quelques secondes plus. Sa méfiance se mêlait à son instinct, et il finit par s'exécuter. Exit ses baskets trempées, ses chaussettes gorgées d'eau et son jean qui malgré les quelques secondes passées sur le lit, avait déjà laissé une tâche d'humidité sur la couverture. Ainsi en caleçon, le lituanien se frotta vigoureusement les jambes, afin de les réchauffer. Il a déduit qu'à moins que la rouquine possède un hachoir à viande dans son sac, elle ne risquait pas de lui trancher l'artère fémoral, et donc ne lui "autorisais" pas de se dépoiler dans le simple but d'éliminer une barrière, aussi fine soit-elle. Le tatoué se sentait un peu honteux. Aucune raison à cela pourtant, ce n'était pas la première fois qu'il se retrouvait devant une fille, sur un lit avec si peu de vêtements, mais là c'était totalement différent. Le lituanien et l'islandaise étaient partis sur de bien mauvaises bases, mais il n'était pas trop tard pour recoller tant bien que mal les morceaux. Comme la rouquine l'avait dit dehors, ils allait devoir essayer de se faire confiance étant donnée la situation.

En plus de ça, Mona ne semble pas vraiment gênée à l'idée de partager le lit. Elle se contente de choisir son côté en lançant son sac dessus. Puis, elle se débarrasse à son tour de ses chaussures et de son manteau. Sans vraiment se faire une idée de l'étanchéité de ses deux éléments, Ignas lance machinalement :

Toi aussi, n'hésite pas à te mettre à l'aise. C'est ta chambre, après tout.

Sans faire attention à si oui ou non elle suivait ses conseils, Ignas se prit la tête à deux mains. Mais qu'est-ce que c'était que cette journée de fou ?! Il débarquait comme par magie, littéralement, dans une ville qu'il n'avait jamais visité auparavant, se faisait courser par une inconnue, avant d'inverser la tendance pour finalement prendre l'avantage. Et voilà que maintenant, ils s'apprêtaient à partager un lit. Rien ne faisait de sens dans cette chronologie des événements. Pourtant elle lui faisait face, assise sur la moquette, en train de remuer des orteils dans ses chaussettes. Tellement de questions se bousculent dans la tête du garde du corps. Et tandis qu'il écoute attentivement les réponses de Mona, d'autres arrivent. C'est donc bien Mona, elle sait ce que ça fait d'être téléporté subitement, et c'était bien parce qu'il venait de débarquer qu'elle l'avait suivi.

Alors pourquoi tu as donné un faux nom à l'hôtel ? S'enquit Ignas, avant d'immédiatement se rétracter. Réponds-pas si ça te dérange. Désolé, on se connaît pas assez pour que je puisse décemment attendre de toi que tu me déballes ta vie. Déformation professionnelle, on dira.

C'était pas malin d'avoir dit ça. Maintenant, il allait devoir lui donner un détail de sa vie. De toute manières, il pouvait déjà anticiper la question à des kilomètres. La discrétion, ça n'avait jamais été son fort. C'est pour ça qu'il faisait parti de l'équipe qu'on envoyait en mission commando sur les navires pirates libyens.

Je suis garde du corps, si jamais. Ancien soldat.

Malgré toutes les questions sur sa propre situation, la jeune femme qu'il avait en face de lui l'intriguait tout autant. Pourquoi le faux nom ? Si elle n'était pas lituanienne, de quelle nationalité ? Suédoise ? Et si ce n'était pas le cas, qu'est-ce qu'elle faisait ici ? Où avait-elle appris à se battre ? Mais pour l'heure, égoïstement peut-être, Ignas préféra s'enquérir du plus urgent.

Donc tu sais ce que ça fait, d'être... téléporté. Il avait galéré à prononcer le mot fatidique. Comment tu as géré la situation ? Et est-ce qu'il y a un moyen d'inverser le processus ? Tant qu'à faire, s'il pouvait éviter de payer un billet d'avion. Pas qu'il n'avait pas les moyens, entre son job et la retraite militaire, il n'était pas à plaindre, mais c'était toujours une dépense imprévue.

En tout cas, c'était peut-être le début d'une longue conversation. Des informations qu'il en retirerait dépendait son plan d'action futur.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Mer 10 Jan - 22:17

Je ne manifeste aucune réaction lorsqu’Ignas se met enfin à adopter une attitude raisonnable par rapport au séchage de ses fringues. C’est pas parce qu’il est bien foutu que je vais lui sauter dessus. En tout cas au moins il semble me faire confiance. Et moi de mon côté ? J’ai toujours ce sentiment d’être poursuivie et épiée mais ce n’est pas le Lithuanien qui me donne cette impression. Je finis par aller à la fenêtre pour vérifier qu’il n’y a rien de suspect dans la rue sur laquelle donne notre chambre puis je ferme les volets et tire les rideaux. J’ai beau savoir que notre empreinte thermique est détectable à travers les murs cela me rassure un peu. Je pourrais évidemment ouvrir le chauffage à fond et laisser couler la douche au plus chaud pour remplir notre refuge de vapeur chaude, mais je ne sais pas si cela suffirait à masquer notre présence. Tapisser la chambre de couverture de survie pour réfléchir les rayonnements est exclu et puis je n’ai pas trop envie de passer pour plus cinglée que je ne suis. Cette nouvelle paranoïa qui m’habite depuis les derniers événements me prouve que la méfiance qui est le mienne à l’origine n’était pas si exagérée que cela. Ce n’est qu’en ce moment que j’ai l’impression de perdre les pédales. Le repense à la lettre de Nathan. Il parle d’être entourée pour faire face à tout ça, mais je ne sais pas trop ce qu’il entend par là. Est-ce que j’ai quelqu’un à en parler ? Pas vraiment et j’avoue que je tourne en rond dans ma petite tête. Nathan pourrait faire l’affaire dans l’idéal mais à raison d’une dizaine de jours entre deux lettres je ne compte pas trop sur lui pour garder ce qui me reste d’équilibre. Il me reste Luc… J’irai sans doute le retrouver en partant de Suède. Il faudra que je refasse mes comptes parce que tout ça a aussi une incidence que mes économies. Bref je gamberge pas mal et c’est à peine si j’entends le renvoi d’ascenseur de mon colocataire.
 
Mais il a raison, j’ai bien besoin d’un peu de décontraction. Je descends mon sac dans le placard qui occupe le mur de la porte de la salle de bain, et y range mon pauvre Jean et mon pull. Me voilà en chaussettes montant au-dessus du genou, petite culotte rose et brassière de maille blanche trop large pour mon bonnet B à force d’avoir été maltraité par les lavages. En fait lorsque j’aurai pu aller prendre une douche, ce sera presque parfait. Je monte debout sur le lit avant de m’asseoir l’oreiller derrière le dos les jambes repliées contre moi le menton sur les genoux et les orteils au creux des mains.
 
Le faux nom ? Nous y revoilà. Il a de la suite dans les idées et je ne sais pas trop comment lui expliquer, parce que là on va entrer dans le vif du sujet et je ne sais pas comment il va réagir. Son visage dans les mains montre que tout n’est pas encore assimilé de ce qu’il a appris ce soir mais bon quand faut y aller, faut y aller. Je ne sais pas de quelle profession il parle mais je doute que ce soit suffisant pour tout appréhender. La Dame de Glace n’avait pas été si bien préparée que cela à ce qui nous était arrivé. Je finis par hausser les épaules pour signifier que ça n’avait pas d’importance au point où on en était
 
« Le faux nom ? C’est parce qu’il y a des gens derrière ce merdier et que j’ai pas envie de leur faciliter la tâche s’ils veulent me retrouver. »
 
Voilà. C’était dit et somme toute, j’avais l’impression de ne pas m’en tirer si mal. J’avais réussi  lui balancer que ça puait le complot sans trop dramatiser. On n’en était pas encore aux enlèvements et aux approches mystérieuses et ma volonté de quitter l’Islande, volonté qui n’était pas encore totalement arrêtée, je devais bien l’avouer.
 
