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 Worst comes to worst [Willie]

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Date d'inscription : 26/08/2017
Lieu : Vienne, Autriche.

MessageSujet: Worst comes to worst [Willie]   Ven 8 Sep - 22:54

- Hey hey, madame l’agent, vous êtes sûr de vous, je peux pas sortir ?
La policière s’approche des barreaux de nouveau, l’air exaspéré. Elle sait déjà qu’en essayant de parler de loin, je ne comprends rien à ce qu’elle raconte.
- Écoute, déjà tu n’as pas tes papiers sur toi, on ne sait pas qui tu es, et tu refuses de le dire. Donc la moindre des choses, ce serait, comme le nom de la cellule l’indique, de dégriser, et de sortir ensuite, dans quelques heures. Et d’ici là, j’apprécierais que... Tu te taises, ok ?
- Euuuh, ouais, d’accord mademoiselle l’agent. Mais sinon, vous êtes sûr que je ne peux pas sortir ? Je répète sur un air de disque rayé, autant par la dégaine que par la voix, alors que la policière n’a même pas eu le temps de parcourir un seul mètre. L’agent, assez petite, brune, tout à fait charmante, se retourne de nouveau et me lance des yeux inquisiteurs :
- Tu commences à m’agacer ! Quand bien même je voudrais te laisser partir, il faudrait te retenir au moins trois quart d’heure, le temps de te ficher, faire des photos, des empreintes, etc. Et je te rappelle que mon collègue, que tu as insulté tout à l’heure, est bien gentil de ne pas te coller un ‘outrage à agent’.
- Ah! Oui, c’est vrai queuh, c’est tout à fait honorable de sa part. D’autant que les mots ont de loin dépassés ma pensée vous savez... Je marque une courte pause, mon cerveau peine à réfléchir à plein de choses à la fois, et je reprends : Sinon, j’ai un peu froid, vous auriez pas retrouvé mon chapeau, et vous auriez pas un pantalon en rab’ ?
- Tu m’as l’air bien gentil, mais faudrait pas exagérer, je ne sais pas de quel chapeau tu parles, et à toi plutôt de te demander pourquoi on t’a trouvé en caleçon. Elle se moque, portant un regard appuyé sur mes guibolles nues, en s’éloignant.
- Ca oui... J’ai pas encore trouvé pourquoi... Exagérément dépité, je pose mon front contre les barreaux de la cellule et me demande, le plus sérieux du monde, non pas pourquoi mon caleçon est rose, mais à quel moment j’ai pu perdre mon pantalon.

C’est seulement grâce aux barreaux de la cellule de dégrisement que je tiens debout. Ce qu’il reste sur moi, hormis le pantalon qui manque à l’appel, une chemise marron, imprimée d’arabesque, ouverte sur ma poitrine, un bracelet hors de prix au poignet, couleur acier et doré, un caleçon rose à motifs et, par je-ne-sais-quel miracle, des bottines chukka en cuir, qui n’avait vraisemblablement pas empêché que le pantalon ne s’en aille. Au bout du couloir, j’essaie vaguement de distinguer dans quels sens se trouvent les aiguilles dans la pendule. Après une bonne minute de réflexion intense et pénible, j’en conclue qu’il doit être dans les deux heures trente. Quelque chose comme ça. Ah, il est étonnement tôt, comment j’ai déjà pu, à cette heure-ci, perdre mon pantalon et me retrouver au poste dans la foulée... D’habitude c’est plus vers le petit matin... Je ferme les yeux et soupire profondément. Rah, qu’ai-je fait pour mériter ça, j’ai juste un peu profité de la soirée, c’est tout... Et il a fallu que des agents passent, et n’apprécient pas le ton sur lequel je leur ai parlé. Pourtant j’ai un grand respect pour les forces de l’ordre, un très grand -d’autant plus grand quand ils sont loin.
J’entends des pas qui résonnent pitoyablement dans ma tête et dans le couloir. L’estime que j’ai pour les forces de l’ordre grandit un peu, l’agent s’approche, un pantalon en main, elle me le tend, et la joie béate qu’il peut lire dans mes yeux vaut sans doute pour lui comme tous les remerciements du monde.

- Tiens, c’est pour toi. C’est ma tenue de change, mais vu ton gabarit je pense qu’il t’ira autant qu’à moi.
- Merci.

Le pantalon est bleu marine, sobre, je saurai m’en contenter. Je la remercie encore par un sourire éloquent. Ce pantalon n’a pas les bandes blanches que certains uniformes peuvent avoir, ça me va. Ça aurait bien trop juré avec les motifs de ma chemise. L’agent s’en va de nouveau. J’ai presque envie de lui glisser un « à plus tard » moqueur, mais je me reviens de justesse, ce serait malvenu. Dans une lutte acharnée avec mon équilibre, j’arrive à enfiler le pantalon. Dans cette gymnastique, embrumée d’alcool, mon cerveau me semble lourd et tourne et tourne encore. Je m’adosse contre un mur et ferme les yeux, je souffle un coup sec, et inspire fortement.
Une bourrasque de vent et de klaxon me happe la respiration de plein fouet et manque de me faire tomber en arrière. Le mur a disparu derrière moi. Et dans une incompréhension absolue, je vois un camion s’en aller à toute vitesse, réalisant longuement après qu’il a manqué de m’écraser. Par réflexe, je me mets sur le bas côté, frappant l’asphalte à chacun de mes pas, comme pour tâter de la réalité où je me trouve. La brutalité de l’événement à réussi à dissoudre les vapeurs qui restaient dans ma cervelle, mais l’a remplacé par un engourdissement tout autre. Je reste ébahi devant cette grande route en deux fois deux voies, séparées par un terre plein d’herbe sèche. Il y a, au delà d’elle, rien, si ce n’est une vaste plaine désertique, parsemée de rares arbustes défraîchis. J’ai chaud, le soleil frappe. Un instant encore, il devait faire 18°C dans la cellule, il me semble ici qu’il en fait bien dix de plus. Le soleil n'est pas bien haut dans le ciel, ça ressemble à une fin d'après-midi.
Je regarde partout, je fouille mes poches, dans l’espoir saugrenu d’y trouver mon portable, mais comment ce pourrait-il qu’il y soit, ce n’est même pas mon pantalon. Il n’y a, sur la route, aucune indication ; je ne sais absolument pas où mon esprit fatigué et imbibé m’a emmené.

D’habitude les rêves commencent doucement et se finissent brutalement, faut croire que j’ai commencé par la fin. Ce rêve a quand même l’air vachement réel, je me pince le bras. Aïe. Je songe à me jeter sous les roues d’un camion, peut-être que ça me réveillerait. En attendant, je déambule le long de la route, lentement. J’aime les rêves les plus fous, penser à des choses extraordinaire, mais l’ambiance de celui-là, chaud et désertique, ne présage rien de plaisant et ça m’irrite rien que d’y pense. J’ose espérer que l’agent ne va pas tarder à me réveiller. Vagabondant, j’écoute au fond de moi la journée s’effondrer joyeusement comme une falaise.
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