« Tu fais quoi comme job ? »
 
Je ne savais pas trop s’il répondrait, lancé dans ses questions qu’il était mais il n’y avait as de raison que les questions n’aillent que dans un sens. En fait elle avait eu à peine le temps de la formuler qu’elle avait déjà sa réponse comme s’il avait anticipé sa question. C’est à peine si j’esquissai une moue pour manifester que j’avais entendu. Je ne sais pas pourquoi je n’étais pas surprise. Sa condition physique et ses questions directes ne pouvait venir que de ce genre d’individu. D’ailleurs la machine à question était lancée et elle n’était apparemment prête de s’arrêter. L’oreiller passa de derrière mon dos à serré contre mon corps, ne laissant ainsi dépasser que les jambes à moitié fléchies. Cette manipulation de cocooning le permit de faire le tri dans toutes ces questions.
 
« Si ça peut te consoler, je crois pas que quiconque soit préparé à ça donc on gère comme on peut »
 
J’avais pas envie trop de m’attarder sur le clavaire que j’avais fait vivre à Nathan. Il devrait donc se contenter de cette première réponse évasive.
 
« Un moyen ? »
 
La réponse était clairement non, mais cela me fait vraiment chier de l’admettre et l’avouer à Ignas était comme un aveu supplémentaire d’impuissance. Une certaine rage devait un peu percer dans mon ton malgré ma capacité à garder une apparence de calme et de self-control.
 
« Il doit y en avoir un mais il n’est pas en notre possession. En gros, tout rentre dans l’ordre aussi brutalement qu’on a été téléporté. »
 
Les salopards qui s’amusaient avec nos vies avaient un pouvoir injuste sur nous ! J’avais repris ma position de départ à la différence près que l’oreiller était resté coincé entre mes genoux et moi.
 
« Je mangerais bien quelque chose. Ca te dis ? »
 
Je tendis la main vers le combiné de la chambre en attendant sa réponse. Des trucs à tremper dans un chocolat chaud me tentaient bien à cette heure avancée… En plus, en même temps que le Lituanien me posait des questions sur la téléportation, je gardais en mémoire le phénomène de traduction qui avait facilité notre rencontre au prix, tout de même, d'un joli qui pro quo. Si je pouvais obtenir un peu plus de chose de ce phénomène et peut être ajouter ainsi une pièce au puzzle qui éclatait ma vie depuis presque un an, ça aurait l'air d'un tournant dans me lutte contre Aloïs. Nathan avait beau m'avoir assuré que ce mec n'était pour rien dans ce qui nous était arrivé, c'était tout de même bien imité...
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Dim 14 Jan - 17:44

Elle n'était pas sereine. Même s'ils s'étaient réfugiés dans la douce chaleur de la chambre d'hôtel, Mona refusait de se mettre à l'aise. Elle vérifiait à la fenêtre, elle gambergeait aussi. Il y avait plus que ce qu'elle voulait bien dire. Ignas ne tarderait pas à avoir des réponses, il pouvait le sentir. Ses mains quittèrent son visage pour passer lentement dans ses cheveux. Quelques mèches vinrent lui tomber sur le front sans qu'il ne fasse quoi que ce soit contre ça. Quelle importance ? La rouquine de son côté avait également finie par se débarrasser de ses vêtements trempés, puis elle était venue se placer sur le lit, derrière le lituanien qui était resté assis au bord. Elle était très jolie, pas de doute là-dessus, mais pour l'heure le tatoué n'avait pas le temps de s'arrêter plus avant sur le physique de son interlocutrice. Elle venait de lui révéler une véritable théorie du complot. D'ordinaire, Ignas n'y aurait pas cru une seconde, mais là...

Tu as des preuves de ce que tu avances ? Des pistes ? Des noms ? Son côté militaire ressortait si vite, lui-même s'en amusa, avant de stopper lui-même son élan. Mais oui, bien sûr Ignas. Sors le tableau de liège et fait des jolis lignes avec du fil à coudre rouge. Retrace toutes les possibilités que tu n'as pas, quadrille un périmètre dont tu ne connais pas l'étendue, analyse des suspects qui n'existent pas. Tu va t'amuser, sans aucun doute.

Le rire et l'auto-dérision restait encore sa meilleure arme pour ne pas devenir fou tout de suite. Déjà que cette histoire de téléportation le secouait pas mal. Malgré tout, il ne put s'empêcher de revenir sur cette histoire de complot.

Soit, il y a des gens qui sont à l'origine de ce bordel. Est-ce que tu aurais une idée de pourquoi ? Est-ce que tu aurais une idée des raisons qui pourraient les pousser à vouloir te retrouver ?

Ces questions avaient deux objectifs. Le premier, c'était évidemment de savoir si lui aussi était désormais menacé, maintenant qu'il avait expérimenté pour la première fois la téléportation. La seconde, c'était de savoir si il pouvait faire quoi que ce soit pour aider Mona. Malgré tout les événements qui avaient menés à cet instant, Ignas conservait toujours l'inébranlable volonté d'aider son prochain. C'est pour ça qu'il avait rejoint l'armée, à la base.

Pour l'heure, il recueillait également des informations sur le voyage retour. Inverser le processus n'était pas techniquement possible. C'était le processus qui s'achevait tout seul. Quand ? Pourquoi ? Deux nouvelles questions sans réponses, qui menaient à celle posée par Ignas à voix haute.

Mais si des gens s'amusent à nous téléporter à volonté, pourquoi est-ce que le phénomène finit par s'inverser ? Est-ce que ce sont les personnes derrière tout ça qui se disent qu'ils ont assez joués, ou est-ce qu'ils n'ont pas le contrôle complet sur le processus ?

C'était beaucoup de questions, et il était difficile d'envisager que Mona ait toutes les réponses. Mais ça valait le coup de demander. Depuis le début de cet "interrogatoire", Ignas s'était levé. Il faisait les cent pas devant le lit, bras croisé, son esprit tenter de démêler les pièces du puzzle. C'était comme une édition de 40 000 pièces : il fallait commencer par trouver les bords.

Je sais pas encore ce que je peux faire pour aider, je sais déjà pas si je vais rentrer chez moi en avion ou en... téléportation. Mais si des gens sont derrière ce genre de trucs, alors je suis impliqué aussi, maintenant.

C'était plus flippant que la Libye. Au moins, quand il abordait les pirates, Ignas savait que ces derniers avaient des flingues et des otages. Là, c'était des forces qui le dépassait qui étaient à l’œuvre. Ou bien pas du tout ? Après tout, pouvait-il faire confiance à Mona ? Il ne pouvait pas en être sûr, évidemment, mais il décida d'ôter toute forme de suspicion de son esprit. La rouquine semblait sincère. Et potentiellement affamée. Ignas avait mangé il y a peu de temps, mais bon.

Juste un truc à boire, genre un chocolat chaud, je veux bien.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Dim 14 Jan - 22:35

Depuis le début j’avais fait des efforts pour ménager Ignas ne sachant pas trop ce qu’il était capable de supporter comme révélations délirantes. J’avais déjà expérimenté qu’il était réactif et balaize _ mon épaule s’en souvenait encore_ et puis il finissait pas montrer que son cerveau aussi paraissait aussi capable de s’adapter ne serait-ce qu’en cherchant des réponses pour compléter le tableau que je venais de lui brosser à grand trait. Visiblement le temps de la stupéfaction était passé et venait celui des réponses. Je n’étais pas bien certaine que les miennes lui suffiraient mais ensuite, ce serait à lui de faire son chemin. Sa première question aurait pu me faire sourire mais outre le fait qu’on ne me qualifie que rarement de souriante, je savais bien que depuis les événements du train, j’étais plutôt mal et le sourire… Les quelques jours que j’avais passés en clinique m’avaient sans doute été salutaires, enfin, le l’avais espéré, mais l’inquiétude constante qui me tenaillait sans répit l’estomac venait me rappeler en permanence le cauchemar que j’avais vécu. Et je ne me distinguais en rien des autres, je veux dire, leurs visages venaient souvent me hanter comme ceux de gens plus proches de moi que je n’avais imaginé ne serait-ce que parce qu’on avait vécu la même chose ensemble et les mêmes horreurs. Nathan m’avait surtout appris pour la gamine et je me demandais comment elle arrivait à vivre avec cette épreuve. Mais Ignas ne savait encore rien de tout cela et ce serait certainement la dernière chose que je lui apprendrais.

« Des preuves ? Tu as pu vérifier que tu as changé de continent, en traversant un océan. Ça me paraît bien pour commencer. »

Mon ton était neutre bien que je puisse sentir que le fond de ma réponse pouvait passer pour de l’ironie mal placée. Parce qu’on avait beau dire, des preuves c’était ce qui manquait. Personne ne pourrait aller voir la police ou la presse en criant : « J’ai été téléportée contre ma volonté ! Un malade m’a découpée à l’aide d’araignées mécaniques ! »

« Mais si tu penses à un truc à présenter aux forces de l’ordre pour les convaincre de tout ça. C’est clair : non.»

Je crispai un peu les lèvres, ne sachant si je devais lui parler du « Truc ». Finalement non. D’un, je ne le connaissais pas suffisamment et mine de rien je lui avais déjà fait pas mal confiance et de deux, ce truc ne nous disait pas où chercher, ni même quoi chercher. Lui dire qu’on avait sûrement affaire à des choses qui maîtrisaient le temps et l’espace et donc sans doute dépositaires d’une technologie jamais publiée, il l’avait certainement déjà deviné. Même si je les appelai régulièrement ainsi je n’avais pas encore sauté le pas de penser qu’il s’agissait d’extraterrestre mais penser que des hommes étaient à l’origine de ça, impliquait un complot inimaginable à une échelle qui nous dépassait de beaucoup. Je me rendis compte soudain que ces dernières pensées m’avaient un peu éloignée de mon interlocuteur sans doute une fraction de seconde, mais je ne pouvais en être certaine. De toute façon, Ignas avait commencé à faire les cent pas dans la chambre pris dans une sorte de frénésie d’analyse de la situation. Peu de chance qu’il s’en soit rendu compte. Je repris alors.

« Et les pistes… »

Je haussai les épaules, un peu désabusée, jetant l’oreiller au bout du lit.

« Personne ne se vante de téléporter des gens aux quatre coins de la planète… »

Dans cette histoire une des choses les plus difficiles à gérer était la frustration. L’impression d’être en plein milieu d’une grosse merde et de ne pas parvenir à rien savoir sur elle. J’avais passé des jours entiers à me fracasser les neurones sur le contenu du « Truc » sans rien pouvoir en sortir une information. Pas moyen de percer à jour le mystère des caractères qui accompagnaient le plan et pas moyen de trouver un indice qui révélerait où se cache cette construction souterraine mouvante. La seule chose qui me consolait en cette soirée était qu’Ignas ne pouvait pas me prendre pour une folle puisqu’il venait d’expérimenter l’effet Davis contre son plein gré. Après, il pouvait réagir avec moi comme je l’avais fait avec Nathan. C’était légitime, mais ses premières réactions ne semblaient pas l’indiquer.

Repenser à cette frustration faisait remonter en moi la colère qui n’était jamais bien loin chez moi et je n’étais pas bien sûre de ne pas me montrer désagréable avec le Lithuanien. Il avait une façon de poser de ces questions !

« Je n’ai pas assez d’imagination pour répondre à cette question en tout cas de manière rationnelle. »

Et c’était tout ce qu’il y avait de plus vrai. Pourquoi téléporter des gens comme ça et les enlever puis les libérer ? Dans mon esprit, soit nous étions la cible d’expériences inavouables sur ce nouveau mode de locomotion et les effets qu’il avait sur l’organisme, mais cela ne justifiait pas les réplicants.  Les réplicants ! Putain de merdaille ! Objectif ? A part nous remplacer ? Soit… Convoquer des extra-terrestres me paraissait tellement délirant ! Mais au point où j’en étais. Après, pour ce qui était de me retrouver, ça tombait sous le sens lorsqu’on savait ce que je leur avais piqué, mais ça je le gardais pour moi pour le moment.

« Par contre je ne me fais pas trop d’illusion, une fois qu’on a été victime de ça, on est repéré… Ca, c’est sûr. »

Ma dernière phrase avait été murmurée d’une voix sombre en même temps que je pensais que durant des mois j’avais continué à vire comme si tout ça n’était dû qu’à des aberrations de l’espace-temps alors qu’en même temps je soupçonnais la Terre entière d’y être pour quelque chose la schizophrénie ça doit ressembler un peu à ça non ? Il avait fallu le train pour me mettre devant l’évidence il y avait une volonté derrière tout ça et penser que j’avais eu raison de me méfier de chacun ne parvenait pas à me consoler de la panade dans laquelle on était.

Je pris alors le parti de répondre de façon complètement neutre aux questions de mon colocataire, même si une grande partie de ce que je lui révèlerais serait sujet à caution et issue de mon interprétation.

« Les deux sont possibles. Soit ça fait partie de leur protocole ou de leur plan au choix ou bien ils ne maîtrisent pas encore tout. Je préfère la deuxième option qui nous laisse encore de quoi espérer contrarier leurs projets. Le tout est de les connaître… »


Je voyais dans son attitude et je comprenais dans ses répliques qu’il commençait à prendre la mesure des choses. Je hochai la tête. Pour être impliqué, il l’était et jusqu’au cou ! Pour l’heure se restaurer ne pouvait pas faire de mal. Un chocolat chaud c’était un bon choix. Le combiné à l’oreille je fus directement mis en communication avec l’accueil et hésitai. Non elle ne parlerait sans doute pas Islandais. Quoique… Je demandai en anglais après avoir annoncé le numéro de la chambre.

« Est-il possible de faire monter de quoi se restaurer un peu ?
_ ….
_ Des boissons chaudes et…
_ …
_ Oui parfait. Deux plateaux déjeuners. Café et chocolat. Ça marche. »


Je raccrochai satisfaite. Il y avait encore de petites choses dont on pouvait encore être presque certaine. Mais comme il disait, on ne savait pas comment tout ça allait finir et on avait peut-être à optimiser notre temps.

« Tu as parlé d’aider ? Le problème c’est de communiquer entre nous. Et puis ça dépend de tes projets. T’as de la famille ? »

Avant de le mouiller dans cette merde, il fallait qu’il prenne conscience que ses rapports avec ses proches ne seraient plus les mêmes. Il devrait mentir ou se faire traiter de fou au choix, il pourrait craindre que les siens soient l’objet d’un marchandage… J’avais pensé à tout ça des dizaines de fois sans trouver d’autres solutions que de tenir ceux que je connaissais à l’écart de tout ce bordel. En même temps je ne suis pas du genre à trop me confier alors je n’ai pas de mérite et les gens ne me posent pas beaucoup de questions, sauf peut être Mimi. Raison pour laquelle j’espaçais nos rencontres de plus en plus. La pauvre gardait sa discrétion habituelle mais n’en pensait pas moins, je le savais. J’espérais que ces trois phrases allaient provoquer les bonnes pensées chez lui. Je le regardai quelques secondes avant de poursuivre.

« Mais si tu es toujours là demain matin, et que ça te dit, je vais aller faire un tour dans notre « petit » parc pour essayer de comprendre ce truc avec les langues… »

Mon oreille tressaillit au bruit dans le couloir. Certainement le service d’étage mais une crainte s’était brièvement emparée de moi. Même brièvement c’était trop pour moi ! Je n’ai pas l’habitude de trembler comme ça pour un oui pour un non. Ce serait plutôt le contraire. Il fallait que je me ressaisisse. Cela faisait presqu’un mois que je me serinais ça, sans en trouver pour l’instant la clé. Combattre le mal parle mal ! Je me dressai d’un bon et me dirigeai vers la porte. Une fois la porte ouverte un garçon d’étage me dévisagea, interloqué. Ah ! Oui ! J’aurais pu me rhabiller… Le principal c’est que bientôt les plateaux étaient déposés sur la table et bientôt sur le lit parce que j’aime encore bien faire genre étudiante, même si j’ai jamais été étudiante.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Mar 16 Jan - 23:53

Ignas tentait tant bien que mal de relier quelques points dans cette affaire. Il n'était pas détective, il n'avait pour ainsi dire aucun élément à exploiter, mais de toute façon, il n'avait rien d'autre à faire. Il ne pouvait qu'attendre le matin pour sauter dans le premier avion, ou patienter pour que la téléportation s'annule et qu'il rentre chez lui. Est-ce qu'il réapparaitrait derrière la porte d'entrée de l'immeuble ? Ou serait-il transporté chez lui ? Si des gens étaient vraiment derrière tout ça, peut-être voudraient-ils éviter qu'il y ait trop de témoins. Pour avoir cette réponse, il allait falloir attendre.

Ce n'est pas ce que je veux dire. Répliqua tranquillement le lituanien aux réponses de Mona. Je comprends bien qu'on a rien a apporter de tangible à la police. Mais la téléportation, c'est tellement insensé... c'est pas forcément des gens. Une faille spatio-temporelle, une anomalie physique, un trou qui s'ouvre et se referme... les possibilités sont infinies. Tu sembles dire que des gens sont derrière tout ça, et je suis près à te croire. Mais est-ce que tu as conscience de tout ce que ça implique ?

Sans doute qu'elle avait conscience, le barbu était très mal placé pour dire les choses ainsi. Il venait à peine de tomber dans cette histoire de surnaturel et de complot, quelle leçon pouvait-il donner ? Il n'avait aucune information.

Pas de preuves. Pas de pistes. Bien évidemment, c'est logique. Marmonna-il. Quand tu as été téléportée, où étais-tu, et où t'es-tu retrouvée ?

Si il quadrillait les différents points de départs et d'arrivées des téléportations, peut-être parviendrait-il à déceler une redondance, peut-être un point de passage commun qui pourrait indiquer l'existence d'une base secrète. Une sorte de hub central, par lequel tous les téléportés passaient une fraction de seconde, avant d'être redirigés. C'était une théorie plus que farfelue, mais c'était à creuser.

Restait maintenant à comprendre pourquoi ces téléportations se produisaient, quelles étaient les motivations des éventuelles personnes derrière le phénomène, et pourquoi seuls certaines personnes subissaient l'effet Davis. Puis pourquoi la téléportation s'annulait, pourquoi les responsables ne capturaient pas simplement leurs cibles. Pourquoi cherchaient-ils à retrouver les téléportés s'ils avaient de toutes façon un moyen de les déplacer sur des milliers de kilomètres de façon instantanée ? Ignas se rassit sur le lit. Se torturer l'esprit pendant des heures ne servait à rien. Il fallait chercher du tangible, mais par où commencer ?

Désolé de te poser toutes ces questions. Ça doit pas être évident pour toi non plus. C'est la première fois que tu rencontre quelqu'un qui s'est fait téléporté ?

Il avait beau s'excuser, ça ne l'empêchait pas de continuer à harceler l'Islandaise de questions. Il décida de se taire, le temps que le room service monte avec leurs plateaux déjeuners. Mais Mona décida de ne pas attendre, et se fut au tour du lituanien de répondre à quelques questions.

Je vis à plus de 6500 km de ma famille, et je ne les vois pas si souvent que ça. Ce serait surtout gênant si je venais à disparaître pendant que je leur rends visite. Sinon, tu parles de communiquer, tu connais beaucoup d'autres téléportés ? La tatoué marqua une courte pause, avant de se mettre à réfléchir à voix haute. Et je suppose que dans le cadre des soupçons d'un complot mondial, les moyens de communications classiques sont à proscrire. Ou alors il faudrait créer un secteur alternatif crypté, mais c'est de la communication de niveau militaire...

C'est sur ces réflexions que l'employé de l'hôtel vint frapper à leur porte. Mona fut plus réactive, et la surprise sur le visage du jeune serveur fit sourire Ignas. Le lituanien posa son plateau sur la table et se servit un café.

Si je ne disparaît pas pendant la nuit, je t'accompagne. J'aimerais bien retourner à l'endroit où j'ai débarqué, aussi.

Inspecter les alentours immédiat de la ruelle permettrait peut-être à l'ancien militaire de repérer quelque chose de suspect. Il en était à un point où la moindre irrégularité dans un mur pouvait faire office d'indice...

Un court silence se fit, le temps que les deux colocataires mangent et boivent à leur convenance. Ignas continuait à mettre de l'ordre dans ses pensées. C'était peut-être un truc complètement fou, mais cette théorie du complot était bien plus stimulante que son job de garde du corps. Ça brisait sa routine, c'était déjà ça. Son café terminé, il posa la tasse sur son plateau et demanda :

Et toi, tu gères ça comment, quand ça t'arrive ? Vis à vis de ta famille, de tes amis, de ton travail... Tu fais quoi dans la vie d'ailleurs ?
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Jeu 18 Jan - 21:52

Ignas n’avait pas très faim avait-il dit mais il se montra un bon compagnon de repas.

Cependant, il continuait à essayer de faire le tri dans ses pensées et les questions qu’il posaient immédiatement après mes réponses semblaient ne pas devoir me laisser de répit. En d’autre temps, je crois que je serais partie faire un tour pur m’échapper de cette avalanche qui me contraignait à, de mon côté, des réponses circonstanciées ou alors une douche… Oui, une douche c’est toujours bien. Mais les circonstances étaient bien particulières et le danger tellement évident et si proche qu’il était clair dans me petite tête qu’on se devait de partager un maximum d’informations entre victimes. Je faisais donc l’effort de répondre même à celles qui j’estimais aller de soi.

Enfin presque parce que quelque fois, il me prenait vraiment pour une demeurée et je faisais comme si je n’avais rien entendu et que j’étais capable de ne pas me sentir insultée. Si j’étais capable de mesurer ce que mes révélations impliquaient ? Qu’il fallait être nombreux peut être ? Posséder une technologie avancée ? Sans doute être bien friqué ? Peut être soutenu par un état ? Qu’ils sont tordus, prêts à tout ? Ah bah non ! En presqu’une année, j’y avais jamais pensé dis donc ! Heureusement que je t’ai rencontré tiens ! Bon j’étais prête à faire la bonne fille et ne pas lui balancer mes sarcasmes à la gueule, mais c’était bien parce qu’il venait juste d’entrer dans le danse et que j’imaginais assez qu’il était bien déboussolé. Je sais ce que c’est.

Ce n’est pas mon genre de raconter ma vie mais puisqu’il avait besoin de précision et point de comparaison, j’ai consenti à lui parler de ma première téléportation. C’était bien le truc qu’on pouvait faire en tartinant autour d’un café ou d’un chocolat non ?

« La première fois ? J’étais chez moi tout simplement et hop sans prévenir je me suis retrouvée sur une île paumée de Nouvelle-Zélande. Pas de signe avant-coureur, pas de petite alarme, par de portail Stargate, juste une fraction de seconde de noir et je me suis retrouvée à quatre pattes dans l’eau glacée. »

Je voyais bien que les réponses que je lui apportais n’avaient rien de satisfaisant mais après tout, on était tous logés à la même enseigne et si lui en quelque heures résolvaient le mystère, il pourrait être élevé au rang de génie et on lui devrait tous une fière chandelle !

Je tente de lui faire un signe de la main signifiant qu’il n’y a pas de problème et que je comprends qu’il veuille en savoir plus en attrapant une tranche de brioche. Je me rends compte que j’ai vraiment une faim de loup. Faut dire que je n’avais pas prévu de me payer un sprint à travers les rues de Stockholm ni de me faire plaquer contre un arbre, avant de rejoindre mon hôtel…

« Non, ce n’est pas la première fois. A croire qu’on est faits pour se rencontrer voire même que ça fait partie du plan. Ne me demande pas lequel, je n’en sais rien. »

J’avais réussi à anticiper une question et je n’étais pas peu fière intérieurement.

« Ouais gênant en effet. C’est pas le genre de truc facile à expliquer et de mon point de vue, ni un cadeau à leur faire.

« Chi j’en onnais beaufoup ?»


J’avais oublié que j’avais la bouche pleine et la tartine dans une main, les doigts de l’autre se levant pour m’aider à compter, je levai les yeux au ciel pour être sûre de ne pas en oublier. Outre le fait que je devais finir ma bouchée, je ne prononçai aucun des noms de ceux que je connaissais. Pour l’instant, les précautions n’étant pas inutiles…

« Onze avec toi. »

J’écoutais le Lithuanien soliloquer. Du niveau militaire. Pas forcément. Bien sûr aucun système n’est infaillible mais je me débrouillais pas trop mal dans ce domaine. Investir de deep-web voire même celui encore en-dessous, je l’avais déjà fait et… Mais chaque chose en son temps.

Je hochai la tête en me resservant une tasse de café chaud. Ca me faisait le plus grand bien. D’ailleurs depuis quelques temps je buvais de plus en plus de ce truc.

« Je comprends. On peut faire les deux si tu veux, mais je n’ai jamais rien trouvé sur les lieux de téléportation. »

Après, il était vrai que la première fois j’é me suis retrouvée à l’eau et sans trop d’esprit à investir dans ce genre de recherche et la seconde fois j’ai roulé dans une pente de forêt tropicale… Mais ni chez moi ni au club, ni ailleurs je n’ai rien pu noter.

Par contre comment je gérais ? Très mal était la réponse la plus appropriée, ne serait-ce que parce que ça me mettait en rage à chaque fois car prise au dépourvu invariablement. Et puis on a beau se préparer, il nous manque toujours quelque chose. Quand-aux réactions de proches, j’étais suffisamment classée dans les barges et imprévisibles que je m’en tirais toujours par du silence comme je sais faire et quelques soupirs et yeux au ciel de mon éduc qui avait renoncé à me faire la morale. Je haussai les épaules comme si ça n’avait aucun intérêt.

« Pas de famille. Les amis… et le travail… »

Ca valait toutes les non réponses de a Terre. J’avais encore Galadriel, mais cela faisait des années qu’elle ne me posait plus la moindre question et ma sœur, pouvait bien aller crever je ne savais où puisque j’avais perdu sa trace depuis bien longtemps, depuis le jour où cette salope avait réussi à me faire passer pour irresponsable.

« Je bosse dans le sécurité… »

Je repose ma tasse et attends qu’il ait fini, me demandant si d’autres questions allaient venir. Dans e cas contraire, une douche et au lit !
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Ven 19 Jan - 19:07

Mona avait un sacré appétit. En même temps, courir dans les rues suédoises, en essayant de ne pas tomber dans la neige à chaque virage, ça creuse. Vu le plateau déjeuner, Ignas s'était laissé tenté par un morceau de brioche. Juste de quoi accompagner le café. Il n'aurait quand même pas fallu ruiner son cycle nutritif très strict. Quoique, depuis qu'il avait quitté l'armée, il se "laissait aller". Entre gros guillemets, puisque le fameux riz-dinde était toujours au menu, mais il avait arrêter de calculer ses différents apports, et ses horaires de repas n'étaient plus calibrés pour optimiser la prise de masse. Résultat des courses : un petit kilo en moins, rien de bien grave.

Désormais, il restait à démêler cette affaire. Chose qui était probablement impossible à faire seul. Première étape, le potentiel quadrillage. Sa théorie tomba très, très vite à l'eau. C'était d'ailleurs le cas de le dire, Mona lui contant comment elle avait finit dans les flots néo-zélandais. Quelle que soit son origine, elle était européenne, donc le trajet Europe - Nouvelle-Zélande ne laissait pas des masses de points concordants avec un Boston - Stockholm. Restait l'idée que les complotistes détenaient un hub caché par lequel tous les téléportés transitaient, mais c'était assez farfelu. Néanmoins, la situation exigeait de recenser toutes les possibilités.

J'ai même pas eu la fraction de seconde d'obscurité. Observa Ignas. Je vis dans un immeuble, j'ai ouvert la porte d'en bas, celle qui devait donner sur la rue... et je me suis retrouvé en Suède. Plus de porte, plus d'immeuble.

Le constat était assez effrayant, en soit. Le barbu ne s'était rendu compte de rien, preuve que tout pouvait aller très, très vite. Mais il trouvait un point rassurant à savoir qu'il n'était pas seul dans cette histoire. Bien sûr, il y avait Mona, avec qui il allait devoir se serrer les coudes. Mais elle lui indiquait également qu'il y avait d'autres individus touchés par l'effet Davis. Dix, à la connaissance de Mona. Plus elle, plus Ignas, donc au moins douze personnes. Pour lutter contre une potentielle organisation multinationale, c'était très peu, évidemment. Mais c'était toujours mieux que de se croire fou parce qu'on est le seul.

Donc on est une douzaine à ta connaissance, et possiblement beaucoup plus. Il faudrait jeter un oeil à des registres de disparus, peut-être que d'autres personnes ont été victimes de téléportation sans avoir la chance de tomber sur qui que ce soit. Après tout, si tu as fini dans l'eau sur les côtés néo-zélandaises, c'est possible que quelqu'un moins chanceux ait fini au beau milieu du Pacifique...

La perspective d'être téléporté droit vers sa mort était encore plus terrifiante que l'idée d'être seul. Mais les éléments apportés par Mona laissaient croire que le lieu d'arrivée était relativement aléatoire. La surface de la Terre étant couverte d'eau à plus de 50%, il existait donc une chance non négligeable que des disparus soient en train de se décomposer dans les profondeurs océaniques. Combien de familles brisées à cause de ça ? Soudainement, Ignas s'estimait chanceux d'avoir fini dans la neige suédoise, et de se retrouver avec une autre victime. Il était vraiment très, très bien loti comparé à ce qui aurait pu arriver. Que ce serait-il passé d'ailleurs si il avait atterrit chez lui, soudainement attablé avec ses parents ? Qu'aurait-il pu dire ? Mona, elle n'avait pas, ou plus de famille. Elle travaillait dans la sécurité, un point intéressant. Si jamais les différents téléportés avaient des occupations professionnelles qui pouvaient être mis à profit, ça valait peut-être le coup de creuser l'idée d'un réseau de communication crypté.

Ce qui explique ta manière de te battre. Commenta l'ancien soldat avec le sourire. Tu t'entraînes où ?

Question qui pouvait aisément passer pour une bête curiosité, mais qui permettrait à Ignas de savoir, enfin, d'où venait sa colocataire d'un soir. Cette dernière finissait tranquillement son plateau. Ils avaient, du moins semblait-il, épuisés leurs réservoirs de questions.

Il se fait tard. On verra demain pour les grandes découvertes. Je suis levé depuis à peine deux heures, alors je suis pas vraiment fatigué. Va dormir si tu veux, je vais monter la garde... Dis comme ça c'était étrange. Aussi Ignas décida d'ajouter. Je t'ai vu jeter un œil dehors tout à l'heure. Si quelque chose de suspect arrive, je te réveillerais.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Sam 20 Jan - 15:17

Je garde le silence au fur à mesure qu’Ignas essaie de digérer les diverses informations que je lui balance. En tout cas je ne sais pas si on grille les étapes de la prise de contact, mais je ne pouvais m’empêcher de constater que de savoir qu’on n’est pas la seule dans son cas fait gagner pas mal de temps. A chaque fois, je me souviens de ma rencontre avec Nathan et mon incapacité à accepter les choses comme elles étaient et à camper sur ma parano… En même temps je me dis que c’était somme toute bien naturel. Peut être que c’est le Lithuanien qui est trop confiant. Car si on y regarde de plus près, je pourrais très bien être en train de la manipuler. Pourtant il dit bosser dans la sécurité, être un ancien militaire… Je ne peux pas m’empêcher de me dire que, soit il a drôlement baissé sa garde, soit la sécurité à New York c’est plus cool qu’en Islande _ qui l’eût cru ? _ soit encore il a gardé pas mal de confiance en l’être humain, ce qui n’était pas vraiment mon cas je dois bien l’admettre. En même temps paradoxalement les événements de cette dernière année m’avaient amenée à faire évoluer ma position. Disons que certaines personnes s’étaient montrées suffisamment dignes de confiance pour que je les autorise à entrer dans mes listes.

« Rassure-toi, il n’y a pas de règle ça dépend des gens et des circonstances. »

Je n’avais pas trop envie de m’appesantir. Il m’avait demandé la première fois, je lui parlais de la première fois. Sinon la plupart du temps ça avait été comme il l’avait décrit. Tu te retournes et hop, tu descends d’un bus et tu tombes dans la forêt vierge… En même temps je ne voyais pas vraiment ce qu’il y avait de rassurant à savoir ça malgré ce que je venais de lui dire.

« C’est une bonne idée, mais j’ai déjà fouiné de ce côté sans rien trouver de probant. Des gens qui disparaissent sans laisser de trace c’est plus que rare, malgré les émissions de télé. Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu de malchanceux, genre « ils » auraient raté leur coup, mais pas assez pour que ça se voie. Y’en a qui disent que c’est étudié pour… »

Je ne voulais pas mentionner Nathan pour le moment et en disant ça je me demandai dans quelle mesure je n’étais pas en train de me rassurer moi-même. Depuis el début je me dis que vue la proportion d’océan sur notre planète, tomber sur un continent c’est presque un coup de bol. C’est vrai que maintenant qu’on est certains qu’il y a des gens derrière tout ça cette crainte s’éloigne un peu mais j’avoue ne pas être convaincue que c’est impossible et même s’ils voulaient se débarrasser de l’un d’entre nous, ça leur serait facile de nous téléporter au sommet de l’Himalaya ou au milieu du pacifique…

« En tout cas, je n’ai rien trouvé… »

Après tout, il pouvait bien chercher de ce côté, je n’étais pas infaillible j’avais pu ne pas chercher au bon endroit… De mon côté, le « truc » et avancer dans mon enquête me préoccupait bien plus. Rien que de repenser à cette chose, à la manière dont je me l’étais procurée et les événements qui s’en étaient suivis, ma boule au creux de l’estomac s’alourdit encore et ce n’était pas parce que la collation avait été copieuse. Pour me donner contenance, je commençai à ranger les plateaux. Ce n’était pas grand-chose à faire mais au moins ça m’occupait les mains et un peu l’esprit en attendant la question suivante de mon colocataire.

D’ailleurs cette question je ne savais pas si j’avais envie d’y répondre parce que les deux n’étaient pas liés. Je n’étais pas dans la sécurité du point de vue des gros bras, mais plus dans le renseignement. Me battre m’avait été imposé par la vie ou du moins je m’étais imposé ça pour continuer à vivre. Survivre aurait été un bien grand mot, mais depuis la disparition d’Aragorn, j’avais un peu morflé quand même et ça avait développé un instinct de survie supplémentaire doublé d’une rage salvatrice. « Rage » c’est ce que disent les gens. « Salvatrice » c’est ce que moi, je dis. Si je lui détaillais tout ça ce soir, il aurait été la première personne à recevoir des confidences de ma part et ça aurait été un exploit à mettre à son crédit. En plus je suis persuadée qu’il m’aurait prise pour une déglingos comme bien d’autre avant lui. Sur le fond ça m’était un peu égal si on exceptait le fait qu’on était pour les heures à venir au moins embarqués dans la même galère et que je n’avais pas trop envie de commettre les mêmes erreurs avec lui qu’avec Nathan avec qui tout avait été tout de suite très compliqué. Forcément par ma faut, mais aussi. Décidément c’est pas encore assez refroidi pour que j’arrive à en rire. C’est qu’il voulait me faire passer pour une psychopathe ! Je me dépêchai donc de répondre à la question avant de passer à autre chose...

« Un p’tit club de Reykjavik. »

C’était même pas mentir et ça n’avait pas d’importance pour ce qui nous occupait ce soir. Je me lève et finis d’empiler ce qu’il y a à empiler et jette dans la poubelle, plutôt la corbeille, sous la table les papiers plus ou moins gras ou collants, résultat de notre petit repas. Mes cheveux qui s’étaient plutôt bien tenus jusque-là, attachés tant bien que mal à en une espèce de choucroute au sommet de mon crâne, choisissent ce moment pour tomber le long de ma joue et sur mes épaules. Je renvoie le mieux possible les mèches les plus importunes derrière l’oreille avant d’aller placer en équilibre vertical, contre la porte de la chambre, une soucoupe de notre repas. Ensuite, je tourne une moue reconnaissante vers le Lithuanien.

« C’est cool, mais j’espère que ce n’est que ma parano… Tu ferais bien de dormir un peu tout de même parce qu’il va bien falloir amortir ce jet lag. »

C’est vrai que je n’avais pas encore réalisé le décalage qu’il venait d’encaisser et qui allait sûrement lui pourrir la journée à venir.

« Après, tu fais ce que tu veux... »

Je disparais dans la salle de bain et savoure une douche bien méritée après cette journée. J’évitai de fermer les yeux parce que les murs de la salle de bain peuvent toujours laisser passer les pattes d’une araignée mécanique… Je tente d’en rire, mais je me cogne le front contre le carrelage anthracite de la douche à l’italienne. L’eau chaude ne semble pas suffisante pour chasser au loin la crainte de me sentir dépecer chaque fois qu’une surface froide m’effleure. La voie goguenarde d’Aloïs résonne à mes oreilles. Je sais que ce n’est pas la peine de me les boucher. Au moins dans la chambre, à côté, ce n’est pas un de ces trucs ! Je me sens même d’attaque pour lui faire passer un mauvais quart d’heure s’il venait à ne pas être ce qu’il prétend. Après tout, si « ils » sont capable de nous téléporter, « ils » sont sans doute capable de le faire pour eux ne serait-ce que pour nous tendre un piège. Cette pensée me dresse les cheveux sur la tête et écourte ma douche. Je laisse couler l’eau mais ouvre doucement la porte de la salle d’eau pour voir ce que trafique le viking. Rien de spécial si ce n’est d’être assis sur le chaise entre la table et la fenêtre. Je referme sans bruit la porte pour finir de me préparer, le plus long étant de me sécher les cheveux. Lorsque je sors j’ai repris un peu de poil de la bête et saute à pieds joints sur le matelas avant de me laisser tomber et engloutir par les couvertures.

« Du moment que tu respectes mes règles, tu peux venir dormir quand tu veux. »

Puis je me tourne sur le ventre, les bras enserrant mon oreiller et la tête tournée vers la porte de la salle de bain. Je ferme les yeux espérant trouver un sommeil rapide et réparateur.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Lun 22 Jan - 23:41

Malgré les questions incessantes d'Ignas, Mona s'efforce de répondre comme elle peut. Elle est compréhensive, malgré sa méfiance apparente. Elle a été à la place du Lituanien, elle sait ce que c'est de se retrouver mêler à une affaire qui dépasse le commun des mortels. Alors elle répond. Le barbu prends les informations une à une, sans plus chercher à trier. Il essayera de tirer tout ça au clair plus tard. Le temps qu'il passera à monter la garde l'aidera. Le silence, c'était toujours le meilleur moyen de se concentrer. L'islandaise avait tout de même raison : il allait bien falloir qu'il dorme à un moment donné. Huit heures de décalage horaire, c'était le genre de truc qui ne s'effaçait pas facilement. Mais bon, avant de vraiment sentir la fatigue, il allait bien falloir une heure ou deux.

Mona décida d'aller prendre une douche avant d'aller au lit. Pendant ce temps, Ignas s'était assis sur l'une des deux chaises présentes dans la chambre. Le bruit de l'eau ruisselante était un fond sonore propice à la réflexion. Le garde du corps voulait faire le point. La téléportation, un complot mondial, douze individus concernés, au moins... ça faisait plus que ce que son cerveau pouvait gérer en une seule soirée. Les possibilités étaient infinies, mais les pistes n'existaient pas. La police ou l'armée ne serait d'aucun secours, personne ne croirait à cette histoire. Aller voir les théoriciens du complot, les gérants de site adeptes d'OVNI et d'aliens, tout aussi inutile. En plus, ça pourrait potentiellement exposer des innocents au danger, ce qui pour Ignas, était tout bonnement inconcevable.

Mona s'éternisait dans la salle de bain, mais le bruit du sèche-cheveux indiquait simplement que la rouquine mettait du temps à sécher sa tignasse. L'ex-soldat, lui, attendait patiemment. Lui aussi prendrait bien une douche chaude, ne serait-ce que pour se réchauffer encore un peu après la course-poursuite dans le blizzard suédois. L'Islandaise finit par sortir, filant directement au lit. Amusé par sa remarque, Ignas demanda avec le sourire :

Tes règles, c'est juste de pas s'immiscer de ton côté, c'est ça ? Ça devrait aller...

A son tour, Ignas prit possession de la salle de bain. Finalement, avoir un sac de sport était plus qu'utile : ses vêtements, qu'il avait prévu de porter pour son entraînement, ferait office de pyjama. La douche fut assez rapide, le barbu n'étant pas du genre à passer des heures sous l'eau. L'armée lui avait appris à faire certaines choses vite et bien. La toilette, la préparation, le nettoyage... autant de tâche sur lesquelles un bon soldat n'avait pas le temps de s'attarder. Pas besoin non plus de mener de grandes réflexions métaphysique sous l'eau brûlante, il allait avoir tout le temps pour ça. Lorsqu'il sortit de la salle de bain, t-shirt blanc et survêtement gris, la chambre était silencieuse. Seule le bruit de la respiration de Mona pouvait être entendu. Alors Ignas retrouva la chaise qu'il avait quitté quelques minutes plus tôt, et il attendit.

Une première heure s'écoula, durant laquelle rien de spécial ne se passa. Ignas restait plongé dans ses pensées. Il méditait sur tous ce qui allait changer dans sa vie, maintenant qu'il était impliqué dans ce "complot". Toutes les dix minutes, réglé comme une montre, il se levait, vérifiait à la fenêtre que personne ne surveillait leur fenêtre, puis allait jeter un œil par le judas de la porte d'entrée. Une fois cette ronde effectuée, assuré que rien ne venait pour les tuer, Ignas reprenait sa place, et sa méditation.

Une deuxième heure s'écoula, et malgré l'obscurité dans laquelle Ignas était plongé, la fatigue ne venait pas. Il persistait à monter la garde, ça avait vraiment eu l'air de rassurer Mona. Et après toutes les questions auxquelles elle avait répondu, lui pouvait bien lui rendre ce service. Finalement, un bruit vint troubler la tranquillité de la nuit. Mais il ne venait pas de l'extérieur. Le sommeil de Mona s'agitait, la rouquine gesticulait dans les draps, comme empêtrée. Des grognements craintifs, qui devinrent des plaintes, qui devinrent des cris, qui devinrent des hurlements. Quel que soit le cauchemar, il était suffisamment atroce pour terroriser la jeune femme, qui s'était jusqu'alors montrée imperturbable.

Ignas ralluma la lumière, fonça sur le lit. Agenouillé au chevet de l'Islandais, il lui toucha d'abord l'épaule, puis la joue. Voyant qu'il en faudrait plus pour la réveiller, le Lituanien secoua doucement la jeune femme, d'abord d'une seule main posé sur l'épaule droite de la jeune femme, puis un peu plus franchement, les deux mains posées sur ses deux épaules. Enfin, l'Islandaise se calma, sa respiration était haletante. Doucement, elle ouvrit les yeux, qui se plissaient à cause de la lumière. Inquiet, Ignas gardait ses mains sur les épaules de sa colocataire d'un soir.

Mona... Mona ! Chuchota le barbu, en voyant que la rouquine était encore effrayée par son cauchemar. Ok, ok, tout doux, tout va bien. C'est moi, Ignas. T'as fait un cauchemar, mais c'est fini. C'est terminé, tu es en sécurité ici.

Ses paroles se voulaient rassurantes, mais sa voix trahissait son inquiétude.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Mar 23 Jan - 19:03

L’obscurité que m’offrent mes paupières baissées est reposante. Ce n’est pas que les questions et les tourments de la lumière disparaissent comme par magie mais j’ai l’impression de les tenir à distance. Et puis c’est un bon moyen de refaire le point que la journée qui précède cette trêve. Je voulais juste venir en reconnaissance en Suède et me voilà en train de jouer les initiatrices avec un mec tombé de nulle part. Les péripéties qui nous avaient menées dans cette chambre n’avaient plus beaucoup d’importance, un peu comme une prise de contact comme une autre, mais l’exercice de prendre soin du mental d’un autre n’était pas ce que je savais le mieux faire et j’avoue que je n’étais pas mécontente de faire une pause jusqu’à demain. J’avais réussi à ne pas me faire traiter de cinglée pour une fois et il ne s’était pas enfui en courant devant les révélations que je lui avais faites. Après, vous me direz, il pouvait bien se barrer s’il voulait, la réalité le rattraperait bien assez tôt, toujours trop tôt, j’étais bien placée pour le savoir.

Elle sera bien plus dure que de se rappeler les règles anti-promiscuité d’une rouquine Islandaise qu’il ne reverra sans doute jamais quoique les récents événements m’aient fait changer d’opinion à ce sujet. J’imagine parfois des fils invisibles reliant les victimes de ce putain d’effet Davis en me demandant si ces connexions étaient une change pour nous ou bien faisaient partie du plan général des tordus qui nous imposaient nos déplacements et plus encore.

En attendant je savoure la chaleur de l’oreiller qui enveloppe ma tête comme les bras d’Aragorn en un temps bien avant la fin de mon monde. C’est un des rares moment où son sourire vient me visiter avant que le jour revienne me prendre avec ma colère latente. Pourrais-je vivre sans elle ? Je n’ai que rarement le temps de me poser la question et c’est souvent en des moments aussi inattendus que celui-ci qu’elle me prend.

A travers les derniers moments de conscience, je devine le passage de mon invité dans le salle de bain, le bruit de la douche se fond dans ma respiration. Je sens la chute rituelle qui me guide vers le sommeil. Je sursaute. Le doute de cette confiance que je lui fais me tiens éveillée. Et s’il était un réplicant venu me reprendre le « Truc » ou pire encore ? J’ouvre brusquement les yeux, la sueur perlant à mes tempes. La douche s’éteint. J’ai encore le temps ! Je me lève d’un bon aussi silencieusement que possible et plonge dans mon sac pour en ressortir le pavé de métal et mon leatherman. Les lames en sont plutôt courtes, mais suffisantes pour un premier assaut. Je glisse les deux sous mon oreiller et ferme les yeux guettant les bruits du Lithuanien pour deviner ce qu’il fait, peut-être couper le fil de ma vie… Ca y est le toboggan du sommeil est brisé ! Je ne sais pas si je dois en être contrariée ou au contraire reconnaissante. A travers mes cils je devine son ombre faire le tour du lit et retourner vers la fenêtre. Peut-être a-t-il vraiment l’intention de monter la garde. Une garde bien inutile. Je suis persuadée qu’elle ne changerait pas grand-chose, nos ennemis sont capables de ses matérialiser directement au milieu de la chambre. Alors leurs araignées nous tazzeraient et nous emmènent dans leur repère. Le voyage s’est fait en un éclair, je suis parfaitement consciente de leur irruption, mais je n’ai rien pu faire et maintenant paralysée par la décharge qui continue de me contracter tous les muscles j’ai du mal à respirer. Je suis déposée sans ménagement sur une table sur le dos les yeux perdus dans des projecteurs blancs. Je sursaute devant le visage vainqueur d’Ignas. Je le savais ! Il est avec eux ! Peut-être est-ce Aloïs. Pourtant je n’ai pas reconnu sa voix. C’est sans doute un de ses sous-fifres, un réplicant ? Je m’aperçois que j’ai les chevilles et les poignets attachés sur la table froide et qu’une lanière traverse mon front. Je tente de secouer la tête mais je ne parviens qu’à deviner les bras articulés munis de scalpels de scies et de pinces. Je n’aurais pas dû lui faire confiance ! Je maudis les idées utopiques de Nathan tandis que les bras robotisés, de chaque côté de la table s’animent en même temps. Tout mon corps se contracte pour rompre mes entraves. Je ne veux plus être mise en pièce. Je cambre et me cabre autant que les lanières me le permettent. Au bout de la table Ignas me regarde, les bras croisés le sourire moqueur aux lèvres tandis que le voie d’Aloïs résonne dans ma tête. « Les pièces défectueuses doivent être remplacées. Les machines rebelles détruites. Destruction lancée. »

Pas mon bras ! Une lame acérée vient d’entamer mon épaule, je vais perdre mon bras. Je hurle ! Mais personne ne m’entend sauf Aloïs qui me susurre un « Mona… Mona… » sadique. Enfin mon corps ou ce qui en reste me répond. Me voilà assise, le visage d’Ignas près de moi, à contre-jour. Comme par réflexe, ma main plonge sous l’oreilles avant que je ne comprenne ses paroles. La lame fonce vers son cou avant de stopper net sa course contre sa peau, non sans lui infliger une égratignure. Je regarde ses mains sur mes épaules intactes. Mon mouvement de défense avorté me laisse sans tonus tandis que mon arme tombe sur le dessus de lit. Je suis trempée de sueur, les cheveux collés au visage, le souffle court. Soudain consciente de ce que je viens de faire, je m’arrache aux mains apaisantes du Lithanien et d’un bond je suis debout dans le coin de la pièce à la tête du lit.

« Pardon… »

Je regarde tour à tour le leatherman sur le lit et Ignas qui doit me prendre pour une folle.
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MessageSujet: Re: Šūdas... [PW Mona]   Mar 23 Jan - 22:52

Le souffle de Mona est court, elle est trempée de sueur. De son côté, Ignas garde son calme, mais il est inquiet, et ça se voit. Ses sourcils se froncent d'incompréhension. Qu'a-t-elle bien pu voir pour se mettre dans cet état ? Il tente de la calmer, de la ramener à la réalité, ses mains sur les épaules de la rouquine se veulent apaisantes. Mais sans crier gare, Mona se débat, brise le contact, passe sa main sous son oreiller. Pas le temps d'ouvrir la bouche pour lui demander ce qu'elle fabrique qu'une lame fonce vers la gorge d'Ignas. En réflexe, le Lituanien opère un mouvement de recul, mais la pointe du leatherman s'arrête d'elle-même, a quelques millimètres de sa jugulaire. Le barbu sent une goutte de sang commencer à perler sur son cou. Il a été touché, mais la jeune femme a arrêté son mouvement. Elle lâche son arme, va se réfugier au coin de la pièce, murmure une excuse.

Le garde du corps reste figé quelques secondes. Elle venait d'essayer de le tuer, mais ne l'avait pas fait. Pourtant, il ne lui en tenait pas rigueur. Il "savait", en quelques sortes, le mécanisme qui avait opéré dans la tête de la rouquine. Elle n'était pas revenue à la réalité, elle se trouvait toujours dans son cauchemar au moment où elle avait dégainé son couteau. Pour elle, Ignas représentait une menace, et elle avait tenté de l'éliminer. Mais un accès de lucidité décisif l'avait empêché de connaître l'irréparable. Au sein de l'opération Sophia, le Lituanien avait connu une situation similaire. Lui et son équipe avait fait le ménage sur un vaisseau pirate libyen. Lorsque le soldat avait ouvert la porte derrière laquelle les otages étaient séquestrés, une femme s'était jetée sur lui, munie d'un morceau de métal rouillé. Elle avait tenté de le tuer, mais n'avait pas pu. Car un accès de lucidité décisif l'avait empêché de commettre l'irréparable.

T'inquiètes... je comprends. Doucement, tout doucement, Ignas se rapprocha du leatherman, tout en expliquant ce qu'il faisait pour ne pas effrayer Mona. Je vais juste virer ça du lit, juste au cas où...

Joignant la parole à l'acte, il récupéra le manche du couteau et le jeta doucement par terre. Là ou aucun d'eux ne pourrait l'atteindre sans que l'autre ne réagisse. Puis le Lituanien reporta son attention vers Mona. Ses gestes étaient très précautionneux, il ne savait pas si la jeune femme allait de nouveau tenter de l'attaquer ou non.

C'était un cauchemar, Mona. Tout va bien, tu es dans ta chambre d'hôtel, on est à Stockholm. Je ne te veux aucun mal. Tu es en sécurité.

Il multipliait les mots rassurants. Peut-être était-ce inutile, mais Ignas tenait à ce que Mona se sente en sécurité. Plus vite elle se calmerait, mieux ce serait. Toujours aussi doucement, le garde du corps s'approche de l'Islandaise, guettant le moindre mouvement. Il reste très prudent, mais il finit par se retrouver juste en face d'elle, tout proche. Alors, il pose une main sur l'épaule, et l'autre sous son menton, la forçant à relever la tête et à soutenir son regard.

C'est terminé. Tout va bien. Je ne t'en veux pas, je comprends. Ça va aller, ce n'était qu'un cauchemar. On en parlera demain. Pour l'heure, on va tous les deux dormir, ok ?
